CM CT PT LACET
forces et l’emporta elle-même troïs mois après. Sa charité, sa tendresse, sa compassion pour les malheureux, gardèrent toujours quelque chose de cette
douceur maternelle. Un jour, déjà religieuse et
âgée, elle entendit parler d’une pauvre femme dont
l'enfant se mourait faute de soins; elle supplia l’abbesse de permettre qu’on apportât la petite fille ; et, Angélique ayant consenti, on remit entre les mains de Catherine un pauvre être enveloppé d’un lambeau de tapisserie, couvert de mal et d’une saleté repoussante. Elle emporta la pauvre petite dans sa cellule comme un trésor, la baigna, la langea; puis, ayant installé auprès de son propre lit une corbeille où dormait l’enfant, elle se levait la nuit deux ou trois fois, inquiète et tendre, pour la faire boire ou la réchauffer : et cela dura des mois, jusqu’au rétablissement complet de la malheureuse mère. Catherine Le Maistre est là tout entière. Ce qui frappe en elle, surtout, ce n’est pas le silence digne de l'épouse délaissée ou le mysticisme de la religieuse : c'est son auréole maternelle. Et si l’on voulait faire revivre son image, il faudrait la représenter penchée sur un berceau, ou chantant lentement quelque
vieil air mélancolique pour endormir un enfant dans ses bras.
LES SŒURS DE Mw ANGÉLIQUE |