‹ AngleterreChapitre 15 sur 23 · SI · texte numérisé non relu

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les hautes régions, et aucune complaisance ne lui coûtait pour obtenir la place qu’il convoitait. L’Eglise était l’idée dominante de Laud , et son agrandissement, le but qu’il voulait atteindre. Laud poursuivit ses projets avec une constance infatigable.

Tels étaient les deux principaux soutiens de la couronne; mais ces soutiens étaient trop faibles pour la défendre.

La haute aristocratie s’associa aux communes pour détester I,aud. Accoutumée à regarder la faveur royale comme un droit que lui donnait sa naissance, elle s’irrita de voir l'archevêque accaparer pour son compte personnel la faveur royale qui , à ses yeux , devait lui appartenir.

Laud avait encore contre lui les homniesdc loi, dont il avait soulevé la colère

f»ar quelques actes arbitraires commis à eur préjudice. Mais l’opposition la plus forte provenait de la chambre des communes, qui était alors remplie d’hommes fermes et courageux. La liberté avait déjà des racines profondes dans le pays. Le temps n’était plus où un baron, vêtu de sa cotte de mailles,

Fouvait braver le roi en face. Déjà Anglais, qui était asser riche pour supporter les frais d'un procès dans une cour judiciaire et qui avait assez de courage pour en braver les conséquences, pouvait résister à la tyrannie. Ainsi nous voyons John Hampden refuser de payer la taxe du ship money, et se laisser poursuivre, tandis que cinq juges, Brampston, Ilutton, Davenport,Croke et Denham, résistent à leurs collègues et désapprouvent la sentence prononcée contre lui.

Clarendon, zélé royaliste, s’exprime de la manière suivante , au sujet de l’effet que produisit sur l’esprit du peuple la sentence rendue contre Hampden : « Beaucoup de personnes s’étaient soumises au payement de l’impût, parce qu’elles croyaient qu’en payant, elles faisaient quelque chose d’agréable au roi , et qu’elles lui donnaient ainsi un témoignage de leur affection; beaucoup d’autres, parce qu’elles pensaient qu’il y avait réellement nécessité, etqu’elles disaient, en

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conséquence , que l’impôt était juste ; d’autres, parce qu’elles assuraient que l’avantage que le roi retirerait de cet impôt était de la plus grande importance, tandis que pour elles il n’y avait qu’un préjudice qui les lésait à peine : enfin toutes, parce qu’elles avaient l’intention de recourir à la loi et de lui demander protection, lorsqu’elles seraient fatiguées de payer. Mais, lorsqu’on apprit quefimpôt était demandé comme un droit, qu on sut que les juges en reconnaissaient la légalité, alors que l’homme le plus simple voyait clairement que le texte invoqué à l’appui de la sentence, n’était point dans la loi et ne pouvait y être, l’affaire d’ilampdeu prit un autre caractère. Ce ne fut plus l’affaire d’un seul homme ; ce fut celle de tout le royaume, et tous les citoyens crurent qu’ils étaient engagés à résister, comme l’avait fait le courageux patriote. »

A la fermeté, au courage civil, beaucoup de gentilshommes de l’époque unissaient des talents incontestables.

Hampden était lui-même un des orateurs les plus distingués de la chambre des communes ; il n’avait point la parole abondante, mais elle était toujours harmonieuse et noble : il commençait rarement l’attaque; mais ses coups n’étaient pas moins certains; car il savait observer avec une rare perspicacité quelles étaient les dispositions de la chambre, et chaque chosê était dite par lui avec une netteté qui en faisait prévoir tout d’abord la conclusion. Si iedébat fatiguait la chambre, il attendait une occasion plus favorable. A ces qualités précieuses dans l’orateur parlementaire, Hampden joignait une grande affabilité et une grande douceur dans la discussion. John Pym était avec Hampden un orateur distingué dans les communes d’Angleterre; son éloquence mûle et tranchante portait des coups terribles à sesad versaires.

Pym se fit remarquer à l’ouverture du long parlement par la violence avec laquelle il attaqua Strafford et par la fermeté qu’il déploya dans le procès de ce seigneur. Wous avons

dit que les charges portées contre Straft'ord étaient au nombre de vingthuit. Strafford ayant dit, pour sa défense, que les lois anglaises qui avaient été rendues contre la trahison avaient été faites pour protéger le roi et non les Sujets, et que, ayant agi en vertu des ordres du roi, il ne pouvait être passible de ces lois, Pym lui répondit ainsi :

K Voici un homme qui a fait tous ses efforts pour faire de notre roi un roi absolu et pour nous rendre tous esclaves, nous, nos enfants et les enfants de nos enfants , et il ii’y aurait point de lois en Angleterre pour le punir?

nous laisserions échapper un pareil coupable? S’il n’y a point de lois pour punir de pareils crimes , nous en ferons. Les lois expost facto sont généralement mauvaises, et on doit s’en dispenser; mais il doit y avoir des exceptions à la règle générale. .‘Autrement, il nous serait impossible de nous défendre contre les tentatives criminelles de pareils hommes. » Hampden et Pym moururent tous les deux dans le cours de la lutte; le premier au mois de juin 1643, le second au mois de décembre de la même année.

Sur la même ligne que ces orateurs venaient se grouper Vane, Haseirig et Cromwell: le premier, d’une éloquence entraînante, appartenait à une des plus nobles familles du royaume; Haseirig joignait à la grâce du langage la vigueur de la pensée ; l’éloquence d’Olivier Cromwell était mâle et pleine de vigueur.

Trois partis se présentaient sur la scène politique. Le premier était celui de la réforme légale; le second était celui de la révolution politique; le troisième,celui delà révolution sociale. Le premier avait pour chefs Clarendon, Culpeper, lord Capel , lord Falkland :

il désapprouvait toutes les mesures illégales, ainsique l’emprisonnementarbitraire, etc. ; mais il croyait que les anciennes lois du royaume étaient assez fortes pour remédier à tous les abus. Ce parti professait un culte plein de ferveur pour la royauté. Le second parti, ou le parti de la révolution politique , maintenait que les an-

ciennes lois du royaume ne sufHsaient plus pour protéger la nation contre les usurpations de la royauté, et demandait que la prépondérance politique fût retirée des mains du roi et qu'elle fût placée dans la chambre des communes . A ce parti appartenaient les presbytériens, qui désiraient Opérer dans l’Église une révolution analogue à celle qu’ils méditaient dans l’État. Le parti de la révolution sociale voulait à la fois changer la substance et la forme du gouvernement; ce parti avait pour chefs Ludlow, Harrington, Milton, Cromwell, Ireton, etc.

Le !"■ janvier 1649, les communes déclarèrent que le roi d’Angleterre avait commis un crime de haute trahison en faisant la guerre contre le

fiarlement et contre le royaume; et, 0 4 du même mois, elles constituèrent une haute cour de justice pour le juger. Elles nommèrent pour président le sergent Brasdhaw, l’un des légistes les plus distingués de l’époque. Les argumentsqui avaient été invoqués dans le procès du comte de Strafford, furent invoqués dans celui du roi. S'il n’y avait point de lois dans le royaume pour convaincre Strafford de trahison , à plus forte raison il ne pouvait y en avoir pour convaincre Charles du même crime. Alais les communes d’Angleterre se déclarèrent pouvoir indépendant et suprême.» C’est sur ce terrain que la cour chargée de juger Charles Stuart porta la question.

Ludlow rapporte qu'aux assertions répétées de Charles « qu’il n’était responsable de ses actes qu’à Dieu seul, » Bradshaw répondait « que Dieu ayant interverti l’ordre des choses, qu’ayant donné aux communes le pouvoir souverain et .ayant fait du roi le sujet, il devait soumission aux communes.»

Ce fut après une telle succession de faits que s’établit le pouvoirdes communes. Cette grande révolution produisit aussi des améliorations import.antes dans la loi criminelle. Telle fut la suppres.sion delà torture. » La loi, dit Coke, défend l’application de la torture. Le vingt-neuvième chapitre de la

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grande charte est positifà cet égard. » Cependant, depuis la publication de lu grande charte jusqu’à la révolution , les souverains de I Angleterre ne s’étaient pas fait faute de recourir à ces violences. Il serait trop long d’énumérer les cas où l’on fit application de la torture. Les instruments de torture étaient très-variés. L'instrument employé le plus ordinairement était construit de manière à tendre les muscles du patient, et à lui étirer les membres Jusqu’à ce qu’ils sortissent de leurs jointures. Apporté sous le règne d’Henri VI par John Holland, dued’Exeter, qui était alors constable de la Tour, cet Instrument reçut, à cause de cette circonstance, le nom de « fille dudued’Exeter. » On faisait aussi usage des menottes et du carcan. Il y avait de plus à la Tour deux prisons spéciales, l’une appelée le Donjon des rats, l’autre appelée la Chambre du petit repos. Le Doujon des rats est souvent cité parles écrivains catholiques, lorsu’ils parlent des souffrances qu’enurèrent leurs coreligionnaires sous le règne d’Élisabeth. « C'était, disent-ils, une cellule qui était placée au-dessous du niveau de l’eau et où régnait une profonde obscurité. Quand la marée montait, une foule innombrable de rats chassés des bords limoneux de la Tamise entraient par les trous qu’ils se pratiquaient dans la muraille. Ces hôtes incommodes venaient souvent dévorer la chair des jambes et des bras du prisonnier pendant son sommeil. V

On peut juger de la rigueur de la torture et des horreurs de ce supplice par l’exemple que nous cite Jardine d’un malheureux prisonnier qui se suicida pour y échapper. Nicolas Owen, c’était son nom, avait été attaché, pendant plusieurs années, au service de Carnet, jésuite, qu’on avait accu.sé d’avoir trempé dans le complot des poudres. Interrogé sur la partqu’avai't prise son maître à ce complot , Nicolas Owen refusa de répondre. On l'attacha par les pouces à un poteau , dans l’espoir qu’il feraitquelquesaveux.

Mais comme il persistait à se taire, on

lui dit que le lendemainll aurait à supporter une torture plus rigoureuse. Le lendemain, Owen se plaignit d’étre malade à son gardien; et, lorsque celuici vint lui apporter son dîner, il prétendit que son bouillon était froid, et demanda qu’on le mit sur le feu dans une chambre voisine. Le geôlier étant sorti , Owen s’enfonça dans le ventre le couteau qu'on lui avait apporté pour manger son dîner. Le gardien courut informer le lieutenant de^^ la Tour de ce qui s’était passé; et celui-ci se rendit en toute hâte à la cellule du prisonnier. Phi réponse aux questions du lieuteuant de la Tour, le moribond déclara qu'il s’était tué pour échapper aux tortures dont on l'avait menacé.

L’abolition de la torture en Angleterre eut lieu en 1(>41. Elle ne fut abolie en flcosse qu’en 1708; en P' rance qu’en 1789; en Russie qu’en 1801; en Bavière et dans le Wurtemberg qu’en 1822 ; dans le grand-duché da Bade qu’en 1831.

Voici quelques détails sur les revenus de la couronne. A l’avénement de Jacques ces revenus s'élevaient à trente-deux mille liv. st. (800,000 fr.). A la (in de ce règne les revenus du roi s'élevèrent à quatre-vingt mille livres sterling, bien qu’on edtvendudesterres pour une somme de sept cent soixante-quinze mille livres sterling (19,375,000fr.). Les anciens droitsdes tutellës, des gardes, et d’autres, continuèrent à être perçus avec régularité.

Leur produit ordiiîaire, d’après l’estimation qui en fut présentée au parlement en 1009, s’élevait par an à deux cent mille livres sterling (5,000,000 fr.). En 1809, Jacques leva une somme de vingt et un mille huit cents livres sterling (545, 000 fr.), sur les chevaliers et les tenanciers immédiats de la couronne, lorsqu’il créa chevalier, son fils aîné, le prince Henri ; et, en 1012, il obtint de la même manière vingt mille cinq cents livres sterling (512,500 fr. ), lorsqu’il maria sa fille Élisabeth à l’électeur palatin. Ce fut la dernière fois qu’on leva ces taxes extraordinaires en Angleterre. .\ii commencement de ce règne, les droits de

tonnage et de pesage furent accordés à Jacques, comme à l’ordinaire, sa vie durant. Quelques années après, Jacques, de sa propre autorité, augmenta ces droits, à l’e.xemple de Marie et d’Élisabeth. Au commencement du règne les droits de douane rapportèrent Un revenu annuel decent vingt-sept raille jivres sterling (3,175,000 fr.) En 1613, ils donnèrent cent quarante-huit mille livres sierl.; et à la lin du règne deux cent quatre-vingt mille livres sterling (7,000,000 fr.). Les subsides que le parlement accorda à Jacques pendant toute la durée de son règne s’élevèrent à la somme de un million cent mille livres sterling (27,500,000 fr.), ou à cinquante mille livres sterling (1,250,000 fr.)par an. Les subsidesque lui accorda le clergé produisirent environ deux cent cinquante mille livres sterl. (6,250,000 fr.). Uneautresource de revenus de J acques, source très-productive, était la vente des litres de noblesse. Jacques enütun tralic honteux.

Le titre de baron était vendu au prix de dix mille livres sterling (250, 000 fr.); celui de vicomte, au prix de vingt mille livres sterling (500,000 fr.) ; celui de comte, au prix de trente mille livres sterling (750,000 fr. ). La vente des lettres de noblesse pour la dignité de baronnet, dignitéque Jacquesavait instituée en 1611, lui procura deux cent vingt-cinq mille livres sterling (5,625,000 fr.,). Chaque titre de baron se payait mille quatre-vingt-quinze livres sterl i ng (27,375 fr.). Jacques obtint également des sommes considérables de ses sujets , à titre d’emprunts ou de dons gratuits. Le monopole des amendes auxquelles la chambre étoilée et les autres cours de justice comdamnaient les citoyens, rentrait en grande partie dans ses coffres. Jacques reçutde plus delà Francesoixante mille livressterling(l,500,000fr.) pour la dette que Henri IV avait contractée en vers Élisabeth, et deux cent cinquante mille livres sterling des Hollandais (6,250,000 fr. ) lorsqu’il leur livra les villes de Flessingues, de Brill et de Ramekins. Les Hollandais s’engagèrent, en outre, à lui payer un tribut pour

obtenir la liberté de pêcher sur les côtes d’Angleterre. En somme, le revenu annuel du roi, pendant les quatorze premières années de son règne, s’éleva à environ quatre cent cinquante millelivres5terling(i 1,250,000 fr.). Indépendamment de ce revenu , Jacques reçut, dans le cours de ces quatorze années, environ deux millions sterling de plusieurs autres sources (.50,000,000 fr.); ce qui porta son revenu annuel à environ six cent mille livres sterling (15.000,000 fr.). Malgré l’énormité de ces sommes, la dépense de Jacques était toujours au-dessus de la recette. En 1610, il était endetté de plus de trois cent mille livres sterling. (7,500,000 fr.)

Les subsides accordés par la chambredes communes à Cbarlesl'^dans les quinze années qui précédèrent la convocation du long parlement, ont été estimés à trois cent soixante-douze mille livres sterling (9,300,000 fr. ), auxquelles il faut ajouter cent soixante mille livres sterling (4,200,000 fr.) ue le roi Obtint du clergé. Les roitsde tonnage et de pesage, bien que n’ayant point été autorisés par le parlement, continuèrent à être perçus pour le compte de Charles, comme a l’ordinaire; et le développement que prit le commerce porta ce revenu à cinq cent mille livres sterling (12,500,000 fr.) par an. Charles, en épousant Henriette-Marie, reçut uatre cent mille couronnes pour’ la ot de sa femme. La taxe du ship-money , pendant les quatre premières années, produisit deux cent mille livres sterling par an (5,000,000 fr. ).

Charles reçut, en outre , trente mille livres sterling ( 750,000 fr.) des Hollandais, qui lui donnèrent cette somme pour obtenir la liberté de pêcher sur les côtes d’Angleterre. Les monopoles, la vente des titres de noblesse lui procurèrent des sommes immenses.

En 1626, il fit un emprunt forcé qui lui procura deux cent mille livres sterling (5,000,000 fr.), et il réalisa cent mille, livres sterling (2,-500,000 fr.) en obligeant toutes les personnes qui avaient un revenu de quarante

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livres sterling (1,000 fr. )à se faire nommer chevaliers. On estime que, de 1637 à 1641, le revenu annuel de Charles s’éleva, terme moyen, à huit cent quatre-vingt mille livres sterling (22,000,000 fr.); sur cette somme deu-v cent dix mille livres sterling (5,250,000 fr. ) furent fournies par la ta.xe du ship-money et par d’autres e.xactions illégales.

Lorsque la grande querelle éclata entre le roi et le parlement, les deux partis cherchèrent à obtenir de l’argent par tous les moyens qu'ils jugèrent les plus propres pour arriver à ce résultat. Charles reçut des sommes considérables de ses partisans; il engagea les joyaux de la couronne et leva des impôts dans toutes les parties du royaume où son autorité était établie. Les opérations financières du parlement avaient une base beaucoup plus large. Les deux chambres votèrent d'abord des subsides ou environ six cent mille livres sterling (15,000,000 fr.) dont le produit, bien qu'accorde nominalement à la couronne, devait être versé dans les mains d'une commission nommée par elles. Les contributions volontaires du peuple fournirent des sommes importantes à la cause nationale. On estime à environ quatre cent quatre-vingt mille livres sterling (12,000,000 fr.) les premières contributions volontaires qui eurent lieu.

Cependant, quand il devint évident que la guerre ne pourrait se terminer dans une seule campagne, on eut recours à un système régulier de ta.xe.

Cette taxe régulière produisit, dans la première année de la guerre, de trentecinq mille livres sterling à cent vingt mille livres sterling par semaine.

(875,000 à 3,000,000 fr.) On continua de la percevoir sous le nom d’impôt foncier, pendant tout le protectorat, et elle produisit du mois de novembre 1640 au mois de novembre 1659, c’est-à-dire pendant dix-neuf ans, une somme de trente-deux millions cent soixante-douze mille trois cent vingt et une livres sterling (804, .308, 025 fr. ). En 1643, on imposa

un droit sur la bière, l'ale, le vin, le tabac, les raisins, le sucre et quelques autres articles de luxe, et plus tard sur le pain, la viande, le sel, et d’autres articles de première nécessité. Cet impôt produisit cinq cent mille livres sterling par an (12,500,000 fr. ). Les droits de tonnage et de pesage ainsi qued’autres droits sur les importations et les exportations produisirent une somme égale. Le port de Newcastle, pour ses charbons de terre , donnait au trésor cimjuante mille livres sterling par an (1,250,000 fr. ). La poste, établie en 1635, donnait dix mille livres sterling par an (250,000 fr.).

Il y avait un impôt singulier, appelé le repas hebdomadaire, parce que c’était le prix d’un repas que chaque personne était tenue de payer à la trésorerie. Cet impôt produisit six cent huit mille livres sterling (15,200,000 fr. ) pendant les six années qu’il fut perçu. Les droits de tutelle et d’autres droits féodaux ne furent abolis par le parlement qu'en 1656. A ces sources de revenu, il faut ajouter un million huit cent cinquante mille livres sterling (46,250,000 fr. ) que produisit la vente des domaines de la couronne; environ trois millions cinq cent mille livres sterling (87,500,000 fr.) que donna, pendant quatre ans, la séquestration des revenus du clergé; dix millions sterling (2.50,000,000 fr.) que l’on retira de la vente des terres ecclésiastiques; huit cent cinquante mille livres sterling (21,250,000 fr. ) que produisit la suppression de quelques charges publique; quatre millions cinq cent mille ' livres sterling (112,500,000 fr.) que donna la séquestration des propriétés des individus qui furent forcés de s’expatrier; un million (25,000,000 fr.) que l’on retira de l’Irlande; environ trois millions cinq cent mille livres sterling (87,500,000 fr. ) que donna la vente des biens confisqués en .\ngleterre et en Irlande; plus, des sommes considérables que l’on retira des emprunts forcés. Ces diverses sources de revenu fournirent au parlement pendant dix-ueuf ans une

histoire D’ANGLETERRE.

somme de quatre-vingt-trois raillions de livres sterling (20,850,000,000, fr.) ou environ quatre millions quatre cent mille livres sterling par an.

Toutes ces sommes n’etaient point destinées à défrayer les dépenses propremcntdites de l’État. On prétend que le revenu annuel de Cromwell s’élevait à la somme d’un million neuf cent mille livres sterling (47 ,500,000 fr.); savoir : un million cinq cent mille livres sterling qu il recevait de l’Angleterre; cent quarantetrois raille livres sterling qu’il recevait de l’Écosse, et deux cent huit mille livres sterling qu’il recevait de l’Irlande. Lorsque le parlement, apres sa victoire, fut devenu la seule autorité de l’État, ses membres s’allouerent à eux-mémes quatre livres sterling par semaine (120 fr.) pour chacun d’eux ; et l’on prétend qu’ils se distribuèrent entre eux une somme de trois cent mille livres sterling (7,-500,000 fr.). Des sommes considérables , des emplois lucratifs , des terres magnifiques , furent donnés aux principaux membres. Lenlhall, l’orateur des communes, occupait des emplois qui lui rapportaient de sept mille a huit mille livres sterling ( 175 à 200,0()0 fr. ) par an. On donna à Bradsliaw la résidence royale d’Kltbam, et une terre qui rapportait mille livres sterling par an (25,000 fr. ), et huit cent mille livres stcrlings (20,000,000 fr. ) à d’autres membre du parti républicain.

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