‹ Annales agricoles de Roville (volume 2)Chapitre 38 sur 88 · SECTION VII · texte numérisé non relu

SECTION VII

Sommaire. — La pace de terre. «^ La miellcc. — Dcscriptiou de C9tU9 maladie. — Ses ravages.

Les jeunes pousses de houblon sont quelquefois attaquées, peu de temps après leur sortie de terre, par un petit insecte du même genre que celui qui dévore les feuilles des cheux , du colza , etc. Les habitants de la campagne k Binoment puce de terre , parce que cet insecte fuit en s'âançant à la manière des puces , lorsqu'on s'en approche poor le saisir. Ces animaux vivent aux dépens des sucs de h plante qu'ils aspirent au moyen de leur trompe qu'ils font pénétrer dans l'écorce. Ils sont quelquefdis assez nombreux ponr causer un dommage considérable, ou arrêter du moins pendant assez longtemps , la croissance des jeunes pousses. Dès que ces dernières ont atteint une hauteur de trois ou ([oatre pieds, j'ai toujours vu cesser les ravages des puces, f ai essayé, au reste , sans succès , de fairo saupoudrer les pousses de diverses substances en poudre j afin d'en délo* ger les inseetes ; mais on en est communément dél^arrassé par un changement de température, et surtout par .une pluie douce, qui donne plus d'activité à la végétation des plantes.

la miellée est un accident beaucoup plus graves et c*est la seule maladie qui soit réellement funeste aux récoltes de li<mbloB. C'est aussi la cause la plus fréquente de la des-

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truction des récoltes ; et il est fort remarquable que cette cause agit d'une manière très-générale ; car lorsqu'une heu^ blonnière en est attaquée , il en est ordinairement de même pour toutes les houblonnières sur la sur&ce entière de TEurope. J'ai observé cette maladie trois fois, dans l'espace de treize ans, sur les boublonBières.que-je cultive ; et deux Ibis elle a été funeste à la récolte qui a été détruite presque en totalité. J*ai remarqué avec évidence que l'invasion de la maladie a coïncidé toutes les fois avec l'apparition de brouillards secs et fétides qui se sont prolongés pendant une buitame de jours au. moins. Dès l'apparition dé ces brouillards , voulant vérifier Texactitude de Fopiïiion populaire , qui les considère comme cause de la miellée , j'ai observe avec attention chaque jour l'état du houblon qui au^pmravant était entièrement sain : dès le second- jour, j'a- |>erçus à la sur&ce supérieure des larges feuilles de cette plante, quelques points brillants formés par la présence d'un liquide visqueux. Cès^ points s'étendirent promptement , et dans l'espace de moins d'une semaine , la surface * entière de toutes les feuiltes fut couverte d'une espèce de vernis quî adhérait aux dtngts , et qui développait sur la langue une saveur sucrée très-prononcée. Il est évident que ce n'était pas ime manne tombée du ciel , comme on l'a cra quelquefois , car on n'en trouvait sur aucun dés autres corps exposés à l'air , ni sur la sur&ce des feuilles des arbustes ou des plantes d'autres espèces qui environnaient la houblonnière. C'était donc uqe exsudation des sucs do la plante ellé-méme , qui avait sa qjiuse dans un état partieu-» lier de maladie du végétât.

Dès l'apparition des premiers points brillants à I^ sur&co supérieure , j'aperçus aussi entre les nervures de la surfeca inférieure , d'autres points évidemment formés par de petits corps d'un vert clair. Ces petits corps se multiplièrent , prirent dfe Faccroissement ; et il fut bièi^t évident qu'il»

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n'éteimit autre chose que de petits animaux du genre des pucerons , qui prenn^t très-peu de mouTement, et qui restait constamment coUés à la sur£ice de la fouille aux dé^ pens de laquelle ils vivent. La grosseur de ces animaux ne dépasse pas celle d'un grain de pavot; mais leur corps est fc^t aq^ti; et pour Thomme qui y apporterait peu. d'attention j ils sembleraient des protubéraneeSy delasur&ce. înfâieure de la feuille: Je passerai sous silence les détails que j'ai pu: observer sur la distinction des. sexes et sur^ la multiplication de ces insectes, ainsi .que sur l'existence d'autres insectes fort différeirts. et beaucoup plus . volumi' neux qui viennent toujours se réunir à ceux-ci sous les feuilles des plantes malades; car ces détails. ne pourraient intéresser que l'histoire naturdle. L'apparition sû^tanée des premiers de ces insectes^, sur une des &ces de la feuille, ^ de l'exsudation miellée sur l'autre , est . un. &it fort re- Biarfaable> et domierait lieu de soupçonner que rexsudatioa a'est qu'un effet de Firritation pituite sur la &ce opposée, de la feuille, par les jnqures multipliées des insectes, à moins qu'on n'ailne mieux penser que le développement des insectes et : fexsadatien sont d^ix effets simultanés d'une même jcaàse , qui se rencontrerait dans un état particulier de maladie du végétal. On ne peut prétendre en effet ici , commte on l'a dit quelquefois pour des cas analogues, que les insectes <mt été attirés par la présence du liquide sucré et qu'ils en font leur nourriture, car 4es insectes n'existent jamais qu'à la surfstce inférieure où Ton ne remarque aucune ; exsudation ; mais à mesure que la miellée devient adondante à la surface supérieure , le nombre des insectes s'accroît sur l'autre £ice de la feuille qui en parait UentOt entièrement couverte.

Lorsque la maladie se manifeste, la houblonnière présente à l'œil d'un homme peu : expérimenté , l'apparence dune végétation extrêmement vigoureuse, à cause du vert

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Smeé et Msamt cpn m lemaïqne g«r ton! le tgoBhgfi. Bientôt les Jevncs poMies et ks feoilleg, à mesiire qu'elles se défelnppeat, soKt eniEshies par te aikUée et per les îmaBotei. La yfégétMtàoik est laleatie, et à VépoqiiâB de la floitK A» qui surrient oràniaireme«t pea da temps» «près l'm* imrion de la mahdie , les fleurs a^ortenl; , 1» feufflag» prend une teinte sombre enfimée, parée que la nâaUée a été remplacée sur les fenâlea par une substance pukérulente brunâtre. Beaucoup de feuffles se dessèdieuit, la v^étatkm est ëvidenrnient arrêtée^ et te récolte est presque mde. Une ibis cependant , en 1835 , h nàeSUe sfétant manifisstée trës^fbrtement sur mes honblc— ièrris à une époqae un peu moins avuncfie que dans. te& asÉrea cas qiis j'ai observé?, è'esM^dire lorvqp» les tiges deaplaotfls n'aTaient emM»e que ^ ou S pieds de hauteur ^ te nulaëie s^est guérie comme par enchmtement à Tapporitiott d'une tenq»ëratnre humide et douce, et af^ès s'être mceliée pendant une quinaaine de jours avec antmit d^iinlensité que je l'eusse encore observé, le remarquai un jour que les plantes fermaient de nouvéHes pousses, dont tes feuilles étaient entîdrement exemptes d'insectes et de miellée doat toutes les andeuies feuSles étaient eharg!ées. le conçus alors quelque espoir , qui se fortifia lorsque je recemK», dans tes jours suivants, que te maladie ne feisaât pas de nouveaux progrès, et que les nouvelles pousses, eiirâniement vigoureuses , continuaient à être parâdtem^nt nettes dinsectes et de mieilëe. Les plmites se remirent parfiâte^ ment^ te floraison*ftit abondante et te récolte très^produrtive. Le même efibt fot remarqué cette année*te dans plusieurs pays où l'on cultive te houblon. C'est donc du ciel qu'il teut attendre te guérisoii de cette matedie lors^ qu'eHe se manifeste ; et quant à des moyens qe» Ton puisse employer pour en prévenir tes ravages ou les diminuer, je ne crois pas ^'il en existe aiMun r seule-

ment on doit apporter beaucoup d'attention dans le dhoix du local, comme Je l'ai dit, parce que cette malacBe est plus firéquemment foneste dans certaine situation que dans d'autres»

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