L'ARMEMENT DES COQS
pas, le retardataire ou le défaillant perd son coq. Le coq adversaire, dont le propriétaire s'est présenté, sera contremarque et ne pourra figurer dans le concours. Cela est cruel pour le propriétaire, mais nécessaire, car un coq qui n'a pas combattu se trouverait par là même singulièrement avantagé sur ses rivaux.
Si la société ou l'éleveur se présente en retard, mais avant la fin du premier tour, il paye une amende, dont la valeur représente à peu près la moitié de la mise. I,' amende devient alors le bénéfice de l'adversaire et de la commission du concours, par moitié.
L'ARMEMENT Les coqs se battent du bec et de l'ergot : Ungui- D ES COQS ifffg gi fostro. Mais comme ils ne se feraient, avec ces armes que la nature leur donna, pas assez de mal, l'homme, toujours avisé, leur ajoute une arme terrible, avec laquelle le coq a bien des chances de mettre un terme au cours des jours de son ennemi, et au sien propre, même, s'il s'en sert mal. Nous voulons parler de Vépcron.
Voici, au demeuiant, ce que dit, en vers, un amateur de combats de coqs, M. Victor Breda, notaire à Haisnes et membre de l'Académie des Muses Santones, dans un curieux et pittoresque poème héroi-comique en trois chants sur les Combats de coqs que nous avons déjà eu l'occasion de citer :
Les coqs seront anaéa : les ergota feroat place Aux éperons d'acier que jamais rien ne casse Pour se ruer l'un l'autre, en sauts plus furieux Que les pieds frappant l'air d'un cheval très fougueux. De leur patte, le dard, coupé d'un centimètre, Sortira pour que mieux dans les chairs it pénétre.
L'éperon est une sorte d'aiguille métallique, d'ime longueur maxima de 5 à 6 centimètres, droite et conique, quelquefois recouibée légèrement, de l'épaisseur d'un doigt. Cette a^uîlle doit être fort pointue, mais jamais plate ni tranchante. On la fixe à l'e^ot
du coq, et de telle façon qu'elle semble être un eigot plus déve< loppé. Mais pour ne pas gêner la bête, on a pris soin de lui scier son ergot naturel.
L'aiguille passe dans l'intérieur d'une douille (en anglais : socket) épaisse de lo millimètres et dont le rebord est évasé afin de ne pas blesser la patte du coq. Le tout est solidement attaché à la patte par un petit morceau de cuir et un fil poissé, qu'on nomme, dans le Nord, cceitd-fi (fil à coudre).
Les divers règlements du concoars spécifient les dimensions et la forme des aiguilles. Toutefois, elles doivent toujours être cylindriques.
En outre, l'arme ne doit pas dépasser 8 centimètres de longueur, mesure prise au-dessus de la patte, éperon et douille compris. On mesure les armes au moyen d'une équerre qui permet d'examiner si la position de l'aiguille est bien perpendiculaire.
Les fabricants de ces éperons poinçonnent leurs modèles.
L'annement des coqs est confié à des personnages spéciaux : les armeurs, que leur grande habileté et leur tour de main vouent à cette délicate besogne. Un coq mal armé se blesse avec son propre éperon : ce malheur ridicule lui arrive déjà quand il a été éperonné selon les règles. Il peut même se tuer. C'est ce qui arrive au coq Pile blanc dans Chaniecler, où le Merle nous donne une explication comique et naturelle de l'accident :
Il s'est, d'une façon adroite, Coupé la patte gauche avec la patte droite. . .
Les armeurs visitent réciproquement les armes employées. Le jury donne sa décision, s'il y a quelque détail suspect.
Chaque société a son armeur. Elle a aussi ses porteurs ou tenants, qui sont chargés de présenter les coqs dans les sacs et de les jeter dans r arène.
Le coq armé, l'armeur masse l'articulation de la patte du com-