‹ Angélique ArnauldChapitre 32 sur 62 · SL RS UT. RER · texte numérisé non relu

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temps des pères de l'Oratoire; parfois un jésuite, le P. Pinet, ami de Mgr de Langres, y venait aussi). On faisait tous les jours des connaïssances nouvelles. Avec cela des austérités extraordinaires, des jeûnes au pain et à l’eau, etc. On remarque les contradictions de ce réquisitoire.

Ce qui, bien plus que tout cela, aurait dû choquer Angélique, ce sont les exagérations d’humilité de ces religieuses, si mondaines à ses yeux. Elles poussaient la simplicité à un point tel qu’au parloir surtout elles cachaïent ce qu’elles pouvaient avoir d’esprit, se faisant passer pour stupides ; elles prenaient des airs ou disaient des paroles d’insensées. Celles qui avaient trouvé le moyen de se rendre plus méprisables par des manières choquantes et ridicules pensaient avoir mieux réussi. Et le mot spirituel de sainte Thérèse nous revient là-dessus en mémoire : « Hélas! disait-elle à ses filles, nous sommes sisottes par nature qu'il ne faut pas l’être encore par grâce. » Mgr de Langres mit promptement bon ordre à cette fausse entente de la vertu; mais, chose étrange, ce n'était pas ce côté répréhensible qui répugnait à Angélique. Son orgueil seul souffrait en elle, et se tournait contre les autres en une dureté révoltante.

À cette époque, l'année même de sa démission,

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Mgr Zamet 211

les mémoires de Port-Royal citent d'elle, avec admiration, des traits incroyables. Qu’on en juge :

Mme Arnauld, ayant passé trois ans au noviciat, fit profession entre les mains d'Angélique, sous le nom de Catherine de Sainte-Félicité ; c'était alors une femme de cinquante-six ans, épuisée par une vie très laborieuse et par ses épreuves si fréquentes de maternité. Sa vue était fort affaiblie. Elle pensait, après sa profession comme avant, remplacer le grand office par celui de la sainte Vierge, qu’elle savait par cœur. Sans entrer dans ces détails, Angélique la pria de suivre larèole commune. Mme Arnauld obéit, sentant bien qu’elle y perdrait la vue, « ce qui en effet arriva, n’y voyant qu à se conduire un peu par la chambre, » ajoute laconiquement Mme Le Maistre. Angélique était alors abbesse; ce n’était à ses yeux niune exagération de régularité, ni une sécheresse de cœur, on nerelève même le fait que par hasard, à l'honneur de la sœur Catherine de Sainte-Félicité.

Autre trait : un jour (1630), une jeune fille passant devant les constructions de Port-Royal de Paris demnanda avec effroi « quelles étaient les malheureuses pour qui on bâtissait cette prison ». Là-dessus, étant venue voir quelqu’une des religieuses, alors au

Tard sans qu’elle le sût, elle rencontra à la grille

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