ENTRAINEMENT
Cela sans compter les paris, et la victoire d'un outsider peut très bien rappoiter 8 ou xo.ooo francs.
Bu£n, le chien qui a de la qualité vaut une bonne somme, puisqu'tm whippet de grande classe se vend facilement i.ooo francs et plus.
ENTRAINEMENT L'entraînement du whippet ne demande pas moins d'attention que celui du greyhound ; en outre, il comporte im certain dressage. Tout greyhound poursuit le lièvre dès la première fois qu'il voit le gibier : 00 ne s'efEorce que d'exalter en lui Tinstinct de sa race, et les soins qu'on lui donne □'ont pour objet que d'ai^;menter les moyens dont il dispose pour accomplir sa destinée naturelle. Le whippet, au contraire, a besoin d'apprendre son métier : il faut non seulement porter au maximum sa vélocité, mais encore lui enseigner que la grande affaire de sa vie est de galoper aussi vite que ses jambes peuvent le porter vers son maître qui l'appelle, cela sans se préoccuper de ce qui se passe autour de lui, et pas plus des chiens qui courent à ses côtés que de la foule qui bordera la piste, le grand jour venu.
Dès son plus jeune âge, on fait jouer le chien avec une touffe de plumes ou un chiffon; puis on lui jette le leurre de plus en plus loin ; enfin on l'habitue à courir de toutes ses forces vers le runner up, sans se laisser distraire par ce qui l'entoure. Un chien qui peut avoir un moment d'inattention pendant la course, qui peut détourner les yeux, fût-ce une seconde, de celui qui agite le leurre et qui l'appelle, qui cesse un instant de galoper de toute la vitesse de ses jambes, de se précipiter éperdiiment vers le runner up, ce chienlà ne vaut rien pour le sport.
Quand le whippet atteint dix ou douze mois (un peu plus tôt si c'est une chienne, car les femelles sont ordinairement précoces), on commence à lui donner un travail réguher : promenades au pas
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et, surtout, galops. Quant à la dose, tout dépend des dispositions et des moyens de chaque individu, naturellement, et c'est à l'entraîneur de juger de l'exercice nécessaire à la condition de ses élèves. Mais, en principe, le grand point à retenir, c'est que le diien doit toujours galoper, à l'entrataement, sur un parcours im peu moindre que celui qu'il aura à couvrir le jour de la course. Au début, 60 mètres sont suffisants; puis on augmente peu à peu la distance ; mais encore une fois elle doit toujours rester inférieure à 200 yards. Il est bon de multiplier les démarrages qui assouplissent, et le travail doit toujours se terminer par deux ou trois galops très brefs, où l'animal donnera absolument tout ce qu'il peut.
En général, chaque chien doit travailler seul. C'est que le whippet, à la course, n'étant pas emporté comme le greyhound au coursing par la passion du gibier, se décour^e bien plus facilement. Four qu'il donne vraiment tout son effort le jour de l'épreuve, il faut qu'il soit en pleine confiance. Aussi est-il très important de ne jamais faire galoper un jeune chien avec des adultes en pleine forme qui le battraient aisément : il se trouverait vite écœuré. Avant qu'il soit absolument confirmé — et encore est-il des chiens pour qui cette précaution reste toujours indispensable — on doit avoir grand soin de ne l'aligner jamais, dans les essais, qu'avec des coureurs qu'il puisse vaincre sans difficulté sérieuse.
Pour la nourriture, il n'est que de renvoyer à ce qui a été dit plus haut de celle des greybounds, toutes proportions gardées, bien entendu : pain ou biscuit, viande, bouillon, ceufs et lait. De même il faut surveiller attentivement l'état des intestins. Mais le whippet doit être pesé plus soigneusement encore, car si, le joui de la course, il dépasse de plus de 85 grammes (4 onces) le poids qui a été déclaré au moment de son engagement, les commissaires ne l'admettront pas à courir.
Quant au Ic^ement, disons qu'il faut être bien peu ami des chiens pour reléguer le whippet au chenil. Chez les rudes travailleurs qu'il
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a généiâlement pour maîtres, il est choyé comme un enfant du logis : au petit coureur si gentil et si doux vont parfois les meilleurs morceaux, et il a souvent place au lit comme à la table.
Ajoutons que le whippet à l'entr^nement n'est pas moins sensible au froid que le greyhound et qu'il lui faut absolument une bonne couverture, toute semblable à celle du grand lévrier, pour les jours où le thermomètre est en baisse.
Enfin ses pieds doivent être l'objet de soins attentifs également. Il est destiné à galoper sur une piste dure, en cendrée, ou même sur une simple route plus ou moins bien nivelée. C'est surtout après l'arrivée, lorsqu'il tourne brusquement pour revenir vers son m^tre qu'il a dépassé, emporté par son élan, que le whippet s'abîme les ongles et la sole. Il faut donc veiller à lui faire de bons pieds, et pour cela il n'y a pas d'autres moyens que ceux que nous avons indiqués en parlant des greyhounds. Si le chien a les pieds trop délicats ou que le terrain soit trop dur, on peut d'ailleurs lui protéger les pattes de devant par des gants spéciaux, en cuir, nommés stoppers.
Tels sont les soins qu'exige le petit whippet de course. Bien traités, beaucoup de chiens peuvent courir depuis l'âge d'un an et demi ou deux ans jusqu'à celui de sept ou huit ; et leur entrfdnement, bien qu'aussi délicat que celui du greyhound, est moins assujettissant. Pour le whippet, il n'est pas besoin de chenil, sa nourriture est peu de chose, et son entretien ne coûte presque rien. On ne s'explique pas l'ignorance où nous sommes, en Fiance, de ce petit compagnon sensible et joli, qui peut se prêter au sport le plus passionnant.
Par Émilh HENRIOT