CHAPITRE III
OREYHOUMDS Stelîo Effreoa, le héros du Feu, tout en palpant d'une main ezpeite le greyhound Donovan, parle comme il suit :
— Il n'y a pas, dans la nature, une machine plus précise et plus puissamment adaptée à sa destination. Le museau est aigu pour fendre L'air; il est long pour que les mâchoires puissent rompre la proie du premier coup. £^ cr&ne est large entre les deux oreilles pour contenir autant que possihle de courage et d'habileté. Les joues sont sèches et musculeuses, les livres si courtes qu'à peine elles recouvrent les dents.. .
Avec une sûre aisance, il ouvrit la bouche du chien qui ne tenta pas de résister. Apparurent alors la denture éblouissante, le palais marqué de larges ondes noires et la langue mince et rosée.
— Regardez ces dents I Regardez comme les canines sont longues et un peu recourbées & la pointe pour mieux retenir la proie! Aucune autre espèce de chien n'a la bouche construite pour mordre d'une manière aussi parfaite.
Ses mains s'attardaient à l'examen; et il aemblaitque son admiration pour ce superbe exemplaire fût sans limites. Il avait posé un genou sur le trèfle. recevant au visage l'haleine de l'animal qui se laissait palper avec une docilité insolite, comme s'il comprenait l'éloge du bon connaisseur et qu'il s'en réjouît.
— Les oreilles sont petites et attachées très haut, droites dans L'excitation, mais tombantes et adhérentes au crâne dans le repos. Elles n'empêchent pas que le collier puisse être Até et remis sans qu'on le déboucle. Voyez.
Il ôta et remit le collier qui encerclait exactement le cou.
— Col de cygne, long et flexible, qui lui permet de happer le gibier â toute vitesse sans perdre l'équilibre... Mais observez maintenant les parties
GREYHOUNDS 37
les plus importantes : la largeur' et la profondeur de la poitrine pour le souffle, l'obliquité des épaules proportionnée â la longueur des jambes, la Formidable masse musculaire des cuisses, les jarrets courts, l'épine dorsale cave entre deus faisceaux de muscles solides... Regardez! les vertèbres A'Htiion [le sloughi) sont visibles en relief; celles-ci sont cachées dans un sillon. Les pieds ressemblent à ceux des chats, avec les ongles serrés, mais non trop, élastiques, sûrs. Et quelle élégance dans les cfites disposées à la façon d'une belle carène et dans cette ligne qui rentre vers le ventre complètement effacé I Tout tend â un seul but. La queue, forte à son attache et fine à son extrémité — regardez I — presque comme celle d'un rat, sert de gouvernail â l'animal et lui est nécessaire pour tourner quand le hévre fait un crochet. Voyons, Donovan, si en cela aussi tu es parfait.
Il prit la pointe de la queue, la passa sous la cuisse, la tira vers l'os de la hanche, parvint à lui faire toucher exactement l'apophyse...
Il n'y a rien à reprendre à cette belle page qui nous offre une si exacte description du greyhouad. Redisons avec M. d'Ânaimzio qu'il n'est pas, au monde, d'animal mieux adapté que le lévrier anglais à sa fonction, qui est de fondre comme l'éclair sur le lièvre roux qui fuit dans la plaine, de faire dans son sillage angles et crochets, de happer la proie au vol et de la briser d'un seul coup de. mâchoires. Ventre rentré, flancs relevés, toutes les lignes du corps convergentes vers la tête qui est longue et pointue afin de percer comme une flèche ; poitrine, non pas très large pour ne pas faire obstacle au vent, mais très profonde pour que les poumons s'y dilatent à l'aise ; épaules obliques pour permettre aux jambes de devant d'atteindre plus loin dans la foulée du galop ; cuisses fortes, ressort d'une puissance incroyable qui projette la légère machine ; dents fortes, canines légèrement courbes pour mieux assurer la prise ; mâchoires longues, sèches, terribles comme celles du requin afin de cueillir la proie au passage et de la casser ; crâne développé pour loger le courage, la fidélité, le désir passioimé du gibier ; reins arqués, faisceaux de muscles qui décochent l'animal comme un