LE HANDICAP
pour toute l'épreuve — il faut qu'il projette le chien, poiu qu^ celoi-d gagne de l'avance dès le départ, et qu'ille jette très adroitement, de manière que l'animal se reçoive sur ses muscles comme à la suite de sa foulée et ne perde pas de temps à retrouver son équilibre. Comme on pense, c'est là un art très difficile.
Chronométrer la course n'est point aisé non plus, et il y faut de bonnes montres et d'habiles gens, puisque un whippet qui a de la qualité parcourt 3 mètres en un cinquième de seconde.
Mais la bes<^ne la plus épineuse est sans doute celle du handicapeur. Qu'on sot^e en effet à tout ce qu'il lui faut envisager, depuis la taille, le poids et le sexe des concurrents, jusqu'à leur mérite et leiir quahté propres I Et qu'on songe aussi à quelles récriminations il s'expose, tant de la part des propriétaires que de celle des parieurs, lesquels ne sont pas toujours d'une pohtease raffinée t
LE HANDICAP Lorsque les diiens sont « inédits », lorsqu'ils débutent, lorsque le handicapeur ignore leurs performances et leur mérite, il les handicape selon leur poids (il n'est presque jamais tenu compte de la hauteur du chien). Voici comment il procède. Il prend comme terme de comparaison un chien de 15 livres : celui-là rendra un certain nombre de yards à tous chiens moins lourds quelui, et en recevra, au contraire, de ceux qui pèsent davantf^e. Un whippet de 15 livres reçoit 3 yards d'un chien de 16 hvres et en donne 3 à un chien de 14 livres. Mais la pro* gression du rendement va en augmentant à mesure que le poids diminue et en diminuant à mesure qu'il augmente : ainsi le chien de 15 livres rend non pas 6 yards, mais 7 yards au chien de 13 livres, et non pas 12 yards, mais 16 ou 17 au chien de 11 livres, tandis qu'il reçoit du chien de 17 livres, non pas 6 yards, mais 5, et du chien de 20 livres non pas 15, mais 10 à 12 yards environ.
I40 LES WHIPPETS
Natiireilement, il n'y a pas que le poids à considérer. Indépendamment de l'avantage ou du désavant^e qu'elle obtient de la sorte, selon son poids, la femelle reçoit du terrain à cause de son sexe. De même, le débutant est favorisé de 6 ou 7 yards. Enfin, quand les chiens sont connus, on tient compte de leurs performances et ceux qui ont remporté des victoires se trouvent, comme de juste, pénalisés d'un bon nombre de yards afin d'^aliset les chances : c'est pourquoi un chien célèbre n'est pasd'un bon revenu pécuniaire dans les courses, puisqu'il se voit toujours fortement désavant^é par le bandicapeur.
1/6 chien qui a le plus de chances de gagner, c'est celui de 8 à 10 kilogrammes, au moment qu'il débute en course. D'abord parce que les whjppets de ce poids passent généralement pour les plus vites relativement à leurs moyens. Mais surtout parce que l'animal, à titre de novice, recevra une faveur d'une demi-douzaine de yards : avance appréciable, et d'autre part avantî^e certain puisqu'il partira ainsi à peu près en tête du lot et n'aura point, comme le chien scratch, à traverser le peloton, risquant toujours un peu d'être bousculé ou mordu... Celui qui possède un bon whippet de g à 10 kilogrammes peutdonc avoir toujours l'espoir de remporter la première course où son chien par^tra ; plus tard, quand l'animal sera connu, on le handicapera selon son mérite.
PRJJ^ Or. s'il est rare de gagner, puisque les concurrents d'une seule épreuve s'élèvent très fréquemment à 300, au moins le propriétaire à qui cette aubaine arrive se trouve-t-il bien récompensé : pour l'entrée de son chien, laquelle lui a ordinairement coûté I fr. 25 (i shelling), il ramasse le plus souvent 413 fr. 50 (16 1. 10 s.), tandis que les propriétaires des suivants se part^ent 212 fr. 50.