‹ AngleterreChapitre 11 sur 23 · INDUSTRIE -COMMERCE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE -COMMERCE

Traités de commeic? de l’Angleterre avec différents États le l’Europe continentale. — Jalousie det .uarchands nationaux contre les marchaiids étrangers. — Voyages de découvertes. — Établis.seinenls coloniaux.

— Altérations des monnaies. — Agriculture. — Horticulture. — ÉUiU des fabriques.

Cette époque est remarquable dans l’histoire commerciale de l’Angleterre par les progrès considérables que firent le commerce et l’industrie. Le besoin de la richesse se fait plus vivement sentir; on en comprend mieux l’importance. A l'intérieur, des fabriques se fondent: au dehors, de.s expéditious lointaines sont entreprises; des établissements coloniaux se forment; et quelques - uns des Tudors encouragent ce développement de l’industrie nationale par des statuts pleins de sagesse. Des traités de commerce furent faits par Henri VII avec plusieurs nations étrangères. L’un des plus remarquables fut conclu avec le Danemark en 1490. En vertu de ce traité, les Anglais devaient jouir librement des propriétés mobilières et immobilières qu’ils possédaient à Bergen dans la Norwége.à Lunden et à Ijiidscrone; à Dragor dans la Zélande, et àLoy.sadans la Suède; car les Anglais avaient déjà des établissements de commerce trè.s-importants dans tous

ces endroits. Les résidents anglais en Danemark n'étaient justiciables que des magistrats pris dans leur sein et élus par eux, et le gouvernement danois s’engageait à soutenir cette autorité. Un autre traité important fut fait par Henri VII avec la république de Florence dans l’année 1490. Ce traité niodiliait les dispositions d’un traité antérieur conclu en 1485, par Richard III. Sur la demande de plusieurs marchands anglais qui désiraient faire le commerce avec Pise, ce prince avait désigné un marchand florentin pour gouverner ses sujets résidant dans cette ville. Le commerce avec Pise prit bientôt un grand développement. Les sujets anglais s’adressèrent alors à Henri pour obtenir un traité de commerce qui déterminât bien leurs privilèges et leurs droits, et le traité fut conclu. Les Florentins obtinrent autant de laines anglaises qu'ils pouvaient enavoir besoin; mais en retour, ils accordèrent aux Anglais le droit de former une corporation, de nommer un gouverneur et d’autres officiers pris dans leur sein. Le traité leur garantissait en outre la jouissance des privilèges accordés aux citoyens de Pise et de Florence, et les exemptait de toutes les charges municipales qui pesaient sur ces citoyens.

L’affairede Perkin VVarbeck et les encouragements que ladudiessedouairière de Bourgogne donna' à cet aventurier ralentirent pendant trois ans le commerce de l’Angleterre avec les Pays-Bas. Mais les commerçants des deux pays se fatiguèrent de cét état de choses; des commissaires se réunirent h Londres pour arrêter les bases d’un traité qui reçut le nom de inlerciirsus magnus ou grand traité. Le commerce extérieur de l’Angleterre se faisait alors principalement avec l’Espagne, le Portugal, la Bretagne, l’Irlaiide, la Normandie, la France, Séville, Venise, Dantzick , la Turquie et la Frise.

L’Angleterre avait déjà des manufactures de soieries. Eu 1504 le parlement rendit un acte pour régulariser l’importation de la soie étrangère.

En vertu de cet acte , l’importation de la soie ouvrée était défendue ; <• car le royaume, dit Bacon, avait à cette époque des manufactures en activité qui produisaient ces articles. » Cette loi est regardée comme étant d’une rande sagesse et comme émanée ’une haute politique.

Une charte fut accordée en 1507 à

fdusieurs marchands vénitiens. Dans e même temps, Henri VII arrachait de l’archiduc Philippe, que le mauvais temps venait de jeter en Angleterre dans sa traversée de la Flandre en Es-

f)agne, un traité de commerce dans equel il établissait des clauses favorables pour les marchands anglais qui commerçaient avec la Flandre. Ce traité fut appelé par les Flamands Intercursus malus ou le mauvais traité, en opposition au grand traité de 1496. A cette époque, les villes les plus riches de l’Angleterre étaient Londres, Coventry, Korwich, Chester, Worcester, Exeter, Vork, Bristol, Southampton, Boston, Bull, et Newcastle sur Tyne.

L’activité commerciale s’accrut encore durant la première partie du règne de Henri Vlll ; le commerce étranger prit surtout un grand développement.

Un statut rendu en 1512 est destiné à régler le plombage des étoffes qui viennent d’outre mer. On y voit qu’un seul navire apporta dans le royaume trois à quatre mille pièces de drap d’or ou d’argent, des velours de damas, de satinel d’autres étoffes précieuses. En général ces articles étaient très-recherchés; cependant il yen avait quelquesuns dont l’importation excitait de grandes clameurs. C’étaient ceux que l’on pouvait trouver également dans le royaume, comme le fer, les bois de construction, le cuir, les clous , les serrures , les paniers , les tables , les coffres, les selles et les tissus peints. L’importation de ces produits occasionna même une violente émeute dont le principal instigateur était un nommé John Lincoln, courtier.

Lincoln parvint à décider un ecclésiastique nommé Bell à lire en chaire tous les prétendus griefs dont se plai-

gnaient les marchands. Le docteur, dans son sermon , déclara que Dieu avait donné aux Anglais le sol de l’Angleterre pour l’exploiter et en jouir, et il ajouta que, comme les oiseaux qui défendent leurs nids, ilsdevaient se taire respecter chez eux et en chasser les étrangers pour leur bien-être personnel. Alors le bruit se répandit à Londres qu’il y aurait un massacre général des étrangers ; aussi quelquesuns de ceux-ci s’empressèrent de quitter la ville. Cette nouvelle étant parvenue à la connaissance du conseil, Wolsey envoya chercher le lord maire et lui ordonna de prendre les mesures convenables pour que la tranquillité publique ne fût pas troublée. Les aldermen s’étant assemblés rendirent une ordonnance qui défendait à toute personne de sortir de chez elle après neuf heures du soir. Mais les mécontents ne tinrent aucun compte de cette ordonnance. Iis se réunirent en masse, allèrent aux prisons , qu’ils ouvrirent de force, en Orent sortir ceux des prisonniers qui y avaient été enfermés pour s’être rendus coupables de violences contre les étrangers pendant les jours précédents. Le maire et les shérifs publièrent inutilement une proclamation, au nom du roi, pour arrêter le désordre. Les insu rgés, après avoir forcé les prisons, commencèrent à piller les maisons particulières, principalement celles des étrangers , et en recherchèrent les habitants pour les mettre à mort. L'affaire devint si grave, que le lieutenant de la Tour jugea nécessaire de tirer plusieurs coups de canon sur la cité. Cependant on parvint à se rendre maître des mutins, et quelques jours après , un rand nombre d’entre eux furent conamnés à mort. Il n’y eut cependant que Lincoln qui fut exécuté; car quinze jours après le roi accorda une grâce entière aux autres condamnés; « mais ce ne fut pas , dit la chronique , sans payer une somme considérable d’argent au cardinal Wolsey, que ces condamnés obtinrent leur pardon. > Ce jour laissa de longs souvenirs dans la mémoire des commerçants de

oogle

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Londres; aussi fiit-il appelé pendant longtemps le maucaisjour de mai.

Opendant ees manifestations donnèrent à réfléfliirau gouvernement. Le parlement de Henri rendit alors plusieurs statuts, pour mettredes entraves au commerce que faisaient les étrangers établis en Angleterre. Ces statuts portaient que les marchands étrangers ne pourraient prendre pour apprentis que des jeunes gens nés dans le pays même , et qu’ils ne pourraient avoir à leurs service plus de deux ouvriers étrangers. « S’ils ne se conforment point à cette clause, disaient les statuts, ils seront passibles d'une amende de dix livres sterling. » Tous les étrangers qui exerçaient un métier à Londres et dans ses faubourgs , furent en outre placés sous la surveillance de la corporation des marchands anglais e.\erçant le même état dans la cité de IvOndres. Ceux-ci, en raison de cette surveillance, devaient s'adjoindre un marchand étranger de leur profession. De plus, tous les marchands étrangers, tels que les forgerons, les menuisiers, les charpentiers, reçurent l'ordre de marquer d’une estampille chaque article de leur fabrication.

L’amour des expéditions lointaines, qui sommeillait encore en Angleterre, se réveilla à cette époque. Vers 1530 le capitaine William Hawkins, de Plymoulh , fit un voyage à la côte de Guinée pour y chercher des dents d'éléphant. De la Guinée il alla au Brésil et revint ensuite en Angleterre.

Deux ans après il lit un autre voyage au Brésil. Les voyages au Brésil et à la côte de Guinée devinrent alors très-fréquents. Le commerce maritime s’étendit également dans la Méditerranée. De 1511 à 1534, de grands navires de commerce partent des ports de Londres , de Southampton et de Bristol, et visitent la Sicile, nie de Candie et celle de Scio; l’île de Chypre , Tripoli et Beyrouth sur les côtes de Svrie. Les articles exportés dans ces fieux se composent de tissus de laine, peaux de veau, etc. ; et les marcbanaises importées sont

la rhubarbe , les vins de Chypre et autres ; du coton , de l'huile, dés tapis de Turuuie, des noix de galle et des épices de l’Inde. Les marchands anglais employant , indépendamment des navires construits en Angleterre, un assez grand nombre de bôtiments étrangers, et notamment des navires ragusais, candiotes, siciliens, génois , des galéasses vénitiennes et des navires espagnols et portugais.

marine militaire de l’Angleterre suivait le même développement que la marine marchande. Le règne de Henri VIII est considéré comme l’époque où la marine royale commença à s’établir. Ce souverain ne pô.ssédait en premier lieu qu'un seul navire de guerre qui lui appartint. C’était le • Grand Harry. » Quelquetemps après, il renforça sa marine d’un autre grand navirede guerre appelé • le Lion • qui avait été capturé sur les Écossais, en 151 1 ; et l’année suivante il en lit construire un autre à Woolwich, auquel il donna le nom de « Régent. • Ce navire , qui était alors le plus fort de la marine anglaise, jaugeait mille tonneaux et pouvait porter sept cents hommes. Il fut coulé bas par le feu de la flotte française, quelques mois après avoir pris la mer.

Mais aussitôt Henri en St construire un nouveau , qui était plus grand encore , et auquel il donna le nom de • Henri Gràce-de-Dieu. » Plusieurs autres constructions suivirent de près celleci ; on estime qu’à la fin de ce règne les vaisseaux delà marine qui appartenaient à la couronne pouvaient jauger douze mille cinq cents tonneaux.

Ce n’est point à ce titre seul que Henri dut celui de créateur de la marine anglaise. C’est à lui que Douvres fut redevable de son premier môle (1525). Henri fit en outre de grandes réparations aux havres et ports de Plymouth , de Darmouth , de "Tinmouth , de Falmouth et de Fowey. Il nomma des commissaires de marine, et des officiers spécialement chargés de cette branche du service public; il créa par une charte royale la corporation de Trinity house de Deptford ,

institution destinée à examiner et à recevoir les pilotes; à surveiller les phares et à en ordonner rétablissement; à placer les bouées, etc., etc.; il créa d’autres établissements de même espèce et dépendants de celuici , à Hull et à Newcastle.

Sous le règne de ce prince les rues commencent à être pavées, et les routes du royaume reçoivent des améliorations importantes. La première rue qui fut pavée à Londres fut celle qui est connue aujourd'hui sous le nom du Strand; puis ce fut llolborn; successivement on pava la rue qui conduitde Aldgateà vVhitechapel church, et celle qui conduit du pont de la Cité à llolborn; Chancery-lane , Gray’s inn-lane , Shoe-lane et Fetterlane, et quelques autres vinrent ensuite. Vers la fin de ce règne les lettres étaient portées par des exprès envoyés par le gouvernement; ces exprès mettaient c^uatre jours pour aller de Londres ù Edimbourg.

Sous le règne précédent avaient eu lieu deux événements importants dans l’histoire des découvertes maritimes et du commerce moderne.

Nous voulons parler du voyage dans rinde par le cap de Bonne- kspérance et de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Au nombre des têtes couronnées auxquelles l'illustre Génois offrit une participation dans sa grande entreprise, était Henri VII , à qui il envoya son frère Bartholomé.

Dans sa traversée, Bartholomé fut pris par des pirates, dépouillé de tout ce qu’il avait, et fait esclave. Il parvint à s’échapper et arriva en Angleterre. Mais alors il était si pauvre qu’il n’avait pas même d'habits pour se vêtir. Il obtint pourtant une audience du roi, qui lui dit de lui amener son frère en Angleterre. Bartholomé partit, mais à peine était-il arrivé à Paris , qu’il apprit que son frère avait trouvé une protectrice dans Isabelle d'Espagne, et qu'il avait commencé .sa grande entreprise. Nous n’avons point à parler ici des découvertes de Christophe Colomb. Bornons-nous à dire qu’après être parti

de la haie de Sait , près de Palos dans l’Andalousie, le 3 août 1492, il arriva dans l’ile de San Salvador, le 12 octobre suivant; qu’il découvrit ensuite Cuba, Hispaniola et d’autres îles; et ue le 1.') mars 1493 il revint au port 'où il était parti , apportant à I Europe étonnée des nouvel!e.s de ses merveilleux succès; que le 25 septembre de la même année, il partit de Cadix pour son second voyage, et revint au même port le 15 juin i490, après avoir découvert les îles Caraïbes, Porto-Rico et la Jamaïque.

L’Angleterre ne tarda pas à se lancer dans cette carrière ae découvertes. Un nommé Jean Cabot, Vénitien, qui était alors établi à Bristol, avec ses trois fils Louis, Sébastien et Sanchez, ayant sollicité du roi la permission de faire pour son compte personnel un voyagededécouverte, Henri lui accorda des lettres patentes qui l’autorisaient à naviguer sous le pavillon anglais, avec cinq navires et tel nombre d’hommes d’équipage qu’il lui plairait d’enrôler. Cabot et ses fils partirent de Bristol au mois de mai 1497, avec, un navire qui leur appartenait et trois autres petits bâtiments de Londres. Le 24 juin, Cabot découvrit la côte de Labrador. De là il se dirigea vers le nord, dans l’espoir de trouver un passage qui le conduirait dans l’Inde ou en Chine , et s'éleva jusqu’au 67'"' degré et demi de latitude septentrionale; puis il revint en Angleterre. Cabot fit deux autres voyages , et dans le second il entra dans le golfe du Mexique. Ces voyages encouragèrent Henri; de nouvelles expéditions lointaines furent autorisées par lui, en 1500 et en 1502.

Mais Henri était, de son naturel, trop parcimonieux pour aventurer des sommes considérables dans des entreprises de ce genre; aiissifautede fonds suffisants, l’Angleterre ne retira d’elle aucun avantage de ces voyages.

Cependant les esprits actifs et entreprenants se remuaient à la vue dece qui se passait au dehors. La découverte d’un passage autour du cap de Bonne-Esperance pour aller dans

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Hnde Tenait alors de produire des changements considérables dansle.cours du cominerceeuropéen. Les Vénitiens, qui jusque-là avaient fourni à l’Europe les épices et d’autres produits de l’Inde, ne pouvaient déjà plus soutenir la concurrence avec les Portugais. Lisbonne devenait ce qu’avait été Venise, une ville florissante, où l’on allait de toutes les parties de l’Europe s’approvisionner de ces articles. L’Espagne , de son côté, agrandissait son commerce d’une manière considérable , en fournissant à l’Europe du coton, du sucre, du gingembre et d’autres produits qu’elle retirait de ses posse.ssions dans les Indes occidentales. Ses galions rapportaient chaque année des quantités d’or considérables. On évaluait à cette époque à 100. 000 livres sterling (2,500,000 francs ) la valeur de l’or qu’elle importait annuellement d’Hispaniola.

Sébastien Cabot n’ayant point obtenu de Henri VII l’encouragement qu’il demandait entra au service du gouvernement espagnol. Mais il revint en Angleterre après la mort de Ferdinand, qui eut lieu en 15t0; et Henri VIII lui associa un nommé sir Thomas Perte en l’engageant à faire une autre tentative pour découvrir un passage au nord-ouest. Cabot partit et atteignit le 67* degré ’j* de latitude septentrionale. Il entra dans la baie d’Hudson et donna des noms anglais aux lieux qu’il visita sur cette côte.

Négligé de nouveau par la cour d’Angleterre, Cabot offrit ses services au gouvernement d’Espagne, qui les accepta. Maisà l’avénementdurègned’Édouard VI , Cabot reparaît encore à la cour d’Angleterre. Lejeune roi l’accueille avec bonté et lui donne une pension de 250 marcs (environ 4,t.50 francs) dont il jouit pendant toute la durée de ce règne. En 1553 ce navigateur engagea quelques marchands de Londres à former une compagnie, dans le but de faire des découvertes maritimes et de rechercher le passage tant désiré pour aller en Chine et dans l'Inde par les mers du Nord.

Cette compagnie s’étant constituée, il en fut nommé le gouverneur.

Au.'^sitôt trois navires sont équipés et partent sons le commandement de sir Hugh VVilloughbv, qui atteignit le 72® degré de latitude septentrionale, et alla chercher un reuige dans un havre de la Laponie russe pour y passer riiivpr;mais les équipages de deux de ces navires, au nombre de soixantedix personnes, et lui-méme périrent de froid. Le troisième navire, commandé par Richard Chancellor, gagna la mer Blanche , qui était alors entièrement inconnue aux Anglais. Chancelier débarqua près d'Archangel et (juitta cet endroit |KHir aller par terre à .Moscou. Il y trouva leczar.lean Basilowitz.qui lui remit des lettres pour Édouard et accorda des privilé.ges considérables à lacoinpagiiiequi l’avait envoyé à la découverte. Ce fut ainsi que commença la compagnie russe. Cette compagnie reçut, quelquetemps après, une charte de la reine Marie , qui augmenta ses privilèges, et bientôt elle acquit une grande importance. Il paraît que Cabot, son fondateur, en administra les affaires pendant trois ou quatre ans, et qu’il se retira ensuite.

Ces voyages de découvertes ouvrirent une nouvelle branche à l'industrie anglaise dans la pèche de la morue.

Mais les Anglais viennent encore ici à la suite des autres peuples; ainsi en 1 5 1 7 , les Espagnols, les Français et les Portugais employaient déjà un graml nombre de navires à cettepéche , tandis que les Anglais ne commencent à se livrer à cette industrie qu’en 1536. Mais bientôt ce commerce dut prendre un grand développement dans leurs mains, car le parlement est obligé d’en régler la police.

Une activité extraordinaire pour les grandes entreprises commerciales se manifestait alors dans tout le royaume. Chancellor, de retour en Angleterre, partit pour un nouveau voyage avec deux vaisseaux ; il remonta la Dwina jusqu’à Vologda , et partit une seconde fois pour Moscou , où il üt un traité de commerce avec le czar.

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En 1556 la compa^ie équipa de nouveau (Jeux navires , qui revinrent la même année ramenant avec eux les deux navires qui étaient restés en La-

Iionie en 1635; run d'eux rapportait e corps de sir Hugh Willoughby, et amenait également uu ambassadeur du czar. Lennée suivante on expédia quatre navires, dont l’un ramenait l’ambassadeur russe et avait à bord un agent de la compagnie nommé Anthony Jenkinson, qui était chargé d’étendre les relations de la compagnie. Après avoir abordé en Russie, cet agent descendit le Volga jusqu’à Astracan ; de là il traversa la mer Caspienne et gagna la Perse; il fit route ensuite pour la ville de fiokhara, qu’il reconnut pour être le rendez-vous des marchands de la Russie , de la Perse, de l’Inde et de la Chine. Il revint en Angleterre en 1560 et publia la même année la première carte de Russie qui eilt encore paru. On prétend que cet agent fit six voyages consécutifs à Bokhara en suivant la même route. Les efforts de Jenkinson ne furent pas infructueux. En 1566 la compagnie russe obtint du shah de Perse Je grands privilèges qui exemptaient de tous droits les marchandises en Perse et garantissaient la protection du shah à l’é.garddes personnes appartenant au royaume d’Angleterre. Quelques années après, Jenkinson fut nommé par Élisabeth ambassadeur à la cour de Russie, où il rendit encore de grands services à la compagnie russe.

Sous le règne de Marie, le commerce extérieur resta stationnaire. L’Angleterre éprouva même une perte importante, quand Calais (1558) tomba au pouvoir des Français; car cette ville servait d’entrepôt aux marchandises anglaises, d’où elles étaient ré-

fiandues en France, en Flandre et dans es autres pavs.

Mais dans le cours du long règne d’Élisabeth, le commerce et la navigation prirent un développement qu’ils n’avaient point encore eus. Ce règne fait époque dans l’industrie na-

tionale. Le premier parlement d’Élisabeth modifie les statuts qui défendent l’importation des marchandises par d’autres navires que des navires anglais, et les navires étrangers purent concourir avec les navires nationaux pour le transport des marchandises, en payant de certains droits.

Au commencement de ce règne , les marchands anglais envoyent dans les Pays-Bas près de 200,000 pièces de drap de toute espèce. La valeur du commerce qui se faisait entre les deux pays était évaluée à 2,400,000 livres sterling (6o millions de francs). Anvers, ville alors très-florissante, avait des relations fort étendues avec l’Angleterre. Cette ville envoyait dans le royaume des bijoux, des pierres précieuses, de l’argent monnayé, du mercure, des draps d’or et d’argent, du fil d’or et d’argent, des épices, des drogues, du sucre, du coton, du linge, des serges, delà tapisserie, du houblon en grande quantité , du verre, du poisson salé, de la mercerie, des armes de toute espèce, des munitions de guerre et des meubles. Elle recevait, en retour, des draps, des franges, de la laine, du safran, du plomb, de l’étain , des peaux de mouton et de lapin , et différentes autres espèces de pelleteries, de la bière, du fromage, etc. Les draps, les étoffes et la laine, que les marchands anglais envoyaient à Anvers, étaient expédiés de cette ville à Venise, à Naples, à Milan, à Florence, à Gênes et dans d’autres parties de l’Italie. Les draps anglais étaient très-estimés. On en expédiait dans l’Allemagne, le Danemark, la Norwége, la Suède, la Livonie, la Pologne, quelquefois en France et aussi en Espagne.

Sous ce règne s’ouvrit encore une nouvelle branche d’industrie : la traite des nègres. Ce commerce commença en 1562. John Hawkins , le même qui plus tard joua un rôle si brillant dans la marine anglaise, à l’époque où le royaume était menacé par l’invincible Armada, ayant appris que les nè*

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grès se vendaient à un prix très-élevé a Hispaniola , arma, de concert avec quelques négociants, trois navires, dont leplus gros était de 120 tonneaux, et le

flus petit de 40 tonneaux seulement.

I se rendit à la côte de Guinée, où il prit une cargaison de noirs et alla ensuite à Hispaniola. Après s'étre défait avantageusement de sa cargaison , il chargea ses navires de peaux, de sucre, de gingembre et de perles, et revint en Angleterre. Il üt deux autres voyages du même genre, et la reine lui permit d’ajouter à ses armoiries un nègre qui avait la corde au cou.

L’année 1506 est remarquable dans les annales du commerce de Londres, car c’est à cette époque que le royal exchange ou la bourse fut commencée

fiar sir Thonjas Gresham. Jusqu’alors es marchands de Londres sctaient réunis en plein air dans la rue des Lombards. Sir Thomas, qui était allé à Anvers et dans d'autres villes du continent où il avait vu des bourses, proposa au lord maire et aux citoyens de Londres de construire à ses frais un établissement commode du même genre, pourvu qu’on lui fournît le terrain. Son offre fut acceptée. On acheta un terrain pour le prix de 3,532 livres sterling (88,300 francs), et après qu’il eut été nivelé aux frais de la cite, on le remit à Gresham, qui posa la première pierre de l’édifice le 7 juin 1506. Au mois de novembre de l’année suivante, l’édifice, qui était en briques, fut entièrement achevé. On lui donna d’abord le nom de bourse; mais dans une visite que fit en 1570 la reine à sir Thomas Gresham, ce nom fut changé, et la reine ordonna qu’il porterait celui de « royal exctiange. » Cette inauguration fut faite au son des trompettes et par un héraut d’armes. L’édifice original fut incendié en 1666 en même temps qu’une partie de la cité. Alors on en construisit un nouveau sur le même emplacement, lequel coûta 80,000 livres sterling (2,000,000 de francs). Sir Thomas Gresham jouit de la faveur d’Édouard VI, de la reine Marie et d’Élisabeth. Celle-ci le fit cheva-

lier en 1559. Quelques années après, Gresham engagea la reine, qui avait besoin d’argent , a faire un emprunt en s’adressant aux capitalistes nationaux, plutôt que de recourir, comme on l’avait lait jusqu’alors, aux capitalistes étrangers. Cet avis fut adopté, et depuis lors ce système a toujours été suivi.

En 1567 divers voyages de découverte furent entrepris pour chercher un nouveau passage dans l’Iude. Ce fut Martin Frubisher qui entreprit le premier voyage. Cette expédition aventureusc'se composait seulement de deux barques de vingt-cinq tonneaux chacune et d’une pinasse de dix tonneaux. Plusieurs personnes de distinction , et notamment Ambroise Dudley, comte de AVarwick, frère aînédeLeicester,etlareineelle-même, prenaient le plus vif intérêt au succès de cette expédition. Au départ de Frobisheret de ses compagnons ( le 8 juin 1567), la reine, qui s’était placée à une fenêtre du palais de Greenwich, agita sa main quand elle les vit passer, en signe d’adieu. Frobisher atteignit Fara, l’une des îles Shetland, et se

tiorlant vers l’est il vint en vue de a côte du Groenland, où il ne put débarquer. Il entra ensuite dans le détroit qui conduit à la baie d'Hudson , et qui porte encore son nom, et prit possession d’une certaine étendue de côtes, au nom de la couronne d’Angleterre. Mais la perte de quelques hommes de son équipage le fit songer au retour; et après avoir essuyé une violente tempête, il arriva à Harwich le 2 octobre. Les découvertes géographiques qu’il avait faites n’étaient pas d’une grande importance ; cependant son voyage produisit une vive sensation , grâce à une circonstance que nous allons indiquer. Entre autres spécimens des produits qu’il apportait , il y avait une pierre noire d’un poids fort lourd. Cette pierre ayant été mise au feuet jetéeensuitedansdu vinaigre, elle en sortitbrillante comme de l’or, ce qui fit croire qu’elle contenait des parcelles de ce métal.

Aussitôt que cette nouvelle fut cou-

nue, une foule de souscripteurs se présentèrent pour aider Frobislier a entreprendre une seconde expédition, et la reine elle-niéine mit à la disposition de ce navigateur un navire de la marine royale de deux cents tonneaux.

Frobislier partit de Harwich le 31 mai 1577, et revint en Angleterre à la fin de septembre avec une cargaison de pierres de la même nature que celles qu’il avait apportées à son premier voyage. Des épreuves nouvelles furent faites, et le résultat, sans être décisif, donna de telles espérances , que Frobislier repartit encore le 15 mai 1578. Cette foisl’expédition se composait de quinze navires, mais elle n’eut aucun succès, car on reconnutenliiiquele minerai prétendu ne contenait aucune parcelle d’or.

Toutefois ces divers voyages ne furent point sans d'importants résultats pour la géographie. Ce fut Frobislier qui , le premier, pénétra dans les mers polaires du Nord, et découvrit le détroit qui porte son nom , ainsi que différentes lies situées dans ces parages.

Frobislier obtint alors un commandement dans l’armée navale qui défit finvincible .4riiiada et se distingua dans ce commandement de manière à mériter le titre de chevalier, qui lui fut conféré par le grand amiral. Il mourut en 1 594 d'une blessure qu’il avait reçue en attaquant un fort près de Brest!

A l’époque où Frobislier faisait son troisième voyage de découverte dans les mers du Nord, le célèbre Francis Drake exécutait un voyage de circumnavigation autour du* globe; c’était le second voyage de ce genre qui eilt été entrepris. Le premier avait eu lieu un demi-siècle auparavant par un navigateur portugais, du nom de Fernando Magellan, qui découvrit le détroit de ce nom. Drake partit de Plymoiitli le 15 novembre 1577 : l’expédition se composait de cinq navires.

Le plus grand , nommé le Pélican, jaugeait cent tonneaux ; le plus petit était une pinasse de quinze tonneaux.

L’équipage se composait de 164 hommes; dans le nombre étaient plu-

sieurs jeunes gens (jiii appartenaient aux premières familles du royaume.

La flotte de Drake aborda à’ia côte du Brésil et entra dans Rio de la Plata; puis se remettant en mer elle atteignit le détroit de .Magellan. Drake découvrit alors la côte meridionaledeTierra del Fuego, et après avoir fait un immense butin par des captures importantes sur les Espagnols, il s’élança dans la mer Pacilique, et atteignit les Moluques et file de Java. De là, gagnant lecap de Buiine-Espérance, il revint à Plymoutli, où il arriva après une absence d’Angleterre de près de trois années. La reine Élisabeth fit un accueil des plus gracieux au hardi navigateur. Elle ordonna que le navire sur lequel il avait effectué ce voyage fut conservé dans une petite anse près de Deptford sùr la Tamise en commémoration de ce glorieux voyage; et après l’avoir consacré avec un'egraiide pompe, elley vint dinec et donna a Drake le titre de chevalier. l.e navire de Drake fut conservé à Deptford jusqu’à ce qu'il tombât en décomposition; on fit ensuite d’un de ses bordages une chaise qui fut donnée à l’université d’Oxford.

Plusieurs grands voyages de long cours suivirent de près le voyage decircuninavigation de Drake. D’un autre côté, John Davis faisait trois voyages consécutifs dans les mers du Nord pour découvrir un passage nord-ouest. Le premier de ces voyages eut lieu en 1585. Davis atteignit le 73' degre de latitude nord et découvrit le détroit auquel il a laissé son nom. Le second et le troisième eurent lieu l'un en 1586 et l’autre en

1587, mais dans ces deux voyages. Davis n’ajoutaaucune découverte à celles qui avaient été faites. Dans le même temps un voyage de circumnavigation étaitentrepns par Thomas Cavendisli.

Ce navigateur partit de Plymouthavec trois navires le 21 juillet 1586 et revint au même port le 9 septembre

1588. Trois ans après, Cavendish entreprit un second voyage, et John Davis, (jui commandaitundes navires de l’expedition, découvrit les lies Fal-

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kland. D’autres voyages, qui eurent lieu dans les m ers du Sud , succéiièrent à ceux de Cavendish; l’un fut exécuté par Andrew Merrick en 15S9; un autre en lü93 par sir Richard Hawkins; le troisième, en 1602, parle capitaine Georges Weymouth. Mais aucun de ces voyages n'agrandit le domaine des connaissances géographiques.

A cette époque l’Angleterre ouvrait directement des relations commerciales avec l’Inde. En 1583 une compagnie de marchands anglais envoya deux agents en Syrie et leur donna mission d'allerjusqu’à Bagdad; de là jusqu’au Tigre et au golfe Persique. Ils devaient atteindre Orraus et de là s’embarquer pour Goa.

Leurs instructions leur enjoignaient de chercher à nouer des relations de commerce avec tous ces endroits. L’un de ces agents mourut dans l'Inde; mais l'autre , après avoir visité Agra, le Bengale, Pégu et nie de Ceylan , revint au mois d’avril 1591. A la même époque, se préparait un vovage par mer pour l’Inde.

Trois navires, armés par les mêmes négociants qui avaient envoyé les deux agents dont nous venons de parler, se dis|)osaient à partir pour ces contrées lointaines L’expédition était commandée par Lancastre. Elle partit de Plymouth le 10 avril 1591 pour le capde Bonne- Espérance, arriva heureusementdans l’Inde et pritdu poivre et d’autres productions précieuses à Ceylan et à Sumatra pour former sa cargaison. Lancastre s’étant ensuite dirigé vers les Indes occidentales , lit naufrage sur l’îlede Mona,d’où il fut reconduit en Europeavecson équipage par un petit bâtiment français. Son voyage avait duré environ trois ans et deux mois. Deux ans après , trois autres navires partirent pour l’Inde et la Chine ; mais cette expédition eut le même sort que la précédente. Cet insuccès n'abattit point toutefois la persévérance des marchands anglais.

Eu 1599, la compagnie turque lit une autre tentative pour établir le commerce par terre avec l’Inde. Un de ses

agents alla à la cour du Grand Mogol à Agra, et arriva dans cette capitale en 1603; il y obtint des privilèges importants del’empereur pour la compagnie qu’il représentait.

Mais déjà de nouvelles tentatives avaient été reprises pour commercer avec l’Inde par mer. Le 22 septembre 1599, le lord-maire, lesaldermen et les principaux marchands de Londres, au nombre de cent personnes, formèrent entre eux une association pour commercer avec l’Inde, et dans la première assemblée ils souscrivirent toutd’abord un capital de 30,000 livres sterling (750,000 francs). Dans une réunion suivante , ils adressèrent une pétition au conseil privé, dans laquelle ils représentaient que, stimuUs par les succès qu’avaient obtenus les Hollandais dans les Indes orientales, ils s’étaient associés pour faire des voyages du même genre; ils demandaient qu’à cet effet la reine leur accordât des lettres patentes qui sanctionnassent leur association. Ces lettres patentes furent accordées le 31 décembre de l’année 1600. Elles donnaient à cette association le nom de « Compagnie des marchands de Londres misant le commerce avec les Indes orientales. » Thomas Smith, alderman de Londres et l’un des principaux membres de la compagnie turque, en fut le premier nommé gouverneur.

Entre autres privilèges, les lettres parentes accordaient aux pétitionnaires le droit exclusif de faire du commerce pendant quinze années avec toutes les contrées de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique, situées à l’est du cap de Bonne-Espérance jusu’au détroitdeMagellau.Sans perdre e temps, la compagnie envoya quatre navires dans l'Inde. Le plus fort était de six cents tonneaux ; le plus petit, de deux cent quarante tonneaux. Lancastre commandait la petite flotte avec le titre d’amiral, et la reine l’investit de pouvoirs très-étendus. L’équipage se composait de quatre cent quatre-vingts hommes. La flotte partit deWooIwich le 13 février 1601 , et arriva à Acheen , dans l’Ue

de Sumatra , le 5 juin de l’année suivante. Nous parlerons des résultats de cette expédition dans le livre suivant auquel elle appartient plus particulièrement, car Lancastre ne revint eu Angleterre qu'après la mort d’Elisabeth.

Dans la dernière partie de ce règne des tentatives furent faites pour coloniser quelques-unes des contrées nouvellement découvertes. En 1576, sir Humphrey Gilbert ayant obtenu des lettres patentes qui l’autorisaient à coloniser plusieurs parties du continent de l’Amérique septentrionale,

?[uilta l’Angleterre avec son beaurère sir Walter Raleigh , pour mettre à exécution ses projets d’établissement ; mais il fut assailli en mer par une violente tempête , et après avoir perdu l’un de ses meilleurs navires, il fut obligé de revenir en Angleterre.

Une seconde tentative fut laite par les deux frères en 1583 ; mais après être arrivés à Terre-Neuve, Gilbert périt avec son navire dans sa traversée de retour, et des quatre navires qui composaient l’expédition , il n'y en eut qu'un qui revint en Angleterre.

Cependant sir Walter Raleigh n’était pas découragé. L’année suivante il arma deux navires et les dirigea vers la côte septentrionale d’Amérique. Le résultat de ce voyage fut la découverte de cette partie du continent américain auquel Élisabeth donna le nom de Virginie par allusion à l’état de virginité dans lequel elle était ellemême. Raleigh envoya aussitôt une nouvelle flotte de sept hôtiments, dont il donna le commandement à sir Richard Granville, l'un de ses parents.

Sir Richard avait l’ordre île prendre os.session du nouveau territoire et ’v former un établissement. Granville laissa cent huit hommes dans nie de Roanoak , qui est située près de la côte de Virginie. .Mais à peine les navires qui avaient transporté la petite colonie furent-ils partis, que les naturels commirent des actes d’hostilité coinre les colons; ceu.x-ci n’étaient point en force pour résister a leurs ennemis, et sir Francis

'Drake ayant touché dans cet endroit, ils prirent passage sur ses navires et revinrent en Angleterre à la fin de juillet 1586. > Ce furent ces hommes, dit Camden, qui les premiers introduisirent en Angleterre l’usage du tabac.» Une autre flotte, composée de trois navires, était déjà partie; mais Granville, ayant trouvé l'ile abandonnée, n’y laissa cette fois que quinze hommes avec des provisions pour deux ans. L’année suivante Raleigh envoya trois autres navires. Cette flotte, qui portait un gouverneur au territoire colonisé, ne trouva aucun des malheureux colons nui y avaient été laissés l’année précédente.

Tous avaient été égorgés par les sauvages. Le gouverneur et ?es compagnons cherchèrent alors à réparer les édifices construits par les premiers occupants; mais les naturels continuèrent leurs hostilités, et des dissensions éclatèrent parmi les colons eux-mêmes ; le gouverneur revint en Angleterre pour y chercher du renfort. Raleigh, qui songeait toujours à ses colons de Roanoak, ne put cependant leur envoyer des secours , car la mer étpit alors couverte de croiseurs espagnols, qui arrêtaient au passage tous les navires anglais.

Hors d’état de se défendre, les malheureux colons de la Virginie, au nombre de cent vingt personnes, périrent tous sous le tomaoc des Barbares indigènes qui habitaient ces lieux.

La marine royale et la marine marchande prirent sous ce règne un développement considérable. « Aussitôt qu’Élisabeth monta sur le trône, nous dit Camden, cette princesse sage et prudente , pour se mettre à l’abri des attaques au dehors et assurer à ses sujets les bienfaits de la paix, commença à remplir ses arsenaux d’une quantité considérable de munitions de guerre; elle lit couler un grand nombre de canons en fer et en bronze , et établit une manufacture de poudre. Sa marine la préoccupait vivement. Elle fit bâtir sur les bords de la Medwav près de

PÉRIODE DES TüDORS.

üpmore une forteresse pour protéger sa flotte, et elle augmenta le nombre de ses matelots. C’est ainsi qu’elle mérita le titre de restaurateur de la gloire navale et de reine des mers du Nord. En 1572 la marine entière d’Angleterre se composait de 146 navires de toutes grandeurs. Dans ce nombre il y en avait un qui portait cent canons; neuf de 60 à 88 canons; quarante-neuf de 40 à 48 canons; cinquante-huit de 20 à 38 canons; et vingt-neuf de 6 à 18 canons. En 1582 les marchands anglais possédaient, dit-on, cent trente-cinq navires dont quelques-uns ne portaient pas moins de cinq cents tonneaux.

La couronne avait souvent recours à ces marchands dans les moments de danger, et louait leurs bâtiments , qui étaient alors armés en guerre.

Ainsi en 1588 , à l’époque où l’Angleterre était menacée par l’Armada espagnole, on mit en mer une flotte de cent cinquante vaisseaux , dont quarante seulement appartenaient a la marine royale, et les cent dix restants étaient la propriété de divers

fiarticuliers. Chacun des navires de a reine portait, ternie moyen, trois cents hommes ; les autres portaient environ cent dix hommes chacun.

Le bureau de la marine établissait en 1591 l’état des forces navales de la manière suivante : pour 1547, la Gn du règne de Henri viii, à 12,455 tonneaux ; pour 1553 , la ün du règne d’Édouard VI, à 11,065 tonneaux; pour 1558, à la Gn du règne de Marie, à 7,1 10 tonneaux; pour la Gn du règne d’Élisabeth, à 17,110 tonneaux.

Une nouvelle branche d’industrie maritime vint ranimer le commerce de l’Angleterre pendant ce règne. En 1593, quelques navires anglais Grent un voyage au cap de Bonne-Espérance pour y pêcher la baleine. Les mers polaires septentrionales étaient exploitées par les navires de la companie russe, qui faisaient chaque année es pêches abondantes dans les parages du Spitzberg. Il parait qu’a-

lors on n’employait que de l’huile de baleine, et qu’on ne faisait aucun usage des fanons. La pêche de la morue, sur le banc de Terre-Neuve, prit aussi un assez grand développement. L’Angleterre envoyait alors chaque année vingt navires à cette pêche, nombre bien inférieur encore a celui des navires employés par lesautres nations, car la France comptait alors cent cinquante navires employés dans cette pêche; l’Espagne, cent; le Portugal, 'cinquante; les riverains de la Biscaye, vingt. Les navires anglais étaient au général mieux construits et d’un plus fort tonnage que ceux des autres pays.

Durant la période des Tudors, nous voyons s’effectuer une altération continuelle dans les monnaies; aussi éprouvent-elles une grande dépréciation. Henri Vil conserva le même étalon que celui qui avait été Gxé par Édouard IV. Sous le règne de Henri on frappait 450 pennys avec une livre d’argent. Une nouvelle monnaie en or fut frappée sous ce règne. On l’appela souverain, et quelouefois rose royale. On lit aussi des oemi-souverains et des doubles souverains. Sous le règne de Henri VIII, le titre de l’argent devint aussi changeant que le propre caractère du roi. Henri VIII observa d’abord le même étalon que son père, mais bientôt il Gtentrerdans les monnaies d'or et d’argent de l’airain etdu cuivre. En 1543, il abaissa le titre de l'argent d’un tiers. Deux ans après, il le réduisit encore, et, en 1546, il lui Gt subir une troisième réduction. Ainsi, la livre d’argent qui, sous le règne d’Édouard IV, représentait 37 shillings 6 pence, ou 450 pennys, représentait en 1527, 45 shillings ou 540 pennys, et en 1543, 48 shillings ou 576 pennys. Les pièces d’or de Henri étaient les souverains, les demi-souverains , les angels , les angelets ou demi-angels, les quarts d’angel, les nobles georges (on appelait ainsi une monnaie sur l’efGgie de laquelle on avait représenté saint Georges tuant le dragon ; sa valeur était de

six shillings huit pence); des pièces de40 peniiys, des couronnesde la double rose et des demi-couronnes.

Lesnionnaiesfurentaltéréesdavantageencoresouslerègne d’Édouard VI.

Ainsi on fit 72 shillings avec une livre d’argent, qui dans le règne, précédent n’en produisait que 48. Les inconvénients et la eonfusion qui existèrent par suite decetle dépréciation extraordinaire furent si vivement sentis, qu'à la fin du règne d’Édouard des mesures vigoureuses fu rent prises pour arrêter le désordre. En 1 552 on ne fit plus que 60 shillings au lieu de 72 avec une livre d'argent, et la monnaie d’or, qui avait éprouvé les mêmes altérations que la monnaie d'argent, fut remise à un titre plus élevé et dans la même proportion.^

Sous le régné d’Édouard VI, le par lement rendit un statut contre l’usure Il paraît que le taux de l’intérêt s’éle vait alors à plus de dix pour cent Édouard VT abolit en.suite les privilèges que ses prédécesseurs avaient accordés à une compagnie de marchands étrangers connue sous le nom de steelyard company, dont la richesse excitait la jalousie des Anglais. Cette compagnie avait entre ses mains une grande partie du commerce extérieur de l’Angleterre , et son commerce s’était tellement accru , disait-on dans le document dressé contre elle, qu’elle expédiait à elle seule pour la Flandre 44,000 pièces de drap, tandis que les autres commerçants réunis en expédiaient à peiue 1,100. L’abolition de ces privilèges se Ht immédiatement sentir; elle porta à lu compagnie un coup dont elle ne se releva plus, mais le commerce en général en acquit un grand avantage.

La reine Marie rendit une proclamation pour régulariser le cours des monnaies, danslaquelie étaient exposés les inconvénients qui étaient résultés de leur altération durant le règne précédent. Cependant elle réduisit encore elle-même les monnaies d’or etd’argent au commencement de son règne. Celles qui furent frappées après son mariage

portaient sur l’effigie la tête de son mari et le nom de Philippe ainsi que le sien propre.

Une révolution complète s’effectua dans les monnaies sous le règne d’Élisabeth. Dans la seconde année de ce règne la monnaie d’argent recouvra toute son ancienne pureté. Cependant le nombre des shillings resta le même : soixante shillings étaient encore frappés pour une livre d’argent; en 1601, ce nombre s'éleva même à soixantedeux; il est resté tel Jusqu’en 1816, où il s est élevé à soixante-SM{'notnbre actuel. La monnaiede Henri VIII et d’Éldouard VI fut retirée de la circulation. La valeur courante de cette monnaie s’élevait à environ 638,000 livres sterling; mais la valeur réelle était seulement de 244,000 livres sterling. Les monnaies d’or d’Élisabeth sont les souverains, les demi-souverains, les couronnes et les demi-couronnes, les angel, les demi-angels et les quarts d’angel, les nobles et les doubles nobles. Parmi les pièces d’argent étaient des pièces appeléescouronnes porte-cullis , <à l’imitation du dollar espagnol. Ces pièces, dont la valeur était de quatre shillings six pence, étaient destinées à l’usage de la compagnie des Indes orientales.

Pendant la première partie de cette période l’agriculture resta dans l’état oùelle étaitdurant la période des Plantagenets. L’Angleterre n’était point encore revenue de l’émotion proionde qu’avaient occasionnée les troubles intérieurs qui l’avalent déchirée. Mais au commencement du règne de Henri VIII on vit naître les signes précurseurs d’un meilleur avenir. Les revenus des fermes augmentent du double en peu d’années ; la condition du fermier et du simple cultivateur paraît s’améliorer ; on trouve à cet égard les lignes suivantes dans le Journal tenu pur le roi Édouard. •> Les fermiers, dit-il , ont augmenté le prix de leur blé et celui de leur bétail, et les laboureurs qui les assistent obtiennent un salaire plus élevé. »

Il s’opéra à cette époque un grand

PÉRIODE DES TUDORS

thangement dans le système agricole du pays. Ce fut de convertir en pâturages les terres destinées au labour; car en raison des demandes qui étaient faites à l’extérieur, delà lainedu pays, il devenait plus proGtable d'élever des moutons que de labourer la terre pour y semer du blé. Plusieurs statuts furent rendus par la législature pour arrêter ces changements; en eflet, telle était l’ardeur avec laquelle ce nouveau système agricole fut adopté , que l’Angleterre semblait menacée d’être convertie en un immense pâturage. Il y avait des fei^ mes qui possédaient des troupeaux de moutons dont le nombre s’élevait jusqu’à vingt mille. On imposa des obligations aux fermiers; ils devaient, ar exemple, n'affecter qu’une portion es terres de leurs fermes à l'éducation du bétail et ne se livrer à cette industrie qu’autant que leurs fermes seraient disposées convenablement our cet objet. « Mais, nous dit historien Hume , la fréquence des statuts rendus à cette occasion prouve bien qu'ils ne furent jamais rigoureusement exécutés. »

Une acre produisait alors le double de cequ’elle avait produit autrefois, car les fermiers fumaient leurs terres. Dans le Sussex on faisait usage de la chaux u'on allait chercher a une grande istance et que l’on brûlait ensuite.

Dans le Cornouaille on employait du sable , et dans les environs de Londres les fermiers achetaient pour le même usage les boues qui étaient recueillies dans les rues de cette ville.

Chaque acre de terre produisait alors, terme moyen , vingt boisseaux de blé, trente-deux boisseaux d’orge ou quarante boisseaux d’avoine.

A la fin de cette période, de grandes améliorations s'effectuèrent dans la manière de vivre ainsi que dans le logement des classes agricoles. Les maisons commencent généralement à être bâties en pierre ou en briques. Les chambres sont plus aérées et plus spacieuses; les édifices de servitude plus éloignés du principal corps de logis. Quelques fermiers Ancletebub. — t. u.

possèdent déjà de la vaisselle d’argent, et chez le plus grand nombre, de moelleux lits de plume remplacent unecouchegrossiere. Harisson déplore quelques-uns de ces changements. « Lorsque les murs de nos fermes , dit-il , étaient faits avec des lattes et de la claie , nous avions des hommes de fer; mais maintenant ces mêmes hommes deviennent chaque jour de plus en plus efféminés par l’introduction du luxe qui s’est répandu chez eux. u Le charbon devenait alors un article de grande consommation ; déjà on avait substitué au bois la tourbe, la bruyère , le genet, et dans quelques contrées , la bouse de vache.

Les semailles et la culture des champs se faisaient de la manière suivante :

une année on semait du blé ou du seigle; l’année suivante on semait au printemps de l’orgèou de l’avoine; puis les champs étaient mis en jachères. Le trèfle fut introduit en Angleterre sous le règne d’Élisabeth. Cette conquête agricole, qui avait été apportée de la Flandre, permit aux fermiers d’augmenter leur bétail et d'appliquer en outre à la terre une plus grandequaiitité de fumier. Cinq brebis, à cette époque, représentaient une valeur égale à celle d’une vache. Le jardinage fit de grands progrès pendant toute cette période. Le houblon, la salade, les choux , la groseille, l’abricot et le melon furent introduits en Angleterre en 1564. Ces productions venaient de la Flandre. Les artichauts commencèrent à se répandre en Angleterre, et furent cultivés sous le règne de Henri VIII. Les pommes reinettes y parurent en 1524, les groseilles de Zante en 1555, les cerises en 1540 , et différentes espèces de prunes furent apportées d’Italie par Thomas Cromwel, .vers 1510; les giroflées, les œillets, la rose de Damas et la rose de tous les mois, en 1567.

L’Angleterre avait déjà des manufactures importantes. Celle de draps conserva pendant toute cette période, son ancienne supériorité. Le royaume fournissait la matière première; cette industrie employait un nombre con-

i74 HISTOIRE D’ANGLETERRE.

sidcrable d’ouvriers. Londres, Bristol, Glocester, Norwich, Coventry et un grand nombre d’autres villes fabriquaient des étoffes de laine. Ou commençait déjà à se servir de mécaniques; mais diverses ordonnances furent rendues pour défendre l'usage de ces machines, dont on n’appréciait pas encore l’utilité; Ces mécaniques, d’ailleurs, étaient tellement imparfaites, que les étoffes fabriquées par elles étaient toujours défectueuses et grossières. Les manufactures fournissaient une grande variété d’étoffes. Dans les comtés de Berks , d’Oxford, de Surrey, de Sussex et d’York, on fabriquait de la serge croisée. La principauté de Galles était renommée pour ses ratines et ses cotonnades; Taunton, Bridgewater, Chard, et différentes villes du Wiltshire, du Glocestersliire, et du Sommersetsbire, pour leurs draps fins; Worcester, Evesham , Droitwich, Kidderminster, Bromwich, Coventry, les comtés de Norfolk , de Suffolk et d’Essex , pour leurs draps ordinaires; Manchester, pour ses couvertures de laine et ses ratines; York, pour ses couvertures de lit; le Lancashire et leCheshire, pour leurs cotonnades.

Les fabricants de Norfolk et principalement ceux de la cité de Norwich se distinguaient sur leurs confrères

Ïiar la supériorité de leur habileté i t de eur esprit d’entreprise. 'Vers l’année 1654, le maire de Norwich et quelques-uns des principaux citoyens de cette ville invitèrent des artisans étrangers à se fixer parmi eux pour y instruire quelques-uns des ouvriers nationaux dans rart de tisser les satins et de fabriquer les futaines de Naples. Cette tentative eut un plein succès, et les nouvelles étoffes reçurent le nom de satins de Norwich et de futaines de Norwich. Aussitôt Élisabeth rendit une ordonnance qui accordait de grands privilèges a ces tisserands.

Les mêmes artisans étrangers introduisirent de grandes améliorations dans l’art de fabriquer les étoffes , et étendirent ces améliorations à toutes les contrées où ils se fixèrent. L’art

de fabriquer du savon fut introduit à Londres en 1624. Auparavant tout le savon blanc dont on faisait usage dans le royaume était importé du dehors.

L’art de teindre les étoffes donna lieu à plusieurs statuts du parlement.

L’Angleterre avait joui autrefois à l’étranger d'une grande réputation pour la manière dont elle teignait ses étoffes en laine; mais l'introduction des bois du Brésil et de plusieurs autres bois de teinture avait porté une rude atteinte à cette réputation. Le statut défendit l’emploi de ces bois pour teinture, mais ce fut en vain : personne ne revint à l’ancien système.

La fabrication des toiles fut de peu d’importance pendant cette période ; car toutes les toiles fines venaient du dehors; on ne trouvait en Angleterre que des toiles grossières, qui étaient fabriquées par les ménagères pour l’usage de leur famille.

Vers le milieu du règne de Henri VIII , différentes personnes songèrent à cette industrie, ce qui donna lieu à plusieurs statuts du parlement. Néanmoins l’Angleterre fut encore obligée d’aller chercher à l’étranger les toiles à voiles pour ses navires. Les bonnets de laine, qui avaient eu pendant longtemps une grande vogue, commencèrent à perdre de leur faveur sous le règne d’Élisabeth; car alors on commença à porter des chapeaux de feutre. Plusieurs ordonnances furent rendues pour empêcher la décadence des tissus à mailles. Un acte fut rendu en 1671; il déclarait q^ue toute personne âg^ de plus de SIX ans serait obligée de porter, les dimanches, un bonnet de laine, sous peine d’une amende de trois shillings quatre pence par jour. Il est inutile d’ajouter que cette loi resta sans effet, et que le commerce de la chapellerie devint bientôt très-florissant.

Les matériaux fournis par les auteurs contemporains suri’etat des arts industriels pendant la période qui nous occupe, sont très-incomplets; aussi nous bornerons-nous à de simples citations u l’égard de ces diver-

PÉRIODE DES TÜDORS. 275

ses industries. La fabrication du fer s’effectuait alors dans les comtés de Kent, de Sussex et de Surrey; on faisait un fréquent usage d'une espèce de ferappeléfer de Bilbao; avec ce fer on fabriquait des armes et divers instruments. Le fli de fer se faisait à la main dans la forêt de Dean; mais en 1565 une compagnie se forma pour la fabrication de cet article à l'aide des machines. Les mines d’Angleterre fournissaient alors en si petite quantité le minerai de cuivre, que l’exportation de ce minerai ou du métal même était défendue. Mais au commencement du règne d’Élisabeth on découvrit dans le Cumberland une veine de cuivre abondante , et il y eut aussitôt des exportations de ce métal à l'étranger. L’exploitation de l’alun, de la coupe-rose et de plusieurs autres

richesses minérales, commença également sous ce règne. Les épingles datent de ce temps; en 1.S43 le parlement rendit un statut pour régler la fabrication de cet article.

Quelques ameliorations furent introduites dans le tannage des cuirs. Jusu’alors les tanneurs avaient coutume e conserver les peaux dans les fosses pendant douze à quinze mois, mais par un procédé nouveau ce délai fut réduit ou trois à quatre semaines. Cette circonstance excita des réclamations de la part dés tanneurs , et le parlement , cédant à leurs plaintes , rendit en 1548 un statut qui défendait aux marchands d’acheter des peaux qui n’auraieiit pas séjourné au moins neuf mois dans les fosses. Ce statut, comme on le pense bien, fut souvent violé, et finit bientôt par être de nul effet.

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