DES PROPRIÉTAIRES DE TROUPEAUX DB BÉTES A LAINB
ÀVANT^PROPOS.
SoMMAiRR. — L^lDciustrie des bétes à laine considérée dans les divers états de la cnltore. — Origine de Popinion qui £ik croire i qnelqaes firnnnitts qno lea mimanai â». oatte e«pto 119 peqiFW( ^miporur 4c« frais fPcntreûeii de (quelque importance. — Accroissement du produit des troupeaux^ à mesure <|uVn leur consacre plus do soins et des aliments plus abondants. — Situation transitoire de Pindustrie des béfes k bine ^ans Pétat actnri de la propiiété iuuàiÊe et de Put egrîpoie ea Fctaçe. ^^ Plan de Ponvrage.
Dma nu état peu avancé de laeoUm^, 1^ )ièles4 Içdn» piéflenisnty dan» un grand nomlNre de ca», le seul nioyen da tiver un parti ufito de vaste» élandneft de pAtm^gea aa* turola. Loiaqn'nne plus grande porlm des teipw^ eut »oa* ■ke à la eolftaiie dans le système d'assalement triennal , c'est amsi par le magren des bétes à laine que Ven utilise la vaine pAtnie dans up gnmd nombre de dreonstanoers. Enfin dsns le sysÉèmedeenltere alterne 9 qui est eelnî des pays les plus avancés dans rindastrie agrieole, réduealîon des bétes à laine forme encore un des o^els les pl^s impor* tants des spéoulaftMins de ragricpltnre ; et partout les troupeaux de eette e^pèoe présenient la sonrae la plus fiSeond^ des eagiaîs qui aooiDi^sent r abondance des résoltes de tout genre.
II est fiiciie de inconiMiitre , d-apfès cet exposé, que rindastrie des bètes à laine est de première importance dans
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toutes les périodes de l'art agricole ; et il n'est aucun autre i
genre de bétail qui puisse disputer la prééminence à celui-ci ^ n
sous le rapport de l'utilité qu'en tire Tagriculture, seul i
point de vue sous lequel je veux considérer ici les bêtes à t
laine. Si l'on excepte les grains et le vin , la production de a
la laine est celle qui s'élève au chiffre le plus élevé , parmi f
toutes les industries productrices , et il faut y ajouter la %
valeur de la viande que crée la même industrie. On peut ^
juger par là de la place qu'occupe Téconomie des troupeaux nj;
dans la richesse générale du pays. ' ^
Dans les cantons où des troupeaux d'animaux ché tifs errent ^
dans d'immenses bruyères où l'on n'assigne presque aucune ^
valeur à la nourriture de ces aninianx , on ne comprend pas qu'ilsoit possible d'entretenirdestronpeaux avec profit, lorsqu'il faut consajcrer à leur subsistance des aliments dont la création entraîne une d^ense assez élevée ; esa effet, le produit des premiers troupeaux dont je viens de parler , est si minime qu'il deviendrait nul, s*'il fallait en déduire une certaine dépense d'entretien. Lé cas est le mémo pour tiëâucoup de troupeaux nourris au moyen de la vidaé pâture ; aussi ropinio|)i générale des cultivateurs, dans ces canton», est que c'est un genre d'ammaux qui ne peut sipporftei* presque aucune d^iense d'eotretien.'Màis à mesucé tqfa^cm leur consacre plus desoinsetube nourriture>^lugabo«iantey en voit les races s'améliorer , et leurs produits^ en Icdne et en viande s'accroître dans une grande proportion, en : sorte que les troupeaux paient largement Texeédant ide. dépenses que l'on consacre à leur entretien.* <
Il est évident, au reste, pour tout observateur attentif, que l'industrie des bêtes à laine se trouve en ce .moment, en France, sinon dans un état de crise, du moins dans une situation transitoire qui mériterait une attention partioQlière delà part des hommes d'état qui voudmieht s'occuper des intérêts agricoles du pays. Pour bien comprendre cette
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ïùiialioa, il Êiut reconnaître que dans «n grmd nondbre de localités , les progrès de la culture font disparaître à leur 4}uite les troupeaux des bétes à laine , d'abord parce que l'on met en culture de grandes étendues de pâtunifes naturels ^ et ensuite parce que les améliorations dans la culture scmt fréquemment la suite du morcell^nent des grandes pro^ priéiés. En effet, partout où la propriété .territoriafe est tiès-divisée, les troupeaux ne pourraient subsista qu'à faide de la vaine pâture ; mais cette institution^ tte tarde guère à disparaître après le démembrement des grandes fermes , parce que les petits propriétaires adoptant gén^ùir lemeot des méthodes de culture très-variées , dans lesquelles ils font peu d*usage de la jadbère , et ou ils ne «ont pas disposés à s'assujettir à l'assoIeipeBtdejto^rs voisw.UnSRai^ nombre de troupeaux de bétes à laine dispao^s^tckiqiie jour par suite de ce morcellement^ et nous «i»nmes bîn d'être au terme de cette route dans laquelle s'est engagée la distribution de la propriété territorisde en France* Il est certain, au contraire, que dans un avenir <iui n'est pas très-éloigné , une partie très-considérable du territoire français aufa. cessé de pouvoir entretenir des béates à laine , k cause de la grande division des propriétés , tandis qu'ioie grande partie 4es pâturages naturels encore existants ,. aum cessé d'être employée à cet usage.
D'un autoe cèté , les progrès de l'agriculture tendent 4 multiplier les troupeaux dans les grandes fermes qui subsistent encore; car, à l'aide des assdements alternes, on peuf entretenir, sur une étendue donnée de terrain, un beaucoup plus grand nombre d'animaux que dans le système de l'assolement triennal et de la vaine pâture.
Les deux causes dont je viens de parler agissent donc dans des directions opposées , et la dernière tend à contre « balancer les effets de la première. Mais leur action simultanée s'exerce-t-elle en France , en ce moment , de manière
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à BMÎRtMir réqniHkve de la prod«KM;ioft et de la consbmmationf
L^examen appimfoiuH de cette question m'entralnenift dans des considérafiims qui ne peuvent trouyer place ici. Je difai senlement qne Faccrdssement des troupeaux n'a pas été en vapport, dans ces deniers tenq»s , avec celui des besoins des manubctures ; car nous s<mHnes forcés de tirer -de réttanffer une quantité de laine beaucoup plus considérable qu'en ne Favalt Jamais fiiit. En effet, €haptai, dans son Jndwhie françatM, évalue à environ Ifi miHionsde francs les importations annuelles de laines de 1816 à 1818 , et il dit qu'en 1789 ces importations s'élevaient à environ 14 millions: mais en 1835 , on a importé, pour la consommation , des laines pour une valeur déclarée de 94,^22,120 francs ; nuiîs cbftcun «ait que la valeur dédarée est beaucoup infén^ure à la valeur réelle , dans k système si vicieux de la fixation du droit <Pentrée d'après la valeur ; et on restera certiABement au-dessous de la vérité, en portant à 42 mfllionB la valeur réelle des laines importées pour les be^ seins de nos manu&dures. C'est plus du triple de la quantité qui s'nnportait à l'époque où écrivait Ghaptal. L'kkdustrie des troupeaux est 4onc restée bien en lenière, émê le développement des industries productives du pays. Dans le travail que je vais présenter , j'ai eu poisr but de donner , s'fl est possible , plus d'activité au principe de reproduction et de multiplication des troupeaux , puisqu'il n'est dimné à personne d'exercer une action efficace sur la cause de diminution que j*ai signalée.
L'industrie des bétes à laine se trouve encore en Fmice dans une situation transitoire sou» un autre rappiurt, celui des races sur lesquelles elle s'exerce. La race ^^agnole ou mérine a seule Occupé l'attention des bommes qui se sont livrés aux améliorations depuis un demi- siècle, et il en est résulte un des progrès les plus importants qu'ait fiiits
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notre agriculture. Mais il est vraisemblable que Fou a atteint aujourd'hui , sous le rapport des améliorations en général , la limite à laquelle on pouvait atteindre par cette route. Une autre voie , négligée jusqu'à ce jour , ne pourrait-elle pas nous conduire à des succès nouveaux et non moins importants? C'est une question que j'aurai l'occasion d'examiner dans le cours de cette notice.
Je vais commencer par présenter quelques considérations sur les diverses races qui esdstent aujourd'hui en France. J'exposerai ensuite avec quelque détail les connaissances et les soins qui peuvent assurer le «uccèsdans T^éve des troupeaux, soit relativement à la reproduction, soit pour ce qui ccmcome Talimentation et le régime, ainsi que les connaissances qui se rapportent à diverses particularités de l'économie des hôtes à laine; je tonnioerai en présentant deseadcidfl de dépenses et de produit, afin d'indiquer aux propriétaires la marche par laqueUe ils peuvent se rendre compte à l'avance , du moins dans un •certain degré d'appreximatioB, des résultats pécuniaires que Ton peut attendre des spécidations qui ont pour objet diverses races de bétes à laine , ou qui soumettraient à diverses combinaisons l'économie des troupeaux.
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SECTION PREMIERE