‹ Anévrismes latents de la crosse de l'aorteChapitre 25 sur 56 · HER · texte numérisé non relu

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cipale dontils émanentet avec lesquels ils se continuent sans interruption à travers un orifice de communication d’un diamètre semblable à celui d'une pièce de 5 francs. Le pourtour de cet orifice est d’ailleurs occupé par des adhérenées. Pour le dire tout de suite, cette ouverture dans le poumon est un fait rare. Dans la récente thèse de Grange (de Lyon) sur 37 cas d’anévrisme de l'aorte ouverts dans la trachée, les bronches ou les poumons, 5 seulement ont pénétré dans les poumons.

L'anévrisme a pris naissance sur la paroi latérale droite de l'aorte descendante à 2 ou 3 centimètres de l’origine des gros vaisseaux du cou.

Les caillots qui le remplissent sont plus ou moins anciens, semi-consistants et pèsent 375 grammes, non compris ceux qui sont inclus dans le poumon gauche, lesquels forment une masse grosse comme une orange.

L'orifice de communication entre l'aorte et la poche est large.

Le poumon gauche présente, dans son lobe supérieur, une infiltration tuberculeuse composée de tubercules fibreux au sommet et de tubercules crus dans la portion sous-jacente, notamment dans celle qui s’est laissé pénétrer par les caillots de l’anévrisme.

Au sommet du poumon droit on trouve aussi quelques tubercules fibreux.

Œdème pulmonaire très prononcé des deux côtés. Le cœur n'est pas hypertrophié. Les orifices, y compris l’orifice aortique, sont normaux.

Dans cette observation les bruits pulmonaires avaient varié en quelques jours, les caractères de la toux n'étaient pas ceux d’une toux de tuberculose pulmonaire; des accès de suffocation survenaient au moment du repas; le myosis avait fortement attiré

l'attention. Tous ces phénomènes anormaux avaient conduit à la radioscopie qui avait permis d'affirmer le diagnostic.

Il est incontestable que tous les cas ne se ressemblent pas et qu’il faut avant tout un examen complet et minutieux pour arriver sur la piste du bon diagnostic. de

Nous avons parcouru avec M. Garel les observations des malades qu'il avait vus ces dernières années. Les lettres qui les accompagnaient étaient souvent bien intéressantes. Une des plus typiques émanait cependant d’un médecin instruit et consciencieux ; elle démontre bien ce que nous avancions tout à l'heure. En voici le résumé: « Bronchite unilatérale, induration d'un sommet, parfois légères hémoptysies, point de côté tenace, dyspnée. Le malade mis à un régime fortifiant: viande crue, huile de foie de morue, s’y soumettait avec répugnance; cependant, grâce à ce traitement énergique, pas d'amaigrissement.. Les lésions toutefois semblaient évoluer ; depuis quelque temps le larynx était envahi à son tour, la voix était enrouée. La famille était prévenue de la nature de l'affection et ne se faisait pas d’illusion. Le médecin envoyait ce malade à M. Garel pour qu'il usât de son autorité au point de vue du traitement général et qu'il voulût bien indiquer le traitement des lésions laryngées. » Au laryngoscope M. Garel découvrit une paralysie de la corde gauche, des battements laryngés; il trouva le signe d'Oliver, sut entendre une toux de compression, la radioscopie montra une grosse ectasie de la crosse débordant à gauche, à

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l'éclairage oblique tout l'espace clair rétroaortique était occupé.

C’est là un exemple choisi entre cent ; cette erreur est beaucoup plus fréquente qu'on ne paraît le croire. Malgré l’autorité de ceux qui l’on signalée elle semble à beaucoup trop grossière pour mériter quon s'y arrête ; elle est cependant banale, nous le répétons à dessein.

Ces signes, identiques en apparence, doivent être interprétés pour être rapportés à leur véritable cause; c'est souvent une question de nuance qu'il faut savoir saisir et qu'on doit saisir quand on est prévenu.

Il faut enfin s’entourer de tous les moyens d’investigation possibles et ne pas se contenter d'affirmer une tuberculose laryngée sur la simple constatation d’une altération de la voix. La laryngoscopie est alors précieuse; elle est souvent indispensable et il faut arriver à elle pour dans bien des cas trancher la question.

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