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quatre juges à Bayonne et Fontarabie pour prononcer sur les feits de représailles entre ses sujets et ceux du Portugal. (Gav. 15, niaç. 24, n. 2..)
/o mars ijiy* — Avis de Jacome Monteiro sur les réclamations adressées à la France au sujet de plusieurs navires portugais capturés par des corsaires de ladite nation. — Monteiro accuse réception d'une lettre du Roi Jean III, écrite le 25 février de la même année, par laquelle il lui mandait, après avoir lu le rapport annexé du D' Diego de Gouvea au sujet des prises feites par les Français, d'avoir à donner son avis sur la manière dont on pourrait parvenir à en obtenir la restitution , parce qu'il avait traité ces questions du vivant du Roi D. Manuel. Monteiro démontre combien peu on devait compter sur les résultats des dites réclamations et le recouvrement des objets saisis, ceux-ci ayant été répartis depuis longtemps entre des gens peu soucieux de restituer le bien d'autrui, d'autant plus que lesdites prises étaient tombées aux mains du roi, de son amiral et de ses officiers, qui avaient donné ordre de s'en défeire en vente publique, ledit monarque s'appropriant le produit de la vente sous prétexte qu'il avait besoin de cet argent pour les guerres d'Italie et d'Angleterre. Monteiro ajoute qu'encore qu'on prouvât de nouveau l'illégalité desdites prises, le montant n'en serait jamais restitué parce qu'il faudrait que le Roi de France le versât ou le fît rendre par ceux qui les avaient faites. Dans les deux cas, cela ouvrirait la porte à des procès interminables, qui ne seraient jamais tranchés en feveur des Portugais, attendu que les Français ne manqueraient pas d'alléguer que les marchandises prises appartenaient à des Espagnols, des Flamands ou des Anglais, avec lesquels ils guerroyaient à ladite époque. Tel avait été le prétexte grâce auquel, du vivant du Roi D. Manuel, leurs corsaires ayant capturé des navires portugais , toutes les réclamations du Portugal étaient restées sans effet, parce que les intéressés avaient présenté des charteparties fausses et obligé les Portugais, à force de mauvais traitements, à les déclarer vraies, l'amiral de France étant de connivence avec, les armateurs et favorisant ces agissements. Monteiro est en conséquence d'avis que toutes les démarches qu'on fera pour le recouvrement en question demeureront infructueuses. (Corp. chron., p. I, maç. 36, doc. 30.)
6 septembre 1^28, — Lettre de l'empereur Charles-Quint par laquelle il invite Angoulême, roi d'armes, à négocier' au sujet d'une prise faite au Brésil, sur les Français, par les -sujets du Roi de Portugal. (Corp. chron., p. I, maç, 4i> doc. 30.)
L>Sw-.
j juillet ij2p, — Copie des lettres patentes de François I" au Roi Jean III au sujet des navires que ce dernier a envoyés au Brésil et qui lui ont massacré beaucoup de gens, alors qu'il y avait paix entre les deux couronnes. (Corp. chron., p. I, maç. 43 > doc. 25.) C'est la traduction en portugais d'une lettre de marque délivrée à Yvon de Coctugar, François Guerret, Mathurin Tournemouche, Jean Bureau et Jean Jamet, marchands du duché de Bretagne, pour le pillage de trois navires leur appartenant, et le massacre de leurs équipages.
26 octobre ij2p, — Lettre d'Honoré de Caix, ambassadeur de France en Portugal, à Jean III, lui demandant de relâcher deux navires avec leurs équipages et marchandises enlevés au capitaine de Brest, viceamiral de Bretagne. (Corp. chron., p. I, maç. 43, doc. 1 14.)
26 octobre ij2p, — Lettre d'Honoré de Caix, ambassadeur de France en Portugal, au secrétaire du Roi Jean III, le priant d'intervenir auprès de ce dernier pour obtenir que les deux navires mentionnés dans la précédente lettre soient^ relâchés. (Corp. çhron., p. I, maç. 43 > doc. 113.)
26 Janvier ijjO' — Le Roi Jean III écrit à Silveira, son ambassadeur en France, au sujet d'un emprunt de 4oo>ooo cruzades que le Roi de France lui a demandé par son ambassadeur, — pour le rachat de ses fils, — et lui donne en même temps des instructions relativement aux négociations dont il est chargé concernant Jes faits de représailles et d'autres affaires. Il lui dit notamment de promettre à François I" 100,000 cruzades, et plus de 300,000 que lui, ambassadeur, pouvait obtenir en justice pour l'importance des prises que les corsaires français avaient faites aux Portugais, dont le total montait à 500,000 cruzades et 300 navires capturés. (Gav. 1 1, mâç. 8, n. 20.)
i^jo, — Lettre de Jean III à son ambassadeur Silveira pour réclamer à François I" réparation de dommages causés au galion de Estribeiro Mor et l'informer qu'il envoie le docteur Lourenço Garcez comme ambassadeur extraordinaire pour cette affaire. (Corp. chron., p. I, maç. 45» doc. 17.)
ij^o. — Lettre de Jean III à Silveira l'invitant à informer François I" de l'envoi de Lourenço Garcez- comme ambassadeur extraordinaire pour traiter de la question des prises. (Corp. chron., p. I, maç. 15, doc. 17.)
22 mars fjjo. — Lettre de François I" aux gouverneurs de Provence, etc., les invitant à ne pas s'opposer aux prises que fera Jean Ango
sur les sujets portugais en représailles des dommages qu'ils lui ont causés , s'élevant à 250,000 ducats. (Corp. chron., p. I, m. 44 > ^^^* ' '40
2^ juillet ijjo, — A cette date François ï" délivre une lettre de marque à Jean Ango, lui permettant de saisir partout les biens des sujets portugais, si dans le délai de trois mois il ne lui a pas été donné satisfaction pour la valeur des prises qui lui ont été faites. (Gav. 3, maç. i, n. 19. — Gav. 3, maç. 2, n. 7.)
Le texte in-extenso de cette lettre de marque est reproduit plus loin, page 249.
ijjo» — Bibliothèque nationale, Manuscrits français, registre répertoire n' JÎ03, fol. 58 v". — Lettre de marque contre les Portugaloys.
François I" à noz admiraulx de France, Normendye, Guienne, Bretaigne et Provence, salut. Comme nous aions parcydevant eu grosses plainctes et dolléances tant nous estans derrenièrement en nostre pays de Normendye que en Bretaigne et depuis en Provence des grandes et inhumaines cruaultez commises es personnes de noz subgectz dont maintes feAimes sont demourées vefves et plusieurs en&ns orphelins mendians misérablement leur vye au moyen de quoy le Roy de Portugal a faict indeuement souffrir la mort, prendre et retenir les navires, marchandises et aultres biens, leurs marys et parens, non aiant icelluy Roy de Portugal esgart ne considération que c'estoient paouvres mercenaires gaignans et soutenans leur vie au fâict de navigage sur la mer qui est à chacun commune, En sorte que la ou quelcun d*iceuix navigans avoit délinqué et donné occasion oudit Roy de Portugal de le faire mourir, prendre et retenir leurs navires et biens il se debvoit addresser aux cappitaines, patrons et aultres aians la charge et conduicte d'iceulx navires et non ausdits paouvres mercenaires esquelz on ne scauroit trouver aulcune coulpe; mesmement que nosdicts subgectz ne se mectent sur la mer à aultre intention que pour leur traffye et marchandise et qu'ilz n'ont navigué es lieux qui soient subgectz ny de l'obéissance dudict Roy de Portugal; et jcombien que par diverses foys et par noz embassadeurs exprès avons Éiict prier et requérir icelluy Roy de Portugal d'eovoier par deçà quelque per- ^onnaige pour ouyr et veoir lesdictes plainctes et doléances affin que par apprès la repparacion qui seroit requise en fut faicte dont nous avons bien voulu pour pytié et pour noz subgectz faire la poursuicte actendu que lesdictes paouvres vefves et orphelins qui sont en grand nombre n'avoient moyen de poursuyvre justice envers ledit Roy de Portugal lequel toutesfoys quelque prière et requeste que nous en avons fàicte a
tousjours difïeré en usant de telles parolles, dissimulations et longueurs qu'il nous a clerenient donné a congnoistre qu'il n'a aucune voulenté de Ëiîre des choses dessusdictes deue repparacion, ains a tousjours taché de Élire cruellement mourir nosdictz subgectz paouvres mercenaires, cuidant par la nous tollir le moien et liberté de naviguer sur la mer commune. A quoy de nostre pouvoir voulions obvier et avoir repparacion des cruaultez et inhumanitez commises sur noz subgectz. Nous pour ces causes vous mandons, commandons et enjoignons et à chacun de vous en droit soy que vous souifrez permectez et tollérez a tous cappitaines de mer, patrons, pilotes, mariniers et à tous aultres navigans, noz subgectz, que en tous les lieux et endroictz soit aux portz sur la mer où ils trouveront les Portugaloys qu'il leur puissent courir sus à prendre leurs personnes, navires, biens et marchandises quelconques y estans et le tout conduire et amener aux portz et havres de nostre royaulme en nous donnant advertissement de tout ce que se y fera et aura esté Êiict affin d'estre par. nous ordonne ce qu'il appartiendra sur la repparacion des complaignans et autres à qui les Portugaloys auroient indeuement feict tort et injure sans l'avoir repparée jaçoit qu'ilz en aient esté requis comme dessus, et affin quQ. par après il soit par nous pourveu au département des choses ainsy prinses comme verrons estre à faire par raison. Mandons et commandons à tous noz justiciers officiers et subgectz que etc. Et pour ce que de ces présentes on pourra avoir à besoigner en plusieurs et divers lieux, Nous voulions que au vidimus d'icelles faict soubz scel Royal foy soit adjoustée comme à ce présent original. Donné à. . . . le. . . . jour de. . . . l'an de grâce mil cinq cens trente.
j? mars /jj/. — Lettre de François I", relative au règlement à Bayonne et Fontarabie, des questions de prises entre ses sujets et ceux de Portugal. (Corp. chron., p. I, maç. 46, doc. 67.)
I jjt ' — Copie de la lettre par laquelle le roi de Castille ordonne au capitaine général de Fontarabie de recevoir à Irun les commissaires envoyés par les rois de Portugal et de France pour le jugement des pillages faits sur mer entre les sujets des dits royaumes. (Gav. 15, maç. i j, n. 24. )
4 août i^ji ' — Lettre de François I" à sq% conseillers du parlement et autres autorités, les invitant à juger sommairement les faits de pillage entre %^% sujets et ceux de Portugal. (Corp. chron., p. I, mac. 47> doc. 17.)
'53' * — Minutes de quatre lettres à Gaspar Vaz, agent portugais en
France, au sujet de la prise d'un navire portugais par des Français, porteurs de lettres de marque et représailles. (Gav. 20, maç. 1, n. 49 et 13.)
18 août i^ji» — Lettre de D. Antonio de Ataide, ambassadeur de Portugal, au Roi Jean III. — Se référant à une autre lettre qu'il a récemment écrite au sujet de la démarche dont avait été chargé Jean Vaz, frère du docteur Gaspar, l'ambassadeur rend compte au Roi de l'effet de cette démarche, lui Ëiisant savoir que Jean Vaz a fait publier les ordonnances en Picardie et dans quelques ports de la Normandie, et que voulant agir de même à Rouen , il a été reçu dans cette ville de telle façon qu'il a dû retourner à Paris pour se faire délivrer de nouvelles lettres et instructions par l'amiral de France contre Jean Ango qui, disait-on , était occupé à armer quatre navires à. destination de la Guinée avec retour par la côte de Malaguette, expédition à laquelle s'était déjà opposé l'amiral de France, lui interdisant formellement d'y aborder ainsi qu'au Brésil ou à toute autre terre des domaines de Portugal.
L'ambassadeur espère que les armateurs desdits navires se conformeront à cet ordre, sans toutefois pouvoir le garantir, en raison de l'inconstance et de la légèreté naturelles aux Français. Il ajoute qu'il ne voit pas de meilleur remède à ces voyages clandestins que de faire condamner par les tribunaux les armateurs des ports où auraient lieu les armements.
D. Ataide fait savoir que des nouvelles apportées des ports de Normandie par Jean Vaz, il résultait qu'on y équipait vingt-cinq ou trente navires devant venir en aide à Jean Ango, en sus de ses propres nefs, et qu'il en était armé d'autres en Bretagne.
Parlant ensuite de l'Angleterre, l'ambassadeur dit que d'après les renseignements qu'il en a reçus, on y préparait une puissante escadre qui, si les affaires ne s'étaient pas trouvées dans l'état où elles étaient, se serait peut-être emparée de la flotte portugaise. Il termine sur ce point en disant que toute cette gent d'Angleterre et de France est cupide et jalouse des richesses du Portugal, et qu'il fera tous ses efforts pour connaître les motifs de cet armement. S'il découvre quelque chose intéressant le service du Roi, il lui en fera part avec toute la promptitude que le cas comportera.il ajoute que l'Empereur jouit d'une bonne santé, mais qu'il n'en est pas de même de la Reine de France qui dépérit de jour en jour par suite de la maladie dont elle est atteinte, et il déplore, à l'avance, sa mort, parceque dès lors les ennemis du Portugal pourront donner libre carrière à leurs projets, car en ce qui concerne le Roi de France,
malgré toutes les assertions contraires, il ne fait que se conformer à leurs conseils. (Corp. chron., p. I, maç. 47> doc. 37, n. 6007.)
â septembre ijj / . — Ordre à l'amiral à Rouen de mettre sous séquestre les marchandises d'un navire de Guinée pris aux Portugais. (Corp. chron., p. I, m. 4?» doc. 4î«)
6 septembre i^ji > — Lettre de François I*' à l'amiral Chabot relative aux représentations de l'ambassadeur de Portugal concernant l'arrivée à Rouen d'un navire français chargé de marchandises telles que poivre malaguette, coton, ivoire, cuirs, etc., provenant de la côte de Guinée et des possessions du Roi de Portugal.
Ce document est reproduit in extenso dans le livre de M. deSantarem : Recherches sur la priorité des découvertes des Portugais à la cote occidentale d'Afrique , 1^, J2 (Paris, 1842).
/^ septembre i ^j i . — Lettre d'Antonio de Ataide sur les formalités du procès que devra suivre Gaspar Vaz au sujet du séquestre d'un navire. (Corp. chron., p. I, maç. 47> doc. 50.)
/j? octobre ijji» — Compiègne. Lettre du docteur Gaspar \&z, ambassadeur de Portugal en France, au Roi D. Jean IIL — Ayant reçu une lettre du grand maître et voyant qu'elle se tenait dans des généralités car il y enjoignait seulement au gouverneur de Bretagne de faire exécuter dans le plus bref délai possible les ordres qui lui seraient envoyés touchant les lettres de marque de Jean Ango, sans insister spécialement pour qu'il ordonnât que personne ne fit route pour la Malaguette et le Brésil, suivant la teneur de la lettre de f amiral de France pour le yice-amiral et de celle du Roi de Navarre pour le vice-amiral de Guienne, Gaspar Vaz fait observer au grand maître qu'il attendait de lui des lettres aussi favorables que celles qu'il avait obtenues de l'amiral et du Roi de Navarre, dont il lui donnait communication. Le grand maître les ayant lues, a ordonné immédiatement d'en délivrer d'autres dans le même sens et lui a fait, de vive voix, de grandes protestations disant qu'il ne resterait devoir rien à personne en tout ce qui concernait le service du Roi de Portugal. — Il a ajouté que, quand Honoré Caix serait de retour à Lisbonne, son souverain saurait tout ce qu'il avait décidé avec le Roi de France, lequel, affirmait-il, voulait qu'aucun navire français ne poussât au delà des îles du Cap Vert.
L'ambassadeur montre le peu de fond qu'il y a à faire sur ces promesses, car nonobstant ces semblants d'amitié, quatre navires sont partis
d*Harfleur ainsi qu'il en a rendu déjà compte au Roi; sur un de ces na. vires il y avait comme pilote un Portugais du nom de Jean Aliônse. Gaspar Vaz fait remarquer quel tort ferait au commerce portugais le retour de ces nefs à bon port; il ne voit à cela, quant à lui, d'autre remède que l'ordre du Roi de les couler bas, ce qui servira de leçon à ceux qui prétendraient tenter ces opérations.
L'ambassadeur rend compte ensuite de la vente du poivre de Guinée ou malaguette qui avait été apporté à Rouen et, après diverses réflexions au sujet de l'afTaire des lettres de marque, il conclut en proposant, comme expédient propre à terminer tous ces différends, le partage de la factorerie des Flandres pour la vente des épices entre les Flandres et Rouen, mesure grâce à laquelle les Français se déclareraient satisfaits. (Corp. chron., p. I, maç. 47> doc. 75, n. 6045.)
20 novembre fjjf' — Copie de la lettre de l'amiral de France, ordonnant de mettre l'embargo sur les navires en armement pour la Guinée et le Brésil; extraite du registre de l'amirauté de France par Jean Cropet, notaire apostolique. — A cette date, l'amiral de France par lettre officielle à M. de Mallières, vice^mîral, lui ordonne de mettre l'embargo sur tous les navires français en armement pour la Guinée et le Brésil. En vertu de cet ordre, embargo est mis sur les navires suivants : le Charles de 160 tonneaux, le Nicolas de i jo tonneaux, la Sébile de 140 tonneaux, le Déserteur de 60 tonneaux, lesquels achevaient leurs préparatifs à Honfleur et étaient avictuaillés et armés pour la Malaguette, la Guinée et le Brésil. Il est procédé a cet embargo en présence de l'avocat de la Cour de France faisant fonctions de procureur de l'amiral, de Pierre Noël, greffier, spécialement à ce délégués, et des nommés Mignot, Simon, Fessart etLemasson, maîtres desdits navires, auxquels a été intimé Tordre de l'amiral interdisant toute navigation aux mers et terres de Guinée et de Brésil. (Corp. chron., p. I, maç. 49» doc. 33.)
Au sujet de cet embargo sur plusieurs navires en 1531, on lit dans le mémoire de M. de Fréville : « François I" qui aimait le commerce et la navigation et qui s'en occupa beaucoup, s'efforça toutefois d'empêcher nos navires d'aller commercer à la Guinée et au Brésil, afin de satisfaire aux exigences des Portugais. A leur requête il fit arrêter, par l'amiral de France, eu 1531, les navires de Nicolas de La Chesnaye, Jean Le Gras, Pierre Moisy, Gilles le Frpissis, Jean de Guigner, Richard Fessard, marchands et armateurs de Rouen , qui avaient fait le commerce dans ces parages. (Arch. niun. de Rouen, A. 13, fol. 153, v°.) Il n'eût pa^ même épargné
Ango, qui passait pour posséder sa faveur, si le fameux négociant dieppois ne fui avait affirmé que ses navires revenaient d'un lieu « où onques chrestien n'estoit ancores allé». (Requête de 1534 adressée au connétable de Montmorency, CoHect. de M. David, vendue en i8j6 à Paris. On ignore ce que cette pièce est devenue.)
ce En 1537 et 1538, le Roi chargea trois membres du Parlement de Normandie d'informer et de punir les infracteurs du traité avec le Portugal. Cette injonction mit les Rouennais en grand émoi; elle fut jugée si préjudiciable que les maîtres de navires de notre ville, Chariot Migart, Olivier Chôuard, Romain Guerry, Jean Geofïroy, Jean Chaulieu, Jean Avelline et Genevois, réunis à un grand nombre de marchands de Rouen , décidèrent qu'on enverrait solliciter le retrait de la déclaration royale. (Arch. mun. de Rouen, A. 14, fol. 285 V'.) Ils obtinrent satisfaction; la mer fut déclarée ouverte. Mais en 1541» sur la nouvelle de l'arrivée d'un ambassadeur portugais en France, les bourgeois Jean de Quintanadoine , Barthélémy Laisselay, Guillaume du Mouchel, Jean de Cla ville, Pierre du Mouchel, Pierre Cordier et Joseph Tasserye se réunirent de nouveau et décidèrent d'envoyer en cour, afin d'empêcher le rétablissement de l'ordonnance. (Arch. mun. de Rouen, ibid.j fol. 337 v".)» — (Ernest DE FrÉville, Mémoire sur le commerce maritime de Rouen, 2 vol. in-8% Rouen, 1857, ^' ^' P- 3^7')
28 juillet I ^J2, — Copie de l'ordre que, sur la réclamation de Belchior Raposo, gentilhomme de l'ambassade de Portugal, l'amiral de de France a donné, prohibant l'envoi de navires à la Guinée et au Brésil. (Corp. chron., p. I, maç. 49 > doc. 32.)
6 août I ^J2. — Lettre du docteur Gaspar Vaz au Roi de Portugal, l'informant que des navires sont en armement à Honfleur (Anafîor) pour aller au Brésil. (Corp. chron., p. I, maç. 49 > doc. 61.)
i^ novembre i^jj* — Marseille. Le registre n* 5503, manuscrits français, Bibliothèque nationale, contient à cette date, folio 6j, une autre copie de lettre de marque contre les Portugais, rédigée exactement dans les mêmes termes que celle de i J30 figurant au même registre et qui est reproduite ci-dessus in extenso. Nous avons collationné ces deux documents, et nous donnons la fin de celui du 13 novembre 1533, qui présente la seule variante existant dans ces deux actes :
«Voulons que au vidimus d'icelles fàict soubz spel royal foy soit ad-
joustée comme à ce présent original. Donné à Marseille, le 1 3" jour de novembre mv'xxxiii. Presens Messire le Cardinal de Sens, légat et chancellier; les sieurs de Montmorency, grand niaistre et maréchal, et de Brion, admirai de France. »
p février lyjj. — Commission et pouvoirs conférés par Jean III à Gonçalo Pinheiro évêque de Saphy, nommé commissaire à la conférence chargée de prononcer sur les prises faites entre Français et Portugais. (Gav. ij, maç. i, n. 2.)
22 mars ijjj» — Lettres patentes de François I", délivrées à l'occasion des différends existant entre les Portugais et les Français, et auxquels avaient donné lieu les prises faites de part et d'autre. — Prenant en considération les graves inconvénients résultant des différends, qui par suite desdites prises existaient entre ses sujets et ceux de son bien-aimé frère et cousin le Roi de Portugal, avec qui il désirait conserver les mêmes relations d'amitié que ses prédécesseurs, après avoir entendu son Conseil, François I" d'accord avec le Roi de Portugal, décide que ces affaires seront jugéçs par quatre commissaires, deux de chaque nation, lesquels se réuniront à Bayonne et Fontarabie. Dans l'une et l'autre de ces villes, ils prendront connaissance, à dater du premier août prochain, des réclamations et des prises, tant de celles faites antérieurement que de celles qui par aventure auraient lieu durant cette conférence. Ils jugeront toutes les questions nées deSdites prises et captures, de quelque nature qu'elles soient, bien qu'elles eussent été effectuées de bonne foi, et en vertu de lettres de marque délivrées par lui et par le Roi de Portugal. Ils prononceront sur tous ces litiges conformément à leur conscience, ayant uniquement égard à la vérité et à ce qui est prescrit par le droit civil et canonique, nonobstant toutes ordonnances, usages et coutumes des royaumes de Portugal et de France. Ceux de leurs sujets qui auront des réclamations à formuler devront se présenter devant ces commissaires, munis des pièces nécessaires pour la vérification de leurs droits et prétentions.
Dans le cas où les commissaires nommés ne pourraient s'accorder pour prononcer sur les différends en question, le Roi de France, d'accord avec le Roi de Portugal, les autorise à faire choix d'un autre commissaire, qui sera chargé de les concilier et de départager les voix. Si même de cette façon, ils n'arrivaient pas à se mettre d'accord, le Roi de France s'entendra avec le Roi de Portugal, et ils aviseront à ce qui, dans ce cas, devra être fait. (Original, Gav. 15, maç. 24, n. 2.)
i^ juillet i^j6. — Lyon. Traité d'amitié et d'alliance entre François I", Roi de France, et le Roi D. Jean III. En voici le résumé :
Art. 1. Les ports et havres des royaumes de Portugal et de France demeureront d'ores et déjà ouverts et communs aux sujets des deux couronnes, qui pourront, en sûreté, y apporter leurs marchandises et s'y approvisionner à juste prix des choses qui leur seront nécessaires.
Art. 2. Pour le maintien et la liberté du commerce entre les sujets des deux couronnes, l'ambassadeur du Roi de France auprès du Roi de Portugal, après enquête, devra certifier par lettre scellée et signée que les navires et marchandises déclarés dans ledit certificat appartiennent à des sujets du Portugal ou à d'autres qui ne seraient pas des ennemis de la France.
Art. 3. Afin que ces certificats soient plus valables, le Roi de Portugal interdira, sous peine d'emprisonnement et de confiscation à toutes personnes de ses royaumes, de quelque rang et condition qu'elles soient, de charger sur des navires portugais des marchandises appartenant à des Espagnols ou à tous autres sujets de l'Empereur, ni des marchandises portugaises sur des navires espagnols ou de tous autres ennemis du Roi de France.
Art. 4* S'il se trouvait quelque marchandise appartenant aux ennemis du Roi de France à bord d'un navire portugais, ladite marchandise et le navire la portant seraient réputés de bonne prise; serait également de bonne prise la marchandise qui, bien qu'appartenant à des Portugais, se trouverait chargée à bord de navires espagnols ou d'autres appartenant à des ennemis du Roi de France.
Art. 5. Ceux qui saisiraient et captureraient des navires et des marchandises appartenant à des Portugais, nonobstant le certificat de l'ambassadeur du Roi de France, seront punis et jugés en Portugal comme violateurs de la paix, s'ils venaient à être pris par les sujets du Roi de Portugal; s'il ne pouvait en être ainsi, le Roi de France se chargerait de leur châtiment.
Art. 6. Le même traitement sera appliqué aux Portugais qui se trouveraient dans les cas ci-dessus.
Art. 7. Pour éviter les supercheries qui pourraient être commises par quelques pirates en dépit des certificats de l'ambassadeur de France, qu'ils pourraient brûler, cacher ou jeter à la mer, le Roi de Portugal pourra avoir des délégués dans les ports de France pour y opérer, par autorité de justice, des saisies sur les navires des personnes qui auraient violé ces conventions.
Art. 8. Les susdits certificats seront également délivrés aux marchands
portugais qui se trouveraient en Angleterre , par l'ambassadeur du Roi de France y résidant.
Art. 9. Pour faciliter le commerce entre la France et le Portugal , les ports du Portugal demeureront exempts de toutes prises entre les Français et leurs ennemis , aucune prise ne pouvant être opérée dans ces ports.
Art. 10. Toutefois exception serait fiiite pour les prises que les Français feraient en haute mer, lesquelles pourront être conduites dans les ports du Portugal.
Art. II. Le présent traité de paix et les articles qui le composent seront publiés dans tous les ports de France et de Portugal, et le Roi Très- Chrétien enverra une personne dans les Flandres pour faire délivrer aux Portugais y faisant le commerce les certificats dont il a été Ëiit mention. II sera procédé de même en Portugal et en Angleterre, à la charge par le Roi de Portugal d'obtenir un sauf<onduit pour la personne devant se rendre en Flandre.
Art. 12. Les commissaires déjà nommés continueront à statuer sur les prises effectuées antérieurement, conformément aux instructions qui leur ont été données. (Corp. chron., p. I, maç. 57, doc. 6j.)
S août ijj6, — Valence. François I" envoie des lettres patentes à ses lieutenants, gouverneurs, amiraux, vice-amiraux et autres autorités judiciaires de France, pour faire observer les clauses du traité de paix avec le Portugal. Il leur fait savoir qu'il a été convenu et stipulé avec son frère et vieil allié le Roi de Portugal, que, pour la continuation de l'alliance qui a de tout temps existé entre eux, il serait libre et commun aux sujets de l'un et de l'autre royaume de commercer, aller, venir et résider dans les ports, baies et autres lieux des Etats de Portugal et de France, où il seront réciproquement reçus et accueillis comme amis et pourront se procurer à juste prix les vivres dont ils auront besoin. Les hostilités ayant entièrement cessé, avec restitution de part et d'autre des prises antérieurement faites, le Roi les charge de faire lire et publier lesdites lettres patentes et les dispositions y contenues, dans tous les ports, baies et autres lieux du royaume de France où cela sera nécessaire, à son de trompe et par ban, pour être portées à la connaissance de tous, afin que personne ne puisse alléguer cause d'ignorance, et que les transgresseurs soient punis comme perturbateurs de la paix. (Corp. chron., p. I, maç. 57, doc. 80.)
2^ août / jy ^. — Lyon. Lettres patentes de François I", Roi de France, aux amiraux, vice-amiraux, gouverneurs, prévôts, baillis et autres au-
torités judiciaires du duché de Normandie leur &isant savoir que, en raison du maintien de la bonne amitié qui a toujours existé entre le Roi de Portugal et lui, ils ont arrêté que, nonobstant la guerre ouverte existant entre le Roi de France et l'Empereur Charles V, les Français, de même que les Portugais, pourront aborder et fréquenter les ports, baies et autres endroits de leurs royaumes respectifs, étant accueillis réciproquement dans les uns et les autres comme amis et en toute sécurité et y recevant à prix équitable les vivres dont ils auraient besoin. Ayant appris par l'ambass^ideur de Portugal que des Français, sujets de ses Etats, avaient récemment capturé et pillé quelques vaisseaux portugais et maltraité les marchands et les capitaines, contrairement à ses intentions et aux prescriptions de ses lettres patentes, il leur enjoint après enquête sommaire sur ces rapines, prises, actes de force et de violence, de faire procéder contre les coupables ou réputés tels, par citation personnelle, prise de corps et saisie dans un délai de trois jours, en les contraignam à restituer le butin volé ou sa valeur, et en les punissant, suivant le cas, comme perturbateurs de la paix, afin que cela serve d'exemple; le tout exécutoire, nonobstant toutes oppositions ou appels lesquels ne pourront faire obstacle aux injonctions desdites lettres. (Corp. chron., p. I, maç. 57, doc. 94.)
/^ septembre i^j6* — Lettre de François I" prescrivant l'insertion de certaines clauses dans les ordonnances sur les prises entre Français et Portugais. (Corp. chron., p. I, maç. 57, doc. 104.)
24 novembre i^j6, — Lettre de Jean III à Ruy Fernandes d'Almada, son ambassadeur en France, pour représenter à François I" qu'il a été mal informé au sujet des pillages commis par ses sujets sur ceux de Portugal. (Corp. chron., p. I, maç. 58, doc. 14.)
jo mai i^j7' — A cette date François I"^ promulgue des lettres patentes interdisant à ses sujets les voyages au Brésil et à la Guinée. Elles sont citées et confirmées par celles du 22 décembre 1538, dont suit le texte, extrait des archives municipales de Rouen, A. 14, fol. 283 :
«François, par la grâce de Dieu, roy de France, à nos amez et feaulx conseillers, les presidens en nostre court de parlement de Rouen, maistres François de Marcillac, Rob. de Villy, Jehan Feu, Charles de Montfàult et Pierre le Gouppil, lieutenant de l'admirai de France, à la Table de marbre aud. R., salut et dillection. L'ambassadeur de nostre très cher et très anié frère, allyé et confédéré, le roy de Portugal, nous a faict dire et remonstrer que combien que de pieça, sur les remonstrances à nous
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faictes de la part de nostred. frère, allyé et confédéré, par lettres-patentes du penultiesme jour de may, Tan mil v*xxxvii et depuis par aultres du xxiii" jour d'aoust ensuivant, confirmatives d'icelles, nous eussions faict deffènces et inhibitions à tous nos subgectz de ne aller à la terre de Brésil ne à la Malaguette, et que sy aucuns y estoient allez ou aiioient, que tous et ungz chacuns, leurs biens, vaisseaubc et marchandises fussent prins et mis soubz nostre main , ainsi qu'il est plus a plain contenu et déclaré par nosd. lettres, lesquelles ont esté publiez ou besoing estoit. Neantmoins plusieurs de nos subgectz, en entérinant nosd. lettres, inhibitions et deffènces, contrevenans à nostre vouloir et intention , ont voyagé esd. terres de Brésil et Malaguette , nous requérant led. ambassadeur sur ce pourveoir de nostre provision et remède convenable. Pour ce il est que nous ces choses considérer, voullans garder, observer et augmenter de nostre part les anciennes alliances et confédérations d'entre nous et nostre très cher et très amé frère, allyé et confédéré, le roy de Portugal, et nosd. deffènces et inhibitions estre entièrement gardez vous mandons . . . Et pour ce que vous avons faict, commis et ordonnez pour congnoistre des déprédations et infractions desd. alliances et confédérations, commectons par ces présentes que reprins par devers vous ou les troys ou deux de vous, comprins led. lieutenant dud. admirai, nos dessusd. lettres, vous faictes ou faictes faire derechef et dabondant expresses inhibitions et deffènces de par nous, sur certaines et grandes peines, à nous à applicquer à nosd. subgectz, tant généralement que particullierement et à son de trompe et cry public, qu'ilz n'aient à voyager esd. terres de Brésil ne Mallaguette ny austerres descouvertes par les roys de Portugal, sur peine de confiscation de leurs navires, denrées et marchandises, et de tous et ungz chascuns leurs biens et de punition corporelle, en les contraignant de ce faire et souffrir par prinse de corps, saisissement en nostre main de leursd. biens, navires et marchandises, et aultres voeyeset manières deubz et raisonnables; et au surplus informez-vous ou faictes informer bien et duement de ceulx de nosd. subgectz qui ont voyagé esd. pays et terres du Brésil et Mallaguette, depuis nosd. ordonnances, inhibitions et deffènces, dont les cas, noms et surnoms vous seront baillez par escript plus à plain par déclaration. Et oultre ceulx que par information ou aultrement, duement vous trouverez chargez et coupables, procédez ou fkiaes procéder par prinse de corps, saisissement en nostre main de leurs biens, navires, denrées et marchandises, le tout par inventaire, de manière que on en sache respondre et rendre compte; En procédant par vous, tant à la déclaration et confiscation d'iceulx que à la punition des delinquans et
ik.
infracteurs de nosd. prohibitions et defFences, selon l'exigence du cas. Mandons et commandons à nostred. court de parlement, à Rouen, qu'elle n'ait à aller directement ni indirectement au contraire; en imposant sillence à noz procureur et advocat et à tous nos autres justiciers et officiers et subgectz, que à vous vos commis et députez en ce faisant obéissent et entendent dilligemment prêter duement conseil, confort, aide et prisons sy mestier est et requis en sont, car ainsi nous plaist-il estre fkict. Et pour ce que de ces présentes l'on pourra avoir afïaire en plusieurs et divers lieux, nous voulions que au vidimus d'icelles, fait soubz seel royal, foy soit adjoustée comme au présent original. Donné à Saint Germain en Laye, le vingt deuxiesme de décembre l'an de grâce mil cinq cens trente huict, et de nostre règne le vingt quatriesme. Ainsi signé : Par le Roy, Breton. Et seellez de cire jaulne, sur simple queue.»
2 Juin fjj7' — Tournay. Commission donnée par François I*' à Jean de Calvimont, second président, et à Bertrand de Moncaupt, conseiller au parlement de Bordeaux. Le Roy leur fait savoir que désirant conserver et maintenir l'ancienne amitié, alliance et union qui existe entre lui et son frère et allié le Roi de Portugal, il a été convenu, entre les membres de son conseil privé et l'ambassadeur dudit Roi de Portugal, que le seize août prochain se réuniraient en la* ville de Rayonne deux députés français avec deux Portugais, munis les uns et les autres de lettres de commission pour juger les différends qui, par suite des prises antérieurement faites de part et d'autre, existaient entre les sujets du Portugal et ceux de France. Etant bien informé du savoir, de la loyauté et de l'intégrité desdits Jean de Calvimont et Bertrand de Moncaupt, il leur ordonne de se trouver à Bayonne, le i6 août prochain, pour, conjointement avec les députés nommés par le Roi de Portugal, ouïr les griefs et requêtes des parties réclamantes, et statuer sommairement sur les affaires en question, les autorisant, au cas où entre eux et les députés portugais il y aurait quelque divergence dans les avis, à choisir et nommer une personne experte et non suspecte ni favorable à aucune des parties pour leur servir d'arbitre et prononcer sur les différends. Quand ils auront terminé et jugé toutes les réclamations qui seront présentées à Bayonne, ils se rendront à Fontarabie pour y procéder en la même forme, et à cette fin il leur sera délivré par le Roi de Portugal un sauf<:onduit signé par l'Empereur. En outre, comme l'ambassadeur de Portugal s'est plaint que quelques sujets français, sans égard pour l'amitié qui existait entre les deux Rois, continuaient à infester les
mers de ce royaume et à piller et maltraiter les sujets portugais, il les charge de se livrera une enquête sur ces faits et, s'ils les trouvaient vrais, de procéder contre ceux qui les auraient commis, en vertu des pouvoirs qu'il leur a conférés. Ils devront agir de même en ce qui concerne la restitution des prises dont les Portugais se sont plaints. (Gav. 15, maç. i , n. 2, 3«).
/ j Juillet t JJ7» — Pouvoirs conférés par Jean III au docteur Braz Neto, évêque de Santiago, et au licencié Aifonso Fernandez, commissaires chargés de juger conjointement avec les délégués français les différends entre Portugais et Français. ( Gav. 1 5 , maç. i , n. 2.)
ij juillet tjj7» — Lettre de Jean III approuvant une convention avec François I*' surJes contestations relatives aux prises. (Corp. chron., p. I, maç. 59, doc. 5.)
i^ juillet ijj7' — A cette date sont nommés des greffiers de la conférence chargée de juger les différends entre Portugais et Français. (Corp. chron., p. I, maç. 59, doc. 4-)
i^ juillet i^j7* — Procuration du Roi Jean III à Tévêque de Saphy, Gonçalo Pinheiro, pour statuer sur les prises entre Portugais et Français. (Corp. chron., p. I, maç. 59, doc. 2.)
16 juillet J ^J7» — Pouvoirs envoyés à Tévêque de Santiago et au licencié Affbnso Fernandes pour se rendre à Bayonne le 1 6 août de la même année et y conférer avec les commissaires désignés par François 1", .au sujet des prises faites par les Français sur les sujets portugais. (Corp. chron., p. I, mac. 59, doc. 6; — Gav. 15, maç, 1, n. 2; — maç. 13, n. I 5.)
16 juillet IJJ7' — Commission de juge arbitre donnée à Pedro de Souza, à l'occasion des différends entre Portugais et Français. (Corp. chron., p. I, maç. 59, doc. 6.)
. 16 juillet i^j7> — Commission donnée au D' Affbnso Fernandes, au sujet des mêmes différends. (Corp. chron., p. II, mac. 212, doc. 34.)
jo juillet i'^j7' — Sauf-conduit, remis par un courrier de l'Empereur, pour les commissaires de la conférence de Bayonne. (Gav. i 5, maç. 12, n. 39.)
2 août i^j7» — Lettre du juge arbitre à Bertrand de Moncaupt, commissaire français, sur les différends entre Français et Portugais au sujet des prises. (Corp. chron., p. II, maç. 213, doc. J.)
18 août t ^J7' — Lettre de Ruy Fernandez d'AIniada, ambassadeur en France, concernant l'envoi des juges commissaires à Bayonne et Fontarabie. (Gorp. chron., p. I, maç. 59, doc. ^\,)
2j août /jy/. — A cette date, le Roi de France confirme une autre lettre du 30 mai, laquelle prohibe à ses sujets le voyage à la Guinée et au Brésil. (Citée dans ia lettre du 22 décembre i 538. — Ms. Bibiiot. Cotton. — Musée Brit., B. I, fol. 69.)
2ç août i^j7' — Lettre de François I" aux commissaires délégués pour statuer sur les prises faites entre Français et Portugais, leur recommandant de juger rapidement les différends existant entre les sujets des deux couronnes. (Gav. 17, maç. 7, n. 5.)
28 septembre i ^J7' — Sautconduit de l'Empereur permettant aux commissaires nommés par les Rois de Portugal et de France de se réunir à Fontarabie pour y juger les différends relatifs aux prises. (Corp. chron. , p. I, maç. 59, doc. 81.)
20 novembre i^j7> — Lettre de Jean III, prescrivant aux parties intéressées dans les questions concernant les prises entre Portugais et Français de présenter leurs réclamations à Fontarabie. (Corp. chron., p. I, maç. 60, doc. 18.)
/JJ7 (sans date de jour). — Lettre de Jean III à Ruy Fernandez d'AIniada, son ambassadeur en France, pour protester auprès de François I" contre la capture de ciiîq navires par ses sujets, contrairement au traité de paix. (Corp. chron., p. I, maç. 60, doc. 30.)
22 janvier i^j8. — Lettre de François I" aux commissaires de la conférence de Bayonne, les invitant à admettre Bertrand Dornesan, capitaine des galères royales, à se défendre, malgré le défaut prononcé, dans la cause de Maria Nunez. (Gav. i 5 , maç. i , n. 33.)
p mars i^j8. — Fontainebleau. Lettre de François I" aux membres du parlement de Bordeaux chargés de statuer avec les délégués du Roi de Portugal sur les questions de prises par les sujets des deux couronnes, les informant que sur la demande de l'ambassadeur de Portugal le délai accordé le 22 mars 1535 aux intéressés pour comparaître devant les commissaires à Bayonne et Fontarabie, est prolongé de six mois. (Corp. chron., p. I, maç. 47»)
2j Janvier /jj8. — Lettre des commissaires du Roi de France, dans les différends entre Portugais et Français , autorisant Jean Julier, huissier
royal, à faire les citations sans ordre de juge. (Corp. chron., p. I, niaç. 60, doc. 78.)
p février ijjS» — Lettres de commission de Jean III et de François I" pour que les membres de la conférence de Bayonne connaissent des difficultés entre les sujets des deux couronnes, concernant les pillages sur mer. (Gav. 15, maç. 15, n. i.)
/yT mars fjjS» — Commission pour l'évêque de Saphy de statuer sur les différends concernant les pillages sur mer entre Portugais et Français, en remplacement du D" Braz Neto, nommé précédemment à cet effet. (Gav. 15, mac. 18, n. 14)
Jd/w ^û^ér (probablement 1538). — Conclusions de droit présentées par les avocats portugais, tendant à prouver que les commissaires désignés par les Rois de Portugal et de France, réunis à Bayonne, ont autorité pour juger des prises fiiites réciproquement par les sujets de l'un et l'autre royaume, mais nullement pour traiter des intérêts et différends propres auxdits Rois. (Gav. 15, maç. 15, n. 32.)
^Juin ijj8, — Lettre du docteur George Nunes au Roi Jean III, sur la décision des commissaires que les procès engagés contre la cour de Portugal et celle de France se traiteraient dans les cours respectives. (Corp. chron., p. I, maç. 61 , doc. 1 10.)
6 juin I ^j8, — Attestation des déprédations que les Français ont faites sur les côtes de la province d'Algarve. (Corp. chron., p. I, maç. 61 , doc. 118.)
^juillet i^^8. — Procuration donnée par Jean Nunes et autres marins de Faro aux conseillers Diego Bauadas et George Nunes, défenseurs devant la Haute Cour de justice, pour réclamer aux Français le montant des pillages dont ils ont été victimes. (Gav. i j, maç. 15, n. 3.)
ij juillet i^j8, — Enquête, dans le bourg de Vienna do Minho, sur les déprédations effectuées par les Français. (Gav. i j, maç. 20, n. 19.)
p août I ^j8, — Ordre des commissaires français et portugais , résidant à Bayonne, adressé aux tribunaux français, de citer à comparaître les personnes qui leur seront désignées par Jean Alves, pour les prises qu'elles lui ont faites sur mer. ( Gav. 1 7 , maç. 18, n. 14.)
20 août i^j8* Lettre de François I" invitant les commissaires résidant à Bayonne à prononcer sommairement sur les déprédations commises en mer entre Portugais et Français. (Gav. 17, maç. 7, n. 5.)
22 septembre i ^jS, — Lettre de François I" pour l'exécution des citations &îtes par ordre des juges commissaires de Bayonne. II y est joint un certificat de citation à Gonçalo Aniboy et autres, pour comparaître devant lesdits juges. (Gav. i 5, maç. 20, n. 4-)
j octobre t ^j8. — Convention entre les commissaires à Fontarabie, au sujet des pillages entre Portugais et Français. (Gav. 15, maç. i, n. 2.)
8 novembre ' ^j8. — Ordre des commissaires portugais et français résidant à Bayonne, aux tribunaux de Portugal, de délivrer citation à comparaître, dans les cinquante jours, aux intéressés dans les pillages. (Gav. 15, maç. 13, n. 15.)
Alai et Juin i^j^» — Mémoires présentés par le docteur George Nunes aux juges commissaires délégués, chargés de statuer sur les prises faites en mer entre Portugais et Français, pour démontrer au nom de ses mandants, la réalité des pillages éprouvés par eux. (Gav. 15, maç. 24, n. 3.)
Quelques-uns de ces mémoires ayant' pour l'histoire d'Ango et de ses pilotes une réelle importance, M. Péragallo, l'auteur de la brochure : Intorno alla supposta ïdentita di Giovanni Verra^no col corsaro francese Giovanni Florin, qui possédait un exeqiplaire de ces documents, a bien voulu m'en faire tenir la copie dont suit le .texte :
N* 3. — Coram vobisprestantissimis dominis comissariisSerenissimorum Regum etc. Hec est petitio sive requesta per modum simpiicis pétition is porrecta que proponitur in isto juditio pro parte Ellisabet Alvari vidue uxoris quomdam Johanis Viegas mercatoris defuncti et Emanuelis Viegas tutorio nomine filiarum dicti Viegas defuncti et dicte Elisabet matris earum scilicet Elisabet Viegas et Marie minorum xxv annorum quarum patruus est dictus Emanuel Viegas et Martini Alfbnsi vicinorum civitatis Tavire Portugalie per magistrum Georgium Nunez jurium doctorem deputatum advocatum pro negociis Lusitanorum et ex parte una in et adversus Franciscum Florim filium et heredem Johanis Florim defunai et Johanem Ange vicomitem Diepe r. r. ex altéra super déprédation ibus sequentibus.
Item dicit ponit et proponit et probare ihtendit dictus Nunez quod navigando in quodam vel cum quodam navigio Emanuelis Gomecii ab
insula de Cab Verde ad dictani civitateni Tavire onusto niultis niercibus et peciis servoruni Ethiopie et cotone et coriis et aliîs rébus infra deciarandis spectantibus dicto Johani Viçgas et aliis perssonis in dicto navigio navigantibus fuit captuni et depredatuni per dictuni Johaneni Fiorim capitaneuni majoreni certaruni navium que fuerunt arniate per dictuni Johaneni Ango r. vei per aliuni seu alios capitaneos mandate dicti Johanis Fiorim capitanei majoris et dicti Ango armatorum scilicet cum quadam navii ex classe et societate seu conserva dictorum Johanis Fiorim et Ango per vim manu fbrti armata per quam navem et gentes et capitaneum jam dictuni fuit ibr spoliatus dictus Johanes Viegas de omnibus niercibus et peciis que secum portabat navigio in profundum maris submerso cum omnibus personis que in eo erant quae fuerunt suffbcate et ipso dicto Johane Viegas suflbcato et mortuo in aqua maris ex ictibus et contorsione bombardarum navis dictorum Galorum quibus dictuni navigium fuit ruptum et perfbsum et submersum soluni duobus exceptis qui natando evaserunt fugiendo et hoc in mari versum insulam Corvii Portugalie in mensse Septembris m cccc c xx llll* et dictuni navigium Galloruni veniebat ab in su lis do Brasil ut Ëima vagatur.
Res vero et merces de quibus fuit spoliatus dictus Johanes Viegas in dicto navigio depredato a Gallis sunt que sequuntur.
Item quatuordecim homines servi aut ancillae Ethiopiae quas habuerat et emerat suis pecuniis et niercibus in Ethiopia vel in insula Sancti Thome unde solverat proram suum navigium et centum arrobe cotoniis et coria et vestes et pecunia numerata et alie res et pecie que ascendebant ad ccccccc et lxxv ducatos aureos et omnia predicti r. r. depredatores et armatores r. r. fuerunt per vim asportata in patriam suam in suos usus convertendo perperam et violienter ut predicitur.
Item dicit et probare intendit quod dicta Elisabet fuit sponssata et matrimonialiter copulata et maritata dicto vel cum dicto Johani Viegas ex quo matrimonio procreate fuerunt dicte eorum filie scilicet Elisabet Viegas minor etate xxv annorum et Maria ejus soror etiam minor annis que post obitum dicti Johanis Viegas sunt heredes illius ab intestato universalles se imiscuerunt hereditati et déclarant eam acceptasse scilicet dimidiam hereditatis altéra vero dimidia dicte hereditatis pertinet dicte vidue dicti Viegas defuncti que erat et est domina et socia in dicta hereditate jure societatis contracte ratione matrimonii inter eos celebrati.
Item dicit et ponit et proponit quod navigando alia via in quodam vel cum quodam navigio Antonii de Aliveira cujus magister erat Didacus Velho onusto salle et niulta quantitate olei et aliis rébus pertinentibus dicto
Martino Alfonssi et consortibus scilicet eideni Didaco \^lho et dicto Marti no Alfonssi et sic navigando a dicta civitate Tavire ad Flandriam fuit captum dictuni navigiuni cum omnibus mercibus quarum erat onnustuni in niensse Junii mcccccxxvii in canalli Flandrie per dictuni Joha-, neni Florini vel per suas naves scilicet cuni duabus navibus de sua conserva et societate mandato seu ope et asistentia allius que fuerant armate per dictuni Ango per se vel çun^ aliis et fuerunt spoliati in eo de mercir bus et peciis et rébus que sequuntur.
Item dictus JVIartinus Alfonssi fuit spoliatus per dictos Gallos de tribus pipis et oao quartis et duobus quarterolis olei que vallebant tune temporis in Flandria communî pretio ccc ducatos et tanti potuissent vendi ibidem que predidit ex vi illata a r. r. Gallis.
Item dictus Didacus \tIho fuit spoliatus per r. r. Gallos xxxv môdiis salis que tune temporis vallebant in Fiandria c et lxxxvii ducatos cum dimidio et tanti potuisset vendere item quorum omnia que erant in dicto navigio fuerunt ablata per r. r. Galos de quibus debebat consequi a mercatoribus suum naulum scilicet xxx ducatos de naullo seu iocatione sui navigii ipse amisit seu passus est danum extimationis dicti nauli ex vi r. r. illata et etiam fuit spoliatus quadam anchora rotunda sive bordalessa que vailebat vu ducatos cum dimidio et quodam traquete jam usu tricto valions xii ducatorum et de vestibus pro mari et terra deservientibus et capssis et cibariis et roba maris et de omnibus que habebat ascendentibus ad vallorem c ducatorum que omnia ascendunt ad ccccxxvii ducatos et omnia jam sic per r. r. Gallos ablata per vim a predictis Lusitanis secum asportarunt in suam patriam in suos usus convertendo.
Item dicit et intendit probare quod dicti Lusitani sunt omnes et vicini in dicta civitate Tavire et ibi abitabant et degebant dicto anno Mcccccxxilii* et MCCCCCXXVII quibus temporibus erat ut nunc est pax et amicitia inter Lusitanos et Gallos et hoc non obstante fuerunt sic ut predicitur depredati per r. r. per vim et dictos Lusitanos esse solitos mercari et lucrari ad XL L** et Lx per centum quolibet anno cum suis pecuniis et de omnibus predictis et quolibet eorum est publica vox et fama inter personas fide dignas que scint vera esse et ea sic vidisse et audi visse publice ante liteni motam.
Item dicit et ponit et proponit dictum Franciscum Florim esse et fuisse legitimum filium et heredem dicti Johanis Florim et ejus hereditati se imiscuisse pro herede gerendo re et verbo.
Et quia predicta omnia et singula sunt vera dictus Nunez nomine quo supra petit a d. v. quatenus per vestram diffinitivam sententiam condene-
tis dictos r. r. et eorum quemiibet solvere predîctis Lusitanis pro quibus agitur respective vel eorum procuratori ex vîncuUs et per corpus et bona scilicet summani niiile et quadringentoruni ducatonim aureorum vel eam que juraniento vel alias liquidabitur et cum interesse damni eniergentis et iucri cessantis ad rationeni xl l* et lx pro centum quolibet anno et cum naulo deperdito et cum expensis iàctis et in (uturum fiendis reservata vobis taxatione super omnibus et cum pénis pecuniariis in duplum triplum et quadruplum prout juris erit implorans vestrum nobiie oflBciuni et petens sibi jus administrari omni nieliori modo via et forma quibus etc. et non se astringens nisi ad probationem necessariam pro Victoria obtinenda et cum protestatione addendi, et cum protestatione et fàcultate procedendi et petendi provisionem ad i" decretum et alias procedendi ad diffinitivam et cum declaratione quod non petit nisi soiam restitutionem cum pénis civilibus et pecuniariis.
Georgius utriusque juris doctor.
Fuit presentatus die ultima niaii anni 1539.
N" 4» — Coram vobis prestantissimis dominis comissariis Serenissinoruni Regum etc. Hec est petitio sive requesta per modum sinpiicis petitionis porrecta que proponitur in isto juditio ex parte Didaci Ferdinandi mercatoris vicini civitatis Ulixbone per magistrum Georgium Nunez jurium doctorem advocatum deputatum pro negociis Lusitanorum A. ex parte una in et adversus Franciscum Florim filium Johanis Florim defuncti R. ex altéra super depredatione sequenti, et Silvestrum Villas, et Johanem Ango.
Item dicit ponit et proponit dictus Nunez quod navigando in quodam vel cum quodam navigio a civitate Ulixbone ad civitatem Saphiensem onusto multis mercibus et peciis mercatorum et quarum nonnulii spectabant dicto Didaco Ferdinandi que erant s. quinque fardelli magne quantitatis tellarum lini et de leneis et septuaginta libre clavi girofre nepto et allaquequarum que vallebant civitate Zaphiensi cccccc ducatos et dum dictum navigium esset surtuni in barra Zaphiensi cum dictis mercibus per predictum Didacum Ferdinandi oneratis in dicto navigio cum alia magna quantitate aliarum partium fuit captum dictum navigium cum dictis mercibus per dictum Johanem Florim cum quadam navi armata in Rothomago cujus erat capitaneus per vim manu forti armata de quibus mercibus in predicto navigio fuit spoliatus dictus Didacus Ferdinandi per dictos Galos omnia secum asportando in sua patria et in suos usus convertendo et dicta spoliatio fkcta in mense Augusti anno mv'xxi.
Item dicit et probare etiam intendit dictuni Didacuni Ferdinàndi esse vicinum dicte civitatis Ulixbone et in ea habuisse et habere domicilium in dicto anno tenipore dicte spoliationis et antea et postea usque ad presens et esse mercatorem consuetuni mercari et negociari cum suis pecuniis et niercibus et solitum lucrari ad rationeni xl et l** et lx pro centuni quolibet anno et tantundeni lucratus fuisset cum dictis pecuniis et mercibus si eas pre manibus habuisset sicut^ etiam alii communiter mercatores consueverunt lucrari cum suis pecuniis in dicto regno Portugalie et extra regnuni quolibet anno s. ad rationeni xl l** et lx pro centum quolibet anno.
Item per mortem dicti Johanis Florim supervivit. r. Franciscus Florini filius diai Florim sui patris iegitimus qui se imiscuit hereditate dicti sui. patris quapropter tenetur restituere ablata tanquam hères patris et diaus Silvester Billes qui fuit in dicta spoliatione vel in ejus conserva ei societate cum sua navi aut navibus vel ejus mandato et per euni armata seu armatis et cum dicto Johane Ango.
Et quia vera sunt que proponuntur ut predicitur petit dictus Nunez d. V. quatenus per vestram diffinitivam sententiam condenetis dictum Johanem Florim tanquam heredem sui patris solvére ex vinculis per corpus et bona dicto lusitano Didaco Ferdinàndi aut ejus procuratoris dictam sumam sex centum ducatorum aureoruni vel eam que juramento vel alias fuerit lequidata et cum interesse damni emergentis et lucri cessantis ad rationeni xl l*' et lx pro centum et cum expensis fkctis et in futurum liquidandis et fiendis reservata vobis super omnibus. taxatione inpiorans vestrum nobile officium et sibi jiis et justitiam administrari omni meliori modo via et forma quibus etc. Et cum protestatione addendi. . ^ ;
Et cum protestatione procedendi et petendi provisiônem ad primum decretum alias procedendi usque ad sententiam diffi-nitivam.
Georgius u. j. doctor.
Fuit presentatus die ultima Maii anni 1539.
N* 8. — Coram vobis prestantisimis dominis comissariis Serenissimorum Regum etc. Hec est petitio sive requesta per modum simplicis petitionis porrecta que proponitur in isto juditio ex parte Ferdinàndi \^llasci et Georgii Machado et Pétri Fructuosii vicinorum Ville Nova de Portimâo et consortum per magistrum Georgium Nunez jurium doctorem advocatum deputatum pro negociis Lusitanorum scilicet ex. parte una nomine jam dicto in et adversus Frances Florim iilium et heredem Joha-
nis Florini vicinuni de Abra de Graca r. ex parte altéra super negocio depredationis sequentis et adversus Gilletam de Ponchas viduam nions, de Bella Villa et ejus filîus mons. de Bella Villa et Johanem Ango et Silvestrum Villa.
Item dicit ponit et proponit et probare intendit dictus Nunez quod navigando in quodam vel cum quodam navigio cujus dominus erat Fernandus Vallasci a civitate Zamorenssi ad viilani de Villa Nova de Portimâo Portugalie onusto multis rébus et peciis infra declarandis pertinentibus eidem Ferdinando Vallasci et dicto Georgio Machado in mensse Augusti anno mcccccxxiiii* fuit captuni dictum navigiuni per vini manu fbrti aï'mata per quandam navim que erat de societate et conserva aliarum quinque navium vel plurium quarum erat capitaneus major dictus Johanes Florin! vel dictus mons. de Bella Villa vel alius capitaneus ex mandato illius vel illorum que fuerunt arniate per dictos de Bella Villa , Johanem Ango et Silvestrum de Villa vel alique aut aliquarum illarum per eosdem et quemlibet eorum et cum sua gente et navi per vim depredavit seu depredaverunt et spoliaverunt dictos Lusitanos de omnibus suis rébus et peciis quas secum habebant infra declarandis.
Item dicit et ponit et proponit quod eaedem quinque naves aut plures depredaverunt et spoliaverunt multa alia navigia et merces et res et pecias quarum erant onusta Lusitanorum in mari in eodem anno mcccccxxhii* in mensse Septembris apud Berllengas et apud vel prope barram de Viana de Foz de Lima et similiter per eosdem Gallos cum aliqua de suis navibus de. dicto numéro v. navium quarum erant capitanei majores dicti de Bella Villa et Johanes Florim fuit iacta dicta depredatio et spoliatio in Augusto dicti anni Mcccccxxmr au cab Sancti Vincencii de dicto navigio dicti Fernandi Vallasci et de rébus et peciis que sequuntur.
Item res et pecie que pertinebant dicto Ferdinando Vallasci erant duo vella navigii valloris xii ducatorum et due anchore valloris trium ducatorum et una sartago seu lebes et unus securis et quadam serra et aliis peciis minutis vallons ii ducatorum et vestibus et camisis et pileo sive boneto et roba maris fuit etiam spoliatus valloris vi ducatorum et in pecunîa numerata duobus ducatis que omnia ascendunt ad xxv ducatos.
Item et res seu pecie pertinentes dicto Georgio Machado erant multe vestes et pecie pertinentes ad lectum et vestem et arma et selle et ornamenta equorum et multe alie res et pecie que secum portabat de quibus fuit spoliatus dictus Georgius Machado per naves quarum erat capitaneus major dictus Johannes Florim in mensse Augusti anni mcccccxxv inter villam de Faram et Taviram in navigio vel de navigio dicti Ferdinandi
\&IIasci que ascendebant ad vallorem ceniuni et lxx ducatorum aureorum de quibus spoliatus dictus Georgius Machado.
Item dicit et ponit et proponit et probare intendit quod etiani per dictos Gallos cum suis navibus vel cuni aliquibus illarum vel de suaclassi aut conserva et societate quaruni predicti erant capitanei scilicet Johanes Florin! et Bella Villa vel alter eorum aut alius seu alii cuni suis navibus que fiierunt arniate per dictos jam nominatos scilicet Johaneni Ango comiteni Diepe et nions, de Bella Villa et Silvestruni Villa vel aliqueni illorum fuit captum et depredatuni per vim manu forti armata in mensse Marcii dicto anno mcccccxxiiji* navigandoab Ispali ad Canarias scilicet quodam navigium Vicencii Ferdinandi versus Callem onustum pluribus mercibus et rébus et peciis pertinentibus Petro Fructuoso dicti loci de Villa Nova de Portimâo vicino.
Res vero et merces et pecunie de quibus fuit spoliatus Petrus Fructuosus in dicto navigio in dicto loco mensse et anno erant scilicet suma serici quod Lusitani appellant rétros in filo intexto valions x ducatorum in qua suma intrabat aliqua de bombia et aliqua quantitas vasorum fictilium et vestes et roba maris et capssa ejusdem cum cibariis pro viatico valions v ducatorum que ascendebant ad xv ducatos.
Item preterea navigando in quodam vel cum quodam navigio Egidir Didaci et Sebastiani Gondiçalvi de Tavira dicti regni Portugalie a predicta civitate Tavire ad civitatem Zamorenssem ejusdem regni per vigintî leucas ad mare versus Ta viram in mensse Aprillis anno mcccccxxvi onusto rébus et peciis et vestibus optimi pani preciosi et cum lectis et eorum pertineciis et capssis et menssis et cathedris et suppellectiBus pertinentibus cuidam Emanuelli Ferdinandi et ejus uxori Catheline Johanis vicinorum dicte civitatis Tavire que ascendebant ad centuni et xxv ducatos.
De quibus omnibus fuit dictus Emanuel Ferdinandi spoliatus per dictum Johanem Florim et Bella Villa et Silvestrum Villa capitaneos dictarum navium majores vel.classis aut classium dictarum qui per se vel alios eorum mandato cum sex navibus de societate dictarum que fueruiu armate per dictos Bella Villa et Villa et Ango ceperunt et depredaverunt predictum Emanuellem Ferdinandi ut supra per vim manu forti armata.
Item et in eodem navigio dicti Egidii Didaci et Sebastiani Gondisalvi in dicto mensse et anno et loco per dictos Gallos cum dictis sex navibus fuit spoliatus Petrus Sancii vicinus dicte civitatis magna quantitate telle de lino et tribus peciis telle Ollande et quadam capssa bonetorum et multa suma mercium de marcaria et vellamentorum capitis femine et
vestibus et caniîsiis et aliis pluribus rébus et pecîis deservientibus pro mari que ascendebant ad vallorem centum xxv ducatonim pro quibus competit actio Marie Roderici vidue et uxori quondam dicti Pétri Sancii pro se et filiis minoribus eorum tutrici et magistro Johani (iiio et heredi dicti Sancii.
Item preterea navigando in quodam vel cuni quodam navigio eu jus* dam Francisci Ludovici vicini dicte civitatis Tavire ab iassulis Canarie ad Cailem cuni pluribus niercibns et rébus mercatonim fuit spoliatus et depredatus idem Franciscus Ludovic! de rébus et pecîis eidem pertinentibus quas secum in dicto navigio habebat scilicet per dictum Johaneni Florim capitaneum majorem diaarum naviuni aut Bella Viila et Silvestrum Viila vei per aiium aut aiios capitaneum aut capitaneos fllarum sciKcet cum duabus navîbus et duobus galieonibus dicte ciassis aut ciassiuni quarum et cujus erant predicti capitanei que fuerunt armate per eosdeni Bella Villa, Johaneni Ango et Silvestrum Villa scilicet in mensse Maii anno m ccccc xxvi inter Cailem et Sam Lucar per quos eodem mensse .et anno fuit Ëicta dicta depredatio in mari in dicto loco et passu per vim manu forti armata.
Item et res de quibus fuit spoliatus dictus Franciscus Ltidovici erat quedam virga magna dicti navigii cum omi\i euxarcea illius et uno veilo rotundo et traquete et duobus estrens et vestibus et roba maris et cîbariis pro viatico que ascendunt omnia ad xxvii ducatos et quare fuit fàcta depredatio de dimidia omnium mertium quarum navigium erat onustum dictus Franciscus L^^dovici perdidit et amisit l** ducatos quos potuisset consequi et erat habiturus pro naulo dicti n^ivigii a mercatoijbus dominus mertium que omnia ascendunt ad centum et xx ducatos aureos.
Item dicit ponit et proponit et probare intendit dictus Nunez quod per dictum Johaneni Florim capitaneum majorem dictarum navium et Bella Villa et navigando per mare a civitate Zaphienssi ad dictam civitatem Taviram in quodam vel cum quodam navigio Gondisalvi Ferdinandi vicini dicte civitatis onusto mercibus et rébus et pecîis infra declarandis pertinentibus Johani Nunez mercatori et Johani Ludovici et Ellisabet ejus légitime uxori et socie in dimidia bonorum illorum que nunc est ejus vidua pro se et filiis comunibus minoribus quorum tutellam retînet per supra dictos vel per alium seu alios capitaneos ex mandato dictorum capitaneorum majorum vel alterius eorum fuerunt spoliati prediai Lusitani scilicet cum quinque aut sex navibus per vim manu forti armata armatis et fornitis omnibus vel aliquibus aut alîlqua illaruni per dictos Ango, Bella Villa et Silvestrum Villa.
Item et res seu pecie que pertinebant dictis Johani Nunez mercatori et Johani Ludovici marito quondam dicte Elisabet nunc vîdue et suis filiis et heredibus ab intestate hereditatis patris jam dicti defuncti erant scilicet in pecunia numerata pertinente dicto Johani Nunez m ducatî cum diniidio et vestes et camisie et roba que pertenebat ad lectum cura quibusdam paramentis que vocant Lusitani cortinas xx ducatî que oninia ascendunt ad xxvn ducatôs et que pertiflebant dicto Johani Ludovici erant xvii ducat i cum dimidio în pecunia numerata et vestes et lectum cum pertinenciis leai et cibaria pro viatico et quidam enssis et crngulum de serico que omnia ascendebant ad xxxii ducatos.
Item dicit ponit et proponit dictus Nunez et probare intendit quod navigando aiias in quodam vei cum quodam navigio appellato A pîedade nova et bene instructo et preparato omnibus armamentis necessariis ad navigandum quod navium erat Lx tonèUorum et ejus erant condomini Johanes Johanîs et Didacus Ferdinandi Palmella et Gomecius Nunez omnes très vicini civitatb Tavire onusto rébus et peciis et vinis et oleo et airis rébus pertinentibus jam dictis dominis et compatronis dicti navigii et Alfonsso Valasci et Vallasco Martini vicinis dicte civitatis Tavire et duni dictum navigium esset surtum cura ancora in Tanarife insuia Canarie sicut predicitur onusto cura mercibus et rébus et peciis predictorum Lusitanorum in mensse Junii M et cccccxxii supervenerunt septem flaves Galiorum quarura erat capitaneus major dictus Johanes Florim aut de Beila Villa vel alii capitanei eorum mafldato et de sua Conserva que fuerunt armate per diçtos gallos Johanem Ango, Bella Villa et Silvestrum de Villa et per vira raam^forti arraata depredaverunt et spolia verunt /) m nés merces et res jam dictorum Lusitanorura cura dicto navigio jam nominato.
Item res "et pecie que pertinebant dicto Johani Johanis et Didaco Ferdinandi Palmella et dicto Gomecio Nunez erant vestes et roba pro servitio maris deserviéntes et orania alia que secum habebant in dicto navigio que vallebant xxxviii ducatos et vella et anchoras et araarras et euxarcia diai navigii et post imisso per dictos Gallos igné ad dictum navigium et ad nonulla alia navigiia que ibi erant omnino fuerunt orania dicta navigiia ignibus consunipta et arsserunt et perierunt quod navigium^ prout erat novum et instructum 'oranibus armamentis bene vallebat ccc et L** ducatos et pecie seu roba vallebant xxv ducatos que fàciunt in tota suma scilicet ccclxxv ducatos pertinentes dictis dorainis navigii qui fuerunt spoliati per dictos Gallos.
Item et per obitum dicti Johani Johanis existit nunc ex eo vidua sciH- Agnes Johanis sua quondam uxor légitima et per obitum dicti Did
Ferdinandi existit nunc ex eo Violanta Ferdinandi sua quondani iegitima uxor que vidue sunt soc'te et coés in diniidia bonoruni et heredîtatis suoruni maritorum et eis pro se et nomine suorum fillionim comunium quorum scilicet minorum xxv annoruni retinent tutellam legitimam et eis tam matribus quam fîliis competit actio pro recuperatione dictarum rerum scilicet navigii et peciaruni et ad nauluni quod in singulis annis essent percepturi vel percipere poterant si non fuissent spoliati.
Item et res que pertinebant dicto Alfonsso Vailasci de quibus fuit spoliatus per dictos Florim Bella Villa et Silvestrum vel per eorum capitaneos prepositos scilicet in quodam vei cuni quodam navigio cujus dictus Alfonssus Vailasci erat dominus capto cum rébus et peciis que in eo erant et habebat et surto in portu Santé Crucis dicte insuie de Tanarifè in dicto mense Junii dicti an ni mcccccxxii scilicet cum septem navibus quarum erat capitaneus major diaus Johanes Florim aut Bella Villa et Silvestrum Villa armatis per eosdem Belia Villa et Johanem Ango et Silvestrum.
Et postquam fuit facta dicta spoiiatio et depredatio per dictos Gallos de dicto navigio cum peciis que in eo erant scilicet roba pro mari deserviente et cibariis pro viatico et quadam carta pertinente ad artem navigandi et aliis pluribus peciis pro ministerio et usu navigii quarum vallor ascendebat ad sexaginta duos ducatos predicti galli latrones abreptis etiam per illos et subtractis omnibus malis seu mastis navigii et omni euxarcea anchoris et amarris ejusdem et virgis et talabordonibus scotiliiis et virgis et varas ruperunt et perfosum reliquerunt undequaquam dictum navigium et illud projecerunt ad costam et nisi illud salvarent nante omnino periiset et in ejus refectione et preparatione ad naviganduni ascendit expenssa pecunie super hinde exposita per dictum Alfonssum Vailasci dominum navigii ad centum ducatos que omnia cum naulo quod de dicto navigio percipere potuisset a mercatoribus quibus illud fretaverat et pro mercibus in eo portatis scilicet centum et septem ducatos pro talli viagio sumant ad cclxxv ducatos.
Et dictus Vallascus Martini navigando cum quodam suo navigio apulit ad portum dicte insuie de Tanarifè de Canaria et cum ibi esset surtum super anchora ad accipiendi onus imponendum a mercatoribus quibus erat fretato fuit spoliatus in eo vel de eo per dictas septem naves quarum erat capitaneus major dictus Johanes Florim aut Bella Villa aut Silvestrum de Villa vel eorum aut alterius eorum mandato per suos capitaneos cum sua gente per vim manu forti armata et armatas per eosdem Bella Villa, Ango et Silvestrum vel aliquem illorum.
Scilicet multa euxarcea navigii et quadani anchora et amaris et duabus pipis vacuis et aliis rébus minutis navigii que vallebant xx ducatos.
Item et Baltasar Gondissaivi vicinus Tavire fuit spoliatus per dictos Gallos cum quinque navibus classis dictoruni Joanis Florini et Vella Villa armatis per supradictos de quodam navigio Francisci Vallasci fanhoso dicte civitatis navigando ab eadem civitate ad Ulixbonam ao cab de San Vincente in mensse Septembris an. m cccccxxvii per vini manu forti arjiiata scilicet centum peciis passa ficuum comunium venalium aigarboriuni et de ficu stulto extimato et precioso que vallebant in loco ad quem destinabantur vendenda centum ducatos.
Item dicit et ponit et proponit dictas pecias et nierces et res fuisse per vini asportatas per diaos GalIos ad suam patriam in suos usus convertendo et dictum de Bella Villa esse defunctum et relictam ex eo ejus uxorem Gilletam de Ponchas ejus quondam uxorem iegitimam et nunc viduam sociam et coem in bonis et hereditatem dicti de Bella Villa et ejus filium monsr. de Bella Villa viventem heredem universalem dicti defuncti sui patris et eundem Bella Villa cum Johane Ango vicomite Diepe et Silvestro de Vilha armasse dictas naves aut aliquam seu aliquas earum et confessos fuisse talles depredationes et armatas fuisse dictas naves conjunctim vel divisim et spolia comunicase inter se.
Item dicit post obitum dicti Johanis Florim extare dictum Franciscum Florin! ejus filium et heredem et hereditati paterne se imiscuisse ab intestato verbo et re eam accepta ndo.
Item dicit dictus Nunez predictos Lusitanos esse vicinos de Villa Nova de Ponimam et dicte civitatis Tavire et in eisdem habere et habuisse sua domicilia et abitationem continuam tempore dictarum spoliationum scilicet anno 1 522 et i 524 et 1 525 et 1 526 et i 527 et antea a pluribus annis et postea usque ad presens et dictos Gallos r. r. bene cognovisse et intellexisse illos esse Lusitanos et dictis temporibus et nunc et semper esse et fuisse pacem et amiciciam inter Galos et Lusitanos.
Item de predictis omnibus esse publicam vocem et fàmam inter personas fide dignas que sciunt vera esse que continentur in dictis articulis et ea vidisse et audivisse publice dici ante litem motam.
CoNCLUSio. — Et quia predicta sunt vera prout predicitur petit dictus Nunez nomine jam dicto a. d. v. quatenus per vestram definitivam sententiam condenetis dictos r. r. r. et quemlibet illorum et eum seu eos sic condenatum aut condenatos omnibus juris remediis conpellatis solvere dictis Lusitanis aut eorum procuratori quorum nomine agitur respective pro partibus quovis illorum concernentibus scilicet mille et ce et nona-
ginta ducatorum ant aliam que juraniento vel alias liquidabhur et cum naulo navigioruni et aliis daninis interesse et expensis faais et in futurum iiendis et iiquidandis reservata vobis taxatione super omnibus et cum pénis pecuniariis in duplum triplum et quadruplum prout juris videbitur Implora ns vestrum nobile officium et petens sibi justitiani administrai omni meliori modo via et forma quibus etc, et cum protestatione addendi et non se astrigens nisi ad necessaria probandum pro Victoria obtinenda..
Et cum protestatione seu facultate procedendi seu petendi provisionem ad primum decretum si opus sit et nihilominus alias procedendi usque ad diffinitivam sententiam.
G EORGI us y utri usque juris doctor.
Oblata die vigessima nona Mai) i 539.
N** 9. — Coram vobis prestantissimis dominis comisariis judicibusque deiiegatisSerenissimorumRegum inter Lusitanos et Gailos et eo contra huic inde pretenssis hec est petitio sive requesta per modum simpiicis petitionis porrecta que proponitur in isto juditio pro parte Nicollai Pétri vicini de Guimarâes et Emanueliis Vallasci Inesia Ferdinandi vidue Ferdinandi Didaci Johanis Ferdinandi mercatoris Francisci Johanis et Gregorii Pétri Johanis Alfonssi mercatoris et Johanis Alfonssi dos Quintos prebendarii capltuli seu colligii Sancte Marie de Oliveira de Guimarâes et Marci Pétri et sue uxoris Ellisabet Didaci et Magdalene Alfonssi vidue uxoris qupndam Sebastiani Pétri suo nomine et filiorum minorum quorum tutellam retinet qui omnes sunt vicini dicte ville de Guimarâes Portugalie per magistrum Georgium Nunez jurium doctorem advocatum deputatum pro negociis Lusitanorum et ex parte una in et adversus Franciscum Florim filium et heredem Johanis Florim ejus patris defuncti et vicinum de Abra de Graça r. ex parte altéra et Gilletam de Ponchas viduam nions, de Bella Villa et ejus filium nions, de Bella Villa et heredem diai sui patris et contra Johanem et Reinaldum Ferei ejus fratrem dominos de Vanchoquet filios et heredes Michaelis Ferei armatoris navis la Espanhola defuncti et contra magistrum Stephani Trutel maritum uxoris quondam Jacobi Destimao Villa et tutorem Abel f. minoris xxv an. filif dicti Jacobi et contra Johanem Ango vicomitem Diepe r. r. r. ex parte altéra super depredationibus sequentibus.
Item dicit et ponit et proponit et probare intendit dictus Nunez quod navigando in quodam vel cum quodam navigio appellato Bretâo eu) us dominus erat Benedictus Ludovici vicinus a Azurara Villa de Conde ad Tanarife insula Canarie onusto variis mertium generibus panorum lane et
telle lini tenuis et grossi fili et ornamentorum feniinarum pro vellando capita illarum que vocant beatilhas in nostro idiomate Lusitanorum et vestibus capssis et camisiis et peciis et pecunîis auro argento et aliis rébus et cibariis pro viatico pertinentibus dictis Lusitanis et aliis infra nominandis fuerunt spoiîati et depredati dicti Lusitani et consortes cuni dicto navigio in mari prope Berlengas in mensse Aprillis an no M cccccxxv per quandam naveni Galloruni classis seu de conserva aliarum pluriuni naviuni quaruni erat capitaneus major Johanes Florini ejus mandato et ope et assistentia et jussu coopérante que fuerunt armate per dictum de Bella Villa et Johanem Ango et Michaellem Ferei et Jacobum Destimam Villa et omnia spolia dicti navigii apud se habendo et in suos usus convertendo per vini manu forti armata ut supra.
Item res vero et pecie quas habebat dictus Nicolaus Pétri in dicto navigio de quibus fuit spoliatus erant scilicet muiti pani seu drapi Ullandrie et tanabis qui vallebant lxxxv ducatos et plus et magna quantitas tellarum lini tenuis et stuparum que vallebant c et xxvii ducatos cum dimidio et pan os quos vocant de covilham laneos valions xxxii ducatorum cum dimidio et de ornamentis muliebribus pro compenendo vel vellando capite hoc est beatilhas valions xxil ducatorum cum dimidio et fasciculos linearum de fîlo aibo intexto valions xvi ducatorum et pan uni feltri et de burel et mantas et leteiro umbellas ensses et manticas valions xxxv ducatorum et capssam cum vestibus et camisiis et aliis preparamentis ad servitium sue persone et lecticam cum pertinenciis suis valloris XXX ducatorum que omnia sumant ad cccxLViii ducatos.
Item et res et pecie quas habebat dictus Emanuel Vallasci de quibus fuit spoliatus per supradictos Gallos in dicto navigio erant scilicet unus barrilus plenus pipere et cravus girofri et cinamomum azapihanum et zanziber valloris xxxviii ducatorum et xxil ensses valde ornati qui vallebant xvii ducatos et ornementa seu vellamenta muliebria pro capita de lino et cotone que vallebant xil ducatos cum dimidio et quedam vestis pani de lana preciosi precii et valloris et camisia et abelhamenta alia perssone ipsius deservientia et pusio ornatus et ellaboratus de argento de super in locis consuetis que vallebant xx ducatos et quedam lectica cum pertinenciis suis et aliis rébus valloris vu ducatorum cum dimidio et unus ducatos in moneta aurea que omnia ascendant ad nonaginta et sex ducatos aureos.
Item et res quas habebat in dicto navigio Bretao Johannes Ferdinandi mercator de quibus fuit spoliatus per dictos gallos capitàneos seu armatores de conserva dicti Johanis Florim et Bella Villa, Michaellis
Ferei et Ango et Jacobi Destiniani Villa erant ccccccccc et xxx vare aut virge pani tellarum lîni de filo tenui et grosso stupe que vallehant in dicta insula Canarie noventa ducatos et plus et quinque niiiie manipuli seu fksciculi linearum de filo tenui vallons vu ducatoruni cuni diniidio et Lxxx niulliebria vellamenta pro capite alias beatilhas valloris vni aut ix ducatoruni et duo fragmenta pani de burel valloris triuni ducatoruni cum diniidio et anulus auri cum lapide sculpto appellata granadilha vallons unius ducati, et cingulus seu zona argenti elaborati vallons unius ducati cum diniidio et vestes camisie et lectica cum pertinenciis que vallebat XVII ducatos cum diniidio et xii ensses ornati et elaborati qui vallebant viii ducatos que omnia ascendunt ad centuni xxxiiii ducatos.
Item et res que peninebant dicto Gregorio Pétri qui eas comendaverat dicto Johani Ferdinandi ejus mandatario qui assumpsserat onus eas vendendi in dicta insula Canarie et retractum esse pretio illarum reponandi pro ipso Gregorio Pétri erat quedam quantitas peciarum telle lini et stupa que vallebant x ducatos.
Item et res et pecie quas habebat d ictus Johanes Alfonssi mercator de quibus fuit spoliatus in dicto navigio per dictos gallos capitaneos seu armât ores vel eorum mandato erant scilicet cc<:c et xx vare seu virge pani tellarum Uni de filo tenui que vallebant lxii ducatos cum diniidio et centum et xxx vare seu virge maparum large que vallebant xxxil ducatos cum diniidio et centuni et L** vare seu virge aliarum maparum seu servietarum ma nus valoris xv ducatoruni cum diniidio et ccccc vare de pano telle lini grossi que vallebant lxii ducatos cum diniidio et cccc vare seu virge de pano lini de stupa valloris xxx ducatoruni et ccc et l** vare pani telle de burel valloris l** ii ducatoruni et plus et velamina muliebria alias beatilhas et fâsciculus de iinea in filo intexto x ducatos quas merces secum ponabat Antonius Alfonssi filius dicti Johanis Alfonssi a quo habuerat onus eas vendendi et tràficandi in Canaria et reponandi retractum et quedam capsa cum vestibus et camisiis et aliis rébus et lectica cum pertinenciis valoris septem ducatoruni cum diniidio que omnia ascendunt ad ccLXxii ducatos cum diniidio.
Item et res seu pecie et merces quas habebat dictus Johanes Alfonssi dos Quintos in dicto navigio Bretao de quibus fuit spoliatus per dictos galIos capitaneos seu armât ores de dicta conserva Johanes Florim erant scilicet magna quantitas pani telle linii de filo tenui et stupe et cène pecie pani de villageus et liteiro et burel et de marcaria quaruni vallor ascendebat ad ccxii ducatos cum diniidio.
Item et res et pecie quas in dicto navigio habebant dictus Marcus
Pétri et Elisabet Didaci ejus uxor erant scilicet magna quanthas telle lini et stupe liteiros et burel caniisia et muliebria pro capite alias beatilas et maxinia sunia linearum in fiio et muiti ensses ornati et ellaborati et plu- Tes alias res que vallebant in Canaria dicto anno mcccccxxv centuni et octuaginta octo ducatos cuni vestibus et camisiis et iectica.
Item et dicto Sebastiano Pétri pertinebant de quibus fuit spoliatus in dicto navigio Bretao dicto anno m. ccçccxxv per dictos gallos capitaneos seu armatores de conserva dicti Johanis Florim et sociorum jam nominatorum a quo fuit relicta vidua dicta Magdalena Alfonssi ejus quondam uxor légitima ad quam pertinet dimidia bonorum et hereditatis diai ejus niariti defuncti et ad eorum filios communes qui hereditatem dicti sui patris acceptaverunt scilicet magna suma tellarum lini et stupe beatilhas coria et calcei cum vestibus et camisiis et aliis rébus valions xxxviii ducatorum.
Item et res quas habebat in dicto navigio Bretao dictus Franciscus Johanes de quibus fuit spoliatus per gallos jam nominatos capitaneos seu armatores de dicta conserva Johanis Florim et suorum sociorum supra nominatorum erant scilicet mille et cccccc vare seu virge de tella lini et stupe que vallebant in dicta insula Canarie centum et lx ducatos et centum et L** muliebria pro capite scilicet beatilhas que vallebant xv ducatos et l'' vare de burelo valions quinque ducatorum et ccc vare de liteiro que vallebant xx ducatos minus uno et 4° alterius ducati et vestes et camisie et Iectica cum suis peninenciis et quodam segmentum pani de castella et alie pecie minute valloris xvii ducatorum cum dimidio que omnia ascendunt ad ce ducatos et plus unum cum 4" alterius.
Item dictus FerdinaAdus Didaci a quo fuit relicta vidua dicta Inesia Ferdinandi ejus quondam uxor que est socia et coés pro dimidia in hereditate dicti Ferdinandi ejus mariti et per cujus obitum spectat alia dimidia hereditatis dicti defuncti sui patris ad ejus filios et heredes de légitime matrimonio procreatos quorum scilicet minorum xxv annorum dicta vidua eorum mater retinet tutellam legitimam eorum habebat dictus Ferdinandus Didaci in alio navigio Panteleonis Alvari Landini nunc vicini Ulixbone res et merces infra declarandas de quibus fuit spoliatus in perssonna Antonii Ferdinandi qui a dicto pâtre suo habuerat onus dictarum mertium illas vendendi pro suo pâtre in insula Canarie ad quam dictum navigium dicti Pétri Alvari Landini navigabat.
De quibus rébus et mercibus fuit spoliatus in dicto navigio Landini navigando a villa de Conde et prosequendo suum viagium inter insulam de Tanarifk et insulam Palme Canarie in mensse Maii anno mcccçcxxiiii
sciircet per dictos gallos capitaneos seu arniatores dictarum naviuni que erant de numéro et socîetate seu conserva dicti Johanîs Fiorim capitanei niajoris classis et naviuni sciiicet cum duabus navibus illaruni per vini manu forti armata eos omnes de rébus que erant in dicto navigio Pétri Alvari Landini spoliando et in suos usus convertendo spolia et comunicando et inter se dividende.
Et res que pertinebant dicto Ferdinando Didaci marito diae Inesie Ferdinand! domine pro dimidia iliarum et dicto suo filio Antonio Ferdinand! qui habebat earum onus et custodiam et tanquam heredi sui patris et aliis suis fratrîbus etiam heredibus quorum nomine dicta eorum mater tutellam legitimam retinet sunt que sequuntur :
Sciiicet plures pani seu drapi telle lini et stupe et mape et muliebra pro capite alias beatilhas et linee seu corde tenuissimi fili et burel et leteiro et ferramenta et alie plures res seu peciê quas emerat de primio pretio in villa de Guimaraes sciiicet pretio ce ducatorum et tune temporis sciiicet in diao anno Mcccccxxilll vallebant communiter in dicta insuie Palme in qua erant vendende ^ non fuisset fàcta eorum spoliatio tune per dictos Gallos sciiicet ccc ducatos fuit etiam spoliatus de quadam capssa cum vestibus et camisis et lecto cum suis pertinenciis et aliis rébus vallorum XII ducatorum que omnia ascendunt ad ccc et xii ducatos et plus.
Et dictus Antonius Fernandi filius dicte Inesie Ferdinandi decessit post mortem dicti sui patris sine filiis seu liberis non relicto alio herede in suis bonis nisi dicta Inesia ejus mater cui tanquam heredi ascendente propinquiori pertinet sua hereditas quam illa acceptavit et déclarât adivisse post mortem dicti sui filii.
Item dicit ponit et proponit dictos Lusitanos esse vicinos in dicta villa de Guimaraes regnî Portugalie et ibidem habere domicilia sua et abitationem et tempore dictarum depredationum fuisse et esse etiam ante et nunc pacem et aniititiam inter Gallos et Lusitanos et predictos gallos depredatores et arniatores bene cognovisse et intelexisse esse Lusitanos predietos jani nominatos quorum nomine agitur.
Item dicif et ponit et proponit et probare intendit dictos Lusitanos esse mercatores solitos lucran et negociare cum suis pecuniis et mercibus mari terraque' ad Indos et ad remotissimas nationes et régna Francie et alia et in regno Portugalie et si dictas merce^ et pecunias jani diaas pre manibus habuissent utique lucrati fuissent ad raiionem xl et l** vel lx pro centuni quolibet anno sicut alii communiter mercatores famosi lucrari soliti sunt ad dictani rationem quolibet anno sciiicet ad rationeni xl, l*' et LX pro centuni quolibet anno.
Item dicit ponit et proponit et probare intendit dictum de nions, de Beila Villa et dictum Jacobum Destimam Villa et dictum Michaelle Ferei armasse et mandasse dictas naves et capitaneos in eis preposuisse ad navigandum per mare et confessos fuisse sic fècisse et mandasse ratum habendo verbo et re quidquid per dictas naves et gentem illarum fuisset perpetratum et communicando spolia dictî navigii Lusitanorum aut dictorum navigiorum supra mencionatorum et eosdem gallos armatores esse defunctos et post eorum obitum relliquisse viduas dictas eorum uxores socias et coes in eorum bonis et hereditatibus illorumet eorum filios coës heredes dictarum hereditatum paternarum et acceptantes easdem et in eis se imiscentes et spolia jani dicta ad eos pervenisse et ad eorum uxores jam nominatas unde tenentur ad restitutionem.
Item dicit ponit et proponit et probare intendit dictos Johanem Florin! et nions, de Bella Villa solitos et consuetos esse cuni navibus quafuni erant capitanei prefecti depredare per mare Lusitanos infra fines Portugalie vel extra et dictos Galios esse et fuisse solitos arniare et fornire naves suas vel alias omnibus victuaiibus et armamentis necessariis in dictis annis scilicet millessimo xxiiii et mcccccxxv et antea et postea sepius et sepius et receptare apud se iila que ex robaria et rapioa et violienter abrepta erant per capitaneos jam dictos.
Item dicit ponit et proponit et probare intendit de predictis omnibus fuisse et esse publicam vocem et famani inter personas fide dignas et veraces que sciunt vera esse oninia ut predicitur et ea vidisse et audivisse publice ante liteni ceptam.
Et quia predicta omnia et singula ut predicitur sunt vera dictus Nunez noniine jam dicto petit a. d. v. quatenus per vestram difinitivam sententiani condenetis dictos Gallos r. r. r. et eorum quemlibet et eum seu eos juris remediis compellatis solvere dictis Lusitanis aut eo/um procuratore respective pro partibus eos et quemvis illorum concernentibus per corpus et bona ex vinculiis scilicet predictas sumnias hoc est suniani mille et cccccccviii" ducatorum vel eam que juramento vel alias liquidabitur et cuni interesse damni emergentis et lucri cessantis a tempore more seu violentiarum ad ratione XL et l** et lx pro centùni pro interesse vere sortis quolibet juxta consuetudihem mercatorum et cuni expensis factis et in futurum fiendis et liquidandis reservata vobis super omnibus taxatione et cuni pénis pecuniariis in dupluni triplum et quadrupium prout juris videbitur et implorans vestruni nobile ofitiuni et petens jus et justitiam sibi administrari omni melliori modo via et forma quibus etc.
ANGO ET SES PILOTES. I
et cuni potestate addendî et non se astringens nisi ad necessariatantuni probanda pro Victoria causa obtirïenda.
Et cuni potestate et Ëicultate procedendi et petendi provisioneni ad priniuni decretuni et alias procedendi usque ad diffinitivani.
Georgius, utriusque juris doctor.
Oblata die vigessima nona Maii 1539.
N* 15. — Corani vobis prestantissiniis doniinis comisssariis Serenissimorum Reguni inter Galos et Lusitanos etc. Hec est petitio sive requesta per moduni siniplicis petitionis porrecta que proponitur in isto juditio pro parte Ferdinandi Didaci Girâo alias Rabello vicini civitatis Portus Portugalie et Pétri Gondisaivi vicini insuie Sanai Georgii per magistruni Georgiuni Nunez juriuni doctoreni advocatuni deputatuni pro negociis Lusitanorum A. ex parte una adversus Franciscum Florini fîlium et heredem Johanis Florini r. ex parte altéra et Guilletam de Ponchas viduani de nions, de Bella Villa et ejus filiuni nions, de Bella Villa viventem et Johaneni Ango et Johaneni Ferei et Reinalduni Ferei ejus fratreni dominos de Vauchoquet et fillios heredes Michaellis Ferei defunrti et ejus viduani niatreni dictoruni fratruni Ferei r. r. r. ex parte altéra super depredatione sequenti:
Dicit et ponit et proponit et probare intendit dictus Nunez quod navigando in quodani vel cuni quodani navigio Antonii Johanis et Johanis Deti et Ludovici Johanis vicinoruni ville de Conde appellato Santo Antonio onusto niultis mercibus et rébus pertinentibus dictis Lusitanis Ferdinando Didaci et Petro Gundisalvi in niense Oaobris anno Mcccccxxmi" in paragio pasus au cab de Sancti Vincenti fuerunt spoliati de omnibus mercibus quas in eo erant s. partilli granati vendendi in regno Anglie et cuni omnibus aliis mercibus et rébus que vallebant tune temporis et predicto anno in Anglia ad rationem triuni ducatorum pro quintalli quaruni vallor ascendebat et ascendit ad très mille et cccccc ducatos quia erant mille et ce quintalia dicti partilli graniti et capse et vestes pro mari et terra deservientes et cibaria armas auruni et argentum et roba lecti vallebant Lxxx ducatos de quibus fuerant per dictum Johanem Florini capitaneuni cum quadani navi aut galeone armato seu arniata per dictos Johanem Ango et patrem dictoruni Ferei et Bella Villa qui semper consueverunt armare naves ad depredandi per mare et sic per vini manu forti arniata per supradictum Florim fuit facta dicta ^poliatio.
Dicit et ponit et proponit et probare intendit dictus Nunez quod per dictum Johaneni Florim aut Bella Villa ex mandato dictorum armato-
ruiii cuni septeni navibus arniatis ab eisdeni jam nominatis Galis r. r. per vini manu fbrti arniata fuit spoliatus quidam Blasius Johanis vicinus de Miragaia in mense Octobris anno mcccccxxiiij* navigando in quodam vel cum quodam suo navigio cujus ipse erat magister et pillotus onusto salle ad regnum Ullandrie ubi vendidit diauni sal et ex eo abuerat ccLxxv ducatos quos implicaverat et converterat in emptione frisarum et mantellorum Ibernie et in leucis et dum rediret cum dicto retractu suarum mertium fuit spoliatus per dictos Gallos et naves quarum dictus Florim erat capitaneus major vel dictus de Bella Villa quarum rerum et mertium vallor ascendit cum vestibus cibariis et capsis et lecto cum suis pertinenciis valloris l** ducatorum s. ad cccxxv ducatos de quibus fuit spoliatus.
Item dicit et probare intendit quod dicte merces potuissent vallere in Portugalia si non fuisset spoliatus usque ad duplum.
Item dicit et probare intendit dictos Lusitanos esse solitos mercari et negociari cum suis mercibus et pecuniis mari et terra in regno et extra regnum et solitos lucrari ad rationem XL et l** et lx pro centum quolibet anno sic alii comuniter mercatores lucrant et tantidem lucrati fuissent dicti Lusitani quorum nomine agitur si habuissent suas pecunias et merces pre manibus quolibet anno.
Item dicit eos esse Lusitanos et vicinos Portugalie in dicta civitate Portus et dictos Bella Villa, Johanem Florim et Ferei bene scivisse et intelexisse esse predictos Lusitanos et fuisse et esse pacem dictis annis ut nunc est inter Gallos et Lusitanos et esse defunctos predictos Ferei et Bella Villa et extare eorum viduas et dictos filios eorum heredes que et qui possident suas hereditates et bona et se illis imiscuisse.
Item de predictis omnibus esse publicam vocem et fkmam inter personas fide dignas et veraces que viderunt et audierunt vera esse omnia predicta.
Et quia vera sunt omnia predicta et singula petit dictus Nunez a. d. v. quantenus per vestram diffinitivam sententiam condenetis r. r. Gallos supra nominatos et quemlibet ipsorum solvere dictis Lusitanis quorum nomine agitur aut eorum procuratori pro partibus competentibus ilks et cuivis illorum respective s. sumam quatuor mile et v ducatorum cum interesse dani emergentis et lucri cessantis ad xl et l** et lx pro centum quolibet anno et cum expensis factis et iiendis vel eam sumam que juramento aut alias lequidabitur reservata vobis taxatione et cum pénis pecuniariis in dupplum triplum et quadruplum pro ut juris videbitur implorans vestrum nobile officium et petens sibi justitiam administrari omni
meliori modo via et forma quibus etc. et cum protestatione addendi et non se astringens etc.
Et cum protestatione procedendi et petendi provisionem ad primuni decretuni et aiias procedendi ad sententiam diffinitivam.
G EORGi us u. i. doctor.
Oblata die vigessima nona mensis Maii i 539.
N" 17. — Coram vobis prestantissimis dominis conimissariis judicibusque dellegatis Serenissimorum Regum super depredationibus maritimis et earum causis inter Lusitanos et Galios et eo contra hinc inde pretensis hec est petitio sive requesta per modum simplicis petitionis porrecta que proponitur in isto juditio pro parte Stephani Sintrâo et Vincencii Johanis et Gondisaivi Martini vicinorum de Lagos per niagistruni Georgium Nunez jurium doctorem advocatum deputatum pro negociis Lusitanorum nomine jam dicto et ex parte una in et adversus Franciscum Florim filliuni Johanis Florim defuncti vicinuni de Abra de Graça et heredem dicti sui patris vagabundum vel alias absentem r. ejus tutorem seu curatorem r. ex altéra super negocio sequentis depredationis et contra Silvestrum Villem et Johanem Ango etiam r.
Dicit ponit et proponit et probare intendit dictus Nunez quod navigando per mare in quodam vel cum quodam navigio Stephani Sintrâo vicîni de Villa de Lagos onusto de atuum ad civitatem de Calez et prosequendo suum viagium versus San Lucar de Berra Meda in mensse Aprfflis anno Mcccccxxv fuit dictum navigium captum per duas naves Gailorum cum omnibus mercibus et rébus que in eo portabant dicti Stephanus Sintram et Vincentius Johanis et Gondisalvus Martini scilicet per dictas naves et per Johanem Florim earum capitaneum cum sua gente per vim manu forti armata qui eos spoliavit seu spoliaverunt de rébus et peciis et pecunia infra declarandis et per dictum Silvestrum Villes.
Scilicet dictus Stephanus Sintrâo de pecunia numerata que ascendebat ad VI ducatos cum dimidio et quadam mezena nova dicti navigii que vallebattres ducatos cum dimidio et duabus fatexis dicti navigii que vallebant duos ducatos cum dimidio et quadam euxarcia que vallebat unum ducatum cum dimidio et alia préparamenta çt res minutas ejusdem navigii que vallebant très ducatos fuit etiam spoliatus vestibus et carriisiis et peciis pertinentibus ad lectum que vallebant x ducatos que omnia ascendunt ad xxviii ducatos. '
Et dictus Vincentius Johanis fuit ibidem spoiiatus per dictum Joha-
neni Florini vel ejus gentem et naves scilicet ii ducatis in pecunia numerata et de vestibus et roba maris valoris ii ducatorum cum dimidio que sumant 4*' ducatos cum dimidio.
Et dictus Gondisalvus Martini fuit ibidem spoliatus perdictum r.Johanem Florim et suam gentem et naves scilicet suis vestimentis et camisiis et peciis pertinentibus ad iectum et vestibus cujusdam sui filii fàmilias quem in potestatem habebat que vallebant x ducatos et in pecunia numeràta tribus ducatis que ascendunt ad xm ducatos.
Item dicit et ponit et proponit et probare intendit dictos Lusitanos jam nominatos quorum nomine agitur esse abundantes et in bonis suis habere vel potuisse habere et secum portare dictas pecunias et pecias attenta eorum qualitate et industria seu officio navigandi et eosdem esse vicinos de Lagos dicto anno mcccccxxv et ibidem habere sua domicilia tune temporis et ante et postea hucusque cum uxoribus et filiis et fàmilia et tune temporis esse paeem et amititiam inter Gallos et Lusitanos ut nunc est et iô tenentur dicti r. r. ut capitanei vel alias de dicta societate et navibus armatis per ipsos et Johanem Ango.
Item dicit et ponit et proponit de predictis omnibus et quolibet predictorum esse publicam voeem et famam inter personas fide dignas que sciunt vera esse omnia predicta et ea vidisse et audivisse publiée dici ante litem captam scilicet fecisse et armasse et depredasse cum suis navibus et quia vera sunt omnia prediaa petit dictus Nu nez nomine quo supra a. d.v. quatenus per vestram difinitivam sententiam compellatis dictum r. ut filium et heredem dicti Johanis Florim defuneti ejus patris solvere diais principalibus actoribus vel eorum procuratori respective dictarm» sfumam quadraginta quinque ducatorum aureorum sortis principalis vel.eatw que juramento aut alias liquidabitur et cum danis et interesse et expensis fàçtis et in futurum fiendis et liquidandis reservata vobis taxatione in omnibus et cum pénis peeuniariis in duplum triplum et quadruplum prout juris videbitur petens de omnibus et singulis sibi justjtiaTii administrari omni meliori modo via et forma quibus etc. et implora ns vestrum nobile offitium cum protestatione addendi et non se astringens nisi ad necessariam probationem pro obtinenda victoria non ad superflua e\ côndenando ipsum r. solvere per corpus et bona.
GeoIigius utriusque juris doctor.
Oblata die vigessima nona Maii 1539.
2 j juin '^JP' — Ordre que les commissaires portugais résidant à Bayqnne adressent aux tribunaux du Portugal pour procéder à des en-
quêtes judiciaires relativement aux prises faites sur mer entre Portugais et Français. (Gav. 15, maç. 13, n. 16.)
2/^ Juin ijjp» — Ordre des commissaires portugais et français résidant à Bayonne, aux tribunaux du Portugal, de recevoir les témoignages de Pedro Alvez Gentil et autres sur les pillages que les Français leur auraient fait subir en mer. (Gav. 15, maç. 16, n. 22.)
jo Juin ijjp» — Lettre du D' Afïbnso Fernandez à Jean III, sur les différends relatifs aux prises faites entre sujets des deux royaumes. (Corp. chron., p. I, maç. 64» doc. 180.)
/j mars /j^2. — Lettre d'Estevan Limpo à Jean III, l'informant du voyage à la côte d'Achem de navires français y traitant du poivre. (Corp. chron., p. I, maç. 73, doc. 62.)
Aîai ij^j* — Une escadre portugaise, commandée par Jean de Castro, s'empare d'un navire français dont le Roi Jean III approuve la prise par lettre du 16 juin de la même année. (Quintella, Annaes da marinhaportugueza, t. I", p. 433.)
2j Juillet IJ4J' — Lettre du D'Gaspar de Carvalho à Jean III, relative à la prise d'un navire français par un galion de la flotte royale. (Corp. chron., p. I, maç. 73, doc. 125.)
Décembre ij4J* — Edit de François I" touchant les prises sur mer. Enregistré au parlement de Rouen, le 7 juin iy43* — Bibl. de Rouen, ms. E. 57, fol. 8. (Mention.)
29 Juillet ij4^' — Lettre de Jean III à Gonçalo Pinheiro, évêque de Tanger, ambassadeur à la cour de Paris. (Gav. 13, maç. 9, n. 16.)
ccReverendo bispo amiguo, eu el Rey vos emvio muito saudar. Per Aires Cardosso receby vossas cartas e vy por ilas o que me escrevestes açerqua da carta de marqua de Joham Anguo e o que niso pasastes com el Rey e com o almirante e com as outras pesoas do seu comselho, e fiquo muy es pantado de elle em tal tempo e em que meus vasalos tam grandes dannos, roubos e mortes tem recebidas dos seus querer que Joham Anguo husse desta marqua nao se lenbrando nem querendo ver o que açerqua delas he pasado. E porque me pareçeo o caso tam exorbitante quis mandar Ihe fàllar nelle por Fernamd Alvarez Cabrai fidalguo deminha cassa, e dizer ihe açerqua diso o que vereis pela instruçaao que leva a quai Ihe mando que vos mostre , e por asy ser nam ouve por necesario escrevervolo nesta carta, e a dita instruçaao me remeto.
ctltem, — llusemdo el Rey de tamanho desarrezoamento como séria nam mandar loguo enmendar ysto , e vindose Fernamd Alvarez na maneira eni que niando que se venha quando se nao enmendar, dirlheys naquela derradeira audienciaque Fernamd Alvarez coni ele tirer segundo forma da instruçaao que pois ysto asi estaa que vos vos emverguonharieis de vos verem em sua corte em quanto nam sabeis o que vos en mando que fkçaes, e que entre tanto vos hys a huum iuguar que v.os es colhereis onde vos pareçer que esteis seguro e a vosa vontade, e que vos hys aquelle Iuguar atee verdes meu recado, e isto quero que façaes assy per demostraçam de quanto o sinto, e que nom pareça que voHo mando senao que por o vos asy sentyrdes do neguoçio vos parecer que acertaîs em o asy fkzer. E quando vos el Rey disese que o nam fizeseis nem vos foseis da corte, Ihe elireys que pois voio elle manda que àssy o fkreis.
ccltem. — Nerte caso de vos irdes da corte ey par meu serviço que dominguos leitaao amde na corte mostrando que nogueçea alguns neguocios de Ruy Fernamdez porque api nela quem me avisse do que se faar e pera ysso Ihe escrevo a carta que com esta vos envio a quai Ihe dareis loguo como vos sayrdes da corte e estemdo ele fora delà Iha mandareis onde quer que estiver, e sendo necesario acodyrdes a algua cousa o fareis, e avissaloeis que de tudo o que se pasar vos dee avisso peramo mandardes no millior modo que vos pareçer seguindo este caminho de estardes fora de corte atee saberdes minha vontade e de tudo me avissareis naquela diligençia que vos bem parecer e compoir ao neguoçio. Antonio Ferrar a fer em Almeirym a xxviii dias do mes de julho de i j44* Rey."
Juillet /j-ff. — Lettre de Jean III à Té vèque de Tanger, ambassadeur de Portugal à la cour de France, sur les corsaires. (Gav. 1 1, maç. 8, n. 24.) Cette pièce est la minute de la lettre dont le texte précède. II ne s'y trouve que quelques variantes sans aucune importance , ainsi que nous avons pu le constater par la comparaison des deux documents. La traduction de cette lettre et de la suivante est insérée au chapitre ix, p. I j8 et 160.
2 août /J4^. — Lettre de Jean III à D. Gonçalo Pinheiro, évêque de Tanger, ambassadeur en France. (Gav. 13, maç. 3, n. 17.)
«Reverendo Bispo amiguo, eu el Rey vos envio muito saudar, depois de ter despachado Fernamd Alvarez Cabrai fidalgo de minha casa, e estamdo pera partyr adveçeo e pela doença ser levé e me pareçer que Ihe daria nosso senhor saude, nam quis mandar a este neguoçio a que o
envio outra pessoa porto que com tani grande brevidade comprise mandar fàlar nele a ei Rey por ser da callidade que he, e neste tempo me disse Onorato de Cays que tinha cartas del Rey pelas quaaes Ihe escrevia como dera seys meses de tempo pera se nao &zer eixecuçaao pela carta de marqua que tem concedida a Joham Ango e que queria que en Ihe mandase quaa (àzer justii^a e assy a alguns outres seus vassaios que se queixaao com o que en receby muito contentamento vendo que efe neste neguocio queria que se guardase o que o dirého nello manda e nao procéder niso tanto contra o dito direho e contra o que a minha amirade deve. Eassy mando a Fernamd Alvarez que de minha parte o digua a el Rey como vereis por suas instruçaes . E porque Ihe mando que muy partiçularmente volas mostre e as pratique comvosquo me parecee escusado tornarvos a dizer nesta carta o que por elas mando que ambos fkçais assi no caso que elle laa achase o n^uoçio na maneira em que Onorato me diz que el Rey de França Ihe escrevé como achando o déférente diso. Muito vos encommendo que as vejaes anbos muy particular conta e as pratiqueis com toda consîderaçaao guardando cada huum de vos no que toca a sua parte o que por elas mando que fàçais asi como coniio que o fazeis.
• cc/rem. — Onorato me falon ha dias da parte del Rey sobre certa pimenta que alguns mercadores de França queriam vyr comprar a casa da India. Pedindome que o ouvese por bem e Iha mandase vender pelo ^reço e condiçaes da casa e en ouve por bem agora me tornou a fàlar nisso Onorato e eu Ihe respondy que vindo quaa requerer Joam Anguo sua justiça açerqua do que sequeixa, e sobrestando a eixecuçam da carta de marqua que Ihe he concedida como tudo elle me dezia da parte del Rey. Eu séria contente que os mercadores viesem comprar a dita pimenta na maneira que Iho concedy. E que estando este neguocio doutra maneira nam avia niso que falar, e que esta, reporta poderia mandar a el Rey. E porque eu mando a Fernamd Alvarez per sua instruçaam que se neste neguocio da pimenta Ihe falarem digua que naao sabe diso cousa alguna nem que vay a mais que ao que toqua a esta carta, e que a vos por ser cousa de neguocio podera ser que en escreverey, se nisso vos Ëdiarem ou preguntarem se vos escrevi sobre isso alguna cousa respondereis conforme a reporta que quaa dey a Onorato sem mais nisso dizerdes cousa alguna , e do que nisto pasardes me avisareis. Scripta em Evora a ij dias dagosto 1 544* Rey.»
6 décembre /j-ff. — ^ Instructions de Jean 111 à D. Francisco de Lima,
son ambassadeur à Madrid, à l'occasion des négociations engagées entre Charles-Quint et François I". Le Roi mande à D. Francisco de Lima qu'il a appris par Lopo Furtado que l'Empereur avait ordonné aux membres de son conseil de trouver un terrain sur lequel pourrait s'établir entre lui et le Roi de France un accord relativement au partage, fait entre le Portugal et l'Espagne, des mers, terres, îles découvertes ou à découvrir. L'empereur a invité Lopo Furtado à avertir immédiatement le roi de Portugal, lorsque l'affaire viendrait devant 4on conseil. II a également ordonné à ses conseillers de comparer les diverses opinions de. façon à donnera l'accord avec le Roi de France la meilleure forme ' possible.
Le roi de Portugal remercie l'empereur de l'avis qu'il kii a fait tenir relativement à cette affaire; puis, passant à l'objet même de l'accord, il récommande à son envoyé de rappeler à l'Empereur, à propos de l'article 4> comment, de notoriété publique, a été faite, entre les Espagnols et les Portugais, la répartition des mers et terres nouvellement découvertes. Ce partage n'a pas soulevé de réclamations de la part des autres nations qui, depuis lors, se sont constamment abstenues, au contraire, de fréquenter les mers et terres des domaines d'Espagne et de Portugal. Cette règle fut si exactement observée qu'aucun sujet d'un autre royaume ne s'était permis de naviguer dans ces parages, sauf, il y a déjà quet ques années, certains pirates français. Le Roi de France avait d'ailleurs déclaré qu'ils agissaient contre son gré, et ordonné de les châtier; mais ils avaient passé outre à ses ordres les plus formels.
En ce qui concerne l'article 8, Francisco de Lima devra indiquer à l'Empereur Je grand inconvénient qui résulterait de la permission donnée aux Français de commercer aux pays d'Outre-Mer, domaines de l'Espagne et du Portugal; cela ne supprimerait nullement la nécessité d'y envoyer des navires armés, mais permettrait aux Français de s'y livrer à des pillages en toute sécurité. (Arch. R. Collection des Mss. de Sâo Vicente de Fora. Liv. 4> fol* 79»)
28 février / J47. — Le Roi de France consent et accorde que « toutes lettres de marque et représailles obtenues des marins français à l'encontre des Portugais seront tenues en suspens et surséance |usques au temps et terme de deux ans, à la condition que le Roy de Portugal donnera le même ordre pour ses sujets à l'encontre de ceux de France. Pendant ces deux ans, la réparation des déprédations prétendues des deux côtés sera poursuivie, tant de celles pour lesquelles il y avait des lettres de marque contremarque et représailles ou autres, par devant cinq juges et com-
niissaires en la ville de Paris, pour en juger en dernier ressort et sans appel. » (Margry, Les Navigations françaises ^ p. 314.)
2 j Janvier ij^S, — Lettre du D' George Nunes à Jean III, sur Tétat de quelques-uns des différends relatifs aux prises. (Corp. chron., p. I, maç. 66, doc. 101.)
<V mai / J4^. — Lettre de Manoel de Araujo sur les prises Eûtes par les corsaires français de navires portugais. (Corp. chron. ^ p. I, maç. 80, doc. 107.)
12 mai i ^^S, — Représentations au Roi Jean III sur la nécessité de mettre en état de défense contre les Français les capitaineries du Brésil. (Corp. chron., p. I, maç. 80, doc. 1 10.)
ij décembre i^^8> — Lettres de Jean III à Braz d' Al vide, son ambassadeur en France, relatives aux commissions qui, d'accord entre les Rois de Portugal et de France, seront établies à Paris et à Lisbonne, pour le règlement des pillages entre sujets des deux couronnes. (Ms. de S. Vicente de Fora, t. 1*', fol. 333.)
Année i^^8, — Le Roi D. Jean et le Roi de France, par un traité passé en iy47> ayant décidé d'établir de part et d'autre des juges chargés de prononcer sur les contestations qui, par suite des déprédations réciproquement causées, subsistaient entre eux, le délai de deux ans, terme fixé pour le règlement desdites contestations, étant insuffisant pour ce règlement, et les Portugais et les Français continuant encore à s'attaquer sur mer, Jean III invite Braz d'Alvide, son ambassadeur à Paris, à signaler au Roi Henri les nouvelles plaintes qu'il recevait de ses vassaux pour les déprédations commises et à lui dire combien il tient à continuer à conserver son amitié, puisque malgré tant d'occasions de rupture, elle était si entière qu'elle lui faisait feindre de ne pas connaître tous les dommages causés à ses sujets. Il lui demande instamment de donner ordre que ces attaques cessent et que les coupables soient punis; il charge également l'ambassadeur de prier le Roi de France de proroger pour deux autres années le traité de i 547. Le Roi Henri ayant consenti à cette prorogation, a fait remettre à Braz d'Alvide des lettres patentes en conformité desquelles le Roi D. Jean en a signé de semblables, qu'il a remises à l'ambassadeur de France Honoré de Caix. ( Andrade. Chronique de D. Jean III.)
ij décembre ij^8, — Lettre du Roi de Portugal au Roi de France, accréditant comme ambassadeur D. Francisco de Noronha et l'évêque
de Tanger, pour protéger et assister les sujets portugais à la commission des prises de Paris. (Ms. orig. de S. Vicente de Fora, t. I", fol. 338.)
jj décembre i j^8, — Autre lettre de Jean III, accréditant le licencié Braz d'Alvide pour assister les deux ambassadeurs portugais dans leur mission auprès du tribunal des prises de Paris. (Même ms., p. 339. — Arch. nationales de Torre do Tombo.)
12 décembre /j-f^. — Lettres patentes du Roi de France, Henri II, relatives à l'exécution d'autres délivrées le 28 février i 54?» touchant les lettres de marque et contre marque délivrées contre les sujets respectifs de Portugal et de France. — Il y est exposé que pour la continuation de la paix et de la bonne amitié qui devaient régner entre les Rois de Portugal et de France, et les sujets des deux royaumes, le Roi de France ayant par lettres patentes du 28 février i j47 ordonné de surseoir à tout acte d'hostilité et de suspendre les lettres de marque et représailles délivrées à la requête de ses sujets contre ceux du Roi de Portugal à la condition que la même mesure fut prise pour celles que les sujets du Portugal auraient obtenues de leur côté, le Roi de France décide de prolonger de dix années, à partir de la date de la présente, ladite suspension des lettres de marque, délai durant lequel on s'occupera de part et d'autre de la réparation des pertes et dommages que, par suite des précédentes hostilités, auraient éprouvées les sujets des deux couronnes. Dans ce but, seront nommés réciproquement à Paris et à Lisbonne cinq juges commissaires, au choix' des ambassadeurs des nations respectives, et auxquels il appartiendra de connaître de toute réclamation provenant des susdits actes d'hostilité, qu'ils jugeront sans appel.
(Ms. Bibliothèque nationale, Cod. 21, Marten, folio 185.)
18 février fjj6. — Les archives de Torre do Tombo contiennent un dernier acte qui témoigne de la cruauté des Portugais à l'égard de nos nationaux; c'est la copie d'une lettre de marque délivrée à GuilIebertScot, marchand de Dieppe, armateur du navire le Petit Lyon, déprédé en 1 5 37. Le texte met une fois de plus en relief les procédés dilatoires du Roi Jean III, grâce auxquels l'exécution de la lettre de marque a été retardée jusqu'au 18 février 1556. Bien que le contenu de cette pièce n'indique pas si Ango avait une participation dans cette affaire, comme la lettre de marque a été accordée par François V' en 1 544» ^^^ ^ laquelle il signait également celle du vicomte de Dieppe, que les délais obtenus par Jean III en ont retardé l'exécution jusqu'en 1556, et qu'il y a lieu d'en conclure que pour Ango comme pour Guillebert Scot, le Roi de
Portugal s'en est tenu à des promesses et n'a jamais remboursé les dommages causés par ses sujets, nous la reproduisons in extenso à titre de document historique :
«François par la Grâce de Dieu Roy de France à nos Âdmiraulx, et Viszadmiraulx de France, Bretaigne, Guyene, et Provence Salut. Come puis sept a huict ans en ça ou environ, plusieurs grandes inhumanités déprédations, meurtres, et vioilences aient estefàictes par les gens, Cappitaines, et Conducteurs des Navires et Vaisseaulx de Notre très cher, et très ame Frère, Allie et confédéré le Roy de Portugal, contre Nos chers et bienames Guillebert Scot Marchant de Dieppe, erses consors les Maître, Capitaine, et Compaignons, mariniers de lequippaige dun Navire nomme le Petit Lyon, equippe en guerre par le dict Scot, e ses dits consors en lan mil cinq centz trenct sept pour faire nuizance et porter dommaige a l'Empereur, et ses Subjectz, lors, comme a présent nos ennemis, et en icelluy constitue Cappitaine Jacques Nicollas Bourgeois du dit lieu de Dieppe, et mis plusieurs compaignons au dedans du dit Navire, bien equippe en guerre pour notre service et suivant notre intencion, les quelz Maitre, Cappitaine, et compaignons estans sur la mère es parties des essors au dedans du dit Petit-Lion, auroyent este rencontrés par le Grand Galleon de notre dict Frère, et trois ou quatre crevelles a lui appartenantes esquippes en guerre dedans les quelles estoient plusieurs tant Cappitaines, que Maitres, et Compaignons de Guerre Portugais, et quelques auitres de leurs complicités, ainsi que Ion dict le Cappitaine General de l'Armée de mer de notre dict Frère, qui de prime fece se seroit mis en effort de prendre, et envahir le dict Petit-Lion , et genz estans en icellui sitost quil auroient appercu que cestoient de nos Subjectz, et contre iceulx ils auroient tire plusieurs coups de Artillerie pour les mectre en fons, de sorte quils le canonnerent, et bateurent lespace dun jour naturel sur le dict Navire sans que ceulx estans dedans eussent aulcune voullonte de faire mal aux dicts Portugais ; mais leur auroit este en nécessite , par plusieurs foys daviser lez moyens par les quelz ils pourroient éviter et esvadre dentre les mains diceulx Portugais, ce que ils n'auroient peu faire obstant leurs dites forces et violences, et leur auroit convenu eulx rendre le landemain au matin, après avoir endure tous les assaulx, coups de canon, forces, et vioilences dont ce peurent adviser iceulx Portugais, et après que se seroient ainsi renduz, les dicts Portugais auroient descendu du bort dicelluy Petit-Lion l'artillerie, et auitres biens y estans avec tout lesquippaige dycelluy, et ce faict prindrent les dictz Capitaines, et Maitres du dit Petit-Lion et les guynderent en haust au dessus du mas de
lun de leurs navires, les laissèrent tuniber en bas rudement dans leau tous fondez, et leurs baillèrent lestrapade par plusieurs fois, en quoy faisant pour la grand doulleur qu'ils sentoient, furent contrainctz confesser aux dictz Portugais ce quils n'a voient oncques fkict, ne pense, les deppriant touteffbis que ce feust leur bon plaisir les mener en Lissbonne au dict pays de Portugal, ou ils baillerôient congnoissance et caucion de dix mil livres, ou cas qu'il se trouvast quils eussent mesfaict aulcune chose aux subjectz du dict Roy de Portugal, ce néant moyns nen feirent iceulx Portugais alcun compte, ains les contraignerent ensemble avec leurs aultres compaignons soubz le tillac du dit Petit-Lion, après que les eurent ainsi tourmente par la dite estrapade, et iceulx avec leurs dicts compaignons lyerent avec cordes et fèrremens avecques clous, de tant grande inhumanité, et effbrs, que leurs faisoient sortir les yeulx de la tête, le tout pour leur plaisir, et les voulloient faire confesser quelque chose de , mal fkict, à ce quils peussent avoir occasion de mal contentement sur eulx, et eulx ainsi enfermes lyes, et cloues soubz le dict tillac après que la mer fèust retirée feirent tirer des coups de canon au dedans du dict - Petit-Lion desorte quils percèrent en eau, ou austrement le feirent couper et percer par des Charpentiers, en manière que la mer retournée entra dedans le dit Navire, et les paouvres Capitaines, Maistres, Compaignons estans ainsi lyes et cloues au dessoubz du dit tillac furent submerges, et misérablement de perilz des quelz ne furent saulves que cinq, ou six petitz enffiintz servans de Pages au dit Navire qui ne voullerent perdre, ne noyer ayans esgard a leur minorité et en oultre ainsi que le dit Navire estoit en suspens ainsi perce, et brise, que dia est, par les dits Charpentiers, ou Canonniers sur le bord de la base du mer, attendant le retour dicelie ung des compaignons de guerre estant en icellui lye, comme dit est, mis la teste par ung pertuis du dit Navire pour veoir qui cestoit que iceulx Portugais vouloient faire, et tost qu'il feust apperceu par lun des dicts Charpentiers, d'une hache quil avoit, lui fendist la teste en deux parties, et après ainsi que lun des dicts paouvres Compaignons nomme Jacques Roissel se voullant saulver et nager dehors la mer feust reprins par lun des dits Portugais, et jecte au dedans de la dicte mer une pierre au col, toutes les quelles opprobes, injures, et inhumanités auroient este faiaes aux dicts du Petit-Lion, le dict Capitaine gênerai de larmee de mer de notre dit Frère et Allye y estant saichant ou de son mandement a ce que dessus, et attant ne se seroient passes Avis par le commandement du dit Capitaine General, ou de leur propre volunte auroient jecte ung nomme Guillaume, qui estoit dedans Le dïct Petit-Lion, et avoit este pargracieusette
garde par ung canonnîer Flameng, qui estoit enla compagnie des dicts Portugais, dedans sa Chambre et Navire, au fens de leau une pierre au col ainsi quils vouloient arriver au dit Lieu de Lissebonne ou arrives auroient constitués prisonniers en ung chasteau distant de trois ou quatre lieues près la dite Ville, les dicts cinq ou six petitz Paages estans au dit P eût-Lion qui n'auroient, comme dict est, voullu submerger pour raison de leur dite minorité, et après les auroient gardes trois ou quatre mois au dict chasteau, les auroient dégrades et exulles aux Isies de Sainct-Omer, et Indes pour les garder den apporter nouvelles a notre Royaulme, desquels outrages et oppressions ainsi fàicts par les dits Portugais a noz dicts subjectz le dit Scot, et ses dicts consors, et compaignons auroient este endommaiges de deux cens mil escus, et plus, et pour avoir justice et réparation des dicts cas, mesme estre recompensez de leur interestz, se seroient efforces en 6ire plusieurs fois parler a notre dict Frère, et a son Ambassadeur en notre dict Royaume, ou ils nauraient riens prouffîte combien que lui &issent ou ason dict Ambassadeur apparoir les choses dessus dictes, et auroient este en nécessite le dit Scot, et ses dits Consors de soy tourner par devers nous, et notre Conseil, et nous faire entendre ce que dessus dia, et après plusieurs poursuites nous auroient dernièrement présente leur Requête, tendant aux fins, que le tout fèust comunicque a l'Ambassadeur de notre dict Frère, estant a présent a la suitte de notre Court, ce que nous aurions ordonne, et que sur icelles il repondroit après quelles lui auroient este monstre, ce quil nauroit voullu faire, et par telle dissimulation, et longueur toujours letout mis en surceance, et a ce moyen le fkict, et cas dessus dict demeure impugnis, et nen peuvent autrement avoir raison le dict Scot, et ses dicts Consorts, au moyen de quoi avons este contraintz faire veoir les dites informations en notre Conseil par plusieurs fois : Scavoir faisons que par lavis et délibération diceluy notre dict Conseil actendu les grandes longueurs, et dissimulation dont notre dict Frère a use en cet endroit, et les inhumanités, cruaultes, et meurtes dessus dictes, considerans aussy que nous sommes debteurs de justice a nos subjectz, la quelle notre dict Frère Allie et Confédéré leur debvoit par le deu , et debvoir, de son estât avoir administrée, et dont nous lavons fkict sommer, prier, et requérir plusieurs foys tant sur le cas dessus dict, que aultres fàictz a nos Subjectz par les dits Portugais, avons au dict Guillebert Scot et ses dits Consors permis, et octroyé, permettons et octroyons par ces présentes, que après le temps, et terme de trois moys prochenement venant, a compter du jour, et dacte de ces présentes, ou cas que dedans le dict temps ils nauroyent este aulcunement satisfaict des pertes, et dom-
maiges de leurs dictz Navires, biens, marchandises, despens dômaîges et interestz, tortz et injures dessus dictes ils puissent, et leur soit loisir par ces dictes présentes, et sans plus retourner a nous pour avoir Lettres d'atache, congé, et permission, prendre, et arrêter, ou faire prendre et arrêter par main forte, et puissance d'Armes les personnes, biens. Navires, debtes, et marchandises, tant de ceulx, qui les auroient depredes, que aultres quels qu'ils soient, et de tous aultres subjects de notre dict Frère Allie et Confédéré le Roy de Portugal en quelque part et Lieu qu'ilz les puissent trouver, pourveu toutefois que ce soit par la mer et no par terre, ne es Ports et Havres de notre obéissance, jusquesa la somme, valleur, et estimation de cinquante mil escus sol et pour ce faire leur avons permis, et octroyé, permectons, et octroyons esquiper, et armer en guerre tant de gens, et Navires que bon leur semblera, pourveu que des Navires, biens, et marchandises qui auront este prins pour raison de ce que dessus inventaire sera bien, et deuement fàict par devant les Officiers de notre Admiraute pour en estre fàicte déduction jusques a la plaine et entière satisfaction, et recompense du dict Scot, et ses Consortz de ce que sera trouve leur estre deu liquidement et semblablement de ce que leur sera taxe raisonnablement pour leur despens, donimaiges, et interetz, tant des dits tortz, déprédations et homicides, que de ce que leur coûtera a recouvrer la dicte somme de cinquante mil escutz sol, que en lexecution de ces dictes présentes,. et ainsi lavons aux dicts Scot, et Consors octroyé, et octroyons par ces dictes présentes les quelles nous avons les dicts trois mois passes, etdeslors, comme des a présent declaire, et declairons exécutoires selon, et ainsy quil est dict cy dessus : sy vous Mandons Commetons, et enjoignons, et a chacun de vous en Droict soy, et si comme a luy appartiendra que de nos présents permission , et octroy, et contenu cy dessudict vous fàictes, souffrez, et laissez le dit Scot, et ses dictz Consors joir et user plainement, et paisiblement, tout ainsy, e par la forme, et manière que dessus est dict, et déclare sans en ce leur faire mectre, ou donner, ne souffrir estre faict, mis, ou donne aulcun destourbier, ou empeschenient au contraire et a ce Ëiire, et souffrir, contraignez, et faites contraindre touz ceulx quil appartiendra, et que pour ce fairont a contraindre reaulment, et de fàict par la manière cy devant dicte, non obstant oppositions, ou appellations queizconques, et sans préjudice dycelles, et quelconques privilèges prétendus, tant par les dicts Portugais que nos dicts Subjects et queizconques nos Lettres, Mandemens et Défenses a ce contraires, aux quelz nous de notre certaine science, plaine puissance, et auctorité Royal avons desrogué, et desrogeons par ces dites présentes Man-
dons et Commandons, a tous nos Officiers, justiciers, et Subjectz que a Vous, et a chacun de Vous, Vos commis et Députes, et au dict Scot, et ses dicts Consors en ce faisant obéissent, et entendent diliigemment, prestent, et donnent conseil, aide, et main forte ainsi que requis enseront, et pour ce que de ces présentes on pourra avoir affaire en plusieurs et divers Lieulz, nous voulions que au vidimus dycelles deuement coHationné parjun de nos âmes et fèaulx Notaires, e Secrétaires, ou fàia soubz. Seel royal foy soit adjoustee comme a ce présent original.
«Donné a Saint Mor le quatorzième jour de juillet lan de Grâce mil cinq centz quarante quatre, et de Notre Règne le trentiesme. Et plus bas est escript par le Roy nous présent signe de TAubespine, avec ung seing, ou paraphe et seelle a simple queue de cire jaulne.
«Henry par la grâce de Dieu Roy de France a Nos Adniiraulx et Visadmiraulx de France, Bretaigne, Guienne et Prouvence, ou leurs Lieutenans et a chacun deulx sy comme a lui appartiendra Salut. Comment defîunct de bonne mémoire le Roy Notre Père ayant entendu les cruaultes et inhumanités, meultres et violences commises par les gens, Cappitaines, et Conducteurs des Navires et Vaisseaux de Notre très cher et très ame Frère Allie et Confédéré le Roy de Portugal contre feu Guilbert Scot Armateur du Navire nomme le Petit Lion, Maître, Cappitaine et Mariniers dycellui qui après plusieurs violences en leur personnes les auroient, et le dict Navire submerges, fort quatre ou cinq Petitz Paages, quils auroient menés par devers notre dict Frère le Roy de Portugal le quel depuis les auroit exilles es Indes et appres avoir actendu par le temps de sept ans la réparation que le dict Roy de Portugal en vouldroit faire ce dont n'auroyt tenu compte, eust des le quatorsiesme jour de juillet mil cinq centz quarante quatre octroyé audict Scot, et ses Consors ces Lettres de Marque et Représailles sur les personnes, biens. Navires et marchandises tant de ceulx qui les a voient depredez, que aultres quels qu'ils fussent, et tous aultres Subjectz de notre dit Frère Allie et Confédéré le Roy de Portugal jusques a la somme valeur et estimation de cinquante mil escus sol despens, dommaiges et interestz et a eulx a ceste fin promis armer et esquipper en guerre tant de gens, et Navires que bon leur semblera le tout selon que plus a plain est contenu par les dictes Lettres, pour empescher l'exécution des quelles notre dict frère le Roy de ' Portugal auroit depuis obtenu plusieurs nos Lettres de surceance pendent le quel temps seroit le dict Scot et plusieurs de ses Consors décèdes et delaisses leurs veufves et enffàntz, sans quele dict Roy de Portugal leur en ait faict, ne faict faire aulcune raison tellement que la dernière des dites
Lettres, et surceances expirera ie vingt huictiesnie jour de ce présent moys de Febrier au moyen de quoi, et actendu que aloccasion de ce grande partie des dictes \feufves et enfantz, sont tombés en mendicité nous auroient très humblement faict supplier, et requérir leur permectre et accorder lexecution des dictes Lettres de notre dict Feu Père, et en ce faisant de povoir pour le contenu en y celles faire procéder par prinse arrest, et saisir sur les biens. Navires et marchandises appartenantes aux Subjectz de Notre dict Frère, estans ja arrestes et qui se trouveront en nos Ports et Havres, et sur ce leur impartir nos Lettres de Confirmation nécessaires. Sçavoir faisons que après avoir entendu le contenu es dictes lettres de Marque et Représailles ensemble de celles obtenuez par Notre dict; Frère le Roy de Portugal pour ensurceoir l'exécution avons pour les causes et conciderations contenues es dictes Lettres cy attachés soubs notre dict contreseel et autres a ce nous mouvans permis, accordé et octroyé et de notre certaine science, propre mouvement, plaine puissance et auctorite Royale permectons, octroyons et accordons aux dicts Supplians quils puissent et leur soyt loisible après le dict vingt huitiesme du présent moys passe icelles Lettres exécuter, et faire exécuter de poinct en poinct selon leur forme et teneur, et tout ainsi que permis, accordé et octroyé estoit par icelles Letres aux dict feu Scot et ses Consors les quels nous avons après le dict temps expirer et des lors comme des a présent declairees et dedairons exécutoires et au dicts Supplians, en oultre permis, et permectons faire saisir et arrester pour le contenu en y celles les prises des biens. Navires et marchandises qui se trouveront a présent en Nos Portz et Havres appartenantes aux Subjectz de notre dict Frère le Roy de Portugal. Sy vous Mandons, Commelons et enjoignons et a chacun de \feus en Droict soy et sy comme a luy appartiendra que du contenu es dictes Lettres cy attachées comme dict est, et de ces présentes vous faictes, souffrez et laissez les dicts Supplians joyr et user plainement et paisiblement tout ainsi, et par la forme et manière quîl est contenu et declaire en ycelles et ces dictes présentes sans en ce leur faire mectre ou donner ne souffrir estre faictes mis ou donne aulcun destourbier, ou empeschement au contraire et a ce faire et souffrir, contraignez et faictes contraindre reaulment et de faict par la manière cy devant dicte nonobstant opposition ou appelation quelconques et sans préjudice dycelles Privilèges prétendus tant par les dicts Portugais que nos dicts Subjectz et quelconques nos Lettres, Mandemantz et deffènses a ce contraires aux quelz de notre certaine science plaine puissance et auctorite royal avons desroge et desrogeons par ces dictes présentes pour les causes que dessus.
<c Mandons et Commandons à tous nos justiciers, officiers et subjectz que a\<ous et chacun de\^us vos commis , et Députes et aux dicts Supplians en ce faisant, obéissent et entendent dilligemment prestent et donnent conseil confort, aide et main forte ainsy que requiz en seront et pour ce que de ces présentes avec les presedantes cy atachees comme dict est Ton pourra avoir affaire en plusieurs et divers lieux, Nous voulons que au Vidimus d'ycelies fkict soubz seel Royal ou collationne par lun de nos âmes et feaulx Notaires et Secrétaires fby soyt adjoustee comme a ce présent Original.
(c Don ne a Paris le dix-huitiesme jour de Febvrier lan de Grâce mil cinq centz cinquante syx» et de Notre Règne le dixiesme. Et audessoubz est escript par le Roy : Monseigneur le Cardinal de Castillon présent , et plus bas est escript signe Bourdin ung seing, et seelles de cyre jaulne a siniple queue et contre seellees du contre seel aussi de cyre jaulne en marge. Soubz Seel Royal aprouve en ligne signe : Myssant.
«Collations fàictes sur les Originaux des dictes Lettres cy -dessus trans> criptes par nous Geoffi-oy Myssant, Escuyer Garde du seel et Tabelion Héréditaire de la Visconte d'Arqués pour le Roy Notre Syre et Martin du Fouron , aussi Tabelion Royal en la dicte Visconte soubz le dict Myssant, le dousiesnie jour d'Apvril après Pasques mil cinq cens cinquante huit et pour plus grande Approbation et Confirmation de ces présentes avons mys a ycelles ledict Seel Royal des dictes obligations. Myssant. Du Fouron.» (Gav. 3 , niaç. 2, n* 7.)
Correspondance de Charles-Quint
AU SUJET DU corsaire JeAN FlEURY.
Lettera di Carlo V al ucenziato Herrera