LA BATAILLE
avec une précision qui n'exclut pas tout à fait le lyrisme, l'aspect mouvementé du combat :
Lorsque les deux rivaux se troUTeut face A foce,
Leur colère aussitôt éclate avec menace;
Leurs yeux lancent des feux aussi vifs que t'éclair;
D'un sang pourpré se teint de leurs crêtes la chair;
Sur leurs cous se gonflant, leurs barbes se hérissent;
Leurs becs en s'accrochant, d'un noir courroux s'aigrissent;
Sur le sol sont crispés leurs ongles irrités ;
Leurs corps se sont baissés sous leurs poils (?) agités;
Chaque plume frémit, et chaque aile frissonne;
Leur queue, en a'abattant, se recourbe et fredonne
Un air si rugissant que dressent ses cheveux;
Les ergots d'acier tremblent des pieds nerveux.
Soudain, plus prompts que l'air qu'un vent chasse en furie.
Ou que le plomb qui part du fusil, saute, crie.
Plus prompts que l'hirondelle en son rapide vol.
Qui traverse l'espace et va raser le sol,
Les deui guerriers en feu l'un sur l'autre bondissent;
Et par les éperons leurs corps percés ^'émissent;
Aussitôt le sang coule et va rougir le sol,
Sortant des flancs de l'un et de l'autre du col.
Du coup rebondissant, ils tombent en arrière,
Sur le dos renversés et mordant la poussière ....
. . , Athlètes furieux, les deux coqs se relèvent.
Avec la même ardeur de la terre ils s'enlèvent.
S'élancent de nouveau, et d'un saut, corps sur corps.
De leur être faisant jouer tous tes ressorts,
De chaque ergot l'un l'autre en travers ils se percent.
Par le terrible choc refoulés, se renversent,
Retombent sur le parc qu'ils inondent de sang
Et se relèvent l'air encor plus menaçant,