SECTION X
M HOUBliOlf. «-«
SoKmiRBf — Variations considérables auxquelles les prix sont sujeli» -^ Difficultés de les prévenir. — Position embarrassante dci planteurs placéi loin des centres de production. — Désavantage réel qui résulte de cette position. -— DépouiUement des comptes de la houblonniére à Roville pendant 13 années. •— Résultats de ce dépouillement , et divers calculs de dépenses et de produits.
n n'est peatrétre aucune récolte qui o£Bre , selon les années , des yariadons plus considérables dans les produits conyertis en argent. La récolte en elle-même est sujette à des chances qui en diminuent quelquefois le produit dans une énorme proportion. C'est surtout la miellée qui, comme je l'ai dit , réduit trop souvent ainsi à peu de chose les récoltes de houblon, et il n'est pas rare que, même dans une houblonnière bien située , on recueille à peine k dixième du produit d'une récolte ordinaire. Cette circonstance occasionne généralement une grande hausse dans les prix ; mais cette hausse est rarement suffisante pour compenser le déficit de la récolte. D'ailleurs , les prix de ce produit sont encore influencés par d'autres causes, conune l'abondance de la récolte des vins, le prix de l'orge, Taisance variable des populations, la température des étés, qui Êivorise ou ralentit la consommation de la bière , etc. Si Ton considère, d'un autre côté, qu'il est question ici d'une denrée qui doit être omsommée dans l'année de sa production , et que l'on ne peut emmagasiner aux époques de bas prix, pour reporter l'excédant sur les années de
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pénurie , on eomprondia les énormes variations qu'ëprou- ▼ent les cours du houblon dans un petit nombre d'années. Depuis douze ans que je récolte ce produit, je Tai vendu à des. prix qui ont varié depuis 15 francs le quintal de 50 kilogrammes, jusqu'à 300 francs. Il est vrai que le prunier de ces prix était celui de houblon vieux que j'avais refusé de vendre à 45 francs au mom^it de la récolte. Encore je n'ai pu en vendre qu'une partie, et j'ai été forcé de jeter le reste sur le fiumier. C'était le produit de la récolte de 1826.
Il parait qu'il est fort difficile , même pour les spéculateurs qui font leur principale occupation du commerce da houblCHi, de prévoir, pour chaque année, comment s^établira la balance entre les produits et la consomma* lion ; car, sprè» que les prix se simt bien établis, comme cela arrive ordinairement un mois ou deux après la récolte, rien n'est plus commun que de voir, pendant le cours de. l'hiver ou au conunencement du printemps , succéder brusquement calme plat et impossibilité de vendre, à des demandes vives et soutenues. Une baisse de 20 ou 30 pour cent peut-être en sera le résultat quelques mois phu tard. D'autres fois, des effets entièrement opposés se fcoit sentir , et l'activité subite des d«nandes des spéculateurs détermine une prompte hausse dana les prix. Dans un tel état de dioses, on conçoit que le planteur* doive être fort embarrassé pour k vente , lui qui n'a pa» nfetene sur les chances probables de hausse ou de baisse , lea données que peuvent posséder les grands spéculateur» qui se tiennent constamment au courant des prix sur to«s ks nuurdbés de l'EUrtypé; SI est vraisemblable que le parti le plus prudent que puisse proière le planteur, est de considérer le prix qui s'établit après la récolte comme pré-, aentant la balance entre les <!ihances de bamse ou de baisse , autant du moins qu'on peut les prévoir à cette
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époque. CmA^ hkn eo affet là oe qui a Uéa par suite de kl conourrenee ffoérale. S'il sument ensuite des droonstanees qui fosseot hausser les prix , personne n'afwt pu les prévoir; car si on les avait prévues, la hausse aurait eu lieu iiomédiatonieia. Le planteur ne doit dono pas raisonnablement recret^er de n'avoir pa profiter de ces ohances, s'il a vendu de bonne keisre ; et il arrivera toaift aussi souvMt qu'il se félicitera d'avoir échappé par ce moyen à une baissé postérieuxe. On peut donc dire qu'il est prudent pour lé planteur de vendre ses produits de bonne heure, et lorsque la ve^e de cette denrée est ouverte, c'est-à-dire , ordinairemient en novembre. Hais aussi il importe qu'il soit bien aasuKé4e vendre réellement au cours du moment, oe qu'à n'est pas toujours fadle de connaître , parce qiie œ oommeroe est énjon 'petit nombre de mains : presse jamais lé planteur ne peut vendre éireetemeftt aux brasseurs ; et oe sont quelques maisons de spéeulatenrs, dans les grande» villes, qui acMtent les [wodaits pour les réexpédier sur lee points ùùi ils savent qu'il existe des besoina. Bans les eantem où la culture du houblon est biea étabfie, on eonnaft biea*6t le taux «wpid des ventes ont été opérées, ee qui étabhC m CiOiMra. Masa pour la personne qui voudra as livrer à cette culture d'ime manière iscdée, et loin des centres de produo^ tion, il sem presqu'impflwtihle qu'elle ne -marehe pas e» aveugle, du moins p«uhntlonglem(»s> dans la détermina tien qa'elie prendra pour fixer le prix de la itiarcftandise^ qis'eQisiaum à vendre, et pour accepter mirefiienr les sMiua. quftlm aèrent faites. Pour un pf«duiÊ dont le çommoree esi awsî chaaoeay et les prix aussi vsniaiyes. que le kauiilon, je Oi'hésite pas à dire que cette cireonslanee ékMàoi un désafantage de dis <mi quisoe pour cent au moins eontre le fAnvtenr qui i^eudea dëbnter amsi dans cette cutenre. On Teudsa pa«|l<HHre, dans une telle silnslioB^s'adnesasr àqartfffff»^ brsMseurs du voirinage pour les engager du moins à.
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filtre des essais sar le nouveau produit de la localité. Ordinairement on rencontre chez eux une répugnance plus ou moins déguisée ^ que Ton jugera avec beaucoup de sévérité.. Cependant cette répugnance est naturelle : vous considérez votre culture; mais le febricant considère ses brassins; il est accoutumé à y employer du houblon de telle ou telle qualité que lui fournit tel négociant. Il sait d'avance quel lésultat il obtiendra, en employant ce houblon dans une proportion donnée; et k bière qu'il obtient ainsi plaît à ses eonsommateurs. Il ne voudrait pas compromettre le succès d'un brassitt , en employant du houMon dont il ne connaît pas les propriétés, quand vous hii offririez ce houblon pour rien. C'est pour cela que dons presque toutes les localités où la culture du houblon s'est établie , c'est par des brasseurs qu'elle a commencé : réunissant alors les intérêts du planteur à ceux du fabricant, ils étaient plus disposés à risquer quelque chose pour se livrer à des essais sur l'emploi du produit ; et ensuite ils ont acheté avec plus de confiance le houblon produit par leurs voisins. Si l'on ajoute à ces difficultés pour la vente , les fautes que Ton ne manque guère de commettre dans les commencements , soit dans la culture, soit dans la manipulation du produit, on comprendra l'étendue des obstacles que l'on doit s'attendre à rencontrer, lorsqu'on veut introduire dans une localité une colture comme celle-ci. Ce n'^est pas un motif pour y renoncer, miais il est bon que Ton soit prévenu de ces difficutés.
J'ai pensé qu'il serait utile de présenter ici un dépouillement de mes comptes de houblonnière depuis que je me livre à cette culture. Ces comptes embrassent une série de treize années, de 1823 à 1835. La houblonnière aété établie dans un sol argilo-marneux compacte , sur le penchant et au bas d'im coteau assez rapide. C'était auparavant une terre arable assez fertile , relativement au reste de l'exploitation,
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mais dont le produit en froment ne devait pas dépasser quinze hectolitres par hectare. Ce terrain était donc d'une trés-médiocre fertilité pour une houblonnière; je n'en avais pas d'autre que je pusse employer à cet usage ; mais il est certain que le profit ^t été plus considérable avec un meilleur terrain, quand même on eût dû en compter le loyer à un prix double ou triple: Le produit moyen du houblon par hectare a été , comme on le verra dans un des tableaux que je vais présenter, de 1771 livres, et il existe certainement des houblonnières en terrain riche , qui dcmnent un produit de moitié en sus de cette quantité. J'ai déjà dit que je n'avais pas voulu employer du fumier dans ma houblonmère; et j eusse certainement pu accroître les fMroduits, en appliquant de fortes fumures.
L'étendue de ma houblonnière a d'abord été de 4 jours de Lorraine de 20 ares 44 centiares chacun ; et je l'ai portée successivement dans les années suivantes jusqu'à la contenance de 8 jours. Je ne pourrais pas dépasser cette étendue sans faire construire une nouvelle touraille, car la mienne suffit à peine à la récolte dans les années abondantes.
Je vais donner dans un premier tableau, d'après le dépouillement des livres de ma comptabilité , le montant des frais faits pour chaque année, en classant ces firais selon leur nature.
Dans un autre tableau je présenterai les produits annuels en argent, ainsi que les balances au compte de profits et pertes. Je ferai suivre chaque tableau de quelques observations sur les divers articles qui le composent.