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EN FRANCE, AU MOYEN AGE

LES LÉVRIERS Durant tout le moyen âge et le xvi» siècle, EN FRANCE AU les lévrieis eurent chez nous une vc^e MOYEN AGE ET extTgme, Ils sont cités dans une quantité de AU XVI« SIECLE chansons de gestes et d'ouvrages de chasse. Fioissard en parle dans Le débat du cheval et du lévrier :

Froissars d'Escosse revenoit

Sus un cheval qui gris eatoit

Un blanc lévrier' menoit en lesse...

UtUes à la poursuite du gibier uniquement, seuls en entretenaient alors ceux qui avaient le droit de chasser, c'est-à-dire les nobles et les barons. C'est ainsi que le lévrier a toujours été un chien d'aristocrate : a Comme onc mastin n'ayma lévrier, occ vilain gentilhomme », lit-on dans les Contes d'Eutrapel. Emblème de la fidélité, on le sculptait sur les tombeaux, auprès du maître ou de la m^tresse qu'il avait servis. En 1416, les seigneurs du duché de Bar, en Lorraine, instituèrent un ordre dont l'insigne était un lévrier portant sur son collier ces mots : i Tous un ». En 1471, l'Inventaire du château d'Angers nous montre que le vaste lit de parade qui orne la salle de réception comporte u un grand treillis de bois pour garder que les chiens ne se couchent dessus s, et celui du château de Ménitré, qui date de la même époque, mentioime également a un treillis fait de lattes cousues ensemble pour mettre sur les lîts, pour les défendre des chiens ». Ainsi les seigneurs admettaient volontiers leurs chiens favoris — et quelle race était plus appréciée d'eux, encore un coup, que celle des lévriers ? — à des privautés que l'on ne tolère pltis guère aujourd'hui. De là sans doute le vieux dicton : a A coucher avec les chiens, on attrape des puces. » I*e Roman des Sept sages nous fait assister à un petit drame de famille assez curieux.

I. Dana l'aucitiUM pioiodie, « lerrUr v, comme i laogliei », ne compte que pour deux pied*.

Afin d'éprouver l'amour d'un vieux baron, son voisin, une jeune dame vient l'attendre à son retour de la chasse, le dédiarge de son attirail, lui enlève ses chaussures, lui passe sa robe de chambre, lui approche une chaise du feu et s'assied modestement sur un tabouret. ■ A ce moment les c^ens vinrent de toutes parts ; si s'en montèrent sur les lits; et la levrière vint, si s'assit sur le peliçon [vêtement] de la dame. I^a dame esgarde [voit] un des bouviers qui fut venu de sa charrue ; si ot [avait] un costel [couteau] à sa ceinture. La dame saute, si prend ce costel, et fiert [frappe] la levrière; si l'ocît [la tue], si que le pelîçon fut ensat^Ianté, et le foyer. Le sire regarde cette merveille : Qu'estce, Dame, fait>il, comment f&tes-vous si hardie que vous osâtes odr ma levrière ? — Comment, sire, donc ne voyez-vous, diacun jour, comment ils atoment [arrangent] vos lits 1 II ne passera jà trois jours que ne vous convienne taire buée [lessive] pour vos diiens. Par la mort Dieu ! si les occirais avant tous de mes mains, qu'ils allassent ainsi par céansl » Cette dame, qui jurait si bien, était une terrible ménî^èie.

Quelles qualités devait avoir le lévrier 7 C'est ce que nous a dit non sans obscurité un chapelain du roi J ean, nommé Gace de la Signe ou de la Vigne :

. . . Muzeau de luz (brochet)

Harpe de lion, col de cygne;

OreÛle de serpent avoit

Qui sur la tête li giaoit;

Espaule de chevreuil sauvaige,

CouBte de biche au boacaige

Cuiase de lièvre et pied de chat,

Langue de cer, coue (queue) de rai.

Il sali oit comme un loup cervier, etc.

Le dit Gace, né en Normandie vers 1328, suivit le roî son maître en Angleterre après la bataille de Poitiers, et mourut vers 1373. C'est sans doute sa Devise du bel lévrier qui inspira à Juliana Ber-

LE COURSJNG

Champion Ugjr of Penkino. à M. J. Ciss[us \ro!r p. aS).

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