APPAREILLAGE ET ACCOUPLEMENT
Sommaire. — Influence relative du choix des béliers.— Séparation des mâles jiisqp''à répo<|iie de la monte. -— Bat des appareillages relaliyement aux formes du corps ei aux qualités de la kioe. -— Monte à la main. — Moyen employé pour le choix des béliers. — * Poids moyen des toisons dans les plus beaux troupeaux de rAllemftgne. — Difficulté de poursuivre à la fois plusieurs buts dans l^amélionftion; — Poids moyen des toisons dans le troapean de Roville.
— Conservation d'un état de filiadon de tous les individus du troupeau. — Moyens divers de numérotage des animaux. — Registre d^agnelage et de tonte. — Epoque la plus convenable pour Tagnelage.
— Durée de la gestation. — Soins à Tépoque de la monte. — * Age de raccouplement pour les béliers et les brebis. — Soins et régime pendant la gestation.
Sans les races des bétes à laine , de môme que pour les bestiaux de tout genre, le choi^t des individus destinés à la propagation exerce sur les propriétés de la race une influence que Ton doit toujours combiner avec les circonstances du régime , pour donner à cette race le plus haut degré d'utilité possible , relativement aUx divers buts que l'on veut atteindre ; et dans ce choix , c'est surtout vers les mâles qu^il &ut diriger son attention ; car un seul bélier pourra donner par année vingt-cinq ou trente agneaux de son sang, ou même soixante ou quatre-vingts, si l'on suit le procédé de la monte à la main, dont je parlerai tout à rheure ; tandis qu'une belle brebis ne donnera qu'Un agneau
118 BBTES A LAINK»
par amiëe. On peut donc , par rintroductîon d'un petit nombre de béliers y modifier profondément dans un petit nombre d'années, les caractères d'un troupeau de bêtes à laine; tandis qu'on n^exercerait qu'une influence presqu'insensible sur ce troupeau , en y introduisant le même nombre de brebis. Cependant , Forsqu'on veut continuer l'amélioration par les mâles d'une race différente y c'est-à-dire lorsqu'on procède par métisage y. il convient souvent d'introduire en même temps dans le troupeau un certain nombre de brebis de la même race que les mâles , afin de produire constamment des béliers de race pure, car il importe beaucoup de revenir,, dumoins pendant fort longtemps, aux mâles de sang pur ;. et ce n'est que dans un état fort avancé du métisage, que l'on peut espérer de conserver Famélioratibn au point où on Ta amenée, en employant à la reproduction des mâles de la race métisée»
Il est donc vrai , sous un certain rapport, que les béliers exercent une action plus puissante que l'es brebis sur l'amélioration des races, et il est &eile de comprendre pourquoi les bommes qui s'occupent de ce genre d'améliorations mettent souvent un très-baut prix à un bélier distingué; tandis qu'une brebis qui présente les mêmes caractères n'a qu'une valeur beaucoup moindre. Mais c'est une erreur de croire ,. comme on l'a dit quelquefois , que dans l'accouplement individuel le mâle exerce plus d'influence que la femelle sur l'amélioration. On a prétendu aussi que les mâles, exercent plus d'influence sur la toison de leurs descendants, tandis que pour les formes du corps, ce sont celles des femellesqui se transmettant le plus facilement. C'est encore là une erreur; et lorsqu'on veut améliorer les formes du corps, c'est principalement par l'influence des mâles que l'on procède, de même que pour l'amélioration de la laine.
Dans l'amélioration des races, c'est toujours par le ré-
1IÉTS8 A LADfB. 119
gime, c'est-^-dire^ par une augmentation de nourriture qiie Fou doit tendre à f accroissement de la taille; et le choix des mâles doit se diriger vers les améliorations dans la toison ou éàsm les formes des animaux. On rencontre en effet dans la race orine, les mêmes inconvénients- qoo dans les autres , à vouloir aocn^tre la taiUe d'une race par l'introduction de mties relativ^nent ^us grands que les fismdles : les produ^ons dâns.ce cas pèchent toi^ours par des défouts de conformation*
Bans tous les troupeaux soignés, on tient les béliers séparés des femelles, jusqu'au moment que Ton a désigné pour la moiKte. Cette ^atique a pour but de Êire en sorte que les sceaux naissent tous à peu près en mémo temps , eest^-dire, dans l'espace d*un mois ou six semaines. an plus. Cette précaution est utile pour toutes les races, pavée qu'elle permet de concentrer sur une moins longue durée les soins de détail qu'eâge ua troupeau de brebis pendant l'agnekge , et qu'^e fiucilite les soins qu'il convient de donner aux ai^eaux pendant quelqi» temps après le sevrage; mais elle est plus importante encore pour la race mérine, parce que les brd)is de cette race se laissei^ ÛLcilement téter par le premier agneau venu; en sorte que l^s agneaux les plus jeunes sont fréquemment victimes de la voracité des agneaux d'un âgej>lus avancé.
Le dioixdu bélier doit avoir pour but l'amélioration des formes. du corps, ou celle de la toison, sous le reqpport de la finesse et des autres caractères que Ton re* cherche, dans la laine , ainsi que sous le rapport du poids rdatif dola laine que produit chaque anknal. L'art de l'appAieiUage des mâles et des femelles, pour produire câTtainas modifications dans les firmes du corps, a été poussé très-loin en Angleterre ; mais je ne crois pas qu'il ait été réduit à des règles que l'on puisse transmettre par écrit -= c'est par un certain tact et par ïeiqi^rience*
Idd IIÉTBS A LAHIB.
auquise des vémiMali iwoéoitB par iirite lUiMXpl&âièilIt^ etitels onaiÉemûntBy qtte lès ëleiwiv» k» ptl» hal>tt«B «è «dM dirîifé»; et ktsqoe des peTsenes étraflgdfeâ A ]A|Mli^é de 001 nt oui voultt pmer qmlqw» primas pour h ^ffectîM des élemun^ fl eet vraiffnAbhMe 4pié foû m tronipMeît bien souircÉt^ li od iq|^ttq«ait ees jfiAaépw k àH raees dîfiâreiitei de oeUi» qui Ml ftk le sii|et de^ ofaiervaiîeni stnr lesqueltes où ies^a fitaidété Le sMd ptbicipe général qui soit constaté pal* PexpérieMe de dutqotr }€fWi €'«tot la IcndaMe de la nature à reptodiûre dans Im exitaits les ftarme» de» aaceMbrti^ mais la difficulté Ml rmcontre ici ditts b combînasiNi <pd s'ëiâbH» «niée lee formes du péi» et eeHei de> la ttdief c*e6t]MBrdeftétud«a el f9ar de» expérience» fcnonneilM, ^ue dbaqm âeveat daît aoinénr mr de poîal les caBaaJMaaggg d'a^^fès lesfuelles il » dkigeia.
C'est ctt Allemagne qnd Ton a poussé ta pki» baal point de ponfection Tart des appareillages dans ta fstm ovlie, pour ramélioratienr de la laine. Le» propriétaires de ttoti* peaux de mérnios de la Saxe se sont sirtouiâislingaés 4aaB» ceCte carrière dès la fin du sièdederaôer ^ mak aajoard'lrai , on rencoKlre es Bohème ^ en Hongrie etsartont en SSésie' , une fluillitttde de treofieaux de la raènv race^ dirigé» par le» sdns les plu» intelligent» y et qui ne kr càdent en rien à oem de b Saxe, pour la pwdGoetion. qui atait aoquis à ee» derniers une si haute réputatioo. Dan» tous ée» étadUbsBe*miNit», on a adopté la méthode de la rnmOeà let nminqm permet de donner à dufue brebia le béier qui Iniconrieiil le mieux pour corriger le» déftuil» qui peuvent se reneon^ trer dan» la toison. Par eette méthode, les béKer» pevrsal aussi saiMir un phi» grand nombre de br^fai» dans le mAm^ espace de temps : dan» la méthode de la monte VA»^ , e^st^ à^dire lorsqu^on plaee les béliers dans le tnM^eau des femelles, pendant l'etspace de ten^sque l'on consacre à la
BÊTAi A LAIHB. iSl
moMj ôii edmde ik)ttifeMMum ^'tÈû Miëir M fiettt mit' fire qu'à âO 0» 44^ iMim; lorftq&'ott pffiftique la fAoïite à la noB, uft liéMef pMl MHiMttiëfiiettt AaiykdeWàM bfe- Mb pendant «dviroft tfl tuerie et ddmi «foftdiiré la mûtttei et ii n'est pas mré àe Iftnsver dès hé^efê qai , pendant plu-^ liewsauéei cooiécttlltea, ont soflU ceilstamitieiit de 100 k ISDlmUi. Celle dJM^i^tie est éiie à ce qoe les béliers ne M fttigaeiit jm iMtaeitteifl âns^ la tUMfte à la âttdtt, qui ooDsiite à pheer elM^que kéISër dMi^ Me lof^e aépai^ où r«iiaaiiiiea«eBeifiiVèfiaEèttt^tmeàu^ h» br^& qtof en lai éMtide^ et à ideaittë qo'^Slen sottt eti éMetîti On refeeânait eetéttft eii itttfod«isant detfK Ms par Jour dans lé tMmpeair
nis de tabliers pour empêcher Taccouplement, et qui foirf noMunUrt «ttslmiq|e«« ka iMfbi» 4«i soiit en cbàlear.
Les eaMMMffes de la laine amt fort variés anjonrd'hti} tes les fkà ImXLh bet^^tos 4e rAHeinagftfe; mail» ht distiaotoi^ la( phia trappàttiâf etitre elles cimsièfe dans ht loupm» de lâ lafaie qni la rend propre à des usa^^es diflRrènts. FistttoiircHaL ehevéhé ât reproduire et à acftoHré Icîs qualités eêsentidlea qa eonsi^tenC principsdemènt dans la 'finesse , f^Skstààiê j la douéeto* ou le mcielleaie , et à éviter certain^ débvig pafTtti lesqueia on remarque principalemeni la disparition de la toison à se feotrer. Les toins dans l'appafoSlage tendent à corriger ces défiatuts , par le choix dtr mâb qu'Ai deiittee à ifliaqtie ftmelle. La inùtih'A la tnairi prcsenle dene le Hioyên le pins efficaèe* d'introduire dané aie bergerie aene grande uniformité entré tous lés animaux, WQB le rsqiport dea csûMèèrm de la toison, et tme certaine ^SAiilé dan» la kdné prodeite par lei^ diverses parties du mps de l'animal. Cdlle dernière céMAé}tèM(m est d'une trè»'hauteiaqKirtancé, carcertains anhnauxpourrontdonner h moitié oii même les trèis quarts de leur toison en laine ae, landii» q^ d'antres n'en produiront qu*ttn quart
lââ bAtBS a LAiNB.
oumédBeoMHttsdelamtoaeqiiBUié; eilerostede'laliWMHi se compose de laine d'une valeia' beauoaup. moindre. . L'appareillage qui a pour but raBftéUwatûm des toiscms sous ces divers rappçNTts, eoi»tittte>uikaiAtoHlqiécial9 dans lequel eicellfint im assez grand nombre d'hommes en AU»* magne^ soit parmi Ies^propné(aîres« euE-^mèmes y soit p«rmi les agMits agricoles connus dans ee pajiS sous le nom. de f^etvxdUf!^ ; et la perfection des produits de ckafue bergerie,, ainsi que la réputation dont.ils jouissent , depenlent essenlidkment de la sagacité de rhommequii^cise les i^pareil* lages 9 et des soins minutieux et coDstai^ qtt'ï prepid pou» connaitry, av^ les plus grands détails, les çani^ins spéciaux de la toison de. chaque individu mAle on ftmelle do troupeau.
Afin de se procfUTOT un grand chois paiini las béfiera^pifl Ton peut employer à la monte, on ner soumet communément à la castration dans leur jeunesse qae la moitié ou k ti«rs des agneaux, composés de ceux chez lesquels onrreeonnÉtt les caractères qui indiquent que leurs toisons n^aurenk pas une ;grande siqiériorité. L^année suivante, on . fiiH encore chAtrer ceux dont les toisons sont de qualité îaférieure, et ce n'est qu'à la troisième tonte ^fn'on-.ftdt un choix définitif des animaux les plus distingués par le» qualités de leurs toisons. Ordinairement toutefois^ on nom*: mence à essayer , dès l'âge de dis-huit mois , les bélier» qui annoncent le plus, de distinction, en leur faisant, saillir seulement vingt ou vingt dnq brebis, afin de ne pas les fatiguer ; on examine attentivement les produits jde chacun relativement aux qui^lités des brebis qu'il a ssûUies ç et l'on tire de cette eon^araison.dés indices fcwt utiles^ sur la valeur de chaque bélier . pour l'amélioration ; car l'expérience montre qu'à finesse égale ei^re deux béliers , l'un peut montrer beaucoup plus de dispositions que l'antre à reproduire la haute finesse dans ses dèscen^
BIÏTES A LAmS. IJ}
dants. Tout ce que je viens de dire sur la mcmte à k Biaj^ et sur les soins dans l'appareillage, en prenant en consi^ëra: tion les diffîrences. individuelles de tous les animaux de; deux sexes, peut s^appliquer aux cas où Ton a en vue l'aînélioration des formes du corps des animaux y aussi bien quViux circonstances où l'on recherche principalement 1^ perfectionnement des toisons. Cest par cette mardie q^^ l'on peut arriver rapidement à des modifications prononr oées dans les races.
Jusqu'à ces damiers temps, on s'étaitoccupë presque exr elusivement en Allemagne à améliorer les toisons sous le rapport de la finesse et des autres qualités qui donnât p^us de prix à la laine. Hais on a reconnu généralement qu'on avait tr(^ négligé, dans cette amélioration, d'avoir égard m poids des toisons ; car il en est résulté des bétes à l^Mne d'une haute perfection sous fe rapport de la finesse et. de Tégalité^ mais dont les toisons sont généralement très*-Êuibles. Dans beaucoup de bergeries les plus renommées, 4e :!& Saxe, le poids moyen des toisons des brebis adultes et antenoises n'est que d'une livre et demie de laine lavée à dos, et dans les belles bergeries de la l^lésie et de la Bohème, x>« lons'est plus occupé depuisquelquetemps de prévenir lj[itro| grande diminution du poids des toisons, ainsi que dans quelques bergeries de' la Saxe et de la Prusse,, où l'on a ,doimë cette direction à Famélicnration , cette moyenne ne dépasse presque jamais deux livres ou un kilogramme par tète. On peut calculer approximativement qu'une livre jde laine soigneusement lavée à dos, comme on le frit dans tous ces pays, représente deux livres en suint, en sorte que cela donnerait un poids moyen de toisons supposées en suint , qui varierait de trois à quatre livres entre les diverses bergeries à laine superfine de l'Allemagne. Ce poids est trèsfaible, car la taille des animaux n'est pas en général trèspetite;, et le poids moyen des brebis peut être évalué à ea-
I24> BÉTBS A LAINE.
viroB Boixante livres. Atijourdliui on &it «ne grande attentkm à cette eDnsidël*atbn , et l'on attache tin prix particidier aux animaux qui joignent à nne grande finesse de laine uit poids un peu ëloYé dé là toison. Il est au reste fi>rt diffidie de réunir ces deux conditions , et il est ineôttlestiible que la haute supériorité i laquelle on est par- Tenu dans les bergeries de mérinos de f Allemagne, sous le rapport de la beauté de la laine , est due précisément à ce que Ton y a négligé pendant longtemps le poids des toisons, ou du inoins de ce qué Ton en avait &it une considération fttart Sticondàdre dans le dioix des béliers.
On cMipi^ndque c'est toujours relativement au poids du corps des animaux, quV convient d'apprécier celui des toisons» Dans les thérinos ordinaires , le poids de la toison en suint est eomtntinéntônt le dixième! de Tanimal tondu , supposé en état moyen d'embonpoint ; et il dépasse souvent tcftte proportion. Pefidant quatorze années que je me suis occupé de l'amélioration dhin troupeau de mérinos à RoviDe, eti ayant pour point principal Tslccroissement delà finesse de la lamé, j'ai adcfpté toutefois pour principe de ne pas employer un bélier à la monte, quelque fin qu'il Iftt, si le poids de la toison U'était pas très-approximativement le dixième de celui de l'animal . A cet effet , aussitôt que chaque bélier était tondu, on pesait à part la toison et Fanimal. On faisait de même pour les brebis , et les poids étaient annotés silr un registre destiné à cela', en regard du numéro distinctif de chaque animal. Ces opérations, longtemps continuées, m'ont permis de reconnaître combien il est difficile dé rencontrer dans le même individu une haute finesse de la laine avec une certaine égalité entre les diverses parties de la toison , et en même temps un poids élevé de cette toison relativement à celui du corps de l'animal; pour poursuivre la route que je m^étais tracée , j'ai été forcé de faire le sacrifice d'un grand
nombre de béliera de haute fineMe. La iiiffiesllé 0e eomplîqueratt encore bien davantage, si Ton voidi^t élever ' la pFéteBtio& d'améliorer ett nême temp» les formes des animaux sous le rapport de l'aptitude à Fespraissemeiit ; et Ton reconnaîtrait bientôt que sur quelques eentaines de béltars , on en troitverak à peine i|n que Fon pèt c«bployer à la reproduetion avec rintention dé ponrsuiyre à la fois ces di^ércnts buts. On pourrait Men plus faeilement concilier le poids âeré des tdsoBS avec les formes des animaux propres aux usages de la |)oucherie , parce que ces qualités se lenoonitont bien plps firëquoDHAent^ dans le m^ae individu , et sont le résultat de régimes andogues; mais il fiiudrait presque toujours sacrifier la finesse de la laiue qui se omoilie difficilement arec ces autres qualités.
£b suivant la roitfe que je m'étais tracée, j^ai beaucoup acoru la finesse du troupeau deRoviUe, sans perdre sensiblemeut sur le poids relatif des toismis : ce poids varie toujours d*uae tonte à l'autre , comme chacun le sait, mais il n'étaîf presque jamais au-dessous de neuf pour cent du corps des animaux, sur la masse de toutes les bétes adultes du troupeau ; et il montait qualqurfois jusqu'à la proportion de 11 à 12 pour ceat. Je n'ai pas tenté de pratiquer la monté à la main , parce qu'il m'était impossible de donner personnellement des soins assidus à cette opération si minutieuse et si délicate- Cela a été cause que l'amélioration n'a pas marché aussi, rapidement qu'elle aurait pu le Ëdre, et que le troupeau n'est pas parvenu à cette égalité si désirable entre tous les animaux , relativement à la finesse de la laine; mais au total et en moyenne, la finesse de ce troupeau s'est sensiblement accrue, sans perte appréciable sur le poids des toisons.
Toutes les fois cpie Ton veut amâiorer un troupeau de bétes à laine , sdt sous le rapport de la finesse des toisons,
Ubrary
soit 8€m le raj^drt des fennes des anknaiix, niftis surtoat loisqa'ra veut pratiquer la monte à la main, il est indis* pensaUe de procéder comme on le fidt généralement dans tontes les bergeries bien soignées de l' AUemagne , c'està-dire de cons^ryer des états de la filiation de tous les individus du troupeau. Cela suppose que l'on emploie un moyen d'individualiser tous les animaux qui le composent, ce qui se Eût à l'aide d'im numéro d'ordre qui distiagiie chagua individu. Dans quelques bergeries, le numéro indicatif est tEacé sur de petites feuilles de ferblanc ou de petits morceaux de bois que l'on suspend par divers moyens au cou des ammaux; mais ces numéros se p^ent souvent ; et il est préfiâraUe d'indiquer le numérotage à l'aide d'une combinaison de crans ou entailles placés aux diverses parties du bord des deux oreilles. Une brebis marquée l'est pour toujours, et les plus simples aide-bergers s'babituent&cilementàlij» ces numéros. Je crois devoir décrire ici ce mode de numérotage que j'ai employé pendant fort longtemps, et qui peut s'appUquer aux porcs de même qu'aux bétes à laine. .
Si l'observateur place l'âmimal entre ses jambes, Is tête devant lui, cette dernière avec les deut oreilles lui présente à peu près l'aspect qu'ofitont les deux figures ci-dessous.
Dans la première, on a indiqué par des diiffies prés de icbaque partie du bord des deux oreilles, la valeur
B*ns A LincB. 127
Je diaqpie cran plaeé à cette partie de l'oralUe. Ces nom-
I lires sototcoDune on fe voit, les snmnts ^1,3, 10, 30,
\ 100 et. 300. Lee nombres les plus faibles commencent i
? la partie postërieore de roreille gauche, et les plus forts
le trouvent il la partie postériisinre de l'oreille droite, en
stffile que la prQgDession se £dt en tournant autour des
omlles ^ de la «tête dans une direeti<m constante, et
éans ui^ ordre qui se grave fiidlemenC dans la mémoire.
Ces mÀnbres ont été combinés de telle sorte que l'on
peut produiro tous les «nméros jusqu'au maximum, sans
è^passer le nombrede trois crans à cbaque fitce des oreilles^
Bans la figuse â^* qui représente Ja même tète, on a indiqué la place des crans qui devraient exprimer le oumëro 796«
Pour Uro ce numérotage^ :on doit toujours commencer par les crans qui indiquent les nombres les plus éleyés; et «1 tournant autour des oreilles, on parcourt successi- Tcraent tous les crans, en additionnant par la pensée les nombres qui les espriment à mesure qu'on les rencontre.
On voit que chaque oreille offre trois places où les crans «qpriment des nombres différents, savoir le bord antérieur, le l>ord postérieur, et l'extrémité ou la fiante de l'oreille. On peut ftcilement prati^pier, à chacune de ces ^oes, trois crans séparés des autres par une assez grande distance , en sorte qu'ils sont bien distincts. Si les deux oreilles portaient la totalité des crans ainsi distribués, e'est-à-dire neuf pour chacune, cela exprimerait le nombre 1332. Mais comme on peut encore placer âcOement deux crans à la place où chacun d'eux exprime trois cents , il en résulte qu'on peut, par cette méthode, pousser le numérotage jusqu'au nombre 1932.
Ces crans s'exéoitént très-fiicilement à l'aide d'une petite pnee à main dont les mâchoires forment un emporte- {Hèee de la forme d'un Y. On marque ainsi chaque agneau
lâB BÉraS ▲ LâlUB.
peu d« jours après sa namaiice, «n indiqiiaBt le numéro de 1^ mèfe ser le reptire d'agnelage ; et eoMne à Véêè du registi» de la monle, oncomuitt le MUttéraduMier qui a flaîlli cette bidde, dam le eyitème de meulf A la iiMin, on poiaède mm les 41éme«M couplets de h filiation de ehaque animal. Sur le regiitre de la tente^ nn îadifue A meeure, en vegafd du nmnéve de diaquê animal tendu, le poids do sa toison , a{nri ipie celui de l'animal 1« même que l'en pèse aussitôt. On y Joint h note dn degré de finesse, les antess earaetères de la kdne, ainsi que dn plus ou moins d^égalité do la toison, fm la combinaison de œs- mojoQs , on possède la connais* sanœ la pkis oenqilète de tous les inditidos d'yn tronpeau | et Ton rend faciles toutes les combinaisons par lesqudles on peut- tendre à raméUonitioii ikis toisons par les apparmllages.-
l.<Nrsque Ton marque les agneaux , on fidt deux séries do numéros , Tune pour les mâles et Fautre pour les femdes. On pourrait done employer la métbode de numérotage que je viens d'indiquer, dans les troupeaux ^tiém^nsnt nombreux où il naîtrait chaque année près de È^liûà agneaux de chaque sexe. Il faudrait alors roeommenoer une série de numéros cbaqne année. On pont procéder de même dans les troupeaux beaueoi^ moins nombreux; mais quelque soit le nombre des agneaux, si l'on commence disque année une nouirelie série de numéros, il fiiqt distinr tuer par ' un signe partioulier les agnoi|ux qui naissent ohaque année, afin d'éviter par la suite rinoertttnde que kiasent toujours les signes de l'âge. Pom* j parvenir, on pratique un petit trou rond au ofntre d^une des ovsîHes, par exemple de l'oreille droite , pour tous les agooaw qni naissent dans la mémo année. L'année suivante, on iQarque tous les agneaux par un trou semblable à rorriUs gauehe; la troisième année, on fera deux trous à l'oreille
bAtes a lainb. 139
*wte; k <|«la«riéiiw deux liwus A lordlie gaucbe, et b ewtnièiue aanée «a «e «t «ucan trou. On a par ce moywiifte «éifo de dwf années, dont les agneaux sont Me» diMiM«8 mte «MX, «e «fui «st bien suffiaaBt, puis- <pe les «msrK ou ks inontitudes de l'âge, d'après les indices des dettts^ m peuvent jamais s'étendre aussi loin n«« beMieoup de bergeries de l'Allemagne, en procède mnamauMî «t l'on oontinae la même série de no- ■éros pédant plusieon années ; et c'est seulement par le» re^Êtesê d'âfadtefe , qu'en reeonnatt l'année de la nais- «nce de chaque agneau. Pwir qu'«a puisse adopter cette "Ahode, il ftttt quela série entière ée numéras puisse «■ifcrwer «akib»s les naissance» peiriant im^ sitaéet ennron, afin que lits mêmes nnméros ne rerienant que ter 40g anittiiitt d'âge assez diAirent ponr ipi'on puis» les di8ti»gu««- sans knéprise. On peut donc appHqoer C4M» tt«tfa»âé « tous les ti^upeanx où il ne natt pas ^kis de 4«0 «gneaux de chaque sexe par année; et il «SI ft)rt MPè qu'il en existe de plus nembnnx «a Fnneev L'«uï» ttéâiode me seaAto teâtefais prêl^iahle \ane qti'eMe fonmtt rindicaaien exacte de l'âge de diaque «^^', <r^rès la seide inqteotio» des «Milles, et sans q»'il «oit nécessaire de rëieoutir aux registre». L'époque où r<m exécute le plus eoramodément les ttvus qui in- «fiqueaft IMge, est ceUe de la tbnte et» agneaux; en pratiqve les Utoas A mesure <p»'on «Md ceux de «hs^M •nnée; et cela se fiiit à Faide dMtt empôrté-pièc» «em. bbble h ceux dftirt se servent les seIKèrs : m étend l'oreffle de l'animal sur un petit Mllot de bms, «tleiroa
«t «pérë par un coup de maillet ftppMqttë sur l'«mip«rt6-
inèce.
LNiSages'^stftrtïoduitdattsla plnpttft des bei«eriM de ^•étiaoa, de fidt« uattre les agneaux de VrèS-honne heare An» la saison «t souvent dès le 3S décembre. Dans les
^30 BÊTfiS A LAINE.
troupeaux de raee commune au contraire , on ne fidt- naître ordinairement les agneaux que vers le mois de mars ; et cette ipratique est vraiment plus rationnelle, parce que les brelns trouvent .é^ de la aourriture aux pâturages pendant qu*elW allaitent, et les agneaux, dès qu'ils^ peuvent brouter rherbe, pourront déjà recevoir une bonne nourriture dans les pâtures choisies. On a dit souvent, en &veur de la première* méthode , que les agneaux deviennent plus forts, lorsqu'ils naissent de bonne heure: sans doute ils sont plus forts à une époque déterminée, par exemple au mois de septembre de Tannée suivante ; mais il n'y a aucune raison de croire qu'ils seront plus forts à âge égal, ce qui est la seule diose importante. On a répété bien souvent aussi que, lorsque tes agneaux sont nés de bonne heure, les antenoises seront plus fortes lorsqu'on les fera saillir dans la seconde année ; mais l'erreur ici est évidente: car si Ton a retardé l'époque de la monte pour faire naître les agneaux plus tard, on doit supposer que cette époque sera la même, lorsqu'on fera saillir les antenoises en sorte qu'elles auront le même âge dans un cas comme dans l'autre. Au reste, c'est seulement dans les bergeries où l'on peut disposer d'une nourriture d'hiver très>abondante, que l'on peut se permettre de faire naître les agneaux pendant Thiver : car, si les brebis n'étaient pas très->fortement nourries pendant l'allaitement , et si l'on ne distribuait aux agneaux une provende de grains ou d'autres aliments choisis, jusqu'au moment où ils peuvent trouver de la nourriture aux pâturages , on n'aurait aucun espoir de les faire prospérer. U vaudrait beaucoup mieux alorsadopter, pour les mérinos, Tusage de Êdre naître les agneaux au printemps; et peut-être cette méthode , conforme aux indications de la nature, est-elle la meilleure pour tous. les cas. Dans quelques bergeries très-bien soignées de l'Allemagne , on a adopté depuis quelques années la méthode de faite naître
BÊTES A LAIIIE. 131
les agaeaux en juUlet et août ; et quelques propriétaires 'S'applaudissent beaucoup des résultats qu'ils en obtiennent, parce que les pâturages d'automne étant généralement plus abondants que «eux de printanps, les agneaux profitent mieux dans les premiers moments de leur naissance, ce ^ importe beaucoup pour lew déyeloppement futur.
Les brebis portent environ cent cinquante jours, quelquefois «m ou deux jours de plus ou de moins. C'est d'après 4sette connaissance que l'on se réglera pour (aire oaitre les agneaux à l'époque que l'on aura choisie. En efiRaC, les béfiers doivent être tenus séparés des brebis jusqu'à i'^oqne de la monte; sans cela, les agneaux naîtraient à des. époques indétenninées et pendant un long espace de temps, ce qui jNrésente beaucoup d'in- •convénients. La chaleur des brebis revient après un intervalle de dix-sept jours; mais elle est prindpalemeiit détenninée par la présence des béliers. Lorsqu'on ne ^a* tique pas la monte à la main, en ne met 'd'abord qu'un petit nombre de bâiers dans le troupeau ; et l'on en ajoute sneoesaivement, à mesure que l'on reconnaît qu'un plus grand nombre de brebis sont en chaleur. On doit laisser quelques béliers pendant soixante-dix jours au moins , a&i que les brdMS qui n'auraient pas conçu à la première ou à la deuxième chaleur, puissent encore prendre le bélier à la troisième. Les béliers de monte doivent toujours recevoir une provende journalière de grains , à dater d'une quinzaine de jours avant qu'on les mette avec les brebis ; et ce régime continue pendant la durée de la monte. Trois béliers pour cent Inrebis, sont généralement nécessaires dans le fort de la monte, et si l'on emploie des antenois ou des béliers £dbles, il vaut mieux en mettre quatre ou cinq. On peut obtenir de forts beaux agneaux des béti^rs antenois; mais on doit les ménager beaucoup , si Ton ne veut pas nuire à leur développement.
132 bAtes a laine.
Quant aux Semelles y. il est certain que des antanoises fortes et bien constituées sont en état de produire de beaux agneaux sans inconvénient ponr elles ; mais les antenoise» fiiibles doivent être écartées de la monte. Si Ton avait l'intention de grandir la race , il pourrait être convenable de Êdre saillir les femelles une année plus tard , c'est-àdire à l'âge de deux ans et demi environ. Les temdle» pleines doivent recevoir un supplément de nourriture > surtout vers la fin de la gestation : on aurait peine à se persuader jusqu'à quel degné l'état d'embonpmnt des brebiis, à l'époque de l'agnelage j influe sur la grosseur et la vigueur des agneaux, et sur l'abondance du kdt qu'auront ensuite les mères. Pendant la gestation , on doit prendre les plus grandes précautions pour éviter que les brebis soient tourmentées par le& chiens, ou pressées en passant par les partes ; et il résulte beaucoup > d'avortements du défaut d'atWtion à cet égard.
S 2^ SOINS DEPUIS l'Époque de i*a naissance.
SoMMiiAB. — SoIds à Tépoque de Pagnelage et peadant Tallaitement» — Castration et sevrage. — Denamination des agneaux à leurs divers âges. — Connaissance de Tâge.
L'époque de la naissance des agneaux est cdle qui exige le plus d'attention et d'activité de la part des bergers , et c''est de leurs soins que dépendra -grande partie le nombre plus ou moins conadérable d'agneaux vivants au sevrage^ que Ton obtiendra du troiq>eau. Lorsqu'une brebis est eo travail, le berger doit s'en aperc6V«»r aussitôt , et elle doit être mise , soit d'avance , soit aussitôt que l'agneau est né ,
^BTES A LAINB. 133
dans une loge où Ton réunit ainsi les brebis avec leurs agneaux, pendant les premiers jours de leur âge. Il est même beaucoup de brebis, surtout dans la race mérine, pour lesquelles il est indispensable d'enfermer d^ns une petite loge séparée , la mère seule avec son agneau , jusqu'à ce quelle le connaisse bien. Enfin, dans cette race, beaucoup d'agneaux, surtout parmi les plus faibles, dépérissent et meurent souvent , soit parce que les mères n'ont pas assez de hit pour les nourrir, soit parce qu'elles se laissent téter par d'autres agneaux plus forts ou plus hardis. Le berger doit connaître les agneaux qui réclament ainsi des soips particuliers , et il les tient enfermés à part avec leur mère , ou il leur feit téter à la main les brebis qui ont abondance de lait.
Quelques chèvres nourries constamment dans la bergerie, sont fert utiles dans cette circonstance; et Ion peut sauver ainsi beaucoup d'agneaux faibles ou dont les mères manquent de laii, en leur&isant téter ces chèvres. On peut aussi donner à ces agneaux un supplément de nourriture , en leiu* présentant du lait de vaches tiède , qu'on leur Ëdt sucer à l'aide d'un biberon. Dès l'âge d'un mois environ , les agneaux commencent à manger , et on leur distribue du foin tendre et fin ou d'autres aliments , en profitant du moment où les mères sont hors de la bergerie. Plus tard on pourra leur donner un peu de grain concassé. Si c'est au printemps, on leur consacrera quelque pâturage de choix où on les conduira à part , à moins que les brebis n'aient elles-mêmes d'excellents pâturages très-rapprochés de la bergerie; car alors il ne serait pas nécessaire de les séparer.
La castration des mâles s'opère communément à l'âge d'un mois ou deux, et presque toujours par l'arrachement des testicules. L'opération à cet âge est sans aucun danger. En même temps on coupe les queues des fonelles à trds ou quatre pouces de leur naissance. Le sevrage neâoit pas s'opé^ rer avant l'âge de quatre mois ; et on procède graduelle--
134 BÉTBS A LAINE.
ment , c'est à-dire, en augmentant d*un jour à l'autre Fcspace de temps pendant lequel les agneaux sont séparés de leurs mères. On les en sépare enfin tout à fait , et Ton a soin de les entretenir éloignés pendant eneoi» assez longtemps , afin ^'il» s'oublient réciproquement.
L'âge des bêtes à laine se connaît par l'inspectiw des^ dents ; ces animaux conservent la dénomination d'agneaux et d'agnelles , jusqu'à la naissance des agneaux de Tajinëe suivante, c'est-à-dire, pendant un an. A dater de cette époque , on les appelle antenois et antenoises , nom qui leur reste encore pendant une année. Les agneaux ont huit dents de lait étroites et pointues à la mâchoire inférieure, outre les molaires. La mâdioire supérieure n'en porte pas. A l'âge d'un an ou d'un an et demi, c'est-à-dire , lorsque les agneaux prennent la dénonunatien d'antenois , les deux incisives du milieu tombent et sont remplacées par une paire de dents plus larges. Uannée suivante, les deux dents pointues voisines de» précédentes ^ tombent également et sont remplacées par des dents larges. L'animal est alors dans sa troiâème année. Un an plus tard , c'est-â*dire, au commencement de la quatrième année, lesdeiHc dents pointues qui suivent font également place à des dents larges. Enfin, dans la cinquième année, les deux dernières dents qui forment les extrémités du râtelier des indsives, éprouvent le même changement. Ainsi , la hôte de deux dents est celle qui est dans sa deuxième année ; et l'on emploie plus fréquemment pour elle la dénomination d'antenois. La béte de quatre dents est dans sa troisième année, celle de six dents- dans sa quatrième-, et celle de huit dents ou bùuche faite y est dans la dinquième année de son âge. Ces changements s'opèrent toutefois avec quelques variations , relativement aux époques ; en sorte qu'il y a souvent un peu d'incertitude sur l'âge précis d'un animal. A partir de rage de cinq ans faits, on ne connaît plus celui des bétes à
ràTBS A LAINB; i35
laine que par Tusure des dents qui , toutefois , deviennent de plus en plus longues , parce que les gencives se retirent. Cette usure varie infiniment selon les circonstances , ea. sorte que l'âge devient fort incertain. La nature du sol des pâturages influe beaucoup sur la promptitude deFusure des dents, et les bétes nourries dans les pâturages sablonneux y paraissent plus vieilles que celles qui firéquentent les sols calcaires. On ne conserve guère les bétes à laine au-delà de Tépoque où les dents se carient et tombent par éclats. Cependant , pour des animaux précieux, si on veut les tenir à part et les nourrir d'aliments d'une mastication très- facile, on peut les conduire jusqu'à un âge fort avancé. I^ns beaucoup de troupeaux, surtout dans la race mérine , dont la vie paraît avoir une plus fongue durée que dans les races communes , il n'est pas rare de trouver des brebis de dix ou douze an&qui donnent encore, chaque année, de forts beaux agneaux , et l'on peut les conserver souvent jusqu'à Tâge de dix-huit ou vingt ans, en les nourrissant à part avec soin.
136 bAtbs a lainb.
SECTION IIl.
NQyBJlXTIIBi: ET HÉiOIMB.
KOVRRITURB l>^éTB.
$0Mip4UU(. — Pes pâtiuca@e9 iwtnceku -^ Circotsl«nçoA<hi«iU0qttellet ils doivent être conservés.— Moyen de les améliorer. — Dangers des pâturages humides. — Vaine pâture des terres arables et des prés naturels.-* Epoques de Tannée auxquelles on peut en user sans inronvénient, eloù elle offre des ressources pour la Bournture des bétes à laine. «—* Diminution des produits de la vaincs pâture, à mesure que les procédés de culture s'améliorent. -—Pâturages artificiels. — Imjiortance de Tordre que Ton doit mettre dans la consommation des pâturages.
Les personnes qui veulent entretenir un troupeau de bétes à laine, doivent s'assurer avant tout d'un approvisionnement suffisant de nourriture pendant toutes les saisons de Tannée : dans de certaines circonstances agricoles, ces animaux trouvent une nourriture abondante dans des pâturages, à certaines époques, mais ils sont dans la pénurie dans d'autres saisons. Là, on peut se livrer, soit à Tengraissement, soit à des spéculations d'entretien temporaire d'un troupeau , mais on ne peut s'y livrer à Télève qu'avec un grand désavantage , soit qu'on considère les troupeaux sous le rapport de la production de la laine , soit qu'on ait en vue le développement du corps des animaux. La nourriture annuelle des bétes à laine se partage en deux périodes bien distinctes : la
BÉTBS A LAIHS. 137
Bourritiire d*étë qui a lieu sur les pâturages, et cdle d'hiver qui se doone à la bergerie en fourrages récoltés et eimoagasinéi) à cet effet.
Les pâturages peuvent se diviser en trois classes ; la première comprend les fâtur^eê naturds, c'est'^à-dire, les landes» Imiytees, bois, broussailles, et autres terres qui n'ont pas enoove été soumises à la culture, ou qui ont ét4 irendues 4 leur état naturel d^wds un temps plus ou moÛM loiig« Ia seconde est formée de ce que Ton dé^ à^pÊe pliift spécialement sous le nom de vaimpdiurey c'està-dire, le pAturage sar les terres en jadière , sur les chaumes après la récolte , et sur les prés après la coiq»e de la première ou de la seconde herbe. Les fâhuraga orH-ficieU composent l» troisième dasse; ce sont ceux qui sont créés par les soins du cultivateur pour la nourritore des troupeaux.
Les pâturages naturels font encore la prindpale ressource pour la nourriture des bétes à laine , dans les cantons où Tajct agricole est peu avancé. Cependant leur étendue tend sans cesse à diminua par l'efiTet de Taccroissement de I^ population et des progrès de l'industrie, parce que de nouvelles étendues de terre sont mises chaque jour en culture. On doit peu le regretter, dMis l'intérêt même de la propagation des bétes à laine; car les pâturages naturels ne peuvent fournir la subsistance qu'à un nombre d'animaux beaucoup inférieur à cdoi que peut nourrir la même étendue de terre soumise à une culture judicieuse, et cette terre ottre alors en mém» temps une multitude d'autres produits pour les divers besoins de l'homme. Il est cependant quelques terrains qui doivent rester en pâturages naturels destinés aux bétes à laine, parce qu'ils ne poiurraient vraisemblablement être employés plus utilement d'une autre manière. Ce sont ceux qui sont situés sur le penchant des montagnes, et dont le sol n'est
pas assez riche poiir pouvoir être employé avec plus de profit à l'entretieu^ du bétail à coi*nes ; ainsi que des terrains plats ordinairement élevés , mais dont la couche de terre végétale a trop peu d'épaisseur^ ou dont le sol est trop aride et trop léger pour pouvoir être soumis à la culture avec profit* Ces pâturages ne peuvent nourrir qu'un petit nombre d'animaux pour de grandes étendues; et ils ne peuvent guère être améliorés, parce que les principales améliorations ne pourraient s'obtenir que par les résultats d'une bonne culture , et on les payerait sou* vent trop cher dans de tels sols. Il est cependant un genre d'amélioration qui peut être très^utile et très-profitable ;^ ce sont les soins que l'on prend pour égoutter et assainir certaines places humides qui se rencontrent souvent, même dans des terrains fort élevés et en pente r l'humidité n'y est souvent que souterraine , et il n'en jaillit pas de sources; mais le sol reste détrempé à la surface sur des espaces plus ou moins étendus, quelquefois pendant toute l'année , quelquefois seulement en hiver et au printemps. Des espèces de plantes particulières et propres aux lieux marécageux, croissent spontanément sur ces places. Quoiqu'elles ne forment souvent qu'une étendue très-restreinte relativement à la sur&ce totale, et quoique l'humidité disparaisse à la surface dans le cours de l'été, le pâturage sur ces terrains n'est pas moins très* dangereux pour les bêtes à laine en automne ; et il semble que leur effet nuisible résulte des exhalaisons qui ont leur source dans le sous-sol encore imprégné d'humidité. On ne peut mettre trop de soins à corriger ce vice dans les pâturages de moutons ; et beaucoup de localités dont l'expérience a £adt reconnaître l'insalubrité pour les bêtes à laine, doivent cette propriété à quelques espaces souvent trèsrpetits , et que l'art n'est pas venu assainir. Le remède est ordinairement faicile et peu coûteux , lorsque le
BÂTES A LAUfB. Ï39
terrain a une pente suffisante. C'est à l'aide de saignées couvertes qu'on se débarrasse le plus faoilement de cette espèce d'humidité dans le sol; mais il fout que les saignées soient dirigées avec intelligence , de manière à aller ehereher l'eau, par leurs ramifications, dans toutes les parties où elle imprégnait le sous-sol. Ces saignées ont leur issue dans un cours d'eau naturel ou dans un fossé que Fon pratique à cet effet, et qui conduit l'eau hors de la pièce. Ce n'est ordinairement que l'année suivante , surtout dans les sols argileux , que le terrain se trouve complètement assaini , môme par les saignées exécutées avec le plus de soin, probablement parce qu'il fiiut un certain esjpace de temps pour que Peau se crée de petites issues dans toute l'étendue du sol pour se rendre dans les saignées couvertes.
Les pâturages naturellement plus fertiles, sont généralement réservés au bétail à cornes. Cependant on y met quelquefois les bétes à laine au printemps , lorsque l'herbe n'est pas encore assez élevée pour le pâturage des grands animaux ; et lorsqu^on n'use de cette ressource qu'avec modération, on ne nuit pas à la croissance ultérieure des herbes : on croit même , dans plusieurs localités , que le pâturage destiné aux bétes à cornes en est amélioré. Quant aux pâturages naturels sur des terrains bas et humides , les bétes à laine doivent en être écartées avec soin; mais c'est surtout à Tautomne qu'ils leur sont éminemment nuisibles , en faisant naître la pourriture ou cachexie aqueuse; Le pâturage des terrains aquatiques et acides est nuisible en tout temps.
La vaine pâture produit, à la fin de l'été et en automne,, une nourriture abondante pour les moutons , soit sur les prairies saines et sèches après la coupe de Therbe, soit sur les chaumes des céréales , après l'enlèvement des récoltes. Ces pâturages se continuent au printemps dans les prés-,
140 BÂTES A LiINB.
jusqu'à nab époque qui varie selon les loealités, et qui est déterminée par la pousse de la nouvelle herbe. Dans le nord de la France, on peut ainsi fidre pâturer les prés naturels sans inconvénients pour la récolte du foin , jusqu'à une époque qui peut s'étendre du 15 mars au 10 avril, selon la situation des prés, et selon la précocité de la saison. Partout où Ton use de la vaine pâture en c(»nmun^ les règlements fixent une époque déterminée et uniforme pour Texclusion des bétes à laine des prairies : c'est un usage très> vicieux, et ce pâturage ne peut être utilisé avec le plus de profit possible pour les troupeaux , et sans d(»nmage pour les prairies, que par les propriétaires eux-mêmes qui peuvent, selon la situation et les circonstances, en user ou le . &ire cesser. En eifet , la récolte du foin est considérablement diminuée par ce pâturage , s'il est continué un peu trop tard. Dans cette saison , on peut aussi , sans inconvénient pour la santé des bêtes à laine , Êiire pâturer les prés soumis à l'irrigation, pourvu que l'eau en ait été retirée quelques jours à Tavance, et que le terrain soit bien égoutté. Il n'en résulte de dcMumages que les dégradations que les pieds des animaux causent aux rigoles. Mais en automne, le pâturage de ces mêmes prés est ordinairement funeste aux troupeaux , quand même ils seraient parfaitement secs , et encore que l'irrigation n'ait eu lieu qu'au printemps.
Dans les terres arables , on continue de faire pâturer les chaumes jusqu'au premier labour qui suit la récolte ; et dans les terrains soumis à la jachère , le sol fournit aicore quelque nourriture dans l'intervalle entre les labours ; mais cette ressource est de peu d'importance, et en supposant qu'on laisse les chaumes sans les labourer jusqu'après l'hiver, la vaine pâture laisse les troupeaux presque sans subsistance , dq^uis le mois d'avril jusqu'en août ou septembre. On a remarqué dans beaucoup de localités , que
BtfMê A LAIim. 141
le pâtara^ des chftntnes d'avoine , lorgqa'on en use à l'automne et a^ant les prend^^ gdëes, occarionne presqu'à conp sûr la eachexie aqueuse chez les botes à laine , et l'on n'y «nyme à cette époque que les troupeaux que l'on destine & la boucherie, ces pâturages étant éminemment engraissants. Cependant, dans d'autres cantons ^ on n'a pas fiiit la même remarque , et l'on feit pâturer indifféremment les troupeaux dMlève sur les chaumes de firoment et d'avoine. On ne sait pas encore bien à quoi tient cette diflërence dans les réisultats observés dans divers cantons.
La ressource que la vaine pâture offre aux hôtes À laine y diminue nécessairement avec les progrès de la culture ; car y non seulement la jachère disparaît ou se trouve considérablement restreiAle, mais les bons procédés de cullMte tendant à rendre les récoltes de céréales plus nettes d'herbes^ les chaumes fournissent une pâtui^ bien moins abondante ; et le procédé du déchaumage , que l'on exécute orcBnairement peu de temps après la récolte des céréales , vient enivre diminuer cette ressource pour les moutons. Aussi remarque-t-on généralement que les partisans des troupeaux de bétes à laine sont les ennemis nés des perfectionnements de l'agriculture, lorsqu'ils ne sont pas assez éclairés pour comprendre que d'autres combinaisons agricoles peuvent o£Grir à ces animaux une nourriture plus abondante.
Dans les systèmes agricoles les plus parfidts, on fait usage de la vaine pâture pour les bétes à laine, autant qu'elle peut se concilier avec les procédés de culture les plus fiivorables aux récoltes , et l'on met aussi â profit les pâturages natm^ls qui ne peuvent recevoir une dèsënatiott plus Iu(»^live; mais la nourriture d'été des troupeaux de bétes à laine est fondée principalement sur des pâturages artificiels créés â cet effet, et qui alternent dans les assolements avec d'autres genres de culture. Ces pâturages ,
142 BÉTBS A LAIlfS.
formés de pkntes choisies et cultivées sur des terrains bien préparés et amendés, nourrissent, à surfaK» égale , uae quantité de botes beaucoup plus considérable que les pâturages natwels. De quelque nature que soient, -au reste, les pâturages sur lesquels on peut compter pour la nourriture des troupeaux, il est fort important que le propriétaire ait une connaissance exacte de leur ensemble et des circonstances particulières de chacun d'eux, afin de régler la jouissance ou la consommation de manière que le troupeau trouve en tout temps une nourriture suffisante , sans excès et sans disette ; car l'un est presque aussi nuisible que l'autre. Il est bien rare que l'on puisse , à cet égard , s'en rapporter aux soins des bergers , qui sont en général disposés k saisir avec ompressement et sans prévoyance l'occasion de fournir luix troupeaux une nourriture abondante de quelques jours. II Êiut, au contraire, ménager chaque ressource de ma* nière à ne laisser jamais ces aninaaux dans la pénurie ; car ces alternatives sont aussi nuisibles à la santé des animaux qu'à la. qualité des toisons.. Dans les laines superflues principalement, les connaisseurs savent f(Nrt bien distinguer les porti4Mis du brin de laine qui ont crû sous l'influence d'une nourriture chétîve ou abondante, et cette inégalité en déprécie beaucoup la valeur. C'est là , on ne peut le nier, un avantage des pâturages naturels très-étendus , placés dans des situations diverses, et où il y a toujours vraiment abondance pour un nombre fort limité de bétes , relativement à la surÊLce: maisavecdes soinsjudicieux, on peut atteindre au môme but sur des espaces beaucoup moins étendus, lorsqu'on a bien combiné , relativement à leur succession , les divcnrses ressources dont on peut faire usage dans le système des pâturages artificiels. On a souvent cherché à calculer le nombre de bétes que peut nourrir un espace donné de pâturages ; mais il est bien difficile de déterminer ce nombre à priori , parce qu'il dépend d'une multitude de circonstances , indé-
BâTES A LAINE. 143
pendaiiimeiit de la fertilité du sol qui exerce toutefois constamment la plus grande influence sur la richesse du pâturage.* Dans quelques sols très-fertiles , ensemencés en plantes Tar^s et lûen appropriées à la nature du terrain , on peut entretenir quelquefois 25 à 30 bétes de taille moyenne par hectare, pendant toute la saison. Dans beaucoup de terrains maigres , on ne pourrait nourrir que la moitié ou le tiers de ce nomlnre. Ces calculs ne sont pas, au reste, d'une grande importance, parce qu'il est fort rare qu'à côté des pâtra^ages artificiels^ on ne trouve pas, pour les troupeaux, une partie de leur nourriture dans des pâturages naturels ou dans la vaine pâture. Il est prudent aussi d'avoir en pâturages artificiels un certain excédant, que Ton lauche pour foin, si Ton n'a pas besoin de le foire pâturer ; car des cir- .4x>nstances diverses peuvent diminuer le produit des pâturages, et l'on doit tout faire pour éviter que les animaux soient jamais dans Ja pénurie.
l^OUBRITURE d'hiver ET XOGEHSNT.
SouMÀiRE. — Fixation delà ration par tête. -— Proportion dans laquelle on peut faire entrer les racines dans cette ration. — Manière de les faire consommer. — Pailles et balles des cërëales. — Leur valeur pour la nourrittire des troupeaux. — Proportion dans laquelle la paille peut entrer dans la ration avec le foin et les racines. — < Va^leur de la paille des légumineuses. —^ Grains divers , sons de froment et tourteaux de lin. — Durée de la nourriture d^hiver. — Boissons. — Dispositions des bergeries. ~- Nourriture des bétes & laine constamment à la bergerie. — Gonstf uotioa des râlelieis.
La nounriture d'hiver des bétes à laine se compose généralement de foin de prairies naturelles ou artificielles , de paille, de racines,, et quelquefois de grains. En réduisant
144 nftTBS A LAIlfB.
en foin la valenr nutritive de tous les aliments que Ton ùit consommer aux animaux , xm peut calculer que deux litres de foin format à peu près la ration journalière de bêtes de taille plutôt petite que «tafide^ et dont le poids moyen^ $n tie, est de 50 à 60 livres ; mais on ne donne presque jamais le foin seul : une portion de la mtion se donne en raeitiêft, dans un état un peu avancé de Tari agricole y et ce régime convient parfaitement bien aux animaux. On doit alws fiter la qaantitë de racines que Ton distribue pour remplacer une cet^ône quantité de foin , d'après la valeur nutritive de chaque espèce de racines. Les betl«*aves et les pommes de terre sont celles que Ton donne le plus généralement ^ parce que ce sont c^es que Ton peut se procurer le plus Éicilement en grande qualité. Les betteraves surtout c<mviennent spédalement aux bêtes à laine t on peut sans inconvéni^it les faire entrer dans la ration poui^ une proportion plus considérable que les pommes de terre, par exemple, pour la moitié ou pour les deux tiers de la ration totale. On dent les découper par tranches. Les animaux les mangent toujours avec avidité , et elles procurent aux mères nourrices un lait très-abondant. J*ai dit ailleurs que d'après les expériences auxquelles je me suis livré , 200 .livres de pemimes de terre environ, ou 220 livres de betteraves de bonne espèce, par exemple de l'espèce blanche de Silésie , forment l'équivalent de 100 livres de foin relativement à la inculte nutritive.
La bonne paille de froment , d'avràae ou d'orge peut être considérée comme ayant, à poids ^ai, une propriété nutritive à peu près moitié moindre que celle du foin. Cela doit s'entendre toutefois de la portion de paille que les animaux mangent réellement ; mais il est nécëssaired'enmettrosiHr les râteliers une quantité beaucoup plus considérable , dont le reste sert de litière , attendu que les animaux ne mangeraient lès ibrtes tiges de là paille que dans le cas où ils seraient entièrement affamés. Les balles de froment et d'avoine qui
formi^nt une ressource très-importante pour la nourriture des troupeaux dans beaucoup de circonstances , ont certainement une valeur nutritive supérieure à celle de la paille et qai se rapproche de celle du foin. Il en est de même des coliques de colza et de navette , lorqu*on a eu soin de les emmagasiner à l'époque du battage. Les bétes à laine de race moyenne peuvent recevoir par jour et par tète une livre de foin , deux livres de betteraves et un peu de paille. Si Fon a de la paille en abondance , on pourra diminuer les autres aliments ; mais il ne convient jamais de dépasser k proportion de moitié de la ration pour la nourriture en paille. Si Ton donne de bonne paille à disca^étion et deux livres de betteraves par tête , on pourra ne donner qu'une très-faible ration de foin , par exemple un quart de livre. La paille ;âes pois, des féveroUes et des vesces récoltés pour graine, est particulièrement propre à la nourriture des bétes à laine; et Ton doit vraisemblablement bien lui appliquer une valeur nutritive intermédiaire entre celle du foin et celle de la paille de céréales.
Les grains ne s'emploient pas fréquemment à la nourriture des bétes à laine , du moins en grande proportion* Cependant, aux époques où leur prix est fort bas , relativement à celui du foin , on pourrait souvent les faire entrer avec profit pour une assez grande proportion dans la ration des troupeaux. On leur donne quelquefois de l'avoine ; mais d autres grains sont fréquemment à plus bas prix, relativement à leur faculté nutritive : l'orge , le sarrasin , les féyerolles, les pois, etc. , conviennent particulièrement à ces animaux. On ne doit pas donner les grains dans leur état naturel ; mais il est bien préférable des les faire égruger ou concasser. C'est iurtout aux agneaux et aux mères nourrices qu'on, les applique avec profit. Les sons de froment sont aussi une fort bonne nourriture pour les mères nourrices , ainsi que les tourteaux de lin , de colza ou de
146 BÈTES ▲ LAINB.
navette. Les tourteaux de lin sont particulièrement propres aux agneaux ; et on les leur dcMine soit découfés » soit diélajés dans leur boisson.
D'après ce que j'ai dit sur les raticms joumaUëreft des animaux , chacun pourra calculer la quantité de feurragpes ou de racines qui çera nécessaire pour raiq[HNyfisiomiem0Kt de son troupeau. Dans le nord de la France , on compte conimijaiément que la nourriture d'hiver comprend iSO'joiirs ; mais il est des années où ce nombre est beaucoup trop Cûble , et où il £Mit réellement nourrir les anknaux à la bergerie pendant Uen {Hrès de 200 jours , si l'on veut les sudnleiixr &i bon état. Il est donc prud^t d^avoir toujours un excédant de provisions , surtout en fourrages secs qui se conservent d'une année à Fautre. En fixant la durée- de la neur; rjyture d'hiyw , je ne veux pas dire que les troupeaux resteront constamment à la bergerie pendant ce temps. Il knporte beaucoup au contraire pour leur santé , surtout pour les animaux de race commune ^ qu'on les eonduise aux pâturages tous les jours, excepté dans les très-mauvais temps. Hais le pâturage de cette saison présente en général peu de ressources alimentaires , à moins qu'on n'^ pocnède de grandes étaidues, et les jours où les animaux rentrent après avoir pris une nourriture tant S(Ht peu copieuse , on a soin de diminuer {NroportiiMmeUement la ration distribuée dans la bergerie.
X«es bêtes à l«ne doivent boire à (Uscvétion dans toutes les saisons de l'année , mais toujours de Teau bien saine et non celle de» mares croupissantes. Si l'on a eu quelquefois lieu de craindre que les bêtes kissent avec excès, c^était uniquement pacce qu'dles avaient été privées de boisson pendant longtemps. Paidanl que les bêtes à lame sont nourries à la bergerie, on doit le» conduire chaque jour à unal»eH^ voir où dles se désaltèrent à volonté.
Les bêtes i laine dmvent être logées dans des hâtimenls
«frntS Jk LAIHB. 147
spacieux , élevés , bien étitmés et adrési Vns&nplèr kaiigar estsolfeaiiCy mêflie «> Iktfer, pMv k» wwmIwii et pour les hréins q» ne poFtest po»; eav lesaniiuaix mbI bin garantis par leur feQfrwe contf^hs aMefartit&diifiroid; tt il suffit qu'il» soient mis à r^Avi de» plvie»^ 4»ki aeige et des grandi Tentis. Mais pour le» bnfcis ^mettent hn», et pmnr fes agneanx dans teor prenier âge., une tanpéh rature' plîis ifouee* est néeessaîre ; et une bergerie fermée ntars' Men aérer, est le meilleur loeti où> r«D pnisae loger ees^ aMmanx. Les ouverture» êoivent être nonbMusee plnlftt que très-grandes; et pow qu'efles atteignent Uen le but, on doit les placei^ â la partie siqiéirieure des muraflles, et près du planeber qui eoutre 1» bergerie. BUes àcmoBi, enbter au moÎDs sur deux côtés epposés^, «fin que In eipculation de Ym s^étabKsse, quel que soit lèvent qui soufll^ BBes doivent se- fermer par des vdet» qui senMunmwrent du bas , afin qu^nt puisse à volonté donner de l'air on maintenir dans le local une ebaleur sulBsastet. Lorsqu'on lé peut, il est fort utile que la bergerie soit attenante & une cour particnfière un peu vaste, sw hqoeUe la pevte de la bergerie est ouverte , et dans laquelle les anknàux peuvent prendre Fair à volonté, pendant eertâfai ten|is-âfe cbaqœ Journée. Cette cour ne doit en conséquenee ôtre den* tinée à aucun autre usage. A r»de de cours semblables, on peut , à la rigueur, nourrir les bétes à laine constam* ment au râtelier , en leur donnant en été des fourrages verts ; et cette pratique a été réellement usitée dans quelques boiseries de TAllemagne , mais on a trouvé en définitive qu'elle n'est pas économique. Cependant on continue dans quelques bergeries à nourrir ainsi les apimaux jusqu^à la moisson , époque où ils trouvent au dehors la ressource de la vaine pâture. *
On construit des râteliers de bergerie de formes fort différentes 3 mais quelle qu'en soit la construction, le 'devant
148 bAtbs a lainb.
doit présenter une petite crèche formée 4'iuie planche de 8 à 9 pouces de largeur , avec un rebord de deux pouces "de haoleur •environ sur le devant. C'est dans cette crèche 4|ue l'on distribue les grains^ les radnes découpées, les sons, les tourteaux, et autres aliments de cette nature. La crèche recueille également les débris de fourrage qvi tombent du f^telier. Les fuseaux de ee dernier, plantés sur le derrière ile la crèche, doivent être fort peu indinés en avant , afin que les débris de paille et de fourrage qui en tombent pendant que les anûnaux mangent, ne salissent pas la laine de leur tête et de leur col.
Le fond du râtelier est formé par un plan incliné en plandies, qui vient aboutir au pied des fuseaux, et qd ramène tous leii débris de fourrage dans la crèche. Le pourtour de la bergerie est garni de râteliers simples, appliqués contre les murs , et les divisions sont formées de râteliers doubles où toutes les parties dont je viens de parler sont ré- }pétées des deux Côtés, et où le fond du râtelier forme un y renversé, par la rencontre des deux plans inclinés. Il est bon d'avoir quelques râteliers portatifs doubles, de 10 à 12 pieds de longueur, pour former dans la bergerie des divisions temporaires , et il est nécessaire d'en avoir du même genre, mais plus bas , pour les distributions destinées aux agneaux .qui ne mangent qu'avec peine dans les crèches et dans les râteliers disposés pour les grands animaux.
BtTES A LÂIKK. 149