‹ AngleterreChapitre 8 sur 23 · SIS · texte numérisé non relu

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Iré é6té le parlement ne se montrait point très-généreux envers elle, et les revenus qu’elle tirait du clergé étaient peu importants. On évalue à environ 65,000 livres sterling par an (1,025,000 francs) les sommes que lui accordèrent son parlement et le clergé. Cependant vers la On de son règne son revenu paraît s’élre élevé à 500,000 livres sterling (12,500,000 francs). Elle tirait ces Sommes de diverses sources. Les principales étaient leS domaines de la couronne, qui avalent été considérablement augmentés par les confiscations des tertes dë l’église; les revenus des duchés de Lancastre et de Cornouailles; les anciennes prérogatives féoüalefe; les droits de tonnage et de pesage; les annateS et les dîmes des bénéfices ecclésiastiques. En seconde ligne Hguéaient les vacances des évêchés, dont Élisabeth accaparait quelquefois les rëvenus pendant des années ëlitières, et la saisie ocrasionnellë deë biens fonciers appartenant aux dits sièges; la vente des licences acèordées aux catholiques romains et autres opposants, qui voulaient être exempts des peines prononcées par divers statuts contre ceux qui nassistaient pas au service divin; vente qui procurait, dit-on, au trésor une somme annuelle d’environ 25,000 livfeS sterling (623,000 francs); lés dons du premier de l‘an (sommes qu’on extorquait ce jniir-15 aux personnes qui fréquentaient la courut qUi s’élevaient habituellement à quinze ou vingt mille livres sterling); les embargo sur les rtavires et lés marchandises; les emprunts forcés et les monopoles.

La condition matérielle du peuple ne s’améliora point souS ceS règnes.

Dans quelques circonstances , cette condition est plus liiaiivaise qu’elle n’a encore été. Voici quelques détails curieux que nous trouvons dans les annales de l’epoque au sujet du salaire dés ouvriers. En 1500, la journée d’un mncoh était de quatre pence plus deux pence pour sa nouiTittiré. Eh 1575 celle du maître

maçOn, du tuilier, du plombier, du

fieintre en bâtiments , était d’un shiling par jour. Celle du laboureur ordinaire était de huit pence. En I5il les salaires donnés aux personnes employées dans la maison du comte de Nortbumberiand s’élevaient par an : pour un jeune garçon de service à treize shillings quatre pence; pour un ménestrel à quatre livres Sterling;, pour un chapelain gradué à trois livres sterling six shillings huit pence; pour un chapelain non gradué à deux livres sterling; pour le principal prêtre de la chapelle , à cinq livres sterling. ’roùtes CPS personnes étaient logées et nourries dans la maison du comte. En 1544 les gages des marins employés sur les vaisseaux du roi s’élevèrent de cinq shillings par mois à six shillings huit pence. Eu 1545 les émoluments d’un prêtre au service d’un particulier étaient de quatre livres sterling quatorze Shillings deux pence; dix ans après, de six livres sterling treize shillings quatre pence.

Quoiqueles Huctuatiopsclans lessalaires fussent fréquentes et considérables, ces salaires subissaient én général une progression ascendante; toutefois cette augmentation ne se rappottait pas toujours au prix des denrées. Ainsi le blé qui était vendu trois shillings quatre pence les huit boisseaux en 1485, était vendu en 1491, quatorze shillings; huitpence;en 1497, une livre sterling; en 1498, quatre shillings; éh 1500, trois shillings quatre pence; én 1512 , dix-huit shillings huit pence; en 1530, quatre shillings quatre pence; en 1544, uné livre sterling cinq shillings quatre pence; en 1586, deux livrés sterling treize shillings; en 1587, cinq livres sterling quatre shillings; en 1588, dix-sept shillings; en 1596, deux livre sterling deux shillings; én 1599, une livre sterling sept shillings. Les prix de quelques àuthes articlesdé consommation sont établis dë la manière suivante pour le coiniiiénceiTieilt , le milieu et la fin du XVI*. Siècle. En 1500, deux lapins coûtaient deux pénée et demi; douze nigëouS, qùàffe pence; un cent d’œufs, six ou Sept pedeé;

HISTOIRE D’A.NGLETERKE.

un poulet, un penny; une oie, trois ou quatre pence ; un mouton, avec sa toison, un sliilling huit pence; une brebis avec sa toison, un sliilling un penny; un agneau, six pence; un bœuf, onze shillings huit pence; un bélier, neuf shillings. Mais en lo41 ces prix ont augmenté. Un chapon coûte alors neuf à dix pence; une poule grasse, sept pence; douze pigeons, dix pence; une oie, de sept a huit pence; un cent d’œufs, pendant l’été , un shilling deux pence ; pendant l’hiver un shilling huit pence; une livre de beurre, trois pence : en 1549, un bœuf coûte d’une livre sterling quatre shillings ejuatre pence à deux livres sterling huit shillings quatre pence; un mouton tondu, trois shillings; une brebis tondue, deux shillings; une vache, quinze shillings.

Vers la lin du siècle, ces prix subissent de nouvelles augmentations ; en 1589, une vache grasse coûte trois livres sterling; une vache laitière, une livre sterling, treize shillings, quatre pence; une oie grasse, un shilling ou un shilling deux pence; un dindon, un shilling quatre pence : en t590,six pigeons coûte six pence , et une livre (le beurre, quatre pence. En 1597, douze pigeons coûtent quatre shillings trois pence; onze œufs, quatre pence; quatre poulets, deux shillings huit pence; un veau, de six à huit shillings ; une livre de fromage , trois pence; une livre de sucre , un shilling quatre pence; un bœuf gras, cinq livres sterling dix-neuf shillings six pence ; un mouton gras , quatorze shillings six pence. Voici le prix de plusieurs autres articles; En 1525, une paire de souliers coûte un shilling quatre pence; un sac de charbon, dix pence; en 1570, une main de papier, trois pence; en 1578, une livre de chandelle, trois pence et demi; en 1589, une chemise, un shilling huit pence; une livre de savon, huit pence; en 1590, une paire de souliers d'homme coûte un shilling six pence; une paire de bas, deux shillings huit pence; une paire de bas de soie , une livre sterling dix-huit

shilling; une livre de poudre à canon , un shilling quatre pence.

Nous voyons dans un ouvrage pa> blié en 1581 sous le titre de dialogues deStalTord, qu’il y eut alors une grande élévation dans les prix des articles nécessaires à lasubsistance de l’homme et dans ceux relatifs à ses vêtements.

Tous les personnages qui figurent dans ces dialogues s’accordent à dire qu’une grande hausse s’est opérée dans les prix de chaque objet durant la période que nous venons d’embrasser, n Je suis obligé, dit le chapelier, de donner à mes ouvriers deux pence de plus par Jour que je n'avais coutume de faire, et malgré cela tous disent qu’il ne peuvent vivre. — Ceux d’entre nous , dit le chevalier, qui demeurent habituellement dans la province ne peuvent plus avec deux cents livres sterling par an entretenir la maison

a u’ils défrayaient, il|y aseizeans, avec euxeent marcs. Ne vous rappelez-vous pas, voisin, ajoute le chevalier en s’adressant à son fermier, qu’il y a trente ans, je pouvais acheter, pour quatre pence un cochon gras qui m’en coûte aujourd'hui douze ; qu’un bon chapon coûtait alors trois qu quatre pence; un poulet, un penny; une poule, deux pence, tandis que ces volatiles coûtent aujourd’hui le double et le triple d'alors. Il en est de même pour le bœuf et le mouton et pour tous les autres articles nécessaires à notre usage journalier. Ainsi j’ai pa^é treize pence un bonnet que je SUIS obligé de payer aujourd’hui deux shillings six pence; le prix du drap est également beaucoup augmenté. Une paire de souliers nie coûte aujourd'hui douze pence, et autrefois j’en avais une paire de meilleure qualité pour six pence.

Maintenant je ne puis faire ferrer mon cheval que pour dix ou douze pence , et autrefois le prix ordinaire était de six pence. »

Le nombre des pauvres, et des mendiants fut considérable vers cette époque. Au quinzième siècle nous voyons le parlement diriger ses efforts pour guérir ou du moins pour

PÉRIODE DES TUDORS

atténuer ce mal. Un statut est rendu sous le règne de Henri V(( pour que les mendiants soient tenus de rester dans le Hundred où ils ont leur domicile et où ils sont connus. O statut leur alloue des secours, mais il leur défend de mendier ailleurs que dans leur Hundred, sous des peines sévères. Cette mesure n’apporta aucune amélioration; le paupérisme, surtout après la suppression des monastères, couvrit, comme une large p^laie, toutes les parties du royaume.

En 1530, le parlement déclare que dans toutes les provinces et les villes d’Angleterre le nombre des pauvres s’est considérablement accru et qu’il s’accroît de jour en jour davantage.

En conséquence il ordonne que Tes pauvres impotents soient tenus d’avoir des licences qu’ils recevront des juges de paix pour mendier dans de certaines limites, et que tous les hommes et femmes qui seront trouvés en état de vagabondage et qui ne pourront justitier de leurs moyens d’existence soient sai.sis par les constables , attachés nus à une charrette pour être promenés dans cet état sur la place du marché et fouettés jusqu’au sang. Le vagabond devait être renvoyé ensuite au lieu de sa naissance ou dans celui où il avait résidé les trois dernières années de sa condamnation , muni d’un eertificat attestant qu’il avait été fouetté, et il devait se mettre au travail. Il paraît que les étudiants des universités d'Oxford etde Cambridge allaient eux-mêmes mendier et se livraient fréquemment au vagabondage; car ce statut contenait une clause qui leur était relative. Il v était dit que les étudiants, qui allaient mendier sans une autorisation scellée du chancelier ou du vice-chancelier desdites universités , ainsi que les diseurs de bonne aventure et antres gens suspects, seraient punis du fouet de la manière indiquée plus haut. Cinq ans après , un autre statut est rendu par le parlement , dans lequel il est ordonné aux magistrats des villes et aux membres de la fabrique de chaque

paroisse de prendre des mesures efficaces pour recueillir et se procurer des aumônes afin de venir en aide aux pauvres impotents. La loi donne ainsi une prime d'encouragement à la mendicité. Mais les peines prononcées contre les mendiants et les vagabonds valides augmentent en sévérité. Il y est dit que pour la première fois ils seront fouettés, et qu’après récidive ils auront l'oreille coupée, de manière à montrer à tous qu'ils ont été punis pour a voir enfreint les lois du royaume. Sous le règne d’Édouard VI , le paupérisme, malgré ces statuts , était devenu plus menaçant encore, et, comme à l’ordiuaire, 6n redoubla de rigueur pour en arrêter le développement. Les statuts précédents furent rapportés , et il en fut rendu un nouveau en vertu duquel toute personne valide trouvée en état de vagabondage devait être employéeauservicedequiconque voudrait lui donner du pain et du travail. Dans lecasde fuite, le délinquant devait être marqué snr la poitrine d’un fer rouge portant la lettre V (sans doute pour indiquer le mot vilain), et rester en esclavage chez son maître pendant deux ans. Durant sa servitude son maître pouvait lui donner simplement du pain et de l'eau , lui refuser à son gré de la viande, le forcer au travail en le battant, en le mettant aux fers et l’obliger à tels travaux qui lui convenaient. Si l’esclave venait d prendre la fuite une seconde fois, il était marqué sur le front ou sur la pommette delà joue de la lettre S(s/uue, esclave) et restait en servitude pour lerestedesesjour.s; enfin, s’il prenait la fuite une troisième fois , il était considéré comme félon et , comme tel, il était puni de mort. Les mendiantsdes deux sexes, de l'âge de cinq à quatorze ans, pouvaient être arrêtés et être mis en apprentissage ou en service sans le consentement de leurs père et mère. S’ils prenaient la fuite, on les traitait en tous points comme des esclaves jusqu'à leur majorité.

En dépit de cette sévérité le paupérisme s’accrut encore. Le désordre

âup:tnenta d’une manière Si effrayante qu’en 1563 le parleinent rendit une loi ar laquelle on forçait chaque citoyen contribuer en argent au soulagement de la misère des pauvres. La loi prononçait la peine de la prison contre toute personne qui se refuserait de payer sa jaart à celte coi!* tributiôri. C’est l’origine de lâ loi Sur les pauvres quia traversé les Siècles et qui a soulevé tant d'agitationS au sein des parlements du royaume.

Cette loi augmentait la rigueur de celles qui avaient été rendues sous les règnes précédents, car elle refusaitaux mendiants pris en récidive le privilège de se retirer dans les sanctuaires, privilège dont jouissaient les autres condamnés. Lâ loi, qui pourvoyait â la subsistance des pauvres par des contributions forcées, fut établie d’une manière permanente dans la quarahte-troisième année du règne de ta reihe Élisabeth. C’ést Ce dernier acte qui a servi de base è tout le système des lois sur les pauvres de l’Angleterre jusqu’aux changements qui ont eu lieu récemment.

La population de l'Angleterre était encore très-peu considérable, car dans toute la durée de cette période elle né s’élève pas à plus de six millions d’individus. Voici comment elle est établié d’après diverses évaluations : suivant les relevés de la capitation qui furent faits en 1377, la population entière de r Angleterre et de la principauté de Galles n’excédait pas a cette époque deux miliionS et demi d’individuS.

D’après les râles militaires dressés en 1 574, et en 1 575 il parait que le nombre des hommes propres au service s’élevait à 1,173, 674 individus; mais Harrisson, qui nous donne ce chiffre, ajoute que cé relevé fut fait avec tant de négligence, qu’au nombre des personnes qui y figuraient on aurait pu ajouter facilement un tiers. En doublant ce nombre on peut arriver à connaître le chiffre de la population mâle du royaume , ce qui fa porterait à 3,125,600; en doublant Ce chiffre pour la population féminine, on voit que la population totale du

royaume était de 6,254,000. Les chiffres donnés par Harrisson s’accordent avec ceux de sir Walter Raleigh. Raleigh nous apprend qu’en 1583 il y eut une revue générale de tous les hommes capables de porter les armes et que le noinnre s’en élevait à 1,173,000.

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