PÉRIODE DES
de trêve entre les Cecil et le comte d’Essex , mais la réconciliation n’était pas sincère de la part de sir Robert Cecil (1597). Essex se querella bientôt avec la reine parce que, cédant aux sollicitations de Henri , lord Cobham, elle avait donné à ce seigneur, ennemi personnel du comte , la |)lace de gardien des cinq ports, qu’il demandait pour son proche parent, sir Robert Sidney. Essex quitta la cour en colère, mais au moment où il s’apprêtait à monter à cheval pour se rendre dans la principauté de Galles, la reine le rappela avec instance et l’apaisa par quelques faveurs.
Le gouvernement était en ce moment décidé à armer une nouvelle expédition maritime contre Philippe, qui, de son côté, se disposait à envaliir l’Angleterre. On donna le commandement de l’expédition au bouillant Essex , qui eut sous ses ordres lord Thomas Howard et sir Walter Raleigh. Après quelques retards occasionnés par les vents contraires, la flotte quitta Plymouth (17 août 1597) et s'empara des Iles Payai, Gracieuse et Flore, ainsi que de trois navires espagnols qui revenaient de la Havane avec une valeur de cent mille livres sterling en espèces. Cette expédition fut néanmoins considérée comme peu heureuse, et, à son retour, le comte reçut de la reine un accueil froid. Sir Robert Cecil et ses amis avaient encore profité de leur influence pour aigrir le cœur de la reine contre le favori.
Essex se retira aussitôt à Wanstead dans l’Essex, et, prétextant une maladie, il refusa de paraître à la cour ainsi qu’au parlement.
Des dissentiments plus profonds ne tardèrent pas à éclater entre la reine et le comte. En ce moment l’Espagne négociait un traité de paix avec la France, et désirait y comprendre l’Angleterre elle-même. Sir Robert Cecil ( mai 1 598 ) partit en mission pour Paris et en rapporta des propositions directes pour un traité de paix. Les Cecil ainsi que leurs partisans penchaient pour négocier. Mais le belliqueux Essex insistait avec chaleur pour la eontinua-