CHAPITRE VII
Radioscopie.
Nous allons maintenant étudier un dernier mode d'exploration, récent mais excellent, nous voulons parler de la radioscopie. Bien qu'elle ne soit pas en général considérée comme signe révélateur de l’anévrisme, mais comme moyen de contrôle de son existence, elle mérite de nous arrêter, car cette merveilleuse méthode d'investigation peut permettre dans certains cas la constatation directe, pour ainsi dire, de l'affection présumée. Elle a en tout cas jeté un jour nouveau sur les affections intra-thoraciques et certes, les erreurs de diagnostic dans les cas difficiles seront de moins en moins nombreuses, quand on aura
- pris davantage l'habitude de recourir à elle.
Elle a passé, comme toute méthode nouvelle, par des phases durant lesquelles on a tour à tour décrié ouexalté sa valeur. Il semble qu'actuellement l'heure de ces hésitations ait passé, et qu'on puisse formuler à son sujet des conclusions non pas définitives mais déjà bien fondées. Elle n’est pas encore à l'abri de toutecritique. Kirchgæser(Munch. med. Woch., 1900)
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cite un fait où la radioscopie avait décelé une ombre d'un volume supérieur à celui du poing au-dessus de l'ombre cardiaque, très sombre et animée de pulsations de tous côtés. On fit le diagnostic d'anévrisme de l'aorte. À l’autopsie on trouva une tumeur dure tenant à l'aorte et à l'æœsophage, et qui était la propagation d'un cancer du cardia. L'ombre qu'on avait vue était donc l’œsophage dilaté etrempli de liquide : les pulsationsétaient dues à sonadhérenceaveclaorte.- Paté, dans sa thèse rapporte ce cas et un autre de M. Merklen où la radioscopie fit faire le diagnostic d’anévrisme tandis qu'à l’autopsie il s'agissait d’un mal de Pott. Nous ne voulons pas rapporter toutes les erreurs de diagnostic qui sont d’ailleurs rares; elles le deviennent de plus en plus à mesure que la méthode se précise. Actuellement, commentée par un expérimentateur habile, la radioscopie fournit des renseignements sûrs dans la plupart des cas.
Elle est infiniment supérieure à la radiographie, celle-ci en effet ne donne qu’une seule image de l'ombre de la tumeur et dans un seul plan, ce renseignement est insuffisant car la simple constatation d’une tumeur ne permet pas d'affirmer sa nature. De
plus la radiographie ne permettant pas de voir les mouvements d'expansion d’une poche pulsatile est insuffisante dans le cas d’anévrisme.
La radioscopie a besoin d’être interprétée, pour la pratiquer avec fruit, il faut s’entourer de précautions minutieuses, il faut adopter un manuel opératoire . précis, permettant de se mettre à l'abri des défauts de technique.
Voici la méthode employée par M. Destot il a bien voulu nous la communiquer, nous lui laissons la parole :
« L'examen radioscopique des anévrismes comprend toute une série de manœuvres qui permettent de répondre aux questions suivantes :
« 1° Existe-t-il un anévrisme?
« 2° Quels sont sa forme, son siège, son étendue ?
« De la difficulté de préciser ces différents termes sont nés différents modes d'examen du thorax : examen antérieur,examen postérieur,examen oblique droit antérieur, examen oblique gauche postérieur. Tous ces termes aboutissent à la rotation du malade devant l'écran et ne marquent que des étapes spéciales où l’examen permet de mieux voir certains phénomènes.
« D'une façon générale, il fauttenir compte de cette règle, que le même objet vu en avant et en arrière change de forme et que son ombre augmente en raison de la distance qui le sépare de l'écran. Si donc, on aperçoit une tache sombre à bords limités en avant et que cette même tache sur le malade étant retourné paraisse plus large et moins opaque, on en conclura de suite que la tache siège plus près de la partie antérieure du thorax que de sa partie postérieure.
« Telle est la grande règle qui préside aux examens antérieur et postérieur comparés. %
« L'examen oblique droit antérieur, c’est-à-dire pratiqué en appliquant l'écran sur le téton et en faisant faire au malade un demi-tour, le bras gauche relevé sur la tête dirigée du côté de l’ampoule, est de beau-
coup le plus important, il permet en effet de se rendre compte de tout le contenu du médiastin postérieur ; on sait que dans les examens antérieur et postérieur, les ombres des organes contenus dans le médiastin sont cachées en partie, soit par l'ombre de la colonne vertébrale, soit par celle du sternum, l'examen oblique a pour effet de déplacer vers la gauche le sternum tandis que la colonne, qui en raison de son éloignement de Fécran subit un plus grand déplacement, parcourra ainsi un grand arc de cercle. On voit normalement que l'ombre de l'aorte et du cœur est séparée de l’ombre du sternum par tout l’espace clair du poumon gauche ; en arrière de l'aorte et du cœur, au devant de la colonne vertébrale, on voit un espace clair qui a la forme de deux triangles dont les bases répondraient, l’une à la base du cou, l’autre au cardia et dont les sommets viendraient s’accoler au niveau de la bifurcation des bronches.
« Cet espace clair représente le médiastin, et des distances qui séparent la colonne vertébrale du cœur, on peut tirer des conclusions fort importantes, c’est dans ce même espace que se trouve situé l’œsophage d’une part, et les ganglions du médiastin, d’autre part.
« C'est donc sur lui que doit se porter tout l'effort du radiologue pour avoir à déterminer si une masse sombre fait partie du système aortique ou si au contraire elle appartient aux ganglions ou à l’œsophage.
« Un seul de ces examens ne suffit pas et voici de quelle façon générale il faut procéder :
« Supposons que l'examen antérieur du thorax ait
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