EN ESPAGNE. LES MAURES
Goidieii I^, alois qu'il n'était encore que questeur, fit venir cent taureaux de Chypre pour amuser le populaire. Des Thessaliens venaient donner dans le drque des courses de taureaux, et pour ce, étaient payés par tes Empereurs. Ils formaient des familles de TaupoxaOanrcic comme les gladiateurs et les belluaires. Pour exciter les tauieaoz ou les détourner, on leur jetait dans l'arène des mannequins de paille ayant une vague fonoe humaine que l'on nommait a pilae », — dont nous avons fait notre allusion moderne ■ liomme de paille b.
Il ne semble pas que ce soit par la Gaule que de Rome les jeux de taureaux, que par égard pour l'art compliqué de la tauromachie l'on ne peut encore appeler course de taureaux, passèrent en Bspagne. La question, très controversée, reste forcément un peu mystérieuse, car les documents font tout à fait défaut.
A CARTHAOE Toutefois on trouve à Carthage, où on faisait combattre des animaux féroces dans des cirques spéciaux, des traces de ces combats qui durent y être implantés directement par les colons phéniciens peut-être même avant que Kome ait eu des cirques.
EN ESPAGNE De Carthage, les Espagnols ont pris sans doute LES MAURES \q goflj. de ces spectacles. D'aucims affirment que ce sont les Maures qui apportèrent dans la Péninsule ces coutumes nouvelles et ces jeux; d'autres jurent qu'ils les y trouvèrent déjà. Nous sommes dans la nécessité de ne prendre parti pour rien, faute de renseignements précis; mais qu'il nous soit pennis de penser que les Maures, les Arabes de la conquête ont été plutôt les élèves que les maîtres des Espagnols en fait de tauromachie, car l'on ne s'expliquerait guère que dans une race aussi traditionnaliste que celle des zélateurs de Mahomet, tout souvenir de ces combats ait aujourd'hui disparu, si réellement
■,:,CoOc^lc
ces spectacles avaient été d'origine purement musulmane. Bornons-nous à constater tout simplement que vers le milieu du XI" siècle, chrétiens et mahométans rivalisaient d'audace et de valeur dans les cirques, contre les taureaux.
Une légende, à laquelle nous n'aurions garde de toucher, rapporte que le premier chevalier chrétien qui combattit dans l'arène, seul, à chevtU et en armes, le taureau, fut, en l'au de grâce 1040 Don Rodr^o Dîaz de Vivar, plus universellement illustre sous le nom de « Cid ». Et cela, paiait>il, au grand scandale des Maures, et pour le plus grand plaisii des indigènes.
PREMIERS Dès lors la passion tauromachiqoe ne fit que TOREROS croître dans les Espf^nes. Les rois, les princes, tous les grands descendent dans le redondel (arène) armés de la lance ou de la demi-pique [rejon ou rejondUos) et se distinguent dans la lutte contre le fauve. Parmi les grands noms d'Espace qui s'illustrèrent ainsi, nous relevons ceux de Villemayor, de Medina-Sidonia, de Zarate, de Mondejar... Charles- Quint lui-même ne pense pas déchoir en combattant dans l'arène, et se montra de tout temps grand amateur de ce spectacle.
A ROME AU D'ailleurs, l'Espagne n'a pas eu toute seule, même XVI- SIECLE à cette époque, la passion des taureaux. A Rome, dans cette Rome des papes d'où devaient par la suite partir tant de foudres contre les cirques espagnols, on conserva longtemps le souvenir des m^;nifiques fêtes poptdaires où des taureaux avaient été, suivant les rites, mis à mort. Empruntons à M. Rodocanacchi, l'érudit et savant historien de Rome au temps de Jules II ei de Léon X, cet intéressant témoignage :
« Le plus grand attrait de la fête du carnaval était les courses de taureaux. Les Romains se montraient très friands de ces spectacles ; au moyen âge il y avait en, au Colisée, des courses devenues