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DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE TAUREAUX

Toros que gagnan on cortan terreno. — Ce sont des tanxeauz qui coupent k teiraîn de l'homme et tendent à l'attiaper dans sa retraite. Us se jettent à droite ou à gauche, cherchent le but (rematar al bulto) et non le leurre. Très dangereux : le diestro ne les doit attaquer qu'à coup sûr et se ménager des sorties.

Toros de sentido. — Cest un animal également dangereux parce qu'il est intell^ent. Il ne donne pas dans l'engano, mais flaire, sent l'homme sous la cape et cherche à l'atteindre ; il ne porte que des coups précis. I^ diestro doit avoir une grande pratique de son art pour venir à bout de ces taureaux ; par des passes improvisées, il changera leur condition, les rendra savamment indécis, les déroutera, à force de ruse. Guerrita (et aujourd'hui Bombita) était incomparable pour travailler ce genre de taureaux.

Pegajosos. — Les taureaux fegajosos sont ceux qui, dans leurs rencontres avec le picador, ne sortent pas de suerte après avoir pris la pique, ne veulent pas de la sortie indiquée par le cavalier, mais restent en suerte et cherchent le corps, essaient de « coller s. Toro coUante se dit du taureau qui approche le cheval et ayant réussi à lui enfoncer ses cornes dans le ventre, le secoue, l'f^te, pousse, a l'air de coller après lui, et ne s'en va pas malgré la pression qu'exerce sur lui la pique du cavalier.

Toros que recargan. — Celui-là chaîne le picador, se dég^e après avoir pris la pique, et recharge le même cavalier. S'il a allume au fer n, il porte la tête plus haut et de telle sorte que le picador ne peut plus le frapper de la lance dans le ganot. C'est une situation aussi dai^ereuse pour le picador que s'il se trouvait désarmé. H n'a plus qu'à se laisser tomber sur le taureau ou à choir en se protégeant du mieux qu'il peut.

Avantos. — Les taureaux avanios sont craintifs, ils fuient, sortent de suerte avant d'avoir été touchés, se dérobent à tout instant. Avec eux, pas de combat possible. C'est eux que guettent les molosses et les banderilles de feu...

Bravucones. — Ces taureaux sont asses braves, mais ils procèdent par bonds, et leur jeu irrégulîer est difficile à saisir.

Tu&rtos. — Taureaux bornes. I,e diestro qui combat des animaux affligés de cette infinoité doit calculer son jeu eu comptant avec elle.

Burriciegos. — Taunauz qui ont un défaut de vue. ïla sont dangereux sans le vouloir, car ils calculent moins les distances et te diestro ne peut compter sur un jeu régulier avec eux. Il a le droit, d'ailleurs, de les refuser ainsi que les précédents.

Les taureaux sont ainsi rangés dans des catégories qui permettent aux diestros d'approprier un jeu différent à chacun d'eux. Mais il arrive tout naturellement que le même taureau peut changer de caractère et d'habitudes pendant la course. Il modifie son attitude ; le torero doit donner attention à ce changement et agir, par suite, comme le veulent les circonstances.

Il est très important que le taureau n'ait jamais été couru ; sans quoi aucune feinte ne pourrait avoir de résultat, aucune ruse ne le déjouerait. Il se souvient très bien de ce qui l'a blessé ou trompé. Aussi bien doit^on varier toutes les suertes et éviter de recommencer la même plusieurs fois de suite, ce qui déjà ne serait pas très élégant, et en second lieu ne serait pas sans dangn.

Souvent, la mauvaise condition du taureau provient de la mauvaise lidia qu'on lui a infligée, soit qu'il ait été trop ou mal piqué ; soit qu'on l'ait cape à tort et à travers, et de trop près, avec trop de brusquerie, ce qui lui brise les reins et lesjarrets. C'est au premier espada, directeur de la course qu'il appartient de jugei de l'appropriation des suertes et du jeu employés vis-à-vis de tel taureau. Bombita, est actuellement le torero qui sait le mieux diriger une corrida, aussi bien à cause de sa science de l'art du torear que de son autorité.

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