ACTE III, SCÈNE Mil
«âft»
* LÉONARD
C'est la réconciliation du comte Antoine de Mnrtemart et de sa femme , Louise des L'rsins... une anecdote dieppoisedu temps des croisades.
ANGO
Ah ! Et vous la savez?
LÉONARD
Oui !..
ANGO , à part,
Voilà bien son front , ses yeux. C’est elle , elle-même , c'est Marie !
gallies , à Leonard.
Parlez donc.
LÉONARD
Au retour de la Terre-Sainte , Antoine croyant sa femme infidèle, la poignarda, et s'enfuit en Angleterre, Au bout d’un an, il eut la preuve incontestable qu’il s'était trompé. Alors, il revint à Dieppe et fit élever à sa victime un mausolée magnifique, auprès duquel dallait pleurer toutes les nuits... Bientôt il tomba malade de chagrin, cl celle qu'il regrettait si amèrement vint à son tour veiller à côté de lui... Le poignard ne l'avait pas tuée. La veuve d’un pécheur l’avait recueillie et cachée après sa blessure... J’ai choisi le moment où le comte malade, revenant à lui , après un long délire , regarde et reconnaît la personne qui lui donne des soins.
ANGO , après avoir écouté attentivement.
Elle était innocente... et il avait voulu la tuer... la tuer... Oh 1 oui , je comprends bien cela , moi. (Il regarde encore.) El en se réveillant. Il la trouva, la pauvre femme, agenouillée à scs côtés... Et moi, quand hier encore, étendu sur ma couche brûlante, j’api>elais la mort à grands cris , moins heureux qu’Antoine de Mortemart, je n'avais personne pour me dire d’une voix consolante : Prends courage!., prends courage !
(Il tomlu: épuisé dans un fauteuil , en se cachant le
visage.)
LÉONARD , a Galbes.
Void le utoment!.. allez!.. (Galbes son.)
ANGO
Oh ! Marie ! Marie ! (Il pleure. )