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CHAPITRE II

LES LÉVRIEBS ET « Les chiens étaient là, graves et tristes, M. D'ANMUNZIO pleins de somaolence et de soi^e, loin des plaines, des steppes et des déserts, couchés sur le pré de trèfle où serpentaient les courges, avec leurs fruits vains, d'un vert jaunissant... »

Bntre tous les écrivains, celui qui a le mieux parlé des lévriera, c'est, à ma connaissance, M. Gabriele d'Annunzio. Il faut traduire ici cette belle description des lévriers de lady Myrta, dont l'exactitude technique surprendra d'autant moins qu'elle est empruntée à l'ouvrée de M. de Sauvenîère, mais dont le mouvement ne saurait être que d'un poète tel que M. d'Anaunzio.

n ... Il y avait là le lévrier d'Ecosse, natif des hautes montagnes, au poil lude et épais, plus dur et plus fourré vers la go^e et le museau, gris comme du fer neuf ; il y avait le lévrier d'Irlande, destructeur de loups, roussâtre, robuste, dont l'œil brun montrait le blanc en tournant ; il y avait celui de Tartane, bringé de jaune et de noir, originaire des immenses steppes asiatiques où, la nuit, il gardait la tente contre les hyènes et les léopards ; il y avait celui de Perse, blond et exigu, aux oreilles couvertes de longs poils soyeux, pâle sur tes flancs et sur le bas des jambes, plus gracieux que les antilopes qu'il avait tuées ; il y avait le galgo espagnol, immigré avec les Maures, bête magnifique que le nain pompeux tient en laisse sur la toile de Diego Velasquez, instruit à rejoindre et à

abattre dans les plaines nues de la Manche ou dans les landes de Murde et d'Alicante, plantées d'alfa ; il y avait le slouglii arabe, l'illustre déprédateur du désert, à la langue et au palais sombres, avec tous les tendons visibles, avec toute l'ossature révélée à travers la peau fine, âme très noble faite d'orgueil, de courage et d'élégance, habitué à dormir sur les beaux tapis et à boire le lait pur dans UD vase immaculé. Et, rassemblés comme une meute, ils frémissaient autour de celui qui savait réveiller dans leur sang en torpeur les instincts primitifs de la poursuite et de la tuerie... »

Si l'on joignait aux chiens cités id le gieyhound (dont M. d'An, nunzio donne par ailleurs une éloquente description qu'on trouvera plus loin), le lévrier russe, et cette petite merveille de la nature qu'est le whippet, on aurait, dans ce chapitre du Fuoco, une énumération complète des races connues de lévriers. Laissant de côté celles des contrées lointaines, sur lesquelles, en réalité, on ne sait pas grand'chose, je ne parlerai que de celles de nos pays.

WOLFHOUNDS Et tout d'abord l'irish wolfhound, ou ET DEERHOUNDS jévrier à poil dur d'Iriande, fait pour chasser le loup, le plus grand et le plus fort de tous, puisqu'il avait parfois jusqu'à un mètre de hauteur au garrot — à ce qu'on croit, du moins, car la race du wolfhound a entièrement disparu, et d'aucuns vont même, aujourd'hui, jusqu'à se demander si elle a jamais existé... En Angleterre, on s'efforce actuellement de produire un chien très grand et se rapprochant de ce qu'on suppose qu'était le lévrier irlandais. Mais on n'est guère arrivé, jusqu'id, qu'à déformer, en l'alourdissant et en le grandissant, le modèle du lévrier d'Ecosse.

Celui-d — le deerhound — est devenu rare, et il n'en existe plus guère d'individus de sang pur, à ce qu'il par^t. C'est qu'on ne chasse plus le cerf et le daim au lévrier, et qu'on commet le crime de les tirer à la carabine, hélas ! Autrefois les grands propriétaires

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des terres basses d'Ecosse et les chefs de clans des Highlands étaient seuls midtres dans leurs immenses domaines, et ils n'en aliénaient pas le droit de chasse ; il leui était bien indifférent de déranger les fauves et de les suivre à de grandes distances. Mais aujourd'hui, il n'en va plus de la sorte : les territoires sont morcelés, et on ne peut plus guère employer le deerhound qui dérange et fait émigrei hors de leurs cantons tous les grands animaux ; souvent même, les baux de chasse interdisent l'emploi de ce noble chien, qu'a si bien peint Landseer, et dont Walter Scott a célébré l'audace, l'éneigie et la fidélité.

Voilà pourquoi le deerhound n'est plus guère qu'un chien d'exposition ; et il lui est arrivé ce qui arrive toujours aux chiens qui sont dans son cas (notamment au barzoï), c'est à savoir qu'on a alimenté sa taille et son poids pour qu'il produise plus d'effet, et cela au grand détriment de ses mérites sportifs. Aujourd'hui, on voit primer des deerhounds de 75 à 90 centimètres au garrot, quand il est bien certain que les meilleurs modèles d'autrefois n'avaient pas plus de 71 à 76 centimètres, comme il convient à des animaux destinés à galoper dans les Highlands accidentés.

De même que tous les lévriers, le deerhound chassait à vue, et, s'il perdait le cerf des yeux, îl arrivait qu'il ne le retrouvât pas davantage que le greyhound fait un simple lièvre. M. Dalziel, à qui j'emprunte ces renseignements, raconte que M. Malcolm Clarke, qui vendit son chenil à Edimbourg en 1881, prétendait que ses chiens étaient parfaitement capables de chasser au nez. Sans doute avaient-ils du sang de chiens courants, comme ces lurckers, bâtards des braconniers écossais, qui unissaient les qualités du deerhound à celles du fozhound dont ils étaient également issus, et savaient suivre la trace de l'animal qui leur avait échappé à la course.

Il y a une vingtaine d'années, c'étaient, par^dt-il, les Mac Neil de Colonsay qui possédaient les plus purs deerhounds, et leurs

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chiens n'avaient pas plus de 71 à 76 centimètres de hauteur. Le deeihound, qui n'a pas à cueillir son gibier à terre, doit avoir le cou moins loi^ que celui du gieyhound, mais l'oreille aussi petite et non moins étroitement plaquée sur le crâne ; rien ne révèle mieux le mélange de sang qu'une oreille trop développée ou trop frat^ée de poils. Plus rustique, plus osseux, un peu plus haut aussi que le greyhound, le deerhound ressemble pourtant par son aspect général à son couàn à poil ras. Sa robe est dure et hirsute, avec une courte frange à la queue ; la couleur en est gris clair ou gris foncé 0e fauve est moins apprécié), mais les oreilles noires, ou en tout cas d'une teinte très foncée.

Encore un coup, on ne rencontre plus guère en Angleterre de deerhounds très purs, et en France on n'en connaît à peu près pas. Les seuls lévriers qu'on voie chez nous, ce sont des sloughis, des greyhoimds et le plus souvent, hélas ! des lévriers russes.

BAKZOÏS II faut d'ailleurs avouer que le lévrier russe ou barzrâ, ~~'^'^~ tel qu'il figure dans nos expositions, est une superbe créature, la joie des peintres ; mais son caractère et son mérite sportif ne répondent pas à sa beauté. Car, disons-le d'abord, c'est sa faute si cette opinion absurde se trouve répandue dans le public : que les lévriers n'ont point d'esprit. Lui, le barzoï, certes il en manque, et la forme de son crâne témoigne de cela suffisamment ; mais le greyhound I mais le whippet surtout ! Rien de plus injuste que cette réputation d'inintell^eoce que l'on fait trop souvent chez noiis à toute la race, et qui n'est que le défaut de l'espèce qu'on voit le plus souvent dans notre pays.

Médiocre compagnon, le barzoï, tel que nous le connaissons, a-t-il au moins des quahtés sportives ?

De tous les lévriers c'est peut-être le moins rapide et le moins souple : dans la course en hgne droite ou sut le renard, et à plus forte raison sur les crochets du lièvre, n'importe quel greyhound

barzoïs 29

bat en se jouant tous les barzoïs du monde, et il n'est jusqu'au petit whippefr qui, en bien des cas, ne « réglerait » en pure vitesse le grand lévrier russe, trois fois plus haut que lui. L'allure au reste n'est pas la même : celle du lévrier russe est beaucoup plus saccadée, beaucoup moins souple que celle des lévriers ar^lais. Au galop, le barzoï procède par bonds, plutôt que par foulées, si l'on peut dire; ausai devient-il aisément, avec un peu d'entr^nement, un sauteur incomparable.

I/C grand mérite du barzoï, qu'il perd malheureusement de jour en jour, c'était d'être très mordant. Mais ces qualités de courage qui le distinguaient jadis tendent de plus en plus à disparfdtre, en même temps que le sport pour lequel l'animal était créé : il avait de belles occasions de les montrer à l'époque où ou l'employait dans toute la Russie à la chasse au loup !

Ce temps est loin. Depuis l'abolition du servage (1861), les immenses domaines d'autrefois se sont morcelés, et il ag reste plus guère que quelques chenils de chasse (la plupart au Sud de Moscou), parmi lesquels celui du grand-duc Nicolas, à Perchino, dans le gouvernement de Toula, le plus considérable de tous. Autrefois, lorsque des loups étaiait signalés dans la forêt, les chasseurs partaient à cheval, emmenant avec eux une meute de chiens courants (nommés gontchis, assez semblables aux foxhounds) et une certaine quantité de barzoïs, assemblés par trois. Chaque sworra de trois barzcnfs (une femelle entre deux mâles) était placée à quelque endroit propice sur la lisière de la forêt; puis on découplait les chiens courants sous bois. Un loup, rapproché par les gontchis, ne tardait pas à débûcher ; aussitôt la sworra la plus proche était lâchée sur lui ; les trois lévriers atteignaient le fauve et le maintenaient jusqu'à ce que l'un des chasseurs pût arriver et le tuer au couteau ou le ligotter. — En plaine, on chassait sans le secours des gontchis : les veneurs avançaient en Ugne, à cheval ou en trdneau, séparés par des intervalles de 200 mètres envi-

roa, chacun menant sa sworra, et on lançait les iévrieis sur le premier loup levé.

C'est d'ailleurs une erreur de croire que n'importe quel barzoï attaque le loup d'instinct. I/es chiens employés à cette chasse étaient non seulement sélectionnés, mais préalablement entraînés sur des loups édentés, ou en tout cas affaiblis par la réclusion et démoralisés, que chaque chenil gardait à cet effet. C'est seulement quand ils avaient pris confiance et qu'ils savaient saiâi le loup à la nuque en le poursuivant, de manière à l'empêcher de mordre, qu'on admettait un barzoï dans une sworra, et non sans avoir soin de l'encadrer de deux chiens éprouvés.

Malheureusement, ce beau sport ne se pratique plus guère en Russie, et il a toujours été impossible de chasser le loup de la sorte dans nos pays occidentaux. Si bien que le barzoï tend de plus en plus à dégénérer. Chez nous les beaux spécimens de cette lace qu'on rencontre n'ont jamais été et ne seront jamais que des chiens d'exposition.

Les marchands se sont appliqués selon leur coutume à grandir la race, et l'on voit maintenant des mâles qui ont plus de 90 centimètres de hauteur ; quant aux femelles, elles sont toujours plus petites, mais elles arrivent à 80 centimètres, et leur longueur est relativement plus grande de la tête à la queue.

La beauté de la robe est un point capital chez le barzoï : le poil en doit être brillant, soyeux, court sur la tête, long partout ailleurs, mais bouclé sur les cuisses et les oreilles, et formant une fraise le long de la queue et sur la face postérieure des pattes de devant. Couleur : blanc taché de jaune, d'orange, de gris clair ou de gris bleu ( les autres nuances ne sont pas appréciées, surtout en grandes taches).

La tête doit être d'une étroitesse et d'une longueur qu'on s'applique à augmenter sans cesse, par des croisements peu judicieux, au détriment de l'intelligence et de la force des mâchoires; le cou

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barzoïs il

moins long que celui des gieybounds ; les côtes non pas bombées mais presque plates, et donc la poitrine plus étroite, ce qui donne moins de place aux poumons ; le dos relativement plus court et presque pas arqué, ce qui nuit à la souplesse, et les épaules moins obliques, ce qui nuit à la vélocité. — Voici au reste le standart et les points du barzoï, tels que les a établis dans Chasse et pèche (14 janvier 1911) un des meilleurs juges et un des plus fins connaisseurs de la race, M. Henry Sodenkamp :

THe. — Lot^e et étroite, au « stop » à peine perceptible et plutôt arqué qu'incurvé dans le dos nasal. Crâne légèrement bombé, finissant graduellement dans l'occiput, peu développé. Mâchoires longues, profondes et puissantes. Dents fortes, saines et égales, ne s' adaptant ni sous forme de bec de brochet (prognathisme infériem), ni sous forme de bec de cochon [prognathisme supérieur). Nez large et noir, dépassant légèrement la ligne de la bouche.

Oreilles. — « Petites et fines au toucher comme matière, reposant en arrière sur le cou, avec les pointes bien jetées en arrière et se touchant presque derrière l'occiput, n Quand l'attention est excitée, le chien peut les dresser.

Yeux. — Placés le moins obliquement possible dans la tête, de couleur foncée, à l'expression intelligente, mais plutôt aimable ' ; jamais proéminents, ni fixateurs ou clairs. Paupières bordées de noir.

Cou. — Net et sans fanons. Un peu plus court que celui du greyhound ; légèrement arqué, très puissant et bien implanté.

Efaules et poitrine. — Epaules obliques, pas trop ouvertes aux pointes du garrot; elles ne doivent pas être chargées ni proémi-

I. H. Sodenkamp obieiTC plui haut que le baiioï, comme un chien des iteppei habitai à obierrer i'horiioa, s'occupe peu da u qui k pa»e dam ion voiiinaga et a ordinairement le ragoid dirJgi «en le lointaJo ; c'est \k Clément nue de* grandes beaotii de toutes lei autres racea de lévriers. Hais on ne peut Traiment pas dire avec tl. Sodenkamp que le Urrier ruiie ait une ezpianion a iatelligente a, et ion oil, comme son crlne itroit, timoigns de son difaat de raisonnement.

32 LE COURSÏNG

nentes. Poitrine plutôt étroite dans le poitrail, mais très profonde.

Côtes, dos et reins. — Côtes faiblement bombées, mais très descendues, donnant de la place au coeur et aux poumons. Dos assez court chez le mâle et s'aïquant progressivement vers les reins, de manière à produire une courbe longue et gracieuse. Reins particulièrement musclés, arqués et passant en ligne courbe dans la croupe.

Flancs. , — Solides, mais un peu relevés par suite de la profondeur de la poitrine et de la brièveté du dos et des côtes.

Pattes de devant. — Droites, d'une ossature plate et sèche, nullement arrondies quand on les voit de face, permettant le libre jeu des épaules, celles-ci bien placées afin que les pieds reposent d'aplomb sur le sol. Paturons très solides.

Pieds. — En forme du pied dit • de lièvre », aux doigts bien arqués et bien fermés, aux soles épaisses. Le barzoï est d'aplomb sur les ongles autant que sur les talons.

Arrière-main. — Croupe très développée; pattes de derrière loi^ues et solides ; très larges dans les cuisses, pourvues de longs muscles développés. Ifis secondes cuisses également fort développées : jarrets larges, nets et bien descendus.

Queue. — Longue, implantée bas et portée dans une courbe gracieuse, fortement garnie de poil.

Poil. — Long, soyeux (pas laineux), ondulé ou légèrement bouclant. Lisse et court sur la tête, les oreilles et le devant des jambes; abondant et profus au point de former collier autour du cou, où les boucles sont souvent assez fortes. Longues fraises aux cuisses et à la queue. Moindres franges à la poitrine et en arrière des pattes de devant.

Couleur. — Toutes les couleurs plus ou moins marquées de jaune, orai^e, feu, bringé et gris. Il se présente parfois des unicolores dans ces couleurs. Le noir devrait être rejeté.

SLOUGHIS 33

Apparence générale. — a Celle d'un chien élégant; aristocrate gradeux panni les chiens d'autres races, possédant beaucoup de courte et combinant la force musculaire à une vitesse remarquable. H

TaiUe. — Mâles, taille moyenne à l'épaule de 72 à 80 centimètres ; poids moyen de 35 à 47 kilos. On rencontre des chiens bien plus grands, et la plus grande taille est très estimée aussi longtemps qu'elle n'est pas acquise au détriment de la symétrie, de la vitesse et de l'endurance '.

Les femelles sont invariablement plus petites que les mâles, savoir de 5 centimètres de moins comme taille, 30 à 40 kilos étant un bon poids moyen. Elles sont en général plus droites du dos et des reins.

Echelle des points.

Tête 15

Oreilles 5

Yeux 5

Cou 5

Epaules et poitrine 15

CAtes, dos et reins 15

Arrière-main, rotules et jarrets 15

Pattes et pieds 10

Poils et franges 10

Queue 5

Total 100

SLOUQHIS Voici maintenant a l'illustre déprédateur du désert »,

le sloughi africain, atiz regards « de songe, de courage

et de fidélité », fauve comme les sables de son pays, ennemi mortel

des animaux aux yeux beaux comme les siens : la gazelle et le lièvre.

On a dit assez souvent quels soins les Arabes prennent de leurs lé-

I. Mai* comment appiicierait-on c«> qualitjt-U puisqu'il n'y a pia de iport ligulier et oi^aiii pour le barioi ? En pratique, les jugies n'en tiennent aucun compte, et psor uuw. Le Ufrier tuim, encore une foii, n'eit qu'un chien d'axpoaltlon.

vriers, et le général Daumas nous en a laissé un enthousiaste tédt dans son livre bien connu sui Les chevaux du Sahara et les mœurs du désert :

Un habitant du Sahara fait souvent 15 ou 30 lieues pour accoupler une belle lévrière avec un lévrier renommé, c'est-à-dire un animal qui presd la gazelle à la course.

Lorsque — hasard fatal — une sloughia a été couverte par un chien de garde, on la fait avorter... ou bien l'on jette les petits i l'eau aussitôt qu'ils ont vu le jour.

Une mésalliance est souvent fatale A une sloughia. Le maître, furieux... la fait immédiatement mettre à mort...

Loraque la sloughia a mis bas, on ne perd pas de vue les petits un ins' tant. Les femmes mêmes leur donnent quelquefois leur lait.

Le sloughi sent le gibier(??}, il le suit â la piste et, dés qu'il a aperçu U harde de trente ou quarante gazelles, il se met à trembler et à regarder son maître, qui lui dit : c Ah I fils de juif, tu ne diras pas cette fois que tu ne lésa pas vues!... >

Quand le chasseur dépèce la gazelle, il donne au sloughi la chair qm avoisine les reins. Si on lui donnait les intestins, il les repousserait dédai* gneu sèment...

Ce chien, aristocratique par excellence, sait, par sa propreté, son respect des convenances et la gracieuseté de ses manières, reconnaître la considération dont il est l'objet. Il a toujours le soin de creuser un trou pour faire se:i excréments, qu'il recouvre aussitôt.

Au retour du maître, après une absence un peu prolongée, le sloughi, d'un bond, se précipite sur la selle et le caresse...

Tout cela pai^t un peu bien romanesque, et je n'ai pas tout cité. Il n'en est pas moins vrai que le lévrier arabe est un noble chien, moins parfait de fonnes et sûrement moins vite que le lévrier anglais — il y a entre eux à peu près la même différence qu'entre le pur sang arabe et le pur sang anglais — mais plein de courage et de beauté.

Il a la couleur fauve des animaux du désert, avec la tête ou seulement le chanfrein d'un noir souvent mélangé de blanc sur les lèvres ; à la vérité il existe des sloughis entièrement blancs ou même noirs, mais ces nuances n'indiquent pas un sang bien noble.

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SLOUGHIS 35

Leste et maigre, le sloughi semble à première vue avoir, comme on dit, plus l'air sous le ventre que le greyhound : c'est que, bien qu'un peu plus petit, il est relativement plus haut sur pattes, ou pour mieux dire moins long de corps. Il n'a pas le rein fuyant du lévrier anglais, et son allure au galop est moins onduleuse, moins souple. Plus rustique d'aspect, toutes ses lignes sont anguleuses ; il paraît taillé à coups de serpe. Sa tête est aussi plus lourde et plus grosse, sa queue moins longue et moins gracieusement recourbée, ses oreilles plus grandes, bien qu'il convienne qu'elles ne le soient pas trop ' (des oreilles de braque, c'est un défaut trop répandu parmi les prétendus « sloughis » qu'on rencontre en France). Il a l'ossature très apparente, l'échiné ressortie, les muscles secs et saillants, les tendons détachés, ce qui lui domie toujours l'air d'être maigre, si bien nourri soit-il. Mais rien n'égale la beauté de son œil cerné de noir, où M. d'Annunzio découvre « la nostalgie des pays torrides et silencieux, des tentes déployées après l'étape aux mirages illusoires, des feux allumés pour le repas du soir sous les larges étoiles qui semblent vivre dans la palpitation du vent à la cime des palmiers »... £t ainsi fait, si sec, si robuste et si nerveux sous sa peau âne, le lévrier africain a l'air d'un prince musulman.

I, H. de ScHAiE (Dit tHtm i Afrique, p, 114) asiurc même que Kobelt • commet une errenr en donnant au Tr>î tloagbi des oreilles pendintci. Lea plui pura iloughii ont d«> oreiUei de lénler* > (entendei : de gcejboundi), mais a Ugiremeat plus grandes ».

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