‹ Anévrismes latents de la crosse de l'aorteChapitre 21 sur 56 · RARES · texte numérisé non relu

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bles. Chez un malade de M. Garel, dont l'observation a d’ailleurs été publiée par Geley (Annales des maladies de l'oreille et du larynx), en 1893, il existait une paralysie récurrentielle, de la dyspnée, de l'inégalité des pouls et des hémoptysies ; tout faisait croire à un anévrisme. Les hémoptysies cependant duraient depuis des mois, elles étaient très abondantes, le malade remplissant souvent par Jour un crachoir de

sang. À l’autopsie on trouva un cancer du hile du

poumon.

La même année, M. Garel vit un autre malade identique présentant lui aussi le tableau clinique de l’anévrisme. C'était d'ailleurs le diagnostic porté à Lariboisière par M. Gougenheim. Mais les hémoptysies étaient là aussi très abondantes et duraient depuis très longtemps. L'anémie était telle que le nombre des globules rouges était tombé au-dessous d'un million. Instruit par le premier cas, notre maître écarta l’idée d'anévrisme et porta le diagnostic de néoplasme. L’autopsie lui donna raison. La radioscopie à cette époque n'existait pas, nous n avons pu trouver de cas semblables, nous ne savons ce qu'elle eût donné.

Quoi qu'il en soit, l'hémoptysie peut permettre dans certains cas de préciser le diagnostic : chez un malade porteur d’un anévrisme qui prend des hémoptysies, on peut prédire presque à coup sûr une mort subite .et foudroyante à plus ou moins longue échéance; c’est vrai, mais cette précision relative du pronostic peut avoir des conséquences sociales assez considérables pour ne pas être négligée.

Nous avons vu dans la thèse de Grange que l'évo= lution de l'anévrisme même ouvert pouvait être longue si les hémoptysies restaient légères. Ce signe done, mème quand le diagnostic est certain, ne ‘permet qu'une appréciation très large de la durée approximative de l'affection et de la terminaison ultime. Chez un de nos malades, le pronostic put cependant être fait. M. le D' Bonnet, de Neuville, qui vitce malade le dernier, fut appelé auprès de lui pour de petites hémoptysies ; il put prévenir la famille d'une mort probablement foudroyante qui s'est produite le lendemain.

Quoi qu'il en soit, en pratique, ces hémoptysies seront difficilement rapportées à leur véritable cause, car les complications pulmonaires que nous allons maintenant étudier sont tellement fréquentes qu'elles suffisent souvent à les expliquer seules et masquent ainsi la cause originelle.

Signes objectifs fournis par l'examen.

Nous avons vu dans les chapitres précédents combien souvent au cours de l'anévrisme l'attention étaitattirée vers l'appareil respiratoire par les simples troubles fonctionnels ; nous avons vu combien il était difficile quelquefois d'attribuer la dyspnée, les hémoptysies, la toux à leur véritable cause. Pouvons-nous espérer du moins que l'examen physique de la cage thoracique nous renseignera mieux ? Malheureusement non dans la plupart des cas, et ce n’est que

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bien rarement qu'il sera possible d'attribuer les signes d'auscultation à leur cause productrice.

Par son siège, par son volume, l’anévrisme peut comprimer les bronches, les vaisseaux, le poumon lui-même ; il peut ainsi amener la production de bruits pathologiques qui seront ceux de toute compression, et entraver de telle facon le jeu de l'appareil respiratoire qu’il sera l’auteur de nouvelles lésions qui, surajoutées à lui, seront souvent à elles seules suffisantes pour expliquer les bruits perçus, et dissimuler de la sorte leur cause productrice.

Bien que ces signes en eux-mêmes soient rarement révélateurs, mais plutôt célateurs de l’anévrisme, il faut cependant les connaître et les étudier. Il est bien rare en effet qu'ils existent seuls et que, prévenu, on ne puisse malgré eux d’abord et par eux ensuite dépister la cause primordiale.

Ce qu’on observe le plus fréquemment, c'est la compression bronchique. D'après Stokes celle-ci peut donner dans l’anévrisme : 1° l’absence de murmure vésiculaire : 2° l'immobilisation relative d’un côté de la poitrine au moment de l'inspiration avec expansion exagérée du côté opposé; 3° une absence de vibrations de la voix dans le lobe supérieur et son affaiblissement dans la partie inférieure du poumon. « La diminution du murmure, dit Stokes, estun symptôme qui n’a pas été étudié avec toute l'importance quil mérite. Il peut se rencontrer quand l'anévrisme est assez petit pour ne produire ni stridulation, ni pulsations, ni matité appréciable. Je pense que la bronche droite est comprimée plus souvent que la gauche. Ce

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