‹ Animaux de sport, lévries-taureaux-coqsChapitre 86 sur 118 · EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

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conservé aujourd'hui à Madrid. Melchior de Hondekœter, d'Utrecht {1636-1693), qui avait dressé un coq, dit-on, à lui servir de modèle, a figuré les batailles de ses animaux de prédilection sur deux peintures conservées au Musée de Turin et à l'Académie des Beaux- Arts, à Venise, et le Musée de Munich conserve encore,' de lui, le Combat d'un coq et d'un dindon. Au Louvre, nous pouvons admirer une toilede Oudry , datée de 1700, qui figure un duel de coqs. Et l'on n'a peut-être pas oublié le groupe du sculpteurCain exposé eni86i. Mais c'est peut-être en Angleterre que les combats de coqs ont été tout d'abord réglementés et organisés comme il convient que le soit un sport.

EN ANQLETERRE Le théologien Sherlock écrivait vers 1740 AU xvill' sifeCLE à l'un de ses amis de France :

u Venez en Angleterre, ne fût-ce que pour voir une élection et un combat de coqs. Il y a dans ces deux scènes un esprit d'anarchie et de confusion qu'on ne peut décrire et dont vos compatriotes ne peuvent se faire une idée. »

Quant à une élection, nous savons assez aujourd'hui quel spectacle c'est ; et il nous est possible d'imaginer la passion avec laquelle les Anglais suivaient les combats de coqs par une belle et célèbre planche d'Hogarth.

Elle figure, autour de l'arène où les deux oiseaux s'ensanglantent, une foule b^arrée et passionnée, où se coudoient sans doute des lords et des filous. Du côté opposé au spectateur, au centre, on voit lord Albermale Bertie, amateur célèbre alors, bien qu'il fût aveugle ; il tient son chapeau plein d'or et de banknotes et, tandis qu'une johe fille lui dérobe un bUlet de banque, il répond avec agacement aux parieurs importuns qui le tirent par son habit et le prient de tenir des paris contre eux.

Près de lui, Hogarth a représenté le jockey Jackson, connu alors pour sa compétence en matière de coqs ; il tient un sac d'où

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sort seulement la tête de l'oiseau qui va combattre tout à l'heure. Et, tout autour, des spectateurs regardent et conmimtent avec passion le duel qui a lieu sous leurs yeus, tandis qu'au fond, dans une tribune dominant la scène et le public, un seigneur français, reconaaissable à son costume comme à la sensibilité qu'il fait voir en bon disciple de Rousseau, proteste contre l'inhumanité et la barbarie du spectacle.

EN ANGLETERRE C'est que, sous la Restauration encore. AU XI3C* SIECLE jj^q ^g semblait chez nous plus inexplicable, voire plus puéril, que l'amour des Anglais pour le sport en général — et à plus forte raison leur passion pour ces duels d'oiseaux.

Par exemple, ce qui étonnait le plus ce brave M. Depping, le grave auteur des Soirées d'hiver ou entretiens d'un père avec ses enfants, c'était non seulement cette « fureur » que montraient les insulaires pour les courses de chevaux, mais encore le plaisir qu'ils prenaient, « avec plusieurs peuples non civilisés », aux combats de coqs. « On a vu, disait-il, de grands seigneurs élever de ces pauvres animaux, les accoutumer à s'assaillir, les munir d'éperons en métal, et s'amuser ensuite du spectacle de leur combat !» Et il s'empressait d'ajouter que « la puérilité i> de cet amusement contraste « avec le caractère naturellement sérieux des Anglais a.

Four lui, les coqs de combat britanniques ont pour ancêtres les coqs indiens. « Dès le xvn" siècle, dit-il, il existait déjà des salles de spectacle pour ces combats de coqs, où les sièges étaient disposés en gradins. En bas, autour de l'arène, se tenaient les propriétaires avec leurs oiseaux dans des sacs. L'un d'eux tirait son coq et rélevait en l'air pour le montrer. Si quelqu'un jugeait son représentant capable de lutter avec succès, il le sortait à son tour, et, après que les animaux avaient été munis de leurs éperons, la bataille commençait.

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