‹ Anévrismes latents de la crosse de l'aorteChapitre 22 sur 56 · LUS · texte numérisé non relu

LUS

signe morbide est isolé pour ainsi dire ; l'auscultation et la percussion ne révèlent aucune maladie des organes de l'hématose.

« Il faut ausculter comparativement et avec grand soin les deux poumons quand on soupçonne l'existence d’un anévrisme thoracique. Le plus souvent la diminution de murmure est appréciable dans toute l'étendue de l'organe, elle est proportionnelle au degré de rétrécissement du conduit aérien. — Gette diminution du murmure en l'absence de toute autre affection doit faire penser à une compression: bronchique. D'après Grenne (1835), une forte inspiration n'est suivie d'aucun murmure respiratoire pendant la première moitié de l'inspiration ; puis l'air semble surmonter quelque obstable et entrer avec force pour distendre les poumons pendant la deuxième moitié de l'inspiration, »

Stokes attribue à une compression intermittente par le sae un bruit spécial comparable à celui que produit une valve qui vient de s'ouvrir. Cette compression bronchique est encore caractérisée par un souffle plus ou moins rude, fixe, sans diminution de sonorité pulmonaire, plus aceusé à gauche et en arrière, au niveau du lobe du poumon; c’est le souffle interscapulo-huméral. Il coexiste parfois avec une dilatation inégale des deux côtés du thorax pendant l'inspiration.

Gerhardt (1897) indique encore l'existence d'un gros souffle correspondant à la systole du cœur et provenant probablement du choc du sac contre la bronche gauche.

Bradley (1882), Pockard (1897) ont attiré l'attention

sur un souffle qui coïncide avec chaque systole et que l’on perçoit en plaçant l’oreille près de la bouche du malade qui a eu soin de faire au préalable une longue inspiration. Ce souffle a été constaté aussi par Rosenberg, qui dans certains cas, a entendu les pulsations qu'il voyait au laryngoscope. Il doit être très difficile à découvrir, nous l'avons cherché avec soin, nous ne l'avons jamais trouvé.

Il est enfin un dernier signe qui nous a semblé n'avoir aucune valeur : c’est l’intermittence de l’expiration au niveau du manubrium, celle-ci paraissant scandée, entrecoupée par les bruits cardiaques.

Nous voici donc en possession d’un certain nombre de symptômes qui doivent mettre en garde, ce sont : l’immobilisation relative d'un côté de la poitrine, l’absence de vibrations dans le lobe supérieur, la diminution du murmure, un souffle pulmonaire et enfin l'expiration prolongée. Celle-ci peut exister et se trouver assez souvent à l’auscultation alors même qu'elle n'a pas frappé à un premier examen et qu'il n'y a pas de dyspnée objective. De tous les autres signes, la diminution du murmure semble de beaucoup le plus fréquent; il existe seul dans cinq de nos observations et dans deux observations précédentes.

Mais, où la difficulté commence, c'est lorsqu'il s'agit d'interpréter ces symptômes, il n'en est pas un en eflet qui ne puisse être mis sur le compte des affections sous-jacentes que l'anévrisme se plaît à

provoquer.

Page 1