‹ AngeloChapitre 45 sur 48 · SCENE DEUXIEME · texte numérisé non relu

SCENE DEUXIEME

LA TISBE; CATARINA, dans l'alcôve.

LA TISBE.

Je pense qu'il n'y a plus très -long temps à attendre. — Elle ne voulait pas mourir. Je le comprends, quand on sait qu'on est aimée! — Mais autrement, plutôt que de vivre sans son amour,

Se tournant vers le lit.

— oh! tu serais morte avec joie , n'est-ce pas? — Ma tête brûle. Voilà pourtant trois nuits que je ne dors pas. Avant-hier, cette fête; hier, ce rendezvous où je les ai surpris; aujourd'hui... — Oh! la nuit prochaine , je dormirai I

Elle jette un coup d'reil sur les toilettes de théâtre éparses autour d'elle.

— Oh oui! nous sommes bien heureuses nous autres! On nous applaudit au théâtre. Que vous avez bien joué la Rosnionda, madame! Les imbéciles ! Oui, on nous admire, <m nous trouve belles, on nous

couvre (le fleurs, mais le cœur saigne dessous. Oh ! Rodolfo ! Rodolfo ! Croire à son amour , c'était une idée nécessaire à ma vie ! Dans le temps oii j'y croyais, j'ai souvent pensé que si je mourais je voudrais mourir près de lui , mourir de telle façon qu'il lui fût impossible d'arracher ensuite mon souvenir de son ame, que mon ombre restât à jamais à côté de lui, entre toutes les autres femmes et lui ! Oh ! la mort, ce n'est rien. L'oubli, c'est tout. Je ne veux pas qu'il m'oublie. Hélas ! voilà donc où j'en suis venue! Voilà où je suis tombée ! Voilà ce que le monde a fait pour moi ! Voilà ce que l'amour a fait de moi !

Elle va au lit , écarte les rideaux , fixe quelques instans son rc'jard sur Catariiia iniiiiobilr , et prend le crucifix.

— Oh ! si ce crucifix a porté bonheur à quelqu'un dans ce monde , ce n'est pas à votre fille , ma mère !

Elle pose le crucifix sur la tahlc. La petite porte masquée s'ouvre. Entre Rodolfo.

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SCÈINE J IIOISIEME.

lA TlSiîE, RODOLFO; CATARINA, toujoui s dans l'alcôve fermée.

LA ÏISDE.

C'est vous , Rodolfo ! Ah ! tant mieux ! j'ai à vous parler justement! Ecoutez-moi.

Et moi aussi j'ai à vous parler, et c'est vous qui allez m'écouter, madame!

Rodolfo!...

nODOLFO.

Etes-vous seule, madame?

LA Ti.sun.

Seule.

BODOLFO.

Donnez l'ordre que personne n'entre.

Il est déjà donné.

LA TISEE.

RODOLFO

Permettez-moi de fermer ces deux portes.

Il va fcrmor les deux portes au verrou.

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