‹ Animaux de sport, lévries-taureaux-coqsChapitre 74 sur 118 · UN PICADOR CÉLÈBRE : SEVILLA · texte numérisé non relu

UN PICADOR CÉLÈBRE : SEVILLA

R Tout le monde s'attendait à voii Sevjlla emporté à bras hors de l'enceinte. On le relève; à peine est-il sur ses pieds qu'il saisit une cape et veut attirer le taureau, malgré ses bottes et son incommode armure de jambes. Il fallut loi arracher la cape, autrement il se faisait tuer à cette fois. On lui amène un cheval ; il s'élance dessus, bouillant de colère, et attaque le taureau au milieu de la place.

« Le choc de ces deux vaillants adversaires fut si terrible, que cheval et taureau tombèrent sur les genoux. Oh I si vous aviez entendu les a vivas », si vous aviez vu la joie frénétique, l'espèce d'enivrement de la foule en voyant tant de courage et tant de bonheur, vous eussiez envié comme moi le sort de Sevilla I Cet homme est devenu immortel à Madrid... >

Théophile Gautier vit aussi ce même Sevilla, quelques années plus tard, et nous a laissé son portrait.

« Le picador ainsi attaqué était Sevilla. Je ne puis résister au plaisir de décrire ici ce fameux Sevilla, qui est réellement l'idéal du genre. Figurez-vous un homme de trente ans environ, de grande mine et de grande tournure, robuste comme un Hercule, basané comme on mulâtre, avec des yeux superbes et une physionomie comme un des Césars du Titien ; l'expression de sérénité joviale et dédaigneuse qui régne dans ses traits et son maintien a vraiment quelque chose d'héroïque. Il avait, ce jour-là, une veste orange brodée et galonnée d'aigent, qui m'est restée dessinée dans la mémoire avec une ineffaçable minutie : il abaissa la pointe de sa lance, se mit en arrêt et soutint le choc du taureau si victorieusement que la bête farouche chancela, passa outre, emportant une blessure qui ne tarda pas à rayer sa peau noire de filets rouges ; elle s'arrêta incertaine quelques instants, puis fondit avec un redoublement de rt^e sur le second picador posté à quelque distance... »

LE CAVALIER Bien que les exercices dont nous allons parler EN PLACE go^g çg tjjpe soient exceptionnels en Espagne et n'aient leur véritable intérêt que dans les courses portugaises, nous en traiterons ici, parce que la suerte qui en est l'âme, pour ainà dire, s'exécute au moyen de la lance, et à cheval.

Nous avons déjà dit en faisant l'historique des courses qu'autrefois, en Esp^;ne, on combattait les taureaux à cheval. Nous avons même signalé l'emploi du rejon et des rejoncillos, sortes de javelots d'une forme particulière qu'il s'agit, pour le combattant, de planter dans le cou du fauve et d'y casser.

Ifi rejon est donc tme javeline de i m. 20 environ fendue au milieu et de bois très sec ; on le tient par mie poignée creusée dans le gros du manche.

Le cavalier en place ezécnte avec lui différentes suertes, dont nous allons donner le détail.

CahaUo hvantado. — Le cavalier, monté sur un cheval fin, lorsque le taureau est aphmaio, met sa monture au galop, décrit un voyage en aie de cercle, et lorsqu'U arrive à juridiction, plante le rejon dans le garot de son adversaire et prend sa sortie sans s'attarder. Quelquefois, il se fait accomp^ner dans son mouvement par un auxiliaire à pied qui, par une passe de cape, donnera au taureau une autre sortie et l'empêchera de poursuivre l'homme à cheval.

De front. — Ici l'asastance d'un peone est indispensable.

Xfi cavaUer s'avance au pas vers le taureau, de façon à présenter le poitraU de sa monture dans l'axe des cornes. Lorsque le taureau humilie, le capeador agite sa cape sur la droite du cavaUer, donne sa sortie au taureau sur sa gauche, et c'est à ce moment que le cavaher plante le rejon.

Lançada à pied. — Cette suerte est tombée en désuétude depuis longtemps déjà. C'est domm^e, car elle était audacieuse.

Ifi diestro, armé d'une grande lance (3 à 4 mètres) munie d'im

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