‹ Anévrysmes de la mainChapitre 8 sur 24 · I° MODES DE TRAITEMENT DANGEREUX OÙ INEFFICACES · texte numérisé non relu

I° MODES DE TRAITEMENT DANGEREUX OÙ INEFFICACES

Nous repousserons de toutes nos forces les injections coagulantes. On sait que les liquides introduits dans la poche et en particulier le perchlorure de fer, ont pour but d'y coaguler le sang. Malheureusement, ils déterminent en même temps une irritation des parois, capable d'y amener des inflammations, dessuppurations, parfois deshémorrhagies. Ces injections exposent à des accidents plus graves encore : outre les fragments de caillots qui pourraient être entraînés dans le torrent circulatoire, la solution ellemême pourrait passer dans les artères et aller plus ou

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moins loin coaguler le sang, Dans une région aussi vasculaire que la main, ce danger est plus à craindre que dans la plupart des autres régions. Keen (Obs. X) semble mal inspiré, en prétendant que la gangrène survenue à la suite de l'injection de Monvel était due à l'absence de la radiopalmaire. D’après la remarque de M. Delbet, cette anomalie était plutôt favorable à la méthode puisque la diffusion de la solution ne pouvait se faire du côté de l'artère radiale. Aussi, bien que les injections coagulantes aient donné un ou deux résultats satisfaisants (Obs. XI), on ne doit pas risquer des accidents comme le précédent.

La galvano-puncture proprement dite ou l’électrolyse ne sont guère plus recommandables.

Guérineau (Arch. méd., 1847, p.897), donne bien un cas de guérison par la galvano-puncture ; mais il lui avait associé la compression directe et la compression à distance ; il est difficile, dans ces conditions, de refuser à ces deux méthodes une certaine part du succès.

En lisant le cas de Bulteau (Obs. XIT) on se rendra compte des accidents imputables à l’électrolyse, et surtout de son inefficacité puisque ce n’est pas elle qui a amené la gué-

rison.

Nous ne parlerons ni de la malaxation, ni de l’introduction dans le sac de corps étrangers, moyens qui semblent n'avoir jamais été employés à la main et qui ne le seront jamais, espérons-le!

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II° MODES DE TRAITEMENT PEU EF FICACES (pouvant être associés à d’autres).

À citer l'élévation du membre, les réfrigérants, la flexion de l’avant-bras sur le bras. Celle-ci, en diminuant la vitesse du sang, favorise la formation de caillots fibrineux et par conséquent l’obturation du sac. Mais nous en connaissons les inconvénients ; nous ne l’emploierons guère.

Un moyen dont les chirurgiens ont usé bien plus souvent, c’est la compression. Avant l’antisepsie, une extrême prudence était de rigueur ; on ne devait arriver à l’opération sanglante qu'après l’échec des autres modes de traitement. Aujourd’hui, la même crainte ne serait pas de mise. Aussi ne perd-on plus guère son temps à une compression souvent inefficace, parfois dangereuse.

La compression directe surtout est à redouter ; elle gêne la circulation collatérale et la circulation veineuse, de plus elle expose à l’inflammation de la poche et à la rupture du sac (Delbet). Le cas de Letenneur (Obs. VIII) vient à l’appui de cette opinion et un des nôtres (Obs. VII) semble d'accord avec celui de Letenneur.

Enfin, et c’est là un des plus grands inconvénients de la compression directe, il est difficile de régler l’appareil de façon à ce que la pression soit supportable tout en étant efficace.

M. Laplace (Th. Paris, 1886) a bien inventé un appareil destiné à encapsuler la tumeur. Mais, selon la judicieuse remarque de M. Delbet, c’est un moyen de compression indirecte, car ce sont les bords de la capsule qui compriment

la périphérie de la tumeur, par conséquent les vaisseaux afférents et efférents.

La compression rend donc plus de services quand elle est indirecte ! ceci n’est pas niable: Vicelli (Hop. de Treviso, Soc. chirurg., 1867, p. 354) obtint en 30 minutes, par la compression digitale, la disparition du souffle et des battements. Ceux-ci ne reparaissant pas, il ne restait un mois après qu'une petite tumeur dure réduite de moitié. Piltha (Gaz. hebd., 1866, p. 334), par une compression continue sur la radiale, la cubitale et parfois l’humérale, guérit en 12 heures un anévrysme de la radiale.

Pourtant deux ou trois cas comme ceux-là, ne suffisent pas à provoquer notre enthousiasme ! Nous citons un exemple de guérison par cette méthode (Obs. IV), mais en quelques mois! Franchement, tout le monde n’en passerait pas par là ! Une opération d’une demi-heure avec guérison complète au bout de quelques jours nous semble préférable. Ajoutons que les observations VIII et IX nous permettent de compter des insuccès imputables à la méthode. Si l’on voulait rechercher tous les cas où la compression indirecte n’a pas été supportée, on en trouverait probablement pas mal. Continue, elle est excessivement douloureuse ; intermittente, le malade s’y accommode plus facilement. Encore doit-elle se faire à l’aide des doigts ! si c'est à l’aide d’un appareil, on peut être sûr que le malade s’en débarrassera avant l’heure prescrite. Maïs la compression digitale est-elle toujours praticable ? A l’hôpital, où l’on peut mettre sur pied un personnel suffisant, on peut l'essayer. Mais en ville, pourra-t-on se fier au malade et à

son entourage ?

Si, malgré ses inconvénients, la compression indirecte est indiquée comme complément d’un autre traitement (voir plus loin aux anévrysmes profonds), elle portera :

1° Sur la radiale seule (anév. de l’arcade profonde et de la radio-palmaire) ;

20 Sur la cubitale seule (anév. de l’arcade superficielle) ;

3° Sur les deux artères, ce qui est plus sûr ;

4 Alternativement sur chacune d’entre elles, ce qui est moins pénible;

5° Enfin sur l’humérale.

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