CHAPITRE I
AU TEMPS DES GRECS On peut assurer que les combats de ET DES ROMAINS coqg étaient conods des anciens.
Thémistocle, conduisant ses troupes à la rencontre des Perses, vit deux coqs qui se battaient et s'empressa de donner en exemple à ses guerriers ces deux soldats ailés qui bataillaient héroïquement encore qu'ils n'eussent à défendre ni leur patrie, ni leurs enfants, ni leurs biens. Les Perses ayant été défaits, il parait que les Grecs décidèrent que des combats de coqs auraient lieu tous les ans en mémoire de cet augure.
Des textes assez nombreux sur ces combats antiques ont pu être réunis. On y voit que divers peuples hellènes, comme les Tan^;réens, s'en montraient passionnés : l'oiseau qui avait remporté plusieurs victoires devenait célèbre ; on le connaissait non seulement dans la ville où son propriétaire était né, mais dans d'autres encore, et on lui faisait faire des voyages assez longs pour qu'il pût rencontrer ses rivaux et triompher d'eux.
Avant le combat, on armait chacun des deux oiseaux d'un éperon d'airain, et l'on avait coutume de stimuler leur courage et leurs forces en leur faisant manger une gousse d'ail qui passait pour un excitant. C'est pourquoi, dans les Chevaliers d'Aristophane, le chœur présente plaisamment des gousses d'ail au charcutier pour le rendre plus apte à la bataille, comme on fait à un coq :
3i8 COMBATS DE COQS
a Lb CH(Bub. — Maintenant, avale-moi ces gousses d'aiL
IvB CHARCUTIER. — Et pourquoi ?
Le chœur. — Quand on a bien mai^é de l'ail, on est plus ardent au combat... Et surtout mords, déchiie ton ennemi, anBChe sa crête et ne reviens qu'après lui avoir dévoré le jabot !... »
On trouve des représentations de combats de coqs, non seulement sur les vases peints et les médailles dardaniennes, mais encore sur une mosuque trouvée à Pompéi et actuellement consen-ée au Musée de Naples.
C'est qu'ils étaient en vogue à Rome coœjne ils l'avaient été en Grèce. Antoine lançait ses coqs contre ceux d'Octave, et le célèbit tableau de Gérôme conservé au Luxembourg nous montre deuï jeunes Romains faisant lutter leurs oiseaux avant que de les sacrifier sur l'autel d'Esculape.
EN EUROPE Depuis lors, les combats de coqs n'ont, à ce qu'il nous semble, j amais cessé de fournir un passe-temps apprécié.
« Les hommes qui tirent parti de tout, dit Bufîon, ont bien su mettre en œuvre cette antipathie invincible que la nature a établit entre un coq et un coq. Ils ont cultivé cette haine innée avec tant d'art que les combats de deux oiseaux de basse-cour sont devenus des spectacles dignes d'intéresser la curiosité des peuples, même des peuples polis, et en même temps de développer et d'entretenii dans les âmes cette férocité qui, dit-on, est le germe de l'hétcâsme. ■
Divers tableaux nous montrent d'ailletus que le spectacle de ces héros emplumés n'a jamais cessé d'intéresser tout au moins les peintres. Frans Snyders, au début du xvn* siècle, en a laissé des représentations célèbres, et deux toiles de lui au Musée dt Madrid, ime à celui de Berlin, une à Florence, dans la galerie Balbi, témoignent de l'admiration qu'il sentait pour un si beau sujet. Jean Fyt a également peint un combat de coqs sur un tableau
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