CHAPITRE III
C'EST dans le nord de la France, dans les Flandres, à Lille, à Douai, à Tourcoing, en Belgique, que le combat de coqs est le plus estimé et suivi de nos jours. La chose s'y accomplit rituellement, avec des règles minutieusement observées. Chaque pays, chaque village, chaque société de « coqueleux » a son règlement. Ce sont à peu près les mêmes principes, ici et là. Seuls quelques détails, quelques habitudes dififèrent.
LES SOCIÉTÉS Afin de satisfaire plus aisément leur goût DE COQUELEUX p(J^J, [gg combats de coqs, et de les organiser avec plus de facihté, en même temps que plus de luxe, les « coqueleux » — ce sont les afficionados du coq — se constituent en sociétés. Ces sociétés ont des noms à la fois singuliers et magnifiques. Elles se nomment, par exemple : l'Expérience fatale, les Pattes cassées, les Rikikts, les Francs-Batteurs, les Boers, les Coqs gaulois, le Réveil du jour, les Indomptables, les Ailes brisées ou les Brise-Acier.
Ces sociétés donnent des combats entre coqs appartenant à leurs adhérents. Ce sont des matches. Mais le plus souvent, les sociétés organisent par les soins de quelque cabaretier ou de leur propre initiative de grands combats de société ou concours qui mettent aux prises un grand nombre de coqs appartenant à deux ou plusieurs sociétés. C'est ainsi qu'à Roubaix, tous les ans, a lieu le grand
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concours de printemps, où l'on voit participer trente ou quarante sociétés de coqueleux. Chacune verse un engagement de loo francs. Les entrées des assistants se paient 2 et 5 francs. Ces sommes, relativement élevées, permettent de distribuer aux vainqueurs des prix en argent assez considérables. Le premier prix est de i.ooo francs ; le second de 800 francs ; et il y en a huit autres de 150 francs chacun.
A Béthune, le 28 avril 1907, on vit lutter quarante-huit paires de coqs, représentant quatre-vit^t-seize sociétés, concourant pour 4.000 francs de prix, devant un public de dix mille spectateurs environ. Les matches s'oi^anisent comme l'entendent les coqueleux particuUers. Les combats de société sont plus compliqués et sont régis par des règles d'organisation spéciales.
Ainsi vingt-quatre sociétés représentent douze paires de coqs : un coq par société. Après un premier tour de combat, il reste douze vainqueurs sur les vingt-quatre combattants ei^agés, lesquels douze vainqueuis sont rires au sort et appareillés pai paires. Un second tour de combat élimine six vaincus. Et les trois vainqueurs du troisième tour termineront la journée. On éhminera un d'entre eux par tirage au sort : celui-là, de droit, obtient le troisième prix. Les deux autres lutteront pour le premier et le second prix.
Dans les maich^ entre deux amateurs, il y a trois ou cinq paires de combattants. Pour être vainqueur dans une « partie ie coq < à trois paires, il faut avoir deux coqs vainqueurs; et trois, si on en a engc^é cinq.
Fresque toujours une partie de cinq paires se fait en deux journées : la première se nomme Vaitaque ; il y a deux paires de combattants. La seconde se nomme undage. Les trois autres paires y prennent part.
Les combats de société nécessitent l'observation d'un règle ment accepté d'avance. Un jury examine les parties. Les règle-