LA CARIE DU FROMENT
Sommaire. — "Degré d^efficacit^ du sulfatage pour préserver les récoltes de froment de la carie. — G)nside'rations sur le mode de reproduciion de la carie* — Détails du procédé de sulfatage.
J'ai publié sucoeiriTement, il j a quelques années, les détails d'une série d'exp^ienoes ,que j'ai suivies pendant quatre ans, et dans lesquelles j*ai pu apprécier les résultats d'un grand nombre de préparations données à la semence du firoment, dans le but de le préserver de la carie. J'avais été amené à une préparation qui m'a paru présenter un ^éservatif absolu , et dont les ingrédients étaient le sulfate de soude et la chaux. Depuis cette publication , j'ai employé cette préparation sur tous mes froments , et j ai reçu des renseignements sur un grand nombre d'^opérations où Ion a mis «a pratique ce procédé, sur divers points du royaume. J'ai toujours lieu de croire à sa complète efficacité. Cependant , je crois devoir présenter quelques nouvelles observations sur ce sujet, parée que chez moi comme chez quelques autres personnes , on a encore vu quelques épis cariés dans des récoltes traitées par ce procédé. Le nombre de ces épis était très*petît à la vérité , tandis que la carie avait souvent fdit de gr^ds ravages dans les champs voisins dont la semence avait reçu un autre mode de chaulage. Mais enfin ce petit nomlnre d'épis tendrait à enlever au sidfatage le titre, de préservatif absolu, que je lui ai attribué.
Les épis cariés trouvés dans les récoltes sul&tées , peuvent provenir de deux causes: d'abord de la difficulté d'obtenir,
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dans les opérations en grand , une imprégnation aussi complète de tous les grains de froment , que lorsqu'on n'opère que sur un demi-litre de grains, comme je Favais fidt dans mes expériences. Cepaidant le pfésenratif n'est efficace que pour les grains dont la sur&ce a été exactement couverte du mélange. J*indiquerai tout à l'heure le moyen d'obtenir une imprégnation aussi par&ite qu'il est possible dans les opérations en grand.
D'un autre côté, quelques personnes croient qu'outre les germes de la carie qui sont déposés sur les grains de semence, cette dernière peut en trouver aussi dans le sol , où ils seraient apportés principalement par les pailles de froment carié ^ qui seraient entrées dans la componltion des fumiers. C'estlà une question que je ne consid^e pas comme complètement résolue. Il ne me parait nullement vraisemblable que des germes de carie pinssent se conserver d'une année à l'autre, soit dans les fumiers, soit dans le sol, d'autant plus qu'on a remarqué qu'ils ne conservent pas môme leurs facultés reproductives sur des grains de froments conservés au sec , pendant une année entière. Cependant je ne nierai pas d'une manière absolue la possilûlitë de ce mode de reproduction de la carie; mais je ferai remarquer que beaucoup d'observations dont on prétend avoir déduit ce fait , ne sont nullement concluantes. On a remarqué que certaines pièces de terre produisaient beaucoup plus de carie que d'autres , quoique ensemencées avec des grains semblables : mais il suffit pour cela que certains sols possèdent, plus que d*autres, la propriété de&vmserle développement des germes delà carie qui se rencontreraient sur les grains de semence. Or , c'est là un fait incontestable et qui résulte de toutes les observations de la pratique; de même qu'il est incontestable que, dans certaines années , la température favorise plus que dans d'autres , le dévelq>pement des germes de carie que la semence a apportées avec
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elle* liais la queilioii est de nvoir û^ dans quelques cirooiuilanees que ce soit de sol ou de température , il peut se déTelopper de la carie dans des récrites dont les semenèés auraient été complètement exemptes des germes de cette maladie. C'est là une ^piestion à laquelle très-peu de cultiTa*' teurs peuvent répcmdre ayec connaissance de cause ; car, en supposant qu'on eût emplojé les anciens procédés de chaulage, ils laissaient encore généralement subsister en grande proportion des germes de la carie j comme j'en ai acquis la certitude par les expériences que j'ai fidt connaître. Ce qui est certain, c'est que dans tous le cours de mes expériences, dans quelque sol et dans quelque ciiconstance de température qu'elles aient été frites, la ^oportion d'épis caria tronvésà la récolte, a toiqours été en rapp<Nrt ayec le degré d'efifieacité des procédés empkyés pour la préparation des simiences; tontes lesfixb que les semences ont été soumises au procédé que je considère comme d'une efiGcadté absdue, il ne s'est rencontré aucun épi carié, quoique les mêmes graines semées à c6té, mais sans préparation préservative, eussMit produit enyiron moitié de leurs épis cariés* Je suis fondé à coBclure de ces fiiits, ainsi que d'un grand nombre d'autres obserrations fiâtes dans le cours de ma pratique agricole, que les germes de carie qui se trouvent à la sur* face des grains de semence, semblent être la source unique de la reproduction de la carie dans la récolte qui en jHroviendra; et si je ne présoite pas cette assertion comme complètement démontrée, je puis du mdns dire que dans ma conviction , tonte autre source de propagation de la carie dans les récoltes , est insignifiante en comparaison de celle-là.
C'est donc dans la destruction aussi complète qu'il est possible, des germes de la carie à la sur&ce des grains de semence, qu'il fiiut diércber le remède le plus efficace contre le mal ; car il ne dut pas perdre de vue dans les re-
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cherchM sur m sujets qèe fai carid cstUMTMlàkle plante qai teimltiplid comw kft avtfes, de ses wmmef^i, ^uei- Qu'elle ait un môdedevëgétiitieateutàfait partieiitier^ et A'Mpré» leqodelle Tit et fimctifie dui l'intërieur de» phwtM du froment. C'eil là une Térité a^)e«rd'luii par&iteiMCt démontrée , et la carie ne peut pas phu se propager sâiii germe y qu'un chêne naître sans un gland. Si le.Sfd&t4g« hian eiLécuté donne le moyen de détruise bien complètemaot lés germes de carie àla surbce des grains les plus iafe|téS| ocname mes expériences me Tout démontré, c'est là teot os qu*oa peut attendre d'un procédé de cette nature. Je vaii indSquer , d'après ma piati^pM^ le mojren le plus propm à donner au sulfiitage toute l'ctficacité possible dana les opé* rations en grand. Je ne eraindrai pas de répéjter m ks dé* tails contenus dans mes précédentes publications, en les modifiant d'après les observations que j ai élé À portée de ftire diepuis cette époque.
Lea substances quç l'on emploie dans ce procédé y, sont ds teaiMt .iiiaux vwe en piem et du nifaU de âoude. Ce denoer sd est ceki que Ton désigne dans les pharmaciei sons le «un doselie CHauber: on l'obtient en grandca nanasesdani les iibriques de soude artificielle, où son prix est deiâ- A 15 francalé quintal* soit âOfcttogrammes. Les droguistes le Tendent comnnmëment 20 k ÈSt francs, dans les nOes qui m sont pas fort éldgnécé de ces fiibriques. L'opération doit se frire dans Une pièce dont le àok seît tarm^ . de carreaux > de dalles ou de dînent ; et les içgiédieota doitent y atotr été préparés Al'ayasKe, afin qn'on les ait ^oua la main an moment de lopération.
A cet effet, on fait dissoudre 8 kilogrammes > ^u 16 livres de suMite de toude par bectofitie <Feau , ou 80 grammes (3 onces entiron).p*r Utre d'eau* La.disaolution doit se faire au moîas quelques heures à l'atance dans us eu-», vier; et l'on agite fréquemment jusqu'à ce que le ael.soit
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oomplètement dissous. Le Hqmde ainsi préparé peut m 4x>n« serrer pebdant toute la durée des Semailles. D'un autre oMé , on réduit la cbaux en poudre^ en la frisant fuser par l'tdditiod d'une petite qîàantité d'eau. Le meilleur vaùfeù consiste à placer qudques pierres de diaus dans un panier on manne, et à plonger le tout dans l'eau pure^ seulement pendant quelques secondes. On la retire aussitôt et on dé<pose la chaux sur le sol, où elle s'écbauift et se fuse bientôt en se réduisant en poudle. Si l'on roulait conserver d'un jour à l'autre la cbauz ainsi fînée , il serait nécessaire de la mettre à l'abri du oodtact de l'air: on pourrait y employer un ëtouffoif A braise ou tout antre rase fermant eiactement, ptmrm qu'il y reàit peu de vide lorsque la chaux j aurait été mise. Un excelleat moyen de conserver la diaux en poudre, consiste à là plader dans une futaille défoncée, et à étendre sur lasurfilce uniinge sur lequel on met, à un ou deux pouces d'épaisseur, Une couèbe de cendres Uen sèdies. On replace le linge et les cendres diaque fois ftt'ona prisée la chaux; si on ne la renferme pas ainsi , la chant futfiéepeRl bientôt toute son efficacité, en abeorbani lacîde carbonique répandu dabs l'air^ et par œ motif on doit rejeter là chaux qui s'est éteûtte Iratement par son expoâtioit à Tdr.
La dose de chaux que Ton AiM employer d*exige f as une rigchireude exactitude; ainsi i afin d'éviter toute perte de temps dans TopétatiMa^ pour le pesage ^ Du devra se peurv^r d'tme écoeUd ob tout awtré vase plutôt profoml que large, qui, étant ëmj^ A un degré que l'on Commit, contienne ' un poids isomu dé chaos en poudre^ par exem-' pie une on deux IWreSt On n'aura ainsi à faire qu'une lenle pesée i^vnnt les opéritiods^
Lifrsqu^on Veut opérer, bn verse' un hectolitre de fro^
. aient au* ibiUeu dé la pièce, ettr^ personnes, armées do
pdlM de bois , afitdnt et reloarnent ^vement ce tas » peif-
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dut que la penMmoe qui dirige Fopëration y yersé à pln^ fliean rqirises , mais à peu d'intervalle , autant de solution de 8ul£ite de soude que le grain peut en absorber. Cela exige oommunëment 6 ou 8 litres de solution par bectolitre de grain; mais <m ne dent pas la mesurer, et Ton ne œne d'en ajouter que lorsqu'on reconnaît qu'une plus grande quantité s'écoulerait hors du tas. Tous les grains doivent être alors uniformément humectés de liquide sur toute leur surftco^^HUULqu'un seul ait échappé à son action. Alors le chef, sans perdre un seul iastant, prend une écnelle de chaux et la répand sur toutes les parties du tas, pendant que les ouvriers le retournent avec activité dans tons les sens; Il en ajoute successivement jusqu'à la quantité de 2 tilogrammes ou 4 Uvres , et les ouvriers continuent de brasser le tas jusqu'à ce que tous les grains soient exactement couverts de chaux. L'opération est alors terminée pour cet hectolitre de froment, et on le rejette dans un des coins de la pièce , pour verser à sa place un autre hectolitre sur lequel on opère de même. Ce travail n'exige fue quelques minutes pour chaque hectolitre , et Ton peiff ainsi sulfater dans une heure la quantité de froment que l'on sèmera pendant plusieurs jours , dans une grande exploitation ; nais on ne doit jamais opérer à la fois sur plus d^un hectolitre. L'efficacité du procédé de sulfatage dépend essentidlement de deux circonstances , en supposant que les substances employées aient été de bonne qualité. La première de ces circonstances est que le mélange du froment, d'abord avec k solution de sulfate, ensuite arec la chaux , ait été parfrit, et qu'il ne soit pas resté-un seul grain qui n'ait été imprégné de ces substances sur toute sa sifffoce. La seconde est que la chaux ait été mélangée au moment même où les grains de froment étaient mouillés de la solution sdine ; car si Ton attendait quelques instants, la sdution serait absorbée par la substtince intérieure du grain , à travers