‹ Annales agricoles de Roville (volume 2)Chapitre 36 sur 88 · SECTION V · texte numérisé non relu

SECTION V

PB0CÉDÉ8 FOUB L*BMPLOI DBS FCBOHfiS ET DBS FILS DB FEB.

SoMiTAiRE. •— Choix et préparation des perches. •— Dressage des per-< che8*-*-Lear conservatiQn pendant rhiver.— Grosseur du fil de fer. — • Direction des lignes. •— Pieux de tension. — Manière de dresser les lignes de fil de fer. — Chevalets et échalas. -— • Conserva -

' tîon des fils de fer.

Les tiges du boublon s'életant peu la première année , lorsque la plantation a été fidte en bourgeons, on ne leur donne dans tous les cas que des tuteurs ou échalas de 5 ou 6 pieds de bauteur ; et c'est seulement à la seconde année que Ton garnit la houblonnière de perches ou de fils de fer , selon la méthode qu'on adopte. La plantation idte j conune je Fai dit i en lignes droites à 6 pieds de distance ^ convient également aux deux systèmes; et c^esten mars ou en avril , après que l'opération de la taille est ternunée y que Ton procède à la pose des perches ou des fils de fer. Une fitut pas la retarder trop, parce que le houblon pousse très-rapidement alors de longs jets qui rampent sur terre , et qu'il sera plus difficile ensuite d'attacher aux perches ou aux échalas. Je vais décrire succesivement les deux méthodes , en commençant par celle des perches.

Les perdies de 20 à 22 pieds de longueur , doivent srvoir la à 14 pouces de tour au gros bout, après qu'elles ont été écorcées. On les coupe communément à l'époque dé la sève du printemps , parce que l'écorce s'en détache alors Ëicilement ; et cette écorce s'emploie comme tan. On doit les choisir aussi droites qu'il est possible. On appointe ensuite les perches avec soin,- en sorte que la

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pointé se trouve aussi exactement qu'il est possible, dans l'axe de la perche. Deux ouvriers sont employés au perchage : l'un d'eux pratique les trous , en y employant un avant-pieu en fer ^n poids d'environ 20 livres , et formé d!une tige ronde d'environ 4 pieds de longueur, qui se termine en bas par un renflement pointu, en forme de poire allongée, dont le plus grand diamètre est de 3 pouces. La manœuvre de cet instrument se fait en l'élevant vertica*lement , et le laissant «asuite retomber de tout son: poids sur la terre , dans laquelle la poire s'enfonce d'une certaine profondeur. Un second coup doniié deméme l'enfonce un peu plus profondément ; et Ton continue ainsi, en faisant prendre à chaque fdis un mouvement dreulaire à la partie «ifiérieure de la tige, lorsqu'elle est loinbée au fond àa trou , afin d'élargir un peu ce dernier, et jusqu'à ee qu'on ait attflini à la {HTofoÉdieur de 18 pouces au moins et même Ab 2 pieds pour ks perdies très-longues et dans des ter* Ksâm peu consistants. Le second ouvrier prennod; ensuite vne petche, l'élève veiticaleaient le plus haut qu'il le peut Aundessus du triMi , ei la Êdt retomber avec force , pour que la poÛKte atteigae bien le fond du trou. Âlm de la con* soUder en tassant )a terre , <m enfimee ensuite l'avastipieu , à diverses reprises, et par un seid coup chaque fois» en plusieurs pcnnts autour de la perche. <ki plante ainsi une perdie pour diaque pied de houblon ; mais le tixm doit être pratiqué à dix^huît poupées caaviron de distance du pied , afin de ne pas eiid<i»mafer les racines. Au momirat de la cueillette du houblon , on arrache les perches par un moyen que je démrai plus loin,; et lorsqu'elles ont été débancas» sées des tiges qui y sont entortillées , ou les rentne sons dan hAOgurs, si on le peut, pour y passer l'hiver ; ou on les dresse en les appuyant les unies ooirtre les autres, dans la houhloimière môme , en eu formant des tas de iûO & lâO. Ces tas diuvent être soifneusement assistais contre

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JBg grafids rents, en éloîgiiaiit sii£Gisamiiiient les pieds des perches placées en cercle.

Pour k méthode des fik de fer od emploie des fils dé- «gnés dans les ^briques des Vosges so«s le n^' 19. Ils ont onze BKQyUmèltvs de eiroonfiérence, ce qui forme à peu près la grosMur du tuyau d'une petite plume de corbeau. La éouronse de dix livres présente mviron ^â mètres de fengneur. jU est fort important qoela directiop des lignés sait aussi raf^rediée qu'il est possible , de celle du midi au nord. On détermine d'alN»rd la longueur de ces lignes , «t i VesÈréwké de dbaèune , on plante eœnme poinl d'appui pour les fils de fer, des pieux en bois fort, de 4 pouces au moins de diamètre, sur 3 à 3 pieds i/2 de longueur. La tété de œs pieux doit être garnie d'une forte virole en fiir,.afin qu'on puisse les enjfoncer à grands coiq^s de masse. Ils doivent être eojftmcés un peu obliquement , la pofntd tdnrnée du côté de la ligne , de manière à présenter plus 'de réskt^nce à la tra<^ion des fils de fer , et ^on les ènfoneé jusqn'à^ ce que la tète ne dt^assjs la surface du iKA que dé esoq oâ six ponces. Ces pieux s<Hit traversés h quelques pouces au-dessous deto virole, par un boulon en fer sofidement arrêté par derrièie, et qui se termine ^aviatf, très-près du pieu, paru^i œillet auquel on fixe lefildefer.

On peut donner aux li^es de fils de fer une as«»z grande longueMr ; les plus loiigues de ma boublonnière , ont environ 180 mètres de longueur, sur voï terrain fort inégal. Le» fils de fer se plsbat biien k ces onduktims, pourvu fa'fines M soient pas tn^ bnisqne». On pourrait certainement feire enoom des Bgnes plus longues; mais comme il est aaaez diffidie de traverser la houUonnière perpendiculairement à la direction des lignes , lorsque les fils de fer sijq^ortent des brandies nombreuses et entrelacées qui descendent presque jusqu'à terre, il convint de couper

2f6 CULTUEE DU HOUBLON.

les lignes trop longues par un sentier ou un chemiû qui £ai^ lite la circulation.

Lorsque les piquets ont été plantés , on étend les fils de fer le long des lignes, en les réunissant bout à bout lor»que cela est nécessaire; cela s'eii^cute en repliant sur lui-même un des fils de fer , & trois pouces environ de son extrémité , et en tortillant deux ou trois fois le fil ijui forme l'extrémité y sur l'autre partie , afin de présenter ainsi une boucle ou coulant dans lequel on passe l'extrémité de l'autre fil de fer que l'on assujettit sur lui-même par le même moyen que le premier. On fixe par un moyen semblable les deux extrémités de la Igne sur les boulons des pieux ^ en tendant aussi fortement qu'on le peut, le fil de fer dans toute sa longueur. Lorsque le fil de fer d'une ligne est ainsi: tendu sur la sur&ce de la terre, on l'élève à la hauteur convenable , à l'aide de chevalets que l'on dispose de la manière suivante : on construit chaque chevalet avec deux perches de 2 à 2 i/2 pouces de diamètre, etde7à8pieds de longueur. Sr le terrain est en pente , l'une des deux perches doit être plus longue que l'autre , pour compenser l'kiégalité du sol. On réunit ces deux perches à 3- ou 4 pouees de leur extrémité supérieure^ à l'aide d'un lien en fil de fer. Ecartant ensuite leurs ex« trémités inférieures , on place le fil de fer que l'on veut élever, dans l'enfourchement que présentent tes extrémités des perches qui dépassent le lien. On dresse ainsi le chevalet sous le fil de fer y en plaçant te chevalet dans un plan perpendiculaire à celui qui passerait par la ligne du fil de fer ; et l'on écarte ou l'on * rapproche entre dles les extrémités inférieures des perches , selon qu'on veut élever ou abaisser le fil de fer que le chevalet supporte; On fixe généralement la hauteur du fil de fer à cinq pieds , afin que les ouvriers puissent tes atteindre commodément avec tes mains, pour arranger tes tiges du houblon. On ne pose

pas d'abord les chevalets des extrémités de la li|^e près des pieux; mais lorsque toute la ligne est soutenue, on place ceux-ci , en les rapprochant des pieux autant qu'on le peut , afin de donner une forte tension au fil de fer sur toute la ligne. En effet , le fil de fer partant obliquen^ent du pieu pour aller passer sur le premier chevalet, oncoln^ prend qu'on peut tendre à volonté toute la ligne en rapprochant le premier chevalet du point de départ du fil» On augmente encore un peu la tension du fil de fer, et l'on donne aussi plus de solidité au premier chevalet , en lui faisant prendre une légère inclinaison du côté du pieu , ce qui l'empêche de glisser sur le fil de fer, par l'effet de l'obliquité de ce dernier. Tous les autres chevalets sont disposés dans un plan vertical , et on les place entre eux à une distance qui varie de 50 à 100 pieds , selon qu'on eroit devoir donner plus ou moins de solidité à la ligne contre les grands vents. Lorsque tous les chevalets d'une lignes sont posés, il est prudent de soumettre le tout à une épreuve , afin de s^assurer de la solidité de toutes les parties. A cet effet, deux hommes se plaçant vers le milieu de la ligne, et saisissant le fil de leurs mains, s'y suspendent de tout leur poids ; si rien ne fléchit , on peut être assuré que le fil de fer, les chevalets et les pieux sont en état de résister à*la charge du houblon qu'ils doiyent supporter. Cette charge est réellement beaucoup plus considérable que cejle des deux hommes ; mais elle est répartie sUr toute la longueur de la ligne; et d'ailleurs leséchalas dont je vais parler, aideront encore à la supporter. Afin de donner une idée plus nette de cette disposition , j'ai fait figurer dans les planches à la fin du volume, une ligne de fil de fer prise dans une petite partie de sa longueur, à partir du pieu qui forme une des extrémités.

Les échalas se placent prés de chaque pied de hou-

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bh» 9 de méaà que je Tai «KpUqoé pour lès perches, et eu y employant un avaut-iMeii plus léger et meias gros. .On fixe eniRiite par un lien d'osier la/partie supérieure de l'échalas au fil de fer sous lequd il a été planté. Dani la suite, les tiges de hottUeu en s'entrelaçant , réuninMit très-solidement les fils de fer , les éeialas et la partie supleure des cbevalets, en sorte que le tout formera une masse dense d'une esftrémilé de la ligne à raatni.

ÀfitèB la récolte , on enlève tontes les tiges du houblon, nn réunit les échabs et les chevalets , en les drossant par tas sur le terrain , iximme je Fai dit pour les perdies, et <m laisse les fils de fer tendus et gisuit sur le sol jus- 91'au priiitemps smyant. C'est ainn du moins que les miens imt été traités ; etils se cooserrent fort Inen , avee ia seule peéefsaÊion d'en graisser la surfece une feîs chaque dospée* Cette opérati<m s'exécute en feisaat glieser le loa^ des fils de fer une {nèoe de grosse étoffe de laine que Toa trempe de temps à autre dans de l'huile. Il ysmdrait sans éonle mieux encore pratiquer cette opér^ion deux (m , •<f estrà^^Uie au printemps et au commencement de fhivOT. ia couche d'œdde dont se couvre le fil de fer se pénètre d'huile, oe qui forme sur toute la surfece une espèce de vernis qin préserve très*efficaoement le métal de la rouille.

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