‹ Annales agricoles de Roville (volume 2)Chapitre 26 sur 88 · YARIJZTÉS DE LA EAGE COMMUNE · texte numérisé non relu

YARIJZTÉS DE LA EAGE COMMUNE

SoMMAiRB. — Idenlité de la race répandue sur une grande partie de la surface de TEurope. — Sa différence selon les localités. — Caractères généraux de la laine. — Variation de la taille produite par le régime. — ' Fécondité remarquable dans quelques sonsHraces fortement nourries. — Modifications dans les formes de quelques sous-races eo Angleterre. — Soins pour approprier la race au régime auquel elle doit être soumise. — Inconvénients de Fintrodaction des sous-races de grande taille dans les cantons où Tétat de la culture ne le comporte pas. — Moyen dVméliorer les race$ en eUes-mémes. — Importance des qualités qui se rapportent à Vaptitude à rengraissement. — Formes qui indiquent cette aptitude.

Toutes les bétes à laine qui se rencontrent sur la surface de la plus grande partie de r£urq)e , semblent appartenir à une source unique dont les générations ont été singulièrement modifiées par des circonstances de climat et de régime , souvent aussi par les soins que Ton a pris de propager certaines formes ou certaines variétés de couleurs dans la laine ou les • poils qui couvrent quelques parties des animaux. Soumise à un régime abondant et substantiel , cette race offre un très-grand développement du corps des animaux, comme on le voit dans les sous-races de quelques parties de r Allemagne 9 où les moutons sont généralement du poids de 100 à 120 livres de chair nette , et offrent des toisons d^une douzaine de livres de laine. CVst cette même

race qui, développée en Angleterre par une abondante nourrltare , depuis l'introduction du système de culture alterne daâs ce pajs , a été améliorée sous le rapport des formes , de l'aptitude à Tengraissement et de la beauté dé la laine , par les soins judicieux db Bakewel , et de plusieurs de ses imitateurs. Dans les parties de la France où la culture est le plus avancée , cette race oflre aussi des animaux .de trèsgrande taille ; tandis qu'ils sont chétife et ne produisent que de très-petites quantités de laine dans les cantons où la pâture est pauvre et stérile. On croit toutefois que la race dite flandrine., qui se rencontre dans l'ancienne Flandre Française, a une origine différente, et qu'elle y a été introduite par les Hollandais qui l'avaient importée des Indes. Le Imn de la laine est généralement gros et raide dans les espèces de la race commune, quoique variant dans ses caractères, même sous le rapport de la finesse, dans les diverses sous-races; mais à mesure que le corps des animaux se développe par l'effet d'une nourriture plus abondante, le brin de la laine s'allonge d'une manière remarquable ; et à l'aide des soins dans le choix des animaux destinés à la reproduction , on peut propager et améliorer les caractères de la laine qui conviennent le mieux aux usages auxquels cette laine est destinée.

Sous l'influence d'un régime très-abondant , la fécondité de cette race s'accroît aussi très-fedlement ; et dans les sousraces des Marches, en Allemagne , les brebis portent généralement deux agneaux et quelquefois trois. Ce caractère de fécfttdité se remarque également dans les sous-races les plus fortes de l'Angleterre. Dans ces dernières , les jambes de ces animaux sont remarquablement courtes ; mais ce caractère est dû à l'usage où l'on est dans ce pays , depuis fort longtemps, de tenir les animaux jour et nuit dans des enclos d'où ils ne sortent guère que pour passer de L'uur dans l'autre. Les animaux &isant ainsi très-peu d'usage de

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leurs jam&es^ cette partie n'a pas pris im déytfoppeneal pnqportionBé à celm des autres parties 4« coËps. Cette cîr^ constBitce rend cette sous-raoe pett propi« à aller dterchier dMqae. jour sa nourrîtiire dans des pAtiiragesiai peu étoignéi delà bergerie eu da pa^e» èoÉinië e'est i'ittacé daAS les systèmes de ddtiire adoj^ en France. Ifaôsy lorsque les «BÎmaïkx importés sont soumis à ce régime, (Se oaradèM diapsraftp^i àpeu, ainsi que d'antres qmtenàientà VeasëmbledeB eondkions auxquelles les teoiynâux amit sôuwa dans le pays oùies sous-races se sont fcraiées. Il en est do même des sous^Hracea que l'on a qwelijpnfois lisaH|iorlées d'AHemagne «i France, et qui né peuteat se eouenréfr avec leurs caractères que dans des rirconstanees de légimé semblables à celles qui leur ont doni>é oes caractères»

On doit done ne procéder qa'atee beaucoup de ré* serve , lorsqu'on veut introduire une 8ous<«ace d'un teanton dans un autre; ri les rirconstanees de k cullxire et par conséquent celles du régime desanimauK restent les méines^ le plus sage sera presque toujours de ne passiHigerà changer la race qui est accoutumée à ce régime. S des am^oratioaa dans la cidture permettent de consacier «lux ammaux, dans toutes les saisons de Tannée, une nourriture plusabondaftle^ on pouirra souvent gagner du temps dans l'amélioration de fa race par l'introduction de celle d'un autre canton, où lé corps des animaux a phis de volume, et porte de plus fntes trisims ; mais ici, il £iut encore se garder d'aUer plus loin d«is la taille des animaux importés que ne peut le eoinporter le régime auquel ils doivent être soumis; car dana ce cas il 7 aura certainement rétrogradation ou dégénératien de la race , et les animaux souffriront sous le ra^ort de la vigueur et de-l'état de santé. Il y aurait moins d'inconvénients à rester tin peu au-dessous de la taille que peut comporter le nouveau régime des animaux ; car alors la taille is'acerottra promptement sous l'inittence de ce té-

BÉns A LAlHl» IM

|Hiie , et Toli ôbtieBira une racé feeaocoup plus ngonreitte que 4aB» le premier cas» A cùlé de raecnnsfeÉMiit de tailla ou du poids des aniitiaax > oli peut fidre marehelr des orné* U<Aratioii8 fort importantes dans les ibnàes du eorpâ, dans le poids relatif des toisons^ dans la longueur de lakune, ou dans les autres èatactôres qui peuvent lui dimner pfau de prix. A Faide d'une observation attentive sinr un troupeau pris da&s la même sous^race^ on remarque des diffé^ reuœs très-HVsnsiUes entre beàuocnip d'indiviAos, sous la rapport des formes et dès divers oanoptènôs de Ift fcdae ; et si ron pèse à part tcmtês les toisons, ainsi que les ammaux eux-mâmes iqprès qu'ils ont été tondue ^ «m trouas aussi de grandes diffihrences solis le rappcnrt de ces deux poids. Bn acoooplant ensemble, dans h même sous-raoe oudanscteux teus-iuees difiKreIrtes ^ les individus qui se distinguent fàt les formes du corps ou les oaract^i^s de la laine que l'os vent propager, on peut former de nouvelles sous-races dont l'eùtietieii offre beaucoup plus d'ai^^ages que les «neîeiuMris. C'est ainsi qu'on a procédé dans les améliorations des laees anglaises ; et il est cer^da que si l'on eût consa<»é èk France, depuis un d^nimiède , autant de soins à uiséyeirerlesfaoes du pays, que l'on ma dmànéàcelles des mérinos, on eut obtenu d'importants lésiAi^ qu'attend eiicore notre agricuteure.

Les améliofatîims ne devraient pas , au reste , cunmé je l'ai déjà fait roir, arriver au ita^e but que l'on a atteint en Angleterre, à cause des différences de régime des animaux dans les deiix contrées ; et si nous devons envier quel* que chose à l'agricultoreanglaise , ce n'est certainement pa» le régime des enclos où les animaux sont tenus jour et nuit, qui ne conviaidrait pas du aMÛas à notre climat. Il en résultera peut-être que nous ne pourrons atteindre au même degré d'aptitude à l'engraissement chez les animaux, parce que le repos presque complet est une des principales con>

fM bATBS a LAI!».-

ditioQS qui tendent à prodaire les formés qui favorisent le plus cette aptitude ;• mais on n'en doit pas moins chercher à se rapprocher, autant qù*il est possible, dans les conditions d'ua régime donné , des formes que l'expérience a Êdt recoonaitre comme les plus favorables à Fengraissement ; eax on ne doit jamais oublier que la laine ne forme qu'un desproduits.de la race ovine , et qu'avec des animaux d'une race distinguée sous le rapport de l'aptitude à Fengr^ssement , on oMent réellement la laine k plus bas prix , puis^ qu'une portion plus considérable de la nourriture des animaux se trouve payée par le produit de la viande.

Les animaux les [riius propres à Fengraiésement y sont bas sur jambes , avec une croupe large , le tl^orax volumineux , et le corps arrondi en forme de tonneau. Les os doivent être petits, qualité qui est ordinairement indiquée par la petitesse relative de la tête des animaux.

Ce sont là , d'après Fexpérience acquise en Angleterre , les caractères distinetifs des ammaux qui présentent le plus d'aptitude à Fengraissement, et Fon retrouve des formes analogues dans quelques sous-races allemandes ou françaises. Comme on peut, sous Finfluence d'un régime donné, exercer une certaine action sur les formes par le choix des individus r^roducteurs , on fera bien de rechercher dans ce choix ceux qui se rapprochent le plus des formes indiquées, sans négliger le poids relatif des toisons, et les caractères de la laine qu'on a Fijptention de produire.

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A LAINS

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