‹ Annales agricoles de Roville (volume 2)Chapitre 17 sur 88 · COMPTE DE PRÉS · texte numérisé non relu

COMPTE DE PRÉS

SoMiiAiM. — Dîmimiiktiteccdssive de T^tendae èm prés de k ferme. -— ObserratioBfl mir rirrigation de la principale prairie. •— * Inuffisance de Teaa. — Fixation da prix du foin. ^- Motifs pour F^valuer à un taux peu élevë. — Dépenses et produit des pr^ à Roville depuis 1825 à 1835. -^ Prix de revient du fois. — Gonsid^tions sur ba pertes tignsâto psr c« compte. -^ Projet de renonce? à la coDp« du regain. — Des comptes de trèfle et de luzerne k RoyiUe. — Motifs pour lesquels les résultats de ces comptes ne sont pas présentés.

Je vais présenter les résultats du dépouillement de compte de prés , depuis Torigine de rétablissement. La surface des prés était d*abord assez considérable , et elle a été successivement diminuée , comme on le voit dans le premier ta-

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MeaQ y pat la mie en eulture des prés les moins productifs. On en a cependant rompu aussi quelques-uns de fort bons ; maïs presqpie tout ce qui reste aujourd'hui en nature de prés naturels dans la {esrme , peut être considéré comme appartenant à la meilleure qualité de prés du canton ; et la plus grande partie donne une récolte de regain dans les années qui ne soat pas trop sèches.

Avant que je fosse en possession du domaine , on avait soumis à un système régulier d'irrigation la prairie la plus étendue de la ferme j dite la prairie de Roville, dont le sol est d'aîllews très-fertile ; mais Teau manque presque toujours pour ren^e utfle cette irrigation j qui n'est alimentée <pi0 par un très-petit cours d'eau descendant d'une gorge des coteaux qui bordent la vallée de la Moselle. Ce cours d'eau forme un torrent abondant à l'époque des grandes l^uies ; mais dès les premières sédieresses du printemps y il ne présente plus qu'un filet qui est souvent absorbé en entier par des prés supérieurs qui usent, sans limites, de l'eau qui les traverse. C'est seulement dans les temps d'orage qiie œ eo^rs d'eau s'accrott beaucoup dans Tété. Les stipulations de mon bail ne m'autorisent à rompre qu'une petite portion de cette prairie , et sa surfiice actuelle est de ii hectares environ , qui peuvent jouir du cours d'eau pendmt à peu près quatre jours de la seamaine , d'après les arrang^affiits faits par le propriétaire , qui emploie aussi ce cours d'eau à l'irrigation d'autres, terrains dont il s'est réservé la jouissapce.

Bans otA état de choses , il me semble très-douleux que le b^éfitce que procure Veau à cette prairie , compense les frais qu'occasionne Fentretien des rigoles sur toute sa sur- &ce ; car malgré cette irrigation fictive , le sol est brûlé par la sécheresse aux époques où le besoin de l'eau se fait le plus vivem^it sentir pour la végétation de l'horbe. Un pré d'nn peu plus d'u^ demi-hectare, situé dans une autre

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garge des coteaux, est arrosé par un oourant d'eau à peu près aussi abondant que le premier ; et comme ici le yolume d'eau est en rapport scmc la surfiiee à arroser, le pré est d'un produit fort abondant et donne toujours une se* conde coupe.

Dans les praniôrés années , la fiication du prix du finn a varié dans la comptabilité , selon les variations des cours* dans le pays : mais je n'ai pas tardé de reocmnaltre quH en résultait de grands embarras dans la tenue des comptes de bestiaux ; car il aurait fallu non seulement établir de nouveaux prix plusieurs fois dai» l'année, lorsque les coursauraient cbangé , mais aussi fixer des prix infikieurs pour les fourrages de moindre qualité, tels que ceux qui auraient > éprouvé plus ou moins de détérioration au moment de la récolte, ou dans le fénil, comme cela arrive quelquefois par divers accidents. La comptabilité en aurait éprouvé une grande complication,d'où seraient résultées firéqueumentdes évaluations vicieuses^ J'ai compris qu'il était indispensaUe d'adopter un taux moyen d'évaluation pour toutes les années et pour toutes les qualités de foin ; et dès 18â7 , j'ai adopté le chiffire uniforme de 18 francs le millier, ou 36 francs les mille kilogrammes. Je pense que , fondant les dix années qui ont précédé cette époque , le taux moyen des prix dans le canton était d'environ 20 francs pour le miBier de foin de qualité ntarchande, et le prix du regain est. moins élevé, quoiqu'il ait réellement autant de valeur pour la nourriture du bétail. Le prix des fourrages s'est élevé depuis , et dans le cours des trois dernières années, le bon foin a peut-être dépassé en moyenne 35 francs, par suite de la médiocrité des récoltes. Mais aujourd'hui encore , si Ton prenait la moyenne des dix dernières années^ je crois que le taux ne serait que d'environ 22 francs.

Il est £sicile de comprendre, toutefois, que le taux qu'adopte un cultivateur pour le prix des produits qu'il oon-

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somme chez lui , doit être inférieur an taux des marchés. C'est généralement sur des foins de première qualité que s'établissent les cours; et si un cultivateur a des fourrages avariés , il les fera consommer chez lui comme il le pourra, parce qu'iL trouverait rarement à les vendre, même à des prix inférieurs. Si vous trouviez à traiter avec un acheteur qui consentit à prendre à un taux uniforme tous les produits de vos récoltes, quelle qu^en .soit la qualité, en quelque petite ou en quelque grande quantité que vous puissiez les Uvrer, le produit des secondes coupes comme celui des premières, il est certain qu'il conviendrait à vos intérêts de consentir à une assez forte réduction sur le prix du foin de bonne qualité. Cet acheteur, c'«st votre bétail qui s'aooomodera de tout ce <pie vous pourrez lui livrer , qui prendra livraison chez vous, à mesure de vos convenances, sans embarras et sans frais à votre charge. Ces considérations peuvent certainement bien motiver une différence de 3 ou 4 francs par millier en £siveur de cet acheteur. La fixation du prix à 18 francs me semble donc fort raisonnable, et je n'ai pas le projet d'y apporter aucun changement. Je vais présenter d'abord, dans le tableau suivant, les dépenses occasionnées par les prés naturels , dans la ferme de Roville.

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