V. Hav
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Les relations intimes de l'aorte avec l'arbre aérien, avec ses vaisseaux nourriciers et ses nerfs expliquent largement la coexistence fréquente des lésions pulmonaires et pleurales. Celles-ci ont donné lieu à de nombreux travaux.
Sans insister plus spécialement sur telle ou telle localisation, Meunier (thèse de Paris, 1896) a montré quel rôle le système nerveux pouvait jouer dans l'infection de l'appareil broncho-pulmonaire; il rappelle les travaux antérieurs sur la pneumonie du vague, les mémoires publiées par Habershon, par Hanot, par Pearson et montre que dans trente-deux observations sur trente-cinq, la lésion nerveuse a été homologue de celle du poumon.
En 1901, à la Société médicale des hôpitaux de Paris, MM. Huchard et Bergouignan faisaient sur la compression du pneumogastrique une communication que nous regrettons de ne pouvoir rapporter tout entière; citons seulement cette phrase de M. Huchard : « Chez l'adulte, l'existence d’une pneumonie chronique à gauche et l'absence de bacilles de Koch, la tachycardie et les douleurs intercostales très vives sont les éléments d’un diagnostic probable, sinon certain. »
Les lésions pleurales sont fréquentes, et cependant jusqu'à ces dernières années. elles étaient mal connues. Voici en effet ce qu'en dit Robert {thèse de Paris, 1898) :
« Les épanchements pleuraux au cours des anévrismes de l'aorte sont des faits bien insuffisamment connus. MM. Potain et Huchard sont à peu près les
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seuls à les avoir signalés, et ils ont montré combien le fait était important au point de vue clinique et thérapeutique.
€ Il n'est pas toujours facile de diagnostiquer la présence de liquide dans la plèvre en raison de la fréquence des signes pleurétiques dans les anévrismes, signes dus à la compression de la bronche gauche (Pins, Marfan, Huchard). |
« Ce sont surtout les anévrismes postérieurs -et latéraux qui amènent des manifestations du côté de la plèvre; il est rare en effet et nous n'avons pas trouvé d'exemple que le liquide pleural soit en concomitance avec des anévrismes aortiques ayant fait saillie à la partie antérieure du thorax, après avoir détruit le sternum; au contraire, les anévrismes postérieurs et les anévrismes profonds latéraux, comme nos observations paraissent l'indiquer, s’accompagnent plus fréquemment d’épanchement pleural. »
Comme théories pathogéniques possibles, Robert indique l’aortite et dans des cas plus rares les compressions veineuses et nerveuses, la dilatation du cœur, nous ne nous y arrêterons pas.
La périaortite englobant les nerfs du plexus cardiaque, surtout dans les anévrismes de l'aorte ascendante, peut aussi amener une complication redoutable: l’œdème aigu du poumon. M. Huchard en a observé trois cas terminés par une mort rapide.
Les rapports de l’anévrisme avec la tuberculose sont connus depuis longtemps et Stokes avec sa
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merveilleuse sagacité clinique avait dit: « La complication la plus fréquente est la tuberculisation; dans ce cas, la phtisie a souvent des symptômes équivoques, irréguliers, et sa marche est lentement progressive ; on comprend quil doive en être ainsi en raison de l’âge auquel l’anévrisme est le plus commun.
« La coexistence des deux maladies est plus commune qu'on ne le pense en général, et la mort est quelquefois le résultat de la phtisie, le malade succombe sans qu'il y ait eu rupture du sac. Lorsque ces deux affections se combinent, je pense que c’est la lésion artérielle qui s’est montrée la première; souvent ilm'a semblé que certains anévrismes méritaient le nom de strumeux ou consomptifs, le même état général détermine simultanément et le dépôt tuberculeux dans les poumons et les altérations des tuniques de l'aorte. » À part la dernière phrase, le reste pourrait être écrit d'hier, car le tableau clinique n'a pas changé; les théories pathogéniques seules ont fait du chemin. Nous citerons, parmi les travaux récents, la thèse de Wortz (Paris, 1892), celle de Beuchet (Paris, 1900-1901) ; à l'étranger les communications de Leyden, de Reineboth, de Frankel.
On comprend que les travaux se soient multipliés sur cette question, car les erreurs de diagnostic abondent dans la littérature; il n'y a pas de médecin peut-être qui n'ait dans son souvenir l'exemple d'une pareille erreur. Il faut avouer d’ailleurs que tout concourt à la faire commettre.
Les signes tirés de l'existence de l’anévrisme lui-
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même facilitent l'erreur : c’est en effet la diminution du murmure d'un côté, c’est l'expiration prolongée, c'est l'immobilisation relative du thorax d’un côté qui, jointes à la dyspnée, font penser à une tuberculose au début. |
Plus tard, l'existence possible d’une pleurésie, d'une pneumonie chronique, des râles à un sommet font penser à unetuberculose enévolution. Le tableau pourra même se compléter; et les hémoptysies, l’enrouement durable de la voix sembleront imposer le diagnostic.
L'examen des crachats lui-même ne pourra pas toujours lever les doutes, étant donnée la coexistence si fréquente des deux affections.
Est-ce à dire que le diagnostic soit impossible ? Loin de là. Il arrivera souvent qu'on puisse sinon affirmer du moins supposer la compression bronchique. On y pensera d'autant plus facilement que même sion constate la diminution du murmure d’un côté, l’'immobilisation relative du thorax, on ne trouvera pas de matité et l’état général du malade contrastera avec celui d’un tuberculeux.
Enfin il suffit souvent pour un observateur attentif de remarquer dans un symptôme ou un ensemble de symptômes quelque chose d’anormal pour que l’attention soit éveillée. Une fois l'esprit en éveil, le diagnostic est pressenti; d'autres signes recherchés viendront le confirmer. Si en eflet les complications pulmonaires masquent les autres signes de l’anévrisme, elles ne les font pas disparaître et le diagnostic est heureusement possible.
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Nous n'en voulons pour preuve que l'observation suivante due à M. Leclerc et rapportée dans le Bulletin de la Société médicale des hôpüaux de Lyon
(février 1903).