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: vait d’être aussi compassé, flegmatique et glacé que ses frères étaient ardents ou tendres? Les principes jansénistes brillaient en lui de tout leur éclat; son don spécial était la crainte du Seigneur, une crainte si forte qu’elle le retint vingt ans au bas des marches de l’autel sans qu’il osât les franchir. Ce fut bien après la mort de Saint-Cyran, et sur les instances de M. Singlin, qu'il s’y résolut (1650). Une fois prêtre, il conseillait avant tout à ses pénitents la lecture de la Bible, pour y puiser l'inspiration directe de l'Esprit à la façon protestante. Onle donna pour directeur à ses frères malgré les répugnances violentes d'Antoine Le Maistre; mais il fallut se soumettre. M. de Séricourt avait trop l'esprit « des disciples de saint Augustin », — lisez l’esprit de Saint-Cyran, — pour qu’on ne l’employât pas à la direction des âmes. Il y avait, du reste, peu de prétres parmi les pénitents, et l’un des points fondamentaux de la nouvelle doctrine était ile ne communiquer qu'entre initiés; on comprend pourquoi.
Antoine Singlin était, entre les autres, le disciple préféré; celui-là, quoique prêtre, avait passé six mois sans célébrer la messe, au premier mot que lui en avait dit M. de Saint-Cyran. C'était un esprit borné, dur, étroit, entêté dans ses idées, qui révérait son :
Les solitaires
maître comme un dieu et ne recevait d’inspirations | que de lui. Très renfermé, extrèmement circonspect, il était organisé à merveille pour être mis à la tête d’une cabale, pour mener ceux qui, comme Le Maistre, M. de Séricourt ou encore cet honnête et bon Lancelot, — oublions les racines grecques, — cherchaient la perfection la plus difficile, ne sachant pas, n’osant même pas regarder par où on les conduisait. Nous passons très rapidement, car nous allons trouver M. Singlin à l’œuvre et nous voilà arrêtés
ici par un coup de foudre.
IT
L’orage s'était formé lentement; la défense imprudente et fausse du Chapelet secret, les récriminations publiques de Mgr Zamet et les accusations d’hérésie portées contre la maison du Saint-Sacrement, depuis que M. de Saint-Cyran en avait pris la direction, la retraite retentissante d'Antoine Le Maistre, le mécontentement du chancelier : tous ces nuages s'étaient amoncelés comme en un jour de
tempête. On y joignait des refus d’évêchés ou d’au-