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DBS DIFFÉRENTES ESPÈCES DE TAUREAUX

gereux et plus mauvais ; Us rusent, chercbent à comprendre, dans les coups de l'honmie, d'où vient le danger; ils sont indécis, peu sûrs, reviennent à la charge, changent de terrain. Ifi torero ne doit pas cesser un instant de les surveiller, sous peine de lecevoii à l'improviste quelque mauvais coup.

Bayantes. — I,es taureaux bayantes, nobles, clairs, francs, courageux, sont d'une extrême bravoure et ne se départent pas une seconde de ces qualités, jusqu'à la mort. « Bcms garçons », comme disent les Espagnols, ils suivent le leurre (^gano), les feintes de l'homme, avec une naïveté surprenante, ne manquent jamais de tomber dans tous les pièges que leur tendent leurs adversaires, et conservent toujours leur terrain, c'est-à-dire, vont jusqu'au bout de leurs attaques sans danger pour le diestro ; ils ne tournent pas la tête après le châtiment de la pique.

Blandos. — I/orsqne dès leur sortie du toril, ils se précipitent droit sur le premier picador, n prennent la pique n et sortent sans revenir à la charge, on dit alors qu'ils sont blandos, mous, sensibles à la garrocha.

Duras, s'ils poussent sur la garrocha, restent en suerte et, malgré la pique, cherdient à atteindre le cheval.

Secos (secs), si, une fois la pique reçue, ils sortent de suerte et recherchent l'adversaire qui vient de leur influer le castiga de la pique. S'il arrive qu'ayant pris une ou deux piques, dégoûté de cette première rencontre avec l'homme, le taureau refuse d'attaquer le deuxième ou le troisième picador et de recevoir la troisième pique réglementaire, il se dîsquaUfie en quelque sorte, et mérite les banderilles de feu qui le réveilleront et, l'affolant de douleur et de surprise, lui communiqueront une énergie et une fureur factices; ou bien on lâchera sur lui les chiens, qui, le prenant aux oreilles, à la queue, aux sabots, l'entraîneront hors du cirque, pour le conduire à une mort infamante, donnée par la main du boucher. Mais cette pratique, de plus en plus, si même elle n'a pas

complètement disparu, aujourd'hui, tend à di^araître. Dans son Voys^ en Espagne, en 1840, Théophile Gautier vit lâdier ■ los perros ■ sur un taureau huido qui fuit après une première pique. Il nous a laissé la description de cette scène curieuse.

« Souvent le taureau est si lâdtie que les banderiUos de fuego ne suffisent pas encore. Il retourne à sa querencia et ne veut pas entrer, les cris de « Perros, perros...» reconunencent. Alors sur le signe de l'alcade, messieurs les chiens sont introduits. Ce sont d'admirables bêtes d'une pureté de race et d'une beauté ^rtxaordinaires ; ils vont droit au taureau qui en jette bien une demidouzaine en l'air mais qui ne peut empêcher qu'un ou deux des plus forts et des plus courageux ne finissent par lui saisir l'oreille. Une fois qu'ils ont pris, ils sont comme des sangsues ; on les retournerait plutôt que de les faire lâcher. Le taureau secoue la tête, les cogne contre les barrières ; rien n'y fait. Quand cela a duré quelque temps, Vespada ou le cachetero enfonce une êpée dans le flanc de la victime qui chancelle, ploie les genoux et tombe à terre où on l'achève. »

L'emploi des c hi e ns est remplacé aujourd'hui soît par les banderilles de feu, soit, si le taureau est décidément trop mauvais, par la rentrée du taureau au corral, au milieu des paisibles cabestros. Le boucher l'y attend.

RevoUosos. — Ceux-là sont plus acharnés que les taureaux bayantes. Plus agiles aussi, ils cherchent le leurre, poursuivent les toreros qui viennent d'exécuter sur eux une suerte, appuient de toutes leurs forces, de tout leur poids sur leur avant-train pour frapper des coups plus furieux et se montrent remuants, vindicatifs et vifs.

Toros que se cinen. — C'est ainsi que l'on appelle les taureaux qui, dans les suertes, cherchent à atteindre l'homme en se rapprochant de lui ; selon leur tempérament ou leur inteUigence, ils esquivent le leurre dès la première passe ou bien seulement après avoir été trompés une fois.

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