I.É<ilSt.ATIO.V
§ 20. Situation des partis. — Wentworlli. — Laud. — Hampdeii. — Pym. — Ëlai)lissenienl du pouvoir des communes. — Keveuus de la couronne.
Les grands événements qui s’étaient passés sous les Tudors avaient frayé la route aux communes, en leur donnant un commencement de puissance qui ne pouvait que s’agrandir avec le temps. En fractionnant Ic.s terres de la noblesse , Henri VII avait abattu pour toujours le iiouvoir de l’aristocratie féodale, et avait augmenté le nombre des propriétaires fonciers, c’est-à-dire, le nombre des électeurs. La réforme religieuse, dan.s laquelle Henri VIII n’avait vu qu’un moyen de satisfaire ses passions, avait produit les mêmes résultats. De la division des terres ecclésiastiques étaient sortis un grand nombre de propriétaires fonciers qui n’existaient point avant la réforme. Cette classe de citoyens , placée entre la haute noblesse et les bourgeois, reçut le nom de
gentry, gentillâtres, nom qui lui est resté. La plupart de ces hommes, indépendamment d’une ancienne origine , avaient hérité de la fierté et de l’esprit indomptable qui caractérisaient i’anciennearistocratienormande , alors u’elle remplissait l’Europe et l’Asie U bruit de ses victoires et de scs hauts faits. C’est à cette classe qu’appartiennent , en grande partie , les chefs parlementaires des règnes des premiers Stuarts. « Hommes extraordinaires, nous dit un historien, car ils étaient à la fois des politiques froids et sagaces, des soldats braves et pleins d’ardeur , des théologiens enthousiastes et souvent ascétiques, qualités qu’auparavant l’on n’avait jamais trouvées réunies dans un seul homme. » Déiivrésdu joug spirituel de l’Église romaine , les esprits commencèrent aussi à s’interroger sur des sujets autres que des sujets religieux; et comme la révolution religieuse en Angleterre n’avait point été faite par le peuple , que le roi et les nobles en étaient les auteurs , et qu’ils s’étaient partagé les riches dépouilles du clergé catholique , il naquit de cet abandon une secte nouvelle qui, reoussant la forme de la religion étalie, eut la prétention de prendre part aux affaires de l’État. L’enthousiasme de cette secte , sa persévérance , son énergie et son courage, s’accrurent en proportion des difficultés que l’on semait sur ses pas et des dangers auxquels elle était exposée : elle prit le nom de puritains.
Le feu couva en silence sous le règne d’Élisabeth , grâce à la politique prudente et pleine de sagesse de cette souveraine; mais les fautes nombreuses des Stuarts le firent éclater.
Jacques l"' était regardé par la nation comme un pédant, un lâche. Charles l'”', son successeur , dont l’avénement au trône avait d’abord donné quelques espérances, devint bientôt luimême ouieux à l’Angleterre. Ce prince était d’un caractère faible, et subissait l’influence de l’archevêque Laud , d’Henriette-Marie, de Buckingham et de sir AVilliam Wentworth. Ces hommes formèrent le projet de gou-
verner le royaume à sa place. Mais les talents de ces personnages , quelque grands qu’ils fussent, n’étaient pas à la hauteur de la position difficile dans laquelle se trouvait l’État.
Wentworth, le plus habile de tous, était sorti de cette classe de gentillâtres dont nous avons parlé; il était lefils aîné désir William Wentworth, gentilhomme d’ufie ancienne famille qui habitait le comté d’York où il possédait un manoir qui avait été donné à scs ancêtres par Guillaume le Conquérant. AVentworth, que nous avons vu figurer parmi les membres de l’opposition , n’avait quitté le parti de la cour que par dépit et pour se venger d’un refus qu*il avait essuyé du roi. Mais bientôt il avait renié l’opposition ; et , en perdant l’appui des communes qui l’avaient soutenu, il avait aussi perdu son influence. La nature et la fortune l’avaient rendu impérieux ; il s’indignait des intrigues sourdes qui se passaient à la cour de Charles.
La bonne ou la mauvaise humeur de la reine, l’étiquette de la cour et les prérogatives des officiers de la maisondu roi , qui étaient aux yeux deCharles des affaires d’une grande importance, passaientpourdes puérilités aux yeuxde Wentworth.
L’archevêque Laud , avec moins d’habileté que Wentworth , était aussi ardent que lui dans ses persécutions.
Comme Wolsey et la plupart de ses devanciers , Laud avait une origine obscure. Jusqu’à l’âge de cinquante ans , il avait vécu obscurément dans un collège à Oxford , et s’était distingué par cette sorte de bavardage qui était très-recherché à cette époque dans les universités. Créé en premier lieu évêque de Saint-David , il était devenu successivementévêque deBath et de Wells, plus tard évêque de Londres , et en dernier lieu archevêque de Cantorbéry : il avait apporté dans ces hautes fonctions l’esprit méticuleux d’un recteur de l’université. Son élévation était due à l’intrigue, et, arrivé aux honneurs, il avait payéde la plus noire ingratitude ceux qui l’avaient servi.
Ses regards étaient to ujours tendus vers
PÉRIODE DES STUARTS