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LA PIQUE

LORSQUE s'ouvre la porte du toril et que le taureau fait son entrée dans l'aiène, ainsi qu'on l'a vu au chapitre précédent, le drame de la course commence — ou si l'on veut, le duel. C'est un duel en trois actes, ou tercios, où la pique, les banderilles et l'épée jouent tour à tour leur rôle.

Il ne faut pas du tout croire que ces rôles aient été arbitrairement fixés. Bien au contraire, une rigoureuse logique préside à leur entrée en scène et leur ench^nement pour aboutir à la suerte suprême. Le travail de la muleta et de la mise à mort s'explique parfaitement.

Le taïu^au, donc, bondit hors du toril. L'arène est libre, presque entièrement évacuée. Seuls les picadors, à cheval, occupent leurs places, accompagnés de quelques capeadores munis de leurs capes. Afin de reconn^tre le taureau et les conditions dans lesquelles ils se présente au combat, les peones doivent le courir aussitôt, en le citant de loin et en ligne droite. Quelqnes-ims même peuvent profiter de son étonnement pour exécuter ime suerte qui est jolie : le saut. Le peon, dans ce cas, sautera par-dessus le taureau, soit en prenant son élan avec une garrocha, soit de pied ferme. Nous expliquerons plus loin le détail de ces différentes passes. — C'est également au début de la course que l'on peut faire au bicho bondissant un cambio de rodiUas, passe de cape exécutée à genoux, et qui produit un grand effet. On trouvera plus loin, au chapitre de la

cape, l'explicatioii de cette suerte que nous devons seulement signaler ici pour observer l'ordre dans lequel s'exécutent les différentes suertes. Revenons à la pique.

POSITION l^ premier picador — c'est le plus jeane — DES PICADORS gg (ient à environ 12 ou 15 mètres de !a porte du toril, à gauche de la sortie du taureau. Il est important que personne ne se trouve à sa droite, ce qui, en détournant son attention, contrarierait son mouvement. Le picador, bien en selle, presque debout sur ses étriers à la mauresque, la lance en arrêt, tient son cheval i mètre en avant de la barrière, et perpendiculairement à celle-ci. Le taureau l'ayant dès l'abord aperçu, soit qu'il ait bondi dans l'arène, soit qu'il ait inspecté le lieu en hésitant un peu, fonce sur ce premier adversaire. Quelquefois, emporté par son élan, au moment où il arrive à juridiction, il manque de touche et au heu de revenir sur le premier picador, il court sur le second qui est placé comme le premier, mais 10 mètres plus loin. On dit de ces taureaux « qu'ils arrivent toujours d. Mais le plus souvent, il fonce au galop sur le premier, prenant le cheval sur son côté droit et alors, ou est arrêté par un coup de pique, ou bien réussit à frapper le cheval sans recevoir la vara, ou en la recevant mal. La quahté combative du taureau, comme nous l'avons indiqué, le fera pousser incessamment sur le fer, pour atteindre le massif, ou s'arrêter, ou attaquer une seconde fois.

OU LE PICADOR Le picador doit piquer le taureau dans le DOIT-IL PIQUER ç^^ ^ l'endroit appelé moriUo; et il ne doit

LE TAU — E j^ piquer qu'une fois si un seul coup suffit

pour l'arrêter — mais autant de fois que le taureau rechai^era. Dans ce cas, il doit donner la pique en poussant sur le taureau de façon à le faire passer devant la tète du cheval, et lui fait prendre sa sortie sur U gauche de celai-d.

PIQUE A TORO LEVANTADO 257

COMMENT Le picador ne doit pas frapper le taureau, en un D O I T - 1 L autre endroit qu'au morillo ; si d'un coup de vara

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