EN ANGLETERRE
«Aujourd'hui (i8i8],c(mtinael>eppii^,des lois spéciales règlent les combats qui ont lieu à Westminster. On a des combats de longue main qui durent une semaine, des combats de courte main qui ne durent qu'un ou deux jours : dans les premîera, avant de faire combattre leurs coqs, les propriétaires signent un contrat par lequel ils s'engï^ent à pardtre un tel jour avec im certain nombre de coqs qui pèseront entre 3 livres 8 onces et 4 livres 10 onces, de les opposer un à un, de répartir les combats sur plusieurs jours, et de déposer chacun une somme d'argent entre les mains d'un - homme de confiance pour être remise à celui dont les coqs remporteront le plus grand nombre de victoires ; tontes les fois qu'elle excède 5 livres sterling, les éperons des coqs sont d'argent. Les propriétaires partagent entre eux l'argent payé par les spectateurs. Si, avant que la victoire se décide, les coqs refusent de continuer à combattre, le combat est censé nul ; du teste personne ne peut s'immiscer dans leur duel, excepté en quelques cas spécifiés dans les règlements. L'éducation de ces pauvres animaux est un objet important aux yeux des amateurs de ce triste spectacle. Ils préparent longtemps d'avance les coqs qui doivent assurer leur réputation, et font quelquefois une sorte de mystère des moyens de les nourrir et de les élever. Mais je crois que vous riez de la gravité avec laquelle les Anglais traitent un amusement aussi puéril. Je dois vous faire observer que les hcmimes sérieux dans cette nation pensent là-dessus comme vous, et que plusieurs fois ils se sont élevés contre une coutume aussi contraire à la civilisation. »
Cela est exact, et les gens sérieux dont parle Depping ont si bien travaillé qu'ils ont fait interdire par la loi anglaise ce spectacle qui jadis passionnait les lords comme les cockneys : depuis un bon nombre d'années, la Société protectrice des animaux de Londres poursuit les combats de coqs en Angleterre et obtient des condamnations qui entraînent des peines s'élevant parfois jusqu'à une amende de 5 livres et à un emprisonnement d'un an.
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Ce n'est donc plus qu'officieusement en quelque sorte qu'on peut donner de ces spectacles aujourd'hui. Mais, il y a quarante ou cinquante ans, ils avaient lieu de la façon la plus publique, et void comment les choses se passaient :
Le ■ coquodrome », conune on dit à présent dans le nord de la France, était alors à Londres dans Tufton Street, en plein quartier de Westminster ; on l'appelait The royal Cockpit. La salle comportait en son centre une estrade ronde, de 6 ou 7 mètres de diamètre, dont les bords étaient entourés d'une sorte de barrière de 25 centimètres destinée à empêcher que les coqs ne tombassent de l'estrade pendant le combat. Tout autour de cette arène s'élevaient des gradins pour le pubhc. Et le tout était éclairé par un immense et rustique Instre qui pendait du plafond.
Le sol du ring de combat était tapissé d'un paillasson sur lequel étaient tracés à la craie un premier cercle de 80 centimètres et concentriquement un second cercle beaucoup plus petit où l'on devait placer les deux rivaux bec à bec lorsqu'ils ne pouvaient plus se tenir debout, afin de déterminer celui qui avait encore le court^e d'essayer de lutter.
Bien avant chaque réunion, les oiseaux avaient été sportivement pesés afin qu'on les pût apparier selon leur force, puis enfermés chacun dans une de^volières situées aux deux bouts de la salle, et dont les deux clefs devaient rester sur la table portant la balance : chaque propriétaire avait d'ailleurs le droit de mettre un cadenas particulier à la vohère de son adversaire; tout cela afin d'éviter fraudes et substitutions.
Lorsque l'heure était venue, chaque combattant était soigneusement éperonné d'acier par son propriétaire ou entraîneur ; puis pris en main, et montré au pubhc, qui faisait alon ses paris selon l'apparence et la réputation des coqs; et les deux rivaux étaient enfin placés sur le paillasson préalablement arrosé pour éviter les ghssades.