CHAPITRE VI
CHOIX PKS CHIOTS C'est beaucoup, pour un greyhound, que
d'être de fonnes parfaites; mais cela n'est pas tout. Tel lévrier primé dans les expositions ne vaudra rien pour le sport et un beau chien n'est pas toujours un bon chien. La meilleure machine de course ne gagne que si elle est bien dirigée : de même, tel greyhoand admirablonent construit ne réussira que s'il a — outre les quaUtés physiques : vitesse, souplesse du gaJop, etc. — les qualités morales de la grande race, le désir de tuer, l'énergie, la résistance à la fatigue, s'il est sensible à l'émulation, et indifiérent à la douleur, aux blessures. Or il est assez difficile de juger de ces qualités physiques et morales, de cet influx nerveux qui fait toute la valeur des grands chiens, tant qu'on n'a pas essayé les greybounds sur le gibier.
Toutefois, on met le maximum de chances de son côté en choisissant les chiots les mieux nés, car on ne peut guère prévoir quels seront les qualités d'un jeune chien qu'en escomptant son hérédité.
DE L'HÉRéDlTÉ n est bon de noter, d'ailleurs, que ce ne sont pas les étalons et les lices ayant remporté le plus de succès eu coursing qui donnent invariablement les meilleurs produits. C'est que, à côté de l'hérédité immédiate, il y a l'hérédité de race, en sorte qu'il arrive très fréquemment que les défauts et les qualités des ancêtres se retrouvent d'une façon frappante dans
les individus à plusieurs générations d'intervalle; et cet atavisme n'est pas raie chez les greyhounds. Il faut donc accorder plus eocore d'importance aux pedigrees qu'aux -performances : c'est en ne s'écartant jamais de cette règle que les Anglais ont obtenu telles races d'animaux qui font notre admiration.
Quant à la question de la consanguinité, elle est très obscure. Tout le monde semble à peu près d'accord sur ce fait que la consanguinité immédiate (père et fille, mère et fils, frère et sœur) est néfaste pour la race. Mais est-il mauvais que les animaux reproducteurs aient parfois des liens de parenté moins proches que ceux-là, qu'ils soient cousins, si l'on peut dire ? Les éleveurs et les vétérinaires varient d'opinion sur ce sujet. M. A. Samson pensait que « la consanguinité élève l'hérédité à sa plus haute puissance », et que les produits nés de pères et de mère cousins présentent au plus haut degré les quahtés comme les défauts de leurs parents ; par conséquent, lorsqu'il y a quelque défectuosité que l'on désire ne pas retrouver dans les produits, il serait bon d'introduire du sang nouveau ; et c'est presque toujours le cas... En réalité, ces questions ne sont rien mdins que claires, et il est impossible, dans l'état actuel de nos connaissances, d'en dire rien de certain.
Au total, on doit considérer, quand on achète un chiot, non seulement les performances de son père et de sa mère, mais encore celles de ses ascendants. Et quoi qu'il soit arrivé très souvent que les frères et sœurs d'un grand chien ne valussent rien, l'indice le plus sûr, voire, en pratique, le seul indice de la valeur que pourront avoir les produits futurs d'ime lice et d'un étalon, c'est la valeur de leurs produits passés.
HAISSANCE II y a avantage à ce que les chiots naissent aux DES CHIOTS mQJg ^e janvier ou de février, puisque l'âge des greyhounds est compté du i^' janvier de l'année de leur naissance.