DU PARCAGE DB NUIT
SoMMÀiM. — Ptocage de nali. — Prëctntioiis néouaêutB pour qa^il ne nuise pas à la lanië des aninmu.
Oa peut fiiire usage du parcage pendant la nuit , sans inconvénient pour la santé des animaux^ pourvu que ce 9oit seulement dans la saison chaude, et avec la précaution de £adre rentrer les animaux à la bergerie lorsque le temps devient pluvieux et jfiroid. On doit aussi éviter les fortes averses. Mais ce qcd est le plus nuisible aux animaux dans le parc, c'est lliumidité du sol sur lequel ils reposent. Par ce motif, les terres aq^ileuses surtout ne doivent jamais être parquées dans les temps bumides. Ces précautions sont surtout nécessaires pour les mérinos ; et les animaux de race commune supportent mieux quelques intempéries dans le parc , de même que dans, le pâturage. Les animaux doivent avoir dans le parc un espace suffisant pour se coucher à Taise. Pour les races moyennes on peut évaluer cet espace à un mètre ou. neuf pieds carrés par tète*
150 bAtes a lame.
DES BSaCEftS.
SoMMàUB* — D«£uit8 naturels aux hommes de cette classe. — Moyen d^j porter remède. — Le chien du berger. — Salaire du berger, et conventions diverses entre le propriétaire et lui.
Les propriétaires de troupeaux de bétes à laiae s'accordent généralement à reconnaître qu'un de leurs plus graves sonds consiste dans la difficulté de se procurer de bons bergers. C'est une profession dans laquelle il n'est pas aussi &csle de former des sujets capaUes, que dans beaucoup d'autres^ il finit ^t les fariiiliudes àe berger soient contractées dès l'enfiuice , et c'est pour cela que cette profession est gCnéradement Iiéréditaife paitont tift ^eet art est un péfu svancé* B en résulte inaBieureiEBenienl 'que ic9 défircrts qu^on leur reproclic à tfop }nste titte j Miransmet-' teuft égdement de aération en génération. On doit reconnaître tontefins que depuis qu'un assez grand uOBobre de propriétaires édaSrés se sorit occupés de réftmtion ées troupeaux, un grand nombre de bergers ise sont attéHurét^ par des relations plus finSquentes avec leurs mattres t lenrs pr^fugés et leur obstination se sont affinMis, tt l'^prit de rapine tra profit (fes animauit , que teê hommes poitent éson leur ^tat, a souveut cédé devant Passurance que le mattre était hd-mdme ifisposé t feîre les sacrifices tiècesssares pour suBmentercovrenalilemeiit les aniniaux dafis lesquels tm bon berger concentre toutes ses affections. Heureux le prtyprfétate qui peut tonfier le soin de son troupeau à un bomme doux , patient , sobre et docile ; mais le moyen le plus assuré pour se mettre en garde contre les d^uts d'un berger ) et nèiM pour les corriger, c'est toiQours que le propriétaire s'occupe beaucoup lui-même
BifES ▲ LAIMB* 151
de soD troupeau , qu'il s^preiuie à connattre ce que le bei^er doit faire dans diaque occasîoi), et qu'il surveille exactemeat tous ses actes , afin de prévenir ses Êiutes , et de r^neourager par des naiarques d'a^robation lorsqu'il fait bien. J'«i parlé de la doueeur du ber^r : il est cependant aécessadre qu'il ait dans le caractère cette fermeté qui met un homme en état de commander; car il y a un être qu'il doit tenir dans une dépendance continudle : cet être, c'est sob dbien. Un bon cbien est un tréscv pour la f^aarde d'un troiopeau; mms jamais un bon dhîeâ ne se reneontrera ^pie «ous le G(munandement d'un berger qui a au le dreaser aj^ee patience, qui r^rime avec fermeté ses moimbes écaucts, qui sait lui feire comprendre ses ordres et eaesifer l'«a;écutk>n sans dureté , mais avec énergie. Un tel kemme ne consentira jamais que son dbi^i tmt conduit par un iHitce qpae par lui , même pendant un seul jour.
Il eitd'usage » dans beaueoqp de cantons , de pennettre que le becger mette dans le troupeau un certain ncmibre d'animaux qui lui appartienne^ ; mais il en résulte trc^ d'i^bus four fu'un propriétaire éclairé consente jamsds à un tA afmngement. Cet abus était teU^nent imétéxé dans la Prosie , ^a'on a été forcé , pour l'extirper, de fiure inter- ¥f9ûsr une k» spédaie qui défend auxpropriétairefl, sous des peines sévères, de Mte de sendslables aocords avec leurs beigers» C^te mesure a eu un succès cmiplet, malgré l'eipât de corps qui anime les bonunes de cette professi<Ni. C'est Ui un das exemples assec rares , d'im boa effet produit par des mesures législatives qui limitent le droit qu'ont naturellement les honunes de £adre entre eux des conventions en toute liberté, lorsqu'elles ne concernent que leurs intérêts respectifs. Les propriétaires de troupeaux ont souvent cherché aussi à contracter avec leurs bergers des stipulations de diverses espèces, propres à les encourager en leur donnant un intérêt à la réussite ; mais en
152 BÈTES A LAINE.
définitive , il se trouve que presque tontes ces conventions tournent au préjudice du maître^ ou deviennent la source de fâcheuses difficultés. Le seul arrangement de ce genre qui me semble convenable, consiste dans une gratification allouée au berger, pour tous les agneaux amenée au sevrage, qui dépassent une certaine proportion avec les brebis comptées à Tépoque de la monte , parce qu'il dépend en effet des soins dti berger d'accroître beaucoup cette proportion. Si l'on se contente d'allouer une somme fixe pour tous les agneaux, cette somme ne peut être que frès- &ible ; et l'intérêt du berger est presque nul à obtenir quelques agneaux de plus. Mais si l'on détermine une proportion comme devant être le minimum du produit en agneaux venus à bien, par exemple 70 pour 100 brebis, et qu'on accorde une gratification un peu élevée , par exemple soixante et quinze centimes ou un franc par tète d'agneaux qui dépassent ce nombre , le berger aura alors un intérêt considérable à prodiguer ses soins à la réussite de tous les agneaux, et le propriétaire regagnera presque toujours amplement le montant de cette gratification. Cet arrangement porte cependant encore avec lui ses inconvénients ; mais ils sont infiniment moindres que ceux de toutes les autres combinaisons par lesquelles on a voulu souvent intéresser les bergers à la prospérité du troupeau. Un berger habile doit être au reste bien rétribué , et il est rare que l'excédant de traitement que l'on consacré à s'attacher un homme expérimenté et affectionné à son troupeau, ne soit pas bien compensé par un accroissement dé produit net.
BÊTBS A LAINE. i^S
TONTE DÉS TaOUPBAUX« *
Sommaire. — Tonte en suint et lavage à dos. — Procédé d^exécution de ce lavage en Allemagne et en France. — Diminution du poids de la laine dans cette opération, — Procédé de la tonte. — Usage des ciseaux et des forces. — Description de forces d^une construction particulière. — Triage des toisons. — Détails d^exécution pour la tenue du registre de tonte. — Inspections périodiques du troupeau.
La tonte de la laine se (kit généralement à Fépoque où la température chaude est bien établie au printenips: dans le nord de la France ,' c'est dans la seconde quinzaine de mai ou dans les premiers jours de juin. On a essayé quelquefois de tondre les bétes à laine deux fois dans Tannée , et quelques propriétaires d'Allemagne ont prétendu ayoir gagné à cette opération une légère augmentation dans le poids annuel de la laine ; mais cette opinion était vraisemblablement erronée y ou du moins la différence ne pouvait résulter que de la perte de quelques flocons de la laine sur des animaux mal sains , lorsque la croissance de la toison est fort avancée. Quoiqu'il en soit, on n'a pas trouvé qu'il j eût un motif suffisant à ces doubles tontes , et l'on j a généralement renoncé. On comprend en effet qu'il y a un grand inconvénient à dépouiller les animaux de leurs fourrures aux approches de la saison froide , et l'avantage que l'on y trouverait ne pourrait résulter que du prix plus élevé que mettraient quelques febricants à des laines courtes, comme plus propres à certains genres de Êd)rication. Pour le plus grand nombre , au contraire , la longueur du brin est une qualité recherchée, et par ce motif, on a voulu aussi quelquefois laisser croître la laine pendant deux ans avant de la tondre. Cette pratique , au reste , a présenté aussi de graves inconvénients , qui l'ont fait abandonner.
iS4 vtns ▲ LjuiiE»
Dans certains pays et pour certaines races de bètea à laine, on tond en mint\ et pour d'autres races ou dans d'autres cantons , il est d'usage de laver les toisons sur le ciôs des animaux avant de les tondre. Les propriétaires ne sont pas entièrement libres d'adopter Tune ou l'autre de ces pratiques ; car, dans la vente de la laine, on a presque toujours à perdre à s^écarter deâ usages du commerce dans la localité» Le lavage à dos est cq^dant une ùpétsl&m vidense en eUe^même, puisqu'elle laisse beaucoup d'arbitraire dans la proportion de suint que cfaaque propriétaire détache de la laine par un lavage plus ou nM>iBs soigné ; et cette opération peut être nuisible à la santé des animaux dans les saisons firddes et bumides qu'il n'est pas toiijottrs possible d'éviter« Il serait donc à désirer que l'usage s'introduisit généralement de vendre les toisons en suint* Cet usage s'est beureusement établi en France, dans la pliq[Murt des localités, pour la ra^e mécine ; mais presque partout on lave à dA les troupeaux de race commune. En Saxe et dans presque toute l'Allemagne , on pratique le lavage à dos des mérinos , et l'on exécute généralement cette opém-. tion avec fins de soin qu'on ne le fait en France. Ainsi on plonge complètement dans l'eau, douze beuresâ l'avance, les animaux cpie l'on veut laver, et on les laisse en cet état à la bei^eiie, afin que te suint se détrempe bien. On les conduit «nsuite à l'eau de nouveau, et là deux bcMumes saisissant successivement cbaque animal plongé dans l'eau, pressent delà main toutes les parties de la toison, pour en extraire autant de suint qu'on le peut , mais en évitant les froissements qui pourraient entremêler les brins de laine. L'animal, après cette opération, et pour compléter le la* vage, est forcé de traverser presqu'A la nage un certain espace du courant d'eau, pour se rendre dans un petit enclos préparé sur un pré bien sec et exempt de poussière. L'(^^atiott s'exécute à peu près de mâmc en France , mais
bAtbs a laink. . 155
gins qu'on prouie le sdn de détremper le suint par une immernen j^akble. Après le lavage» on a soin de condiiiid le troupeau au grand air et au soleil, dans des lieux exempts 4a poiMsière, afin d'accélérw la dessication dec^ louons. On ne tond qne lorsqu'elles sont parfititement sècheso Qndques personnes sont dans l'usage d'enfenner après joettB deasication, le troisfeau i pendant dew ou trok jours ^ dans nno bogerie dose et trôs-ehaude* C'est une Année qm a poiar but de /Srire nmkstl^r U mknt, ea déterminant «ne loeletrani^inition chez les animaux, et d'aeeroitre par «onaéquent le poidi de la toison. €ette pratiipie est d'attemsfoit nnmibto à la santé des animaux que Ton soumet «iflM à des aUenatives céitétées de températitfeobaude etftnide^ aH moment ou leur coips raétre mis à nu par l'dfetdolatonte* J'ai pmliqué, pendant deux années de mâitej snrmikoupemide mérinos» le layageà dos selon la nnëtliode saxonne que je viens de décrire » et j'ai trouvé que la laîne en snint diminue à peu ^s de moitîëdeson peMs d«DS cette opération ; mais je n'ai nullement refiouvék compnnsation de te dédiet dans le {uix auquel j'ni pn vendre la laine. On croît communéipeii^ que la laine des races communes diminue beaucoup moins dans le lavage que celle des mérinos ; cependant , dans des expériences que j'ni Iules sur le lavnge à dos d'animaux à grosse Une de la «rande race du Wwtemberg , la diminntnm de poids a éléégdenient d'environ moitiéé
La tente nst ^neécntée <&ms quelques cantons par des limncnes , et aiilenis par des feesmes ; nuôs on doit «ttadmr mm grande importance à n'emidoyer à cette <^éraraHm qoe des mains bafailes et expàimentées; car de man* iun«nviîmit»nrmnnimit beaucoup les animaux, lewfont boamonp do Uassuffos, et ks font ^elquefois périr par une campression maiadroile^ Ib ditienneat d'aillours un produit mmndns^ pawe que la laine n'est pas tondue bien rase
156 BÈTBS A tAMflE.
partout. Lorsqu'un mouton est bien tondu , la peau est complètement découverte, sans ëgratignure et sans qu'on aperçoive des raies qui sont formées par les inégalités dansl'action de l'instrument tranchant. Les tondeurs les phis^ habiles travaillent debout, en étendant l'animal sur une table , après avoir assujetti les quatre pattes par un lieamodérément serré. Dans d'autres cantcms^, su^ou^^^^^^SQu®' ce sont des femmes qui travaillent , elles s'assoient à tene,. sur une aire de grange bien nettoyée, ou sur une grandetoile étendue sur le sol , afin de recueillir tous les débris* de laine. L'ouvrière place alors l'animal entre ses jpibeft y, qui l'aident À le conteiir ; mais il est toigours nécessaire: d'assujettir les pattes par un lien , afin d'éviter tes moa-* vements brusques qui pourraient occasionna d^ Uessui^ Quelquefois on paie les ouvriers à la journée , et d'autres fois par tète d'animal tondu. Le premier mode M préffirable lorsqu'on n'emploie pas des tondeurs habiles , parce qu'ils sont siijets à travailler fort mal, par suite de la précipitation qu'ils y mettent pour tondre un plus grand nombre d'animaux. Le prix de la tonte à la tâche est assez généralement fixé à 10 centimes par tète d'animaux adultes ; cependant il peut varier selon tes races ou la taille des animaux.
Les tondeurs expérimentés emploient toiqours à cette opération de petites forces construites pour cet usage. Elles sont bien préférables , pour la promptitude et la perfection de l'opération, aux ciseaux , qui -ne sont guère employés que par les femmes qui manquent de l'habitude nécessaire pour manier les forces* Depuis quelques années , on emploie généralement dans les meilleures bergeries de l'Allemagne, des forces d'une construction particulière , et qui ne laissent rien à désirer pour la perfection du travail : les lames de. ces forces sont un peu recourbées dans le isens de leur épais^ seur , à partir du milieu de la longueur de la lame jusqu'à
BftTBâ A LAWB. 157
la pointe : la corde de eette courbure est d'environ trois millimètres , et la courbure est parfaitement la même dan3 les deux lames , en sorte q[u'dles coupent sur tous leurs pomts, aussi bien que si les lames étaient droites. On comprend que cette courbure a pour but de permettre au tondeur d'appujisr fortement la surfoce des lames sur la peau de ranimai, sans risquer d'entamer la peau par les pointes de l'instrument. Ces forces présentent encore ime particularité fort ingénieuse : la tige qui attache une des deux lames au cercle d'acier qui forme le ressort, est brisée, ou plutôt est formée de deux parties , dont l'une est fixée à la lame et l'autre au ressort. Ces deux parties é& la tige sont plates et superposées l'une à l'autre dans ,une longueur de 5 ou 6 coatimMres , en partant du cercle •qui forme ressort ; elles sont réunies par un rivet formant •c^dtie de rotation, et placé à un tiers de la Icfngueur environ , en partant du ressort. Les surfaces des portions de tiges en contact sont dans un plan perpendiculaire à celui de la.sur&ce des lames; en sorte que, lorsqu'on &it tourner une des lames sur le rivet , elle se détache de l'autre et s'en écarte en se plaçant dans la direction opposée. Près de l'extrémité oppoisée au rivet, c'est-à-dire près du tranchant des lames, les portions de tiges sont réunies et assujetties par un coulant carré , en fer, qui se serre à l'aide du frottement qu'il exerce sur les bords des deux portions de tiges. Lorsqu'on dégage le coulant,, une des deux lames tourne sur le rivet , et l'on peut les repasser avec beaucoup de fiicilité , ce qu'on ne peut Ëdre. commodément avec les forces à branches fixes. Le rivet qui forme le centre de rotation, n'est pas placé au milieu de la largeur, des deux tiges superposées , .mais bien dune couple de miHimàlres plus près d'un des côtés de Tune des, tiges, ce qui: tend le mouvement de cette tige excentrique. Il résulte de là que le coulant lorsqu'on le serre, presse le bord
1S8 BÊTES A LAlKfi.
d'une des tiges et le bord opposé à» Faiitre ; ti YeissxmtâciÈé est disposée de manière que otHbt prasaion» s'ofigQ sur la tife ftiée à la kme», dnftle sev BéeessaHrepour pnesser cette lame confen^PavCire. Ainsi le oonlsMi; pixidint id le môme effet qwt s'opère d«DS l» ciseaux oïdinaîn!» > par la vis qui forme le p<^t db entre, el qw peoMl éd tenir constanmient les trandtanÉei é» dieux. kmetciMiiie^ nableraent pressée Tito eoxfa» Vaufemi, De» ouiRieis exerce exéeutent » i Faide de ces foran ^ un tmûl parjBut et avec une grande pronptitiide. On eMtioii«ra le dessin dans les figure» à la fin dé ee^vétmm^
A mesure que lestmons^sonl reeimlKcs^on di^MMW d'une maniSreparticidfèreoeltes^âoiventètMSDumiseaKaA comme cela a toujoui»Ke«rpo«r les bines fines. ÀetA eflel, on étend la toison sur me ta6fo', on la pleie avee mm dans sa largeur, puis on la route dans m kmgueorpeur en flnmer un paquet bien serré que- Fo» assisjottit par mi liende ficelle. Bans queipieskergeries, (m étend plusienri toisoas les unes sur les autres , et on les pldie easamfeltfdemaxièKe àr former un paquet ÔB'^eaft^Vivre»^
Dans les bergeries où Te» vise à ram^kmtioa de la va», il est néeessake de prendre note, à l^fnutantde la tonte^ dn poids de chaque tms0n, ainn que db ses qnlftéi ol dn pdda du corps deFammaïqpi Ta fiMimîe. Cela est fiieik en étabKisant un eertate ordre dons letratujl.
Gomme jeme sids Unék cette cqiératkin pen^irt aes« longtempa, feer^ devoir indiquer ici lamardwpar hqudle je suis anivé à y étaialik un ordre entièrement satMaismal. Pour dix oudouzetondeiuseSy trete pemoMiea sont nécessaires, sans compter les aide-beifers qui ianèneal les animaux aux tondeuses et l'ouvrier qui plie les toisons. Une de ees personnes prend les noies , assise près d^une petite table placée à cet effet dans le local ; une autre est cinrgée de peser, sur des balances placées très-près du bureau, les
BÊTBS A LAINE. 159
toisons et les anifl^ux , & mesure qu'ils sortent des mains des tondefises. La troinème distribue les billets aux tondeuses, comme je Tais le dire, et surveille l'ensemble de ropération , afin qu'il ne se commette pas de méprise. L(Mrsqa'tttt animal est amené , on constate son numéro d^ordre, el la personne chargée de ce soin inscrit ce numéro sur un UUet ou petit morceau de papier qull remet à la tondeuse en. même temps que ranimai. L'écrivain prend note du tout sur un tabfeau dont la première colonne porte le nom de la tondeuse, la seconde, le numéro de Tanimal. Lorsque ce dernier est tondu, Fouvriëre place à côté d'elle la toison, en déposant par-dessus le billet qui lui avait été ranis. Ce bfflet doit suivre la toison sur la table du pHeur, qui Tassuîettit sous le lien de la toison , de manière que, li»«que celle-ci arrive à la balance, il ne peut y avoir ^éffltation sur Findication de l'animal auquel elle a appartenu. La tondeuse a également remis entre les mains du préposé l'animal tondu, dont les pattes sont encore liées , et qui est aussitôt porté sur la balance. Celui qui tient la plume inscrit ces deux pesées dans deux colonnes disposée» sur le tableau et à la suite du numéro de Fanimal et dki Bomdela tondeuse. « .
Lorsque ces trois personnes s'entendent bien, TopératioR msBPehe ainsi avec ordre , et sans qu'il puisse se commettra de merise; mais je ne croîs pas possible de supfrimer un seul des trois employés , sans qu'il en résulte de la confcsion. Une quatrième personne serait même nécessaire , si Ton voulait prendre des échantillons de toutes les^ toisons des animaux tondus , comme cela doit se faire tersqu'oa a pour but principal Famélioration de la laine. Celte personne recueille alors les échantillons sur trois partie& déterminées du corps de Fanimal, au moment où Fon va remettre celui-ci entre les mains de la tondeuse, n dispose ces mèches avec symétrie sur une carte d'échan-
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tillons destinée à cet usage, et sur laquelle il inscrit le numéro de Tanimal. On peut aussi inscrire plus tard sur la même carte , à Faide de notes prises sur les tableaux , le poids de la toison , celui du corps de Fanimal, ainsi que son âge et son état de santé, en sorte qu'on possède dans la réunion de ces cartes placées dans des cartons appropriés, tous les éléments d'appréciation de tous les individus qui composent un troupeau.
Dan3 tous les troupeaux bien soignés, on doit procéder , soit chaque mois , soit au plus tard tous les trimestres, à une inspection générale qui a pour but de constater si le nombre existant est conforme aux états antérieurs , dé* duction Êdte de la mortalité dont on doit tenir des notes journalières sur un registre destiné à cet usage, et où Ton indique la cause apparente de la mort de chaque animal. L'inspection a aussi pour but de constater l'état de santé du troupeau ; à cet effet on examine individuellement chaque animal , on place son numéro sur le tableau d'inspection , et Ton inscrit, dans une colonne à côté, un numéro qui indique son état de santé : on désigne par le numéro 1 toutes les bétes parfaitement saines ; par le numéro 2, celles qui paraissent fsdbles ; par le numéro 3 , celles .dont la santé est fort douteuse, et enfin par le n° 4, celles qui semblent incurables. Les tableaux d'inspection , de même que ceux de tonte et d'agnelage, etc., sont portés sur des cahiers peu volumineux et très-portatifs, disposés avec peu d'apprêt, car ce ne sont que des brouillons que Ton doit toutefois conserver avec soin. Mais lorsque chaque opération est terminée , on doit en consigner les résultats généraux sur le registre consacré à l'état de la bergerie. En parlant de ces divers registres ou cahiers , j'ai supposé que l'on avait adopté la méthode de numérotage individuel.de tous les animaux. Dans le&. troupeaux qui ne sont pas
BBTBS A LAINB. 161
soviDis à eéWfmoémÂage,, la tenue des inéflies regMtrei Q'est pa» moins n^cesfôire, si Ton Teat mettra quelque ordre dans les opdrations de la bergerie ; sçulemenC alors on su]^ prime la coloiiAe qui doit reoevoir les numéros qui dé<flgnent les individus.
ENGaAISSBMEl^T BES MOUTONS.
SomtAiRB. — ilHgraittenient ao p&tangv. — A là bergerie, -y» QaaMtiu^ d'aKmfDls et maBiàre de les administrer. — Dun^ de Tengraîesement.
L'engraissement des moutons est une spéculation à part pour celui qui aehëte pour l'engraissement les animaux qu'il yeut y soumettre. C'est presque toujours alors sur des moutons dans leur troisième année que cette industrie s'exerce , parce que c'est à cet âge qu'il est le plus profitable aux élereurs de vendre ces animaux. Cependant , dans les troupeaux d'élève , il convient souvent aussi de se livrer à Tengraissement , soit des moutons que Ton pourrait vendre aux engraisseurs, soit des breUs que l'on veut réformer. Dans quelque saison que ce soit, on est généralement dans lusage de tondre les moutons lorsqu'on commence Tengraissement^ parce que l'expérience apprend que les moutons fraîcbement tondus consomments plus d'aliment etprofitçnt davantage. On engraisse les moutons dans la belle saison , soit sur le pâturage des chaumes après les récoltes , soit sur de riches pâturages spécialement consacrés & cette opération. C'est surtout au printemps et dans le commencement de l'été , que Ton emploie à cet usage des pâturages
spéciaux ; car en automne PengraissOTient s'opérant presque partout à l'aide de la vaine pâture , les animau:i^ gras sont
162 bAtbs a lainb*
trop abonidants sni les marchés , pour qu'on puisse lès* graisser avec profit par d'autres moyens. On peut £iire parquer oufidre rentrer pendant la nuit dans la bergme., les moutons qnei'on engraisse pendant la belle saison ; maisâ est nécessaire que les pâtur^^ges soient placés à peu de^di^tance du parc ou de la bergerie , parce qu'on retarderait èeaiacoup l'engraissement, siTon'fidsait parcourir chaque jour, aux animaux, un chemin un peu long. (Hi doit conduire le matin , de très-bonne heure , au pâturage , les moutons à Yengrais^ et les y laisser le «oir jusque fort tard; car le pâturage à la rosée , fort dangereux pour les ^animaux d'élève,' favorise singulièrement l'engraiss^neiit. Dans les heures les plus- chaudes de la journée , on les fiiit rentrer à la bergerie , ou on les tient en repos dans un lieu •ombiagé.^ Le pâturage des lieux bas et humides , aussi fu- 4ieste:que la rosée aux troupeaux d'élève , convient fort bien à l'engraissement, pourvu que les herbes y soient de bonne qualité, et que les moutons les mangent volontiers. «Hais lorsque les animaux ont été ainsi nourris, surtout en automne, ils ont ordinairement contracté le germe de la cachexie aqueuse,, et (m doit les livrer à la boucherie aussitôt jqa'ilsont atteint le degré d'engraissement que l'on recherche. Bans tousrles cas, le pâturage doit être abondant^ en sorte que les animaux mangent entièrementii leur discrétion.
En hiveretau.commencement du printemps, c'est par les aliments distribués «à la bergerie que Ton engraisse les moutons. Ils doivent être logés dans un lieu très-aéré., et recevoir une grande abondance de nourriture.; car l'engraissement -est d'autant plus profitable qu'on .peut lEaire consommer aux animaux., dans un espace dètemps moindre^ 4ine quantité donnée de fourrages. De bon foin de prairies natuselles ou artificielles forme généralement la hase du régime. Le jregain est, pour .cet usage, bien préférable au
fein de première coupe. Il est très-utile d'y i^onter des HM^ines , et les betteraves conviemient purticulièrement à ce bat, parce qu'on peut en £iire cobsobhhot de bien plus ferles rations que de pommes de terre crues. Ces dernières Mventèlre cuites, si l'on veut les donner en grande proportion. Pour que l'engraissement mardie promptement^ Hest presque toii^urs profitable d'ajouter -à ces fourrages ne ration journalière de grains moulus ou de tourteaiiii'de gtaiae^ oléagineuses. Au moyen de cette Yariété d'alimenla, .<m peut Cadre consommer aux animaux une quantité de nourriture plus ^ double de celle qui suffirait à leur entreti^i. Ainsi , des moutons' pesant em vicient liviesenvnm , Gonsommeront fort bien par jour et par tète deuK livres de foin , quatre ou cinq livres de betteraves bu tde pommes de terre ^cuites., et une demi-livre de grains ou de iourteanx. On doit éviter toutefois d'amener la satiété^ «t imk réduit la ration aussitôt qne l'on s'aperçoit que les amluinx laissent quelque cbose des aliments qu'on leur :avait distribués. Ils doivent toujours boire de bonne eau à dis- «iMon, et la litière doit être abondante et fréquemment leBowrelée. Si l'on reconnaît qu'une addition <de sel .exdte l'appétit des animaux et permet d'accroître la jration , tcomme cela parait avoir Uen pour certaines races qui y ont été habituées^ c'est une di^ense qui sera bien compensée par la promptitude de l'engraissement Cette remarque s'applique également aux moutons que l'on engraisse aux pâturages; mais l'utilité de la distribution du sel, dans ces deux cas , ne détend ni à toutes les races ni à toitfes les dr- •constances.; et, afin d'éviter une dépense inutile , il est bon ^u'un berger attentif s'assure par ses observations si les distributions de jsel ont vraiment pour effet d'accrof tre Tappé* lit des animaux.
H importe infiniment, peur le profit de l'opération , de liirer les animaux à la boucberie aussitôt qu'ils ont attdnt
un certain degré de graiâae , et qu^ib ne profitent pins ou ne profitent que peu.
On comprend bien, en effet, qoe la nourriture distribuée à fai bergerie étant fort coMeuse, on éprouve une perte, conndérablç si- le poids des animaux est stationnabe seulement pendant une q[uinzaine de jours ; et il amye assez souvent qu'ils diminueront de poids pendant cet intervalle, au lieu d'augmenter, en continuant de leur donner la même ration, lorsque Fengraissement est pstrvenu k un point avancé. L'engraissement des moutons n'est donc généralement profitable qpi'aux personnes jpd sont placées de manière à pouvoir vendre immédiatement les animaux à mesure ^'ils sont gras ^et Von doit apporter k plus grande attention à juger les j^ogrèsde l'engraissement , et à reconoatliv Fépoque où les animaux cessent de profiter omivenablement. C'est peut-être là, da toutes lesportiesde l'art de Tengraisseur, celle qui exige le plus d'habitude et de tact natinel. Lorsque les rations ont été distribuées sans parcimonie , fengraissement complet des animaux a gêné-lulement lieu dans un espace de temps qui varie d'un mois à deux, selon Fétat primitif des animaux, h qualité des fourrages, etc.
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