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LES CHEVAUX

sur ses étriers, dont le côté présente la forme d'un triangle assez large à sa base, pour la protection du pied ; la selle emb(rïte ses cuisses devant et derrière, de sorte qu'il peut attendre le choc du taureau sans trop redouter d'être désarçonné, s'il l'arrête au bon endroit, d'un coup de garrocha bien appliqué.

Tout, dans les courses, concourt à préparer le taureau à la mort. Ainsi la pique comme les banderilles mettent le fauve en état pour recevoir le coup d'épée final. H arrive parfois que la pique ne le met que trop en état — surtout, et c'est où nous en voulons venir, surtout quand un picador peu consciencienz donne trop de pique à son adversaire. Les espadas, parfois, n'ont pas honte de conseiller aux picadors d'appuyer davantf^e sur le fer, lorsque les taureaux sont trop foireux. Mais le public n'est jamais dupe de ce calcul, et il le fait justement sentir à l'espada ou au picador fautif en le conspuant avec vigueur. Le picador malhabile et maladroit, qui blesse trop profondément le taureau, peut être mis à l'amende par le président.

LES CHEVAPX H faut dire un mot d'une certaine catégorie d'acteurs malgré eux — prolétaires tout à fait inconscients d'ailleurs — mais fort importants dans les courses de taureaux : les chevaux.

Ds sont la moitié du picador ; ils sont indispensables pour soutenir le choc du taureau, et lui permettre de recevoir les coups de pique qui le préparent pour le travail de l'espada.

On ne peut penser à les supprimer comme le voudraient de compatissantes personnes, dont le zèle protecteur des animaux est sans doute désintéressé. Assurément la mort des dievaux, l'éventrement de ces malheureuses bêtes s'a rien de chevaleresque ni de beau en soi ; mais il convient peut-être de ne pas s'attrister trop sur le sort, en somme nobles de ces pauvres rosses, que leur délabrement physique, leur misère physiologique voueraient infailliblement à quelque

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mort plus cruelle et qu,elque supplice plus long: la pêche aux sang* sues, par exemple, ou le fiacre. Les chevaux qui servent aujourd'hui dans les courses sont d'infoinies,de navrantes bêtes usagées, à bout de forces ; on les paye l'un dans l'aatte 150 à 200 francs. C'est aux imprésarios chargés de les fournir aux picadors que doit revenir toute la honte de l'état de ces chevaux, incapables de la moindre défense sur le terrain. C'est aux imprésarios que l'on doit, par suite, la décadence forcée et fatale du jeu du picador qui ne peut rien tirer de son cheval. C'est aujourd'hui un cercle vicieux, contre lequel on ne peut que difficilement réagir. Le picador est mauvais parce qu'il a de mauvais chevaux. Il ne sait ni monter, ni conduire, ni diriger sa bête. Et le dieval est infailliblement voué à la mort parce que le picador est mauvais. Donnez un bon cheval à un bon picador, cette partie de la course changera du tout au tout.

La preuve en est cette anecdote bien connue d'un picador/ fameux qui, ayant parié de faire toute une saison de courses avec le même cheval, — un cheval de prix, — le tira sans une égratignore de plus de cent rencontres avec le taureau.

LES CHULOS Voici maintenant le menu peuple de l'arène ; les indispensables auxihaires des toreros sont les chtiios, les monos sabios (littéralement : singes savants) qui tiennent les chevaux des picadors, les aident à se mettre en selle, etc., ou mosos (palefreniers) hommes de peine chargés des besognes inférieures de la course : enlèvement des ordures, conduite des mules d'arrastre, balayage des flaques de sang, etc. ; les carpintefos ou charpentiers qui réparent les barrières défoncées par les taureaux ; le puntiUero ou cachetero est celui auquel incombe le soin d'achever d'an coup de poignard appelé puntiUa ou cacheté les taureaux mortellement blessés, ou les chevaux qui ne peuvent plus se relever.

Généralement, c'est un torero et le plus souvent l'un des banderilleros, qui assume ce soin sans honneur.

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