‹ Annales agricoles de Roville (volume 2)Chapitre 35 sur 88 · OABAOTÈSBS ET VARIÉTÉS DU HOUBLON · texte numérisé non relu

OABAOTÈSBS ET VARIÉTÉS DU HOUBLON

Sommaire. — Caracléres botaniques du houblon. — Division des sexes. — IncouTcnients de la fécondation. — Houblon sauvage et cultivé. ^*> La lopuline. — Variétés diverses du houblon cultivé*

Le hoobloii est une pLmte dioïque, «'est«à<4ire dont ks sexes sont séparés sur différents individus* On ne cultÎTe que les plantes iemeUesy parce que ce sont elles qui founiisseirt la partie que ï&a emploie à la confection de la Inère. Quoiqu'on ne plante Jamais que des bourgeons de plantes femelles » <hi assure cqwndant. que quekqués-uns . reproduisent des individus mâles. C'est un fidt qui ne s'est jamais prêtante à mes observalfams. Ce^ pendant on ne peut considérer comme impossible cette transmutation d'un sexe dans l'autre, qui a ses anidor gués dans quelques feits de physiologie végétale.

La partie utile , que l'on nomme improprement le fruit, et que je désignerai aussi sous ce nom , est un ctae fermé de feuillets ou écailles entrelesquelssont logées les graines, lorsque la fleur femelle a- été fécondée;/ mais comme on exclut les pieds mâles des plantations , cette fécondation n'a pas Keu., A ce n'est accidentellement , par l'oOet de quelques piedb de houblon mâle sauvage qui peuvent se trouver, dans les enviBons* Cette circonstance détériore le houblon aux yeux des acheteurs, parce que la graine augmente beaucoup le poids des cônes, sans posséder aucune propriété utile. C'est par la présence des graines que 'on reconuait communément le houblon sauvag^^qae Ton

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chtfche quelquefois à mêler au houblon cultive , mais qui lui est très-inférieur en qualité.

Les cônes du houldon sauvage sont à peu près de la grosseur et de la forme d'une aveline. Ils sont généralement plus gros dans les variétéscoltivées^et ils atteignent souvent à une longueur de deux pouces sur un diamètre d'un pouce au moins. Les uns et les aytres se distinguent des cônes des. arbres résineux , en ce que dans ces derniers, les écailles sont ligneuses et dures, tandis que les écailles ou feuillets du houblon, sont de consistance foliacée, en ' sorte que le cône qu'ils forment est mou et flexible. Les propriétés utiles du houblon résident principalement dans une substance d'une nature résineuse qui est d^otée, sous forme d'une poussière jaune aromatique , sot' la surâee des -écailles, dans l'intérieur des oônos. On a donné à cette matière le nom de lupuline ; et Ton a cru que l'on pourrait trouver de l'avmitage à la séparer pour l'employer seule à la fiibrication de la bière. Les tentatives que Ton a fidtes dans. ce but n'ont pas eu dé suite; et il n'est pas vraisemblable que ce procédé puisse obtenir du succès ; ce sont les cônes entiers que l'on emploie partout à la fiibrication de la bière.

Presque partout la même nariété de houblon s'est propagée dans chaque canton. Cependant il en e^s^iste plusieurs qui ont été formées par la culture , mais que Ton pourrait très-difQcil^aient décrire, parce qn'elles se modifient très-fiicilement dans les divers terrains où on peut les placer : ces variétés se distinguent par la grosseur et la^ forme dos cônes; mais la distinction la plus importante se rapporte à l'époque de la maturité des fruits dans diverses variétés. Quelques variétés , en effet, mûrissent dix ou même quinze jours avant d^autres. Au reste, les variétés tardives mûrissent généralement assez tôt dans le Nord de la France , pour que la récoHe s'en ftisise' encore en sai-

CeLTUBR DU 0OUB9LOK. SOI

!sôn convenable ; et leur produit est toujoiîri^ phaa àbondwÊt que iCeltti des variétés hâtives. Il pourrait convenir ce* pendant, dans de grandes cultures, de planter des va* riétés des diverses saisons,. afin de prolonger Tépoque de la récolte qui cause toujours beaucoup d'embarras, même dans les beaux temps. Mais les variétés hâtives et tardives doivent toujours être plantées dans des pièces séparées , et il ÙLUt bien se garder de les entremêler ; car le houblon perd beaucoup de sa qualité , lorsqu'il n'est pas récolté à propos , relativement à sa maturité; et il est impossible de ne pas récolter à la fois tous les pieds qui sont plantés ensemble.

Quant aux qualités de houblon de chaque variété , les opinions sont fort diverses sur ce sujet ; et l'on a quelquefois attribué une grande supériorité à telle variété sur d'autres. Mais il est vraisemblable qu'ici, de même que pour les vins, on a souvent pris pour les effets des variétés du plant , ceux des. différences de terroir ou de localité. Une des qualités de houblon les plus estimées en Europe , est celle 'qui se récolte dans le canton de Spalt en Bavière, et il a communément, dans le ccnnmerce, un prix double ou triple de celui de quelques autres qualités. Par ce motif, un planteur industrieux de Rambervillers a voulu, il y a quelques années, se procurer du plant de la variété cultivée dans ce canton. Il y est parvenu avec beaucoup de peine, dit-on, à cause des difficultés que les habitants du pays opposent à tout enlèvement de ce genre. La culture du houblon de Spalt est aujourd'hui bien connue , tant dans les environs de Rambervillers que de Lunéville où elle s^est répandue. C'est une variété plus hâtive, et moins productive que celle que Ton cultivait précédemment dans le pays. On la regarde comme supérieure en qualité, et elle se vend à des prix un peu plus élevés , mais qui sont loin de se rapprocher de ceux du houblon que Ton

SM CVLTUBB DIT BOBWUm.

récolte à Spdt. Au reste, il est fort difficile d^appréder la part que peuvent avoir dans ces diffi^renees de prix, soit une sHpérierité rédle du houblon allemand , soit le pr^ugé qui résulte de son andenne réputation.

CCLTIJBS DU aOUBLON. âD3

SECTION m.

OBOIX CT PHÉPABATIOlf OV TBRHASN.

SoHiiAiRB* — Motif p<Nir ne placer les faoublonniéres cpe dans des sob tres^richea. —Nature du terrain. «— Choix de la situation . — Défoncement. — Dépenses de cette opération. •— Epoque de la plantation. — Plants en pépinière. «— Espacement des pieds. — Procédé de plantation. — • Application du fumier.

Le houblon croit spontanément presque partout , et sans distinction de la nature du soL On pourrait le cultiver de même à peu près dans tous les terrains ; et depuis les sols sablonneux jusqu'aux glaises tenaces, aucun ne refuse de produire cette plante, pourvu qu'ils soient suffisamment profonds, et que l'eau ne s^oume pas dans le sous-sol à la profondeur d'une couple de pieds. Mais la culture ne peut être lucrative que dans des sols déjà portés à un assez haut degré de fertilité, et auxquels on consacre encore des engrais abondants. Le houblon a cela de commun avec toutes les récoltes qui exigent beaucoup de dépenses de main-d'œuvre, et qui donnent un produit brut fort élevé. Il est Êidle de comprendre en effet que la quantité des produits étant toujours en rapport avec la fertilité du terrain , le cultivateur sera d'autant mieux indemnisé des autres dépenses , que le sol sera plus fertile. Cette araertion est vraie sans doute, pour les récoltes de toute espèce; mais elle doit s'appliquer surtout à cdles dcmt les fiais de culture sont le plus élevés.

On ne doit donc songer à placer une houblonniére que dans un terrain déjà ridie et fécond , et il conviendrait d^y

S04 GULTUEK DU HOUBLON.

préparer oeux qui ne rempliraient pas cette condition , par des applications réitérées d'engrais , ponr les récoltes qui précéderaient la plantation du houldon. Les ternes des plaines on du penchant des coteaux y conyiennent également, et le choix d'un terrain riche excluera naturellement les sols trop légers qui ne conservent pas l'engrais , et les argiles très-tenaces qui perdent cette propriété , lorsqu'on y a accumulé beaucoup d'humus, ce qui est nécessaire pour les rendre fertiles. On évite le sommet des coteaux et les antres localités trop exposées aux vents dominant dans le pays. Les vents causent de grands dommages dans les houblonnières ; il est toujours bon que le lieu où l'on veut en placer une soit abrité des vents dominants par des plantations élevées , ou par d'autres abris naturels. Cependant il fout que la sitm^on soit aérée, carautmnentle houbloD serait beaucoup plus sigel à la miellée , qui est son plus redoutable esnemL On évite le voisinage immédiat des grandes routes , parce que Ja gn^ide quantité de poussière qui s'en élève s'attache aux cônes de houblon et les déprécie.

Le sol doit être préparé par un défimcement en plein , à âO pouces de profondeur au moinA. Quelquefds on se contente de défoncer, sur^quelques pieds en carré , la place où Ton doit planter chaque pied de houblon ; mais les plantes seront beaucoup moins productives, et la houblonnière moins durable. Le défoncement s'opère par tranchées suc cessives de deux pieds de largeur, que l'on creuse à la bêche et à la pioche, eten employant la terra que l'on tire de chacune à remplir la tranchée précédente qui lui était immédiatement contiguë. La dépense de cette opération varie beaucoup , selon la diffioilté qu'offre le terrain d'après sa nature : à Roville, dans un sol^affgileux très*consistant, mais où l'on ne rencontrait que peu de pierres, j'ai Mt exécuter ce travail à la tâche, en 1823^, à raison de

3 ùsMB pnr are , soit 300 financftpar kedave. Leftimame» robustes qui Feiécutaient ne gagnaient pas plus de 60 à 7â centimes par jour; mds c'était untravail driver, et la main-d^œuYTe était alws abqndanle et à bas prix, âujiiuih d'hui, je pense que je ne pownôs pas fidr^ exécuter bi même opération pour moins de 4 fr. 50 cent, on 5 fr. par are. On peut planter au priitteraps suvant^ les terrains défoncés en autonme et pendant l'hiTer.

On emploie comme "pknts, pour lesnouvdleshonblM* niôres , les bourgemis oâ jets méicaiix que l'on coupe loi%'<^ qu'on taille les hôublcmniâres an printemps. La Tégélatiott a déjà commencé alors; nuds les bourgeons ne -sont corn? munément pas encore sortis de terre. On choisit ceux qui sont pourvus d'une ranine grosse et diamue de ^ ou 8 pouces de longnenr et d*oè faitait -quelfueB radicules^ C'est eaoi mars ou en avril que Tob piécMiQ à l^ plamtatioD^ parce quer c'est alors que l'on Éaâieies anoiehnes houUon* nières. Si les bourgeons nè> sont pa^en^ikyés iinmédiat^ ment , on doit les piëserver soigneoMment dîi hftle en les mettant ^enjmge.

On peut aussi cm^^loyeD dèstplâBts d'un i^.^. et, à. cet effet, on planta en pé|^èi8, l'année jqippiécède la gvande plantation y leë pfaoïls que l'tmr obtienfc à la. taifle. On les phce dans un très^bontetiasa, «a les espaçant d'un pied en tous sens. On peut alors les mettre en pb|ce dès TaxH tomne stdvànt, ou stUenëin air printemps. JLes pieds de bbiibllDneidtiTés par ce procédé y dùBmei d^ une léœlté de qudqw importance, dès la j^somière année qui sot k plantation ; tandis qiie iottqu^on a miftenfiaeé des Imnv geons de ranMe, la première réoaite est pnsque mdlei Ce procédé peul doni: ètw utilement èisplpjd dans les cas où le terrain qoe l'on destinef à* la hoiriblonnièie ne salait par enowe prêt pourreeevpir la plantation, an moneat 0* l'on frtt.se pKocuteritejeunoplan^ La reprise d» plant

a06 cvLTiiEK jm BOiauÂmé

d'an an eit alim {dus awarée que celle des bouigei»a y en sorte qu'ion a mains de remplaoements à fidie Tannée suir vante. On fera bien,, si l'on plante ea bourgeons , d'en mettre en même temps un certain nombre en pépinière , afiti d'^avoir , pour rannée suivante , du plant déjà biea enraciné pour les remplacements qni pourront être nécessaires; car. les bourgeons , dont les tiges s'élèvent peu la première année, réussissent difficilement, lorsqu'ils, sont entourés de plantes plus àgiées qui s'tièvent à une grande bauteur. On peut égalmnent j^lapter.les vieux pieds que Ton arrache lorsqu'^on détroit une boubkmnière ; et ces jneds donaaot d^à une- bonne réedte dès la prttnière année.

La plantation se £sdt an lignes disantes de 6 pieds j et en mettant la même distance entre les plants dans la ligne. On ne met quelquefois que cinq pieds,: mais les planteurs les plus expérimentés pensent qu'A n'y a rien à gagner &k quantité du prfMhnt , en rapprochant «atant les plantes, et que le houblon perd en. beauté, les cènes étant pins petits. Dans quelques cantons , on forme cbaque touffe de houblon^ et^ espaçant les fesses «ntr^cileaoomme je viens de l'indîqnfir, de quatre plants que l'on dispose aux quatre angles d'une fessé de 15 à 18 ponces en carré. M^is dans les Vosges et en Lorraine, on ne place qu'un seul phnt pour former chaque touffe. C'est cette médrode que J'ai suivie , et je ne crois pas qu^ y ait aucun avantage à multiplier ainsi les pieds, ou en d'autres termes, je pense qu'un seul pied dehonhlon, puisait sa nounituredansunearfédesix pieds decûté, donnera autant de produit que quatre pieds qui n'auront pour s'alimenter que la même étendue de terrrfn ; ^ les fruits du pied isolé seront certainement plus beaux.

Qud que soit l'ige ids plant que l'on emploie, on place diacun dans un trou suffisant pour le contenir avec toutes ses racines. On le diqiose au nilieu du trou en feafonçant

CULTVBB DV HOVBLOir. 201

ipùm iprïl soit coirrert entièrement de terre; et on emplit avec soin le trou de terre meuble, en la tassant modérément autour des racines. Si la saison* était trèssèche après la plantation , il serait bon d'arroser les plants une fois ou deux, surtout -n la plantation se fiùt en bourgeons de l'année , et si le sol est léger. Cependant ce soin est rarement nécessaire pour assurer la réussite du plant. Si le sol n'est pas dans un haut état de fécondité, on doit lui donner une finrte fomure en couverture aussitôt après la plantation; et fl est bon que le fumier ait été amené à l'iiyance, afin d'éviter que les voitures circulent dans la pièce , après quç la phntation sera fiiite.

âOB GULTUftE W. HUMlUOir,

SECTION ÏV.

PAS4kLlilLB lOmB U: STSTàHB 9S0 PBBGRCS^BT 4}BI.Ui DBS ni.8:DB FBB.

SôMMAiM. — Qioix dei pochas* >-** Sieur lôtigaevr.^-Oëpeiifies qu^«^8 entraînent. -^ Méthode des fils de fer. «^ Expénençe sur ce suj-et. -*- ÀYantages des fils de fer. *— Sécarîtc contre les vents. — Re'coltes intercalaires. — Comparaison de la dépense des perches et des fils de fer.

Le houblon est une plante grimpante qui s'élève souvent très-haut à Fétat sauvage j en s'enroulant autour des tiges dès arbres ; et dans Tétat de culture , il est ëgalem^at nécessaire de lui fournir des appuis. On y emploie presque partout des perches de bois de diverses essences, selon les^ocalitës. Les perches de chêne sont les meilleures, lorsqu'on peut se procurer des brins droits d'une suffisante hauteur. On leur enlève Técoroe; ce qui en augmente la durée. Là où l'on ne peut se procurer des perches de chêne , on en emploie de sapin ou d'autres bois tendres ; mais il faut les renouveler chaque année , tandis que les perches de chêne durent généralement trois ans.

La hauteur des perches doit dépendre de la richesse du terrain. Dans des sols où le houblon a une végétation peu active, on eiïiploie quelquefois des perches de 16 à 18 pieds de longueur seulement. Plus généralement on leur donne une longueur de 20 à 22 pieds , et dans quelques terrains très-riches , on est forcé d'employer des perches de 24 à 25 pieds , parce que autrement les branches du houblon se rabattant après avoir atteint le sommet de la perche, s'accrocheraient aux perches voisines.

CULTURE DU HOUBLOrï. â09

Les perches font un des articles les plus importants de la dépense d'une houblonniëre : en plaçant les plants à € pieds de distance, l'hectare en contient environ 2,500. En Lorraine, où le bois n'est pas cher , les perches de 20 à 22 pieds coûtent communément, rendues sur place, environ 40 francs le cent. La dépense des perches se porterait donc à 1,000 fr« par hectare. Un propriétaire des Vosges, M. Dem^ a imaginé, vers 1826, de substituer aux perches des fils de fer éteniïus horizontalement à 5 ou § pieds au-dessus de la surface du sol , et soutenus de la maniéore que j'expliquerai plus loin. Sur ses indications , j'ai essayé cette méthode , d abord timidement , ensuite en retendant successivement dans mes houblonnières ; et j'ai fini, depuis 1834, par l'adopter exclusivement, à l'exception d'une petite houblonniëre qui se prétait difficilement ao système des fils de fer, parce qu'elle est traversée par un chemin. Chaque année, depuis que j'ai commencé à employer les fils de fer, j'ai £adt récolter à part les produits qui en provenaient et ceux des perches , et j'ai conclu de mes observations que le produit est sensiMement égal dans les deux méthodes. La conviction est toutefois fort difficile à acquérir en cette matière , surtout dans le terrain sur lequel j'opérais, parce qu'étant situé «en c6te et fort accidenté , il estrfoin de posséder la même fertilité sur tous les points , et le rapport des produits varie encore entre ses diverses parties , selon les chances des saisons. Cependant , après avoir examiné attentivement les résultats pendant sept années , et spécialement dans les trois dernières , pendant lesquelles j'avais remplacé presque toutes les perches par des fils de fer , je demeure persuadé que le produit a été aussi abondant dans le système des fils de fer que dans ^ celui des perches. Je dirai cependant que dans les ^ols d'une très-haute fertilité , les perches auraient peut-être l'avantage sous le rapport du produit ; ce n'est là , au reste ,

qu'une induction que je tire d'un trop petit nombre d'observations, pour que je puisse y attacher une entière confiance ; mais il m'a paru que c'est surtout dans les parties les moins riches de ma houblonnière que les produits des fils de fer se font remarquer avec le plus d'avanta^ y idativement à ceux des perches.

L'avantage des fils de/er consiste dans u^e grande diminution de la dépense, et dans la sécurité que l'on acquiert contre les effets des grands vents , qui ^nsmA (rès^souvent des dommages considérables dans les houblonniètes établies en perches. L'inventeur faisait valoir, en faveur de ce procédé, un troisième avantage : celui d'admettre la culture des betteraves , des choux , etc. , entre les ligqes des fils de fer ; et il s'étend beaucoup sur cet avantage , qans une brochure qu'il a publiée sur ce sujet. A cet égard , je ne puis partager son opinion : une récolte qui paie aussi richement que le houblqn, le terrain qu'elle occupe et les engrais qu'on lui consacre , doit être mise en possession , sans partage , de totis les éléments de fertilité du soi ; et le cidtivateur paie bien chèrement, par une diminution sur la recolle principale, les racines qui ne peuvent puiser leur subsistance dans le terrain qu'aux dépens du houblon. Je pense donc qu'on doit s'abstenir de cultiver aucune plante étrangère dans les houblonnières, aussi bien avec les fils de fer qu'avec les perches. On pourrait tout au plus se le permettre la premièifô année , daiis 4ine plantation faite en bourgeons , et dans laquelle les plantes ne pourront em^re aller puiser leur nourritute ddns toute l'étendue du terrain. Je l'ai pratiqué ainsi lorsque j'ai établi les houblonnières de Roville; mais je pense aujourd'hui que j'eusse encore mieux jbit de laisser dans le sol tous ses principes de fertilité pom* la végétation du houblon dans les années suivantes.

En refusant au système des fils de fer ce dernier avantage , oa est forcé de reconnaître que les deux autres ^ont

CULTURE DU UaUBLON. ^ft

d'une hante importance. Les personnes qni ont cultive de» houblonnières, connaissent l'étendue des pertes qui résultent des vents orageux ^ lorsqu'ils surviennent au moment oà les perches sont chargées de cônes approchant de leur maturité. Il est. peu d années où l'on smt eiftièrement exempt de ces pertes, et il n'est pats rare qu'elles diminuent les i^coites dans une proportion fort ccmsidérable. Le système des fib de fer met entièrement à l'abri de ces dommages ^ ainsi qo^ ^s embarras où l'on se frouve pour relever les perches richement cWgéès, abattues les unes surle^aui^ très' par nu ouragan , et dent les fruits ne pour]*ont être sauvés qu'en partie , malgré le travail et les soins que V'&â * y consacrera. '♦ v

La diminution des frais n'est pas moins importante i rheetare de terre planté en lignes distântesde 6 pieds^ consomme environ six cent livres de fil de fer de fa grosseur que j'indiquerai plus loin , et dont le prix est d'environ 45 tmt la livre. £n sùppossuit 50 cent., la dépense de pi»* mière mise serait de 300 fr. par hectare. Il &ut y ajouter celle des échalas, et des petites perches qui forment les chevalets destinés à soutenir les fils de fer d'espace en espace. Je ne puis apprécier exactement cette partie de la dépense , parce que j'y ai employé d^abord leis débris des anciennes perches, et ensuite des brins que je feis 6eup€¥ dans les plantations de la ferme. Ma^s cette dépensé est peu considérable , car les échalas qui doivent avoir 6 à 7 pieds de longueur, peuvent être Êdts de bois blancs et ne coûteront généralement pas plus de un franc 50 cent, le cent. En supposant qu'on' les renouvelle chaque année, cela formerait une dépense de 25 fr. à 37 fr. 50 cent, par hectare. Les chevalets coûtent beaucoup moins, parce qu'ils n'en faut qu'un petit nombre; on j emploie ties brins un peu plus gros que les échalas , et de 7 à 8 pieds de longueur. Au total , on ne peut pas évaluer à pliis de

212 GCLTURE DU HOUBLON.

35 à 50 fr. , selon le prix du bois dans chaque canton , la dépense annuelle de tout le bois nécessaire par hectare dans le système des fils de fer.

Quant à la dépense annuelle des fils de fer eux-mêmes , je ne puis encore l'évaluer, attendu qu^elle dépend de leur durée : les plus anciens de ma houblonnière sont en place depuis sq;>tans, et semblent devoir durer encore fort longtemps. Des réparations nécessaires chaque année pour relier quelques fils qui se rompent, sont entièrement insignifiantes. En supposant ijne durée moyenne . de dix années, nous trouverions une dépense annuelle de 30 fr. par hectare , d'après la dépense de première mise que j'ai indiquée tout à l'heure , en sorte que cela formerait une dépense totale annuelle, par hectare , de 65 à 80 tr., dans le système des fils de fer. Je la porterai à 100 fr. pour couvrir la dépense des pieux ferrés que l'on place aux extrémités des lignes des fils de fer, ainsi que tous les frais accidentels. Nous avons vu que dans le système des perches la dépense de première mise se porte à mille francs par hectare ; et en supposant aux perches une durée moyenne de trois ans , cela forme une dépense annuelle de 333 fir. La dififérence serait donc de 233 fr. en fiiveur des fils de fer.

Je conclus de ces observations, que les planteurs de houblon de notre pays n'ont pas fiadt assez d'attention à la méthode imaginée par M. Denis car, à très-peu d'exceptions près, elle ne s'est pas propagée. Ce propriétaire a , il est vrai, cessé de se livrer à la culture du houblon, peu de temps après (pi'il eût publié son procédé, mais les motifs qui Fy ont déterminé sont entièrement étrangers au mérite de sa méthode , et je suis persuadé qu'elle se propagera lorsqu'on la connaîtra mieux.

GUirrURB DIT HOUBLOKT, 213

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