LE COQ DE COMBAT
vitesse leurs perchoirs et sans entoimei le moindie hymne au soleil. Tel (si j'ose dire) un conquistadoi d'autrefois faisait fuir un bataillon d'Iocas rien qu'en dégainant son épée.
Le coq ordinaire est au coq de combat ce que te cheval irlandais est au par sang. Il a ses qualités, surtout rôti ; mais c'est un rustre et un paysan.
D'ailleurs, il faut avouer que le Combattant est un des animaux les plus sai^uinaires qui soient. Dans la nature, rares sont les espèces animales en effet, dont en toute saison (ou peu s'en faut) les mâles entrent en lutte dès qu'ils se trouvent en présence. C'est le cas des coqs de combat. Dès qu'ils se voient, ils se battent à mort. On aurait donc tortde croire qu'il y a beaucoup de cruauté au spectacle des duels de coqs : sans aucune excitation, on laisse ces oiseaux se livrer à leur instinct. Ils font sur l'arène exactement ce qu'ils feraient s'ils se rencontraient en pleine campagne, et l'homme n'intervient nullement pour les contraindre ni même pour les eng^er à lutter. C'est montrer une sensibilité excessive, il me semble, que de juger atroce que des animaux s'abandonnent à leur destinée : le lévrier a été créé pour suivre le lièvre comme le coq de combat pour batailler, I,a vue d'un cheval attelé à un trop lourd fardeau est certainement plus choquante pour le cœur et pour le goût que celle d'un coq qui meurt après s'être vaillamment défendu contre un rival de force égale, et les âmes sensibles — dont à Dieu ne plaise, au reste, que je médise — feraient mieux d'employer leur zi^t à remédier plus effectivement aux ]oi^;ues tortures qu'on inflige chaque jour aux chevaux dans nos rues qu'à importuner les « coqueleux », Ce qui doit indigner, c'est le spectacle d'un Auvei^at tirant à coups de fouet les dernières forces d'une rosse épuisée. Ce qui est révoltant, c'est de songer que n'importe quelle brute peut abuser à sa guise de l'émouvante sensîbihté d'un cheval, et tyranniser lentement cette bête qui lui est mille fois supérieure en délicatesse. Qu'un sauvage aviné traite comme
son esclave cette créatuie sans défense, nerveuse comme mie femme, c'est lâche et c'est contre nature. Mais prendre plaisii à voir deux oiseaux remplir leur destinée naturelle et combattre à armes égales avec le courage !e plus magnifique, j'avoue que je cherche encore ce qu'il peut y avoir d'immoral et de bas à cela,
LES COQS INDIENS I^ coq indien est une admirable bête, orgueilleuse et féroce, et sa race est peutêtre la plus ancienne de toutes nos races de combat.
Il habite surtout les iles de la Sonde, Madagascar, l'Indoustan. la Cochinchine et les îles de l'Océan Indien.
C'est un oiseau d'une taille très élevée. Son corps forme un angle obtus avec le sol : il a le port droit, les lignes presque perpendiculaires, le cou haut et très sorti des épaules. Fort osseux, le plastron ample, les pectoraux saillants, la partie postérieure du corps très étroite, les ailes bien relevées et écartées du corps en avant, il donne une impression de force sauvée et brutale.
Comme touâ les coqs de combat, il a le bec dur, tranchant et développé : on dirait presque d'un bec d'oiseau de proie. Ses barbillons sont très courts, sa crête forme un simple bourrelet à surface unie et est fort peu apparente ; on a coutume de la lui CQupei d'ailleurs. Son plumage est serré et lisse, sa queue étroite. Tout cela est ainsi fait pour qu'il n'offre point de prise aux coups de bec de l'adversaire et pour qu'il résiste mieux à ses atteintes : ses plumes serrées lui font une sorte d'armure.
Le coq indien a les oreillons rouges ; il porte la queue assez basse, et ses pattes sont du plus beau jaune, tarses et doigts.
Il en existe plusieurs variétés, construites de même, qui ne diffèrent que par la couleur du plumage, assure M. Voitellier : pour ma part, je n'ai jamais vu d'Indien qu'à plumage d'un noir bleu et pattes jaunes.