‹ Anévrysmes de la mainChapitre 6 sur 24 · DT ES · texte numérisé non relu

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D'ordinaire, l’anévrysme de la main est indolore. Cependant il peut comprimer quelques filets nerveux ; il amène parfois un engourdissement, des fourmillements etc. Dans un cas cité par Chassaignac (Journ. de Méd. et chir. pratig., 1857, p. 67), il a pu produire des élancements dans les deux derniers doigts et une insensibilité complète dans les points où se distribue le nerf cubital. Un malade de M. Verneuil ne souffrait nullement quandilétait au repos, mais il ne pouvait travailler une heure sans éprouver une gêne dans l’annulaire et le petit doigt. D’après M. Blum (Chirurgie de la main), la compression nerveuse peut amener une véritable paralysie de la main. Les différents mouvements de la main seront plus ou moins gênés par un anévrysme. Par exemple un anévrysme de l’éminence thénar empêchera le mouvement d'opposition du pouce; un anévrysme de la paume empêchera les mouvements de préhension, etc.

Diagnostic.

Au premier abord, le diagnostic différentiel, au moyen des grands symptômes, battements et expansion, semble très facile. Nous allons cependant voir par trois ou quatre exemples qu’ils sont parfois sujets à caution, |

L'absence de ces. symptômes a trompé Guattani, qui, se trouvant en face d’une tumeur liquide non pulsatile, ouvrit et vit jaillir du sang. Pour la même raison, un médecin en ville ponctionne un anévrysme et Roux ne peut arrêter l'hémorrhagie (Obs. V). M. Verneuil se trouvant en face d’un anévrysme qui ne communique plus avec l'artère et qui par conséquent, ne présente ni battement ni souffle, le prend pour un fibrome (Obs. XVI).

En regard de ces faits, nous croyons devoir citer une erreur en sens contraire. Ici la présence de mouvements pulsatiles fit prendre pour un anévrysme, un kyste synovial (Obs. XIX). Et il ne s’agissait pas de battements avec soulèvement en masse du kyste, comme cela arrive pour des tumeurs placées au voisinage d’artères, mais d’un mouvement d'expansion absolument net. Lors de l’opération, on tomba sur un kyste synovial que traversait de part en part l’artère radiale, au niveau du poignet.

Ainsi le diagnostic n’est pas sans présenter des difficultés. Quand il s’agit, comme dans le cas précédent, d’une tumeur prise pour un anévrysme, l’erreur n’est pas grosse de conséquences. Il n’en est pas de même quand c’est un

HR UT RES ‘anévrysme qu'on prend pour une tumeur d’autre nature : témoin le malade de Roux (Obs. V).

Les tumeurs liquides qu'on rencontre à la main, sont “surtout les kystes synoviaux, nous avons vu, par un exemple, que le diagnostic n’est pas toujours facile.

Dans des cas analogues à celui de l'observation XIX, il va sans dire que la compression des artères arrêterait les battements comme pour l’anévrysme. Mais elle ne saurait produire que dans l’anévrysme l’affaissement de la tumeur. Il n’y a qu’un inconvénient; cet affaissement fait trop souvent défaut, même dans l’anévrysme.

Nous ne parlerons pas du diagnostic différentiel avec le phlegmon suppuré; outre les traînées de lymphangite, les phénomènes généraux ne permettent guère de s’y tromper. L'erreur ne pourrait se faire qu’en cas d’inflammation considérable du sac.

Les tumeurs solides ont été confondues avec l’anévrysme. Lorsqu’elles présentent des battements, qu'elles sont soulevées par une artère, M. Marey prétend que pour lever les hésitations, il faut appliquer le sphygmographe ; dans la tumeur anévrysmale, « il donnerait un tracé d’une grande amplitude »; dans la tumeur solide « il n’accuserait aucune pulsation ou du moins des pulsations plus

faibles que sur une artère ordinaire ».

Mais où le diagnostic devient très difficile et quelquefois impossible, c’est quand il y a absence de battements. Pour le névrome, on sera guidé par les douleurs qui ne sont jamais aussi violentes dans l’anévrysme. Dans les tumeurs peu douloureuses, fibrome, lipome, etc., on devra, comme dans les autres cas d’ailleurs, recourir aux commémoratifs.

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‘On tiendra compte de la profession du sujet, de l’origine du mal, de son siège, des symptômes antérieurs à l’examen, etc.

Exemple: Un individu s’est piqué il y a quelques semaines ; une hémorrhagie par saccades s’en est suivie. Il vient nous trouver avec une tuméfaction siégeant au niveau de l’arcade superficielle; cette tuméfaction augmente progressivement ; le malade y percevait des battements qui ont cessé depuis 15 jours.

Nous aurons beau ne pas retrouver les signes d’anévrysme, nous devrons fortement les soupçonner, et nous serons guidé dans nos soins ou notre intervention par le diagnostic « anévrysme ».

Nous ne parlerons que pour mémoire de la tumeur cirsoïde, qui présente des points de contact avec l’anévrysme, soit les battements, le bruit de souffle etc. Elle présente des bosselures bien caractéristiques, parfois des nœvi superficiels qui empêchent toute confusion.

Une fois le diagnostic « anévrysme » posé, il faut encore pouvoir dire quelle est l'artère atteinte. Nous l’avons vu à l’étiologie, une tuméfaction faisant saillie au dos de la main appartiendra souvent à l’arcade profonde. Mais celle-ci donnera parfois une saillie à la face palmaire. Dans ce cas le siège sera au-dessus de la ligne transversale qui va de la commissure du pouce au bord cubital, cette ligne correspondant au sommet de l’arcade superficielle. Enfin une connaissance suffisante des artères de la main indiquera presque toujours le siège de la lésion.

Marche. — Durée. — Terminaison. — Pronostic.

La marche est loin d’être toujours la même. Elle est plus lente dans les anévrysmes spontanés que dans les anévrysmes traumatiques (Obs. I et IT). De plusieurs années chez ceux-là, la durée dépasse rarement plusieurs mois chez ceux-ci. Cependant un anévrysme spontané, après être resté longtemps à l’état stationnaire, peut, sans motif apparent, prendre un développement très rapide. L'observation IT nous montre deux anévrysmes spontanés restés petits pendant les années d’enfance du malade, augmentant à l’âge de 16 ans et devenant presque subitement fort douloureux.

Les anévrysmes traumatiques, qui se manifestent quelques jours après l’accident, — 5 jours (Obs. VD); 7 jours (Obs. VIT), — marchent progressivement, jusqu'au moment où, devenus volumineux et quelquefois douloureux, ils commencent à inquiéter le malade, soit au bout de 1 mois (Obs. XIV), plus rarement 3 mois (Obs. XVI).

Parfois survient la rupture du sac (Obs. VIT). Cet accident est à redouter comme toutes les causes d’hémorrhagies, ne serait-ce que pour l’'anémie qui peut s’ensuivre.

Nous ne considérons pourtant pas le pronostic comme très grave: nous ne connaissons que deux cas de mort, celui de A. Perir (Méd. du cœur, 1806) et celui de Roux (Obs. V). Encore faut-il, pour celui-ci, incriminer, et l’erreur de diagnostic et la prédisposition du malade aux hémorrhagies.

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Nous avons, il est vrai, à côté de ces deux terminaisons fatales, des terminaisons au moins malheureuses : le sphacèle des téguments (Obs. XIT), la perte de la main (Obs. X). Ces deux derniers accidents étant, ce nous semble, imputables au traitement, ne doivent pas trop assombrir le tableau.

En somme le pronostic n’est pas très grave, mais il est sérieux, surtout quand il s’agit d’anévrysme de larcade profonde ; ici c’est la difficulté de l'intervention directe qui augmente les chances d’accidents.

Enfin, ne l’oublions pas, la guérison spontanée, malgré sa rareté, peut avoir lieu. D'ailleurs, nous en verrons les causes ordinaires d’après M. Verneuil à la suite de l’observation XVI.

Traitement préventif.

Si l’anévrysme est spontané ou même s’il est dû à une contusion, rien ne permet de le prévoir. Quand il y a plaie de la main avec hémorrhagie, c’est autre chose; on a des chances de le voir se produire ; on doit tout faire pour l’en empêcher.

Dans la plupart des cas observés, le sang a été arrêté par un pansement compressif ou par le perchlorure de fer, et Dieu sait si on en abuse ! Dans les cas heureux, l’hémorrhagie ne s'était pas reproduite les jours suivants. Bientôt le malade, se croyant à l’abri de toute complication, reprenait ses occupations jusqu'au jour où un anévrysme le forçait de les suspendre à nouveau. Eh bien ! c’est contre cette manière de faire que nous ne saurions trop nous élever.

La compression, employée seule, est un mauvais mode de traitement préventif. Elle peut arrêter l’hémorrhagie mais n'empêche pas la complication que nous étudions. Sur 33 cas relevés par Horteloup, la compression directe arrêta définitivement l’hémorrhagie 16 fois ; mais sur les 16 fois, il y eut huit terminaisons par anévrysmes (Gaz. hebdom., 1868, p. 194).

Nous aurons l’occasion de revenir sur les différents moyens de compression faciles à employer dans la région qui nous occupe. Disons seulement un mot d’une méthode dont nous n’aurons plus à reparler. Une éponge imbibée de perchlorure de fer est introduite dans la plaie. Elle se

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