LES COQS MALAIS
Les Indiens sont très rustiques, s'acclimatent aisément et s'accommodent de tout. Au point de vue de la cuisine, on a beaucoup exagéré leur médiocrité. Sans doute ils sont peu précoces, et leur chair n'a pas la finesse de celle des chapons de la Bresse — et pour cause, d'abord — elle n'en est pas moins fort comestible, sauf dans les cuisses.
Enfin il est à recommander très vivement de les croiser avec nos races indigènes. Non seulement c'est une pratique dont les effets sont excellents que d'introduire dans un poulailler, dont la volaille semble s'abâtardir, un coq de combat d'une race quelconque : rien n'est plus propre à renouveler heureusement le sang. Mais encore les Indiens particulièrement, mélangés à nos poules de Houdan, de Mantes, de Crèvecœur, de Bresse, etc., produisent des poulets à plumage ordinairement noir, d'un développement remarquable par suite des larges et puissants muscles de la poitrine qu'ils héritent de leurs pères, et dont la chair ne le cède en rien, par la finesse et la blancheur, à celle de leurs mères.
Les poules indiennes sont des pondeuses ordinaires, ni bonnes ni mauvaises. Leurs œufs, de forme allongée, à coquille saumonée, pèsent en moyenne une soixantaine de grammes. Mais ce sont des mères hors ligne : elles couvent avec une assiduité parfaite et élèvent parfaitement leurs poussins.
LES COQS MALAIS Us ne diffèrent pas beaucoup des Indiens. Mais leurs caractères sont moins accusés, au physique comme au moral. Ils sont beaucoup moins propres au combat, notamment, et leur silhouette est moins rustique, moins taillée à coups de serpe, pour ainsi dire.
Leur cou est moins fort, moins détaché des épaules, qui ellesmêmes ne sont pas aussi saillantes. Leur regard est plus doux et respire moins la férocité. Leur bec est moins recourbé. Enfin tout leur aspect donne moins l'impression d'une brutalité guer-
rière. Leur crête même a un développement un peu plus grand, ce qui indique qu'ils sont un peu moins aptes à la bataille.
En revanche leur plumage est riche et beau.
On en connaît deux variétés : une noire et roi^e et une blanche.
Dans la variété noire et rot^e, le coq a le camail, le dos et les reins rouges ; le plastion noir ; les petites et moyames tectrices louges et noires ; les grandes tectrices noires ; les rémiges secondaires et primaires rousses ; la queue noire à reflets métalliques.
Quant à la poule, son plumage est gris fauve, comme celui de la perdrix.
Pour ce qui est de l'utilité des croisements, de la qualité de la chair, de l'abondance de la ponte et des qualités materaelles, il n'y aurait qu'à répéter au sujet de la race malaise ce qu'on vient de dire de l'indienne.
Leurs pays d'origine sont à peu près les mêmes. Le Malais se trouve dans presque toutes les contrées que baigne l'Océan Indien.
GRAND COMBAT- César fait allusion aux coqs anglais dans ses TANT ANGLAIS Commentaires. Leur race existait donc dès les Romains. Comment était-elle faite alors, c'est ce qu'il est difficile desavoir et ce qu'on neconnEdtra jamais, apparemment. Consolons-nous-en.
Ce n'est au reste que depuis le début du siède dernier qu'on s'est mis à les sélectionner en vue du combat. En ce temps-là, ils ressemblaient un peu aux actuels Combattants du Nord. A force de cultiver, dans la race, les traits les plus caractéristiques, on est arrivé à produire l'admirable oiseau que chacun conncût en Angleterre aujourd'hui.
Le coq anglais de combat est un animal merveilleusement propre à sa destinée.Il est stylisé à miracle. On croirait, à le voir, un de ces capitans de comédie dont la rapière trousse le manteau et menace les cieux, marchant à grands pas, la tête haute et le nez