MSC
«2 Le siège de la tumeur qui fait avec le cœur un angle plus ou moins marqué s’apercevant en avant sur le champ pulmonaire gauche.
«En un mot les ombres de l’aorte se déplacent avec celle-ci, sont séparées nettement, ont enfin un siège plus particulièrement situé sur le trajet des vaisseaux, tandis que les tumeurs du médiastin sont plus grises, moins tranchées et il existe souvent en même temps des ombres dentelées plus ou moins régulières qui empiètent à droite et à gauche sur les aires pulmonaires et qui tiennent à des généralisations des tumeurs.
« Un autre diagnostic difficile est celui des abcès ostéopathiques venant soit du sternum soit de la colonne et qui peuvent abuser en raison de leur forme arrondie, à contours précis et des battements dont ces tumeurs peuvent être animées par propagation.
« Cependant, pour les abcès venant de la colonne, la bande claire de la trachée vient nettement les séparer de l'aorte, quant aux abcès corticaux ou stomacaux, leur ombre est plus grise, moins sombre, moins tranchée que celle de l'aorte.
« C’est donc de la succession des examens et des données fournies par chacun d'eux qu'on peutarriver à faire un diagnostic précis, les uns venant infirmer ou confirmer les conclusions des autres et permettant de rapporter aux véritables causes les ombres perçues.
« On peut dire que pour un observateur un peu expérimenté, l'examen radioscopique est sans diffi-
culté. »
rage
Nous avons vu, employés par M. Destot, ces procédés d'examen aboutir à une grande rigueur diagnostique et certainement sans la radioscopie nous n'eussions jamais pu entreprendre ce travail.
îst-ce à dire qu'elle soit infaillible et qu'elle puisse das tous les cas trancher la question? Nous ne Île croyons pas. Tout d'abord, et sans contester en rien sa valeur, il est permis de croire qu'un anévrisme très limité, capable cependant par son siège de causer des troubles graves du côté du récurrent ou de la bronche gauche, puisse passer inaperçu même à un œil très exercé. D'autre part, comme elle ne fournit, en somme, que des ombres projetées, peut-on être toujours sûr de les bien interpréter? La certitude n'est pas de ce monde.
Il faut donc que la radioscopie se contente de confirmer les données cliniques et, même ainsi réduit, son rôle est encore considérable. A l'heure actuelle, on peut dire, semble-t-il, et même affirmer que, dans les cas de difficulté moyenne, si elle est absolument catégorique, ses réponses ont la valeur d’un contrôle anatomique direct. Les preuves abondent dans ce sens.
Dans les cas difficiles, et surtout si les symptômes cliniques cadrent mal avec les renseignements qu'elle fournit, il faut être plus réservé.
I nous est difficile de préciser davantage la valeur séméiologique de la radioscopie, car il est en effet des cas où le temps seul est juge.
Ces quelques restrictions n'infirment en rien la valeur de la méthode. Nous devions les faire cepen-
RS D Sa ee
dant, car nous ne voudrions pas laisser croire que la radioscopie puisse dispenser le médecin de connaissances cliniques.
Quelle que soit la fortune à laquelle elle puisse être appelée, elle ne sera pendant longtemps encore qu'un procédé exceptionnel d'investigation. Quelle que puisse être un Jour la précision de ses réponses, il faudra encore qu on songe à l'interroger ; pour cela il faudra avoir l'esprit orienté vers la compression médiastinale et cette orientation de l'esprit ne pourra Jamais être donnée que par les signes cliniques.