‹ Annales agricoles de Roville (volume 2)Chapitre 48 sur 88 · PAR LEUR SEMENCE · texte numérisé non relu

PAR LEUR SEMENCE

Somins. «-^ tàCê acmic de pommet de terre fenttent de apoveHee

wênélé$ 9 naîe ne peuTeat régenter les anoUnnes* — Parmi le» va* riétéç ainsi formées , untrés^petit nombre seulement mériteront d^étre conservëes. — Marche à suivre pour obtenir de nouvelles variétés. — Récolte de la semence. — Procédé pour le semie. — Ordre tné- Uiodiqneponr dîslîngaer kè vai'îéiéf produites. •— Soins à prendre pendant les trois ou quatre années que dure Pexperiettoe. — Moyens d^apprécier la valeur relative des variétés nouvelles. — Les pommes de terre se multiplient plus fréquemment de semence qu^on ne le croit. «— M^tafii pour aonmetlie ces senîs à des régies nûéthodiques.

On a souvent indiqué Tutilité de la multiplication des p^aneg de terre par leur semence, afin de former de nouvelles variétés; mais il me semble qu'on n'a* pas suffisamment déterminé les conditions sous lesquelles on peut obtenir du succès dans cette pratique. On a souvent parlé de régénérer tes anciennes variétés, en les propageant par se- BKitce plutiM; que par tubercules ; cette expression est entièrement fiiusse, et a induit en erreur beaucoup de personnes. En elffet, en semant les graines d'une variété de pommes de terre , ce n'est en aucune façon cette variété ^'oa reproduit , et par conséquent on ne la régénère pas ainsi ; mais on produit im grand nombre de tariétés nouvelles, dont quelques-unes pourront être préférables k l'an-

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denne variété , mais dmit le plus grand B<»iibre lui seront inférieures.

Les pommes de terre se conduisait, à cet égard, de même qu'un* grand nonsbre de végétaux péiennes soumis depuis longtemps à la culture, et qui se multiplient habituellement par tiAereulea, par greffes, par boutures, etc. Ainsi, pour les diJilias, d<mt le mode de multiplication a beaucoup d'analogie avec celui de la pomme de terre , les semenees recueillies sur une yariété prodldront chacune un individu i|ai peut devenir la souche d'une variété nouvelle, mais parmi lesquelles on n'en trouvera ordinairement pas deux qui se ressemblent comfdèt^Bient entre eux dans toutes leurs parties, el panni lesquels pas im seul ne présentera exactement les caractères de h variété qui a produit les semences, n en est. de même des tulipes, des œillets,, et, jusqu'à, un certain point, des rosiers. Aussi> les amateurs qui ont acquis Tbâd^itufle des. semis de ces plantes, ne concevront jamaiiB f idée quHs régénéreront une variété en la propageant de semence ;. mais leur but est de former des variétés nouvelles, dont quelques-unes mériteront d^étre conservées , mais dont le plus grand nombre ne rempliront pas lies conditions qui pourraient engager à les cultiver. Dans ces diverses plantes, en effet, de même que dans les pommes de terre et dans tous les végétaux qui se multiplient autrement que par leurs semences, les variétés n'ont pas une durée indéfinie; mais elles s'afiEUblissent graduellement et dépérissent après un espace de temps plus ou moins long, comme on en a souvent fait la remarque, n tant donc que des semis viennent former de nouvelles variétés pour les remplacer.

Il est £sicile de comprendre , d'après ce que je viens de dire , combien on se tromperait , si l'on croyait régénérer une variété de pommes de terre , en propageant péle-méle, par leurs tubercules, les plantes qui proviennent d'un semis

mJLTlPMClTIOH DBS POWUS l« rWÊMB. Sél

de graille; eC tfulet les fok qile Yùa procédera ainn^ on obtiendra un i^élange qm sera loin de yaloir h Tariélé qm l'on prétendait régénérer. J'ai compris cette TérM dès- k ]M«miére Uns que j'ai essajé de multij^kr les pommes de teire par semence, et en observant la diversité des plantes qA en ont été le résultat , pour le port , la forme du fimage^ h grosseur, la couleur et la ferme dès tubercules, la pré^ codté, etc. J'ai vu alors qu'il ftllait procéder ici absolument de même que le fontles jardiniers, pour la propagation par semence^ destulipeset des dahlias, par exemple; c'està-dire 9 considérer chaque pied provenant de graine, comme la souche dhme variété nouvelle, qu'il &ut cultiver isolément pendant un temps suffisant pour qu'on puisse bien en apprécier les qualités économiques; Pour les dahlias, la floraison ayant lieu dès la première année , on peut dès lors distinguer les eqièces que l'on doit conserver ou rejeter^ Pour les tidipes , ce n'est qu'après plusieurs années de cultm'e que Ton peut &ire œ choix*; et il en est de même de^ pommes- de terre, mais par une autre cause, c'est-à-dire, parce qu'il fitutavoir cultivé pendant* quelques années une variété nouvelle, dans les mêmes circonstances que les an<& dennes, pour pouvoir juger si la première mérite rédle^ ment de leur être substituée.

Ce que je viens de dire pourrait suffire pourindiquerla marche qu'il convient de suivre dans cette opération. Cependant je crois devoir j ajouter quelques détails puisés dans^ les observations que j'ai faites dans le cours de {dusieurs essais de multiplication de pommes de terré par. les semis.

On se procure la semence en recueillant des baies hien^ mûres, c'est-à-dire, après leur chute spontanée sur le sol. Il est bon de les prendre dans des plantations où plusieurs ^ Variétés sont rapprochées , parce qu'on obtient ainsi, par l'bybridation, des variétés nouvelles plus tranchées. On conserve les baies sur des claies jusqu'à ce qu'elles s'y ramol-

tÂoii. On doit le$ inettfe «oigoeuMnimt à l-atei 4ie»^ mto» qui eft sgni fort evidi^, ^ qui» emportwrt to biôcii entières, dégioviAMiit prooi|>lemeiit les elaie». Oa épi»»e les baôes nuaeUiea ,, el Tw eidève la. pu)(ie par. plumura Javaget 9«iC€e«si& à gmode em, leasemenoes 9e i^«Di8f«»l|o«^r» w fond do vaM, Lorsqu'dlac ^ootpmpcea, en lealaîft^cber, et on les conserve pour l'wsage. , . .

Si l'on sème les pommes de terfe w place, on ne dtnt le Êôre qu'au conmeiioment de mai» dans un sol rii^e ei meuble, en semani trè»^ir et en conviant A peine la semence ; on piétine ensuite le terrain , eoaune on le pratique pour les semis de graines fines dans les jardins. Plus tard on ëclairdit les plants, en les espaçant à a ^u S pouoes, au moins ^ en tous sens, et l'on tient le sol rigoureusement pr<q^ et meuble jusqu'A l'automne, au moyien de sardines réitérés. On peut semer sur couche , et lfans[danter le plant enoore fort petit en jdeine terre, dans le commencement de osai, (te ne poorrait le fiiire plus tût, à cause du danger des gelées ; et en définitive on gagne peu de ten^Mi, par ce procédé, sur les semis en place , à BMÂns qu'on n'y consacre une coudie d'une grande étendue , sinr laquelle en sème fort clair dès le mois de mars , et où cii élève le plant juisqu'A ce qa'il ait une couple de pouces de hauteur. Au reste, les semis en place dmment , si la saison est Êtvnc^e, des tubercules d^ asseï gros , et dont j^uswurs dépassent le volume d'une noix. Le seul avantage des senns sur eQu-> checonsisterait à obtenir, dès la prrauière année, de plus gms tubercules.

A la première récolte des tubercules de semis , on place dans un sac de papier, à part, les tubercules de chaque pied ; et l'on peut recueillir jusqu'à ceux qui n'mit que la grosseur d'un grain de maïs. Au printemps suivant , on replante les tubercules dans un bon sol, en formant une

ligne A paît du4)oiileii« dt tteqiw ac, qvi dwûodra la 80oebe d'iiof tariété djatiactei. On donnera alora à diaqiie imriété na nméro d'ordre qu'elle conieirvera jusqu'à la fin dea ei^érîaDoe» , et que l'on doit indiquer au moyen d*un. ]iiquet planté en t6fe de chaque ligne. On commence ausd, dès cette anmée, à tenir note des obsenratbnt auxquellea donne lieu eliaque variété. Ces notes doivent indiquer le nombre de pieds de diacune, le port, les caractères du feofllage, la couleur des fleurs, l'époque de la maturité, etc. A l'époque de l'arradiage , on formera un tableau indiquant, en regard de cbaque numéro, le nombre de pieds, le poids des tub«[«ules obtenus, l'époque de la maturité, la couleur et les principaux caractères des tubercules. Dès cette année on peut d^è réformer un grand nombre de va<riétés, soit parce que le produite été trop faible, relativement au nombre de pieds, soit parce que la forme des tubercules est manifestement défectueuse. Une belle variété doit avoir les tubercules gros , ou ^u moins moyens , d'une forme régulière , avec des yeux peu nombreux et peu anfoncés. Au reste , il ne fout point se bâter de réformer encore cette année , les variétés qui présentent quelque incertitude relativement à la forme , car ce caractère change quélquefine et n'est bien fixé qu'à la troisième année.

On conservera isolés , dans des sacs ou dans des cases , les produits de toutes les variétés , et on les replantera l'année suivante dans des portions d'un terrain bien uniforme , en distinguant soigneusement toutes les variétés , et en pre« naat note pour chacune du poids des tubercules plantés, et du nombre de pieds qu'ils ont formés. Dès cette année il est bon de planter, comme terme de comparaison, dans des portions du même terrain , les variétés anciennes de pommes d6 terre que l'on cultive , et pour lesquelles on tiendra également note du poids des tubercules et du nombre de pieds. On pourra supprimer à l'époque de l'arrachage, toutes les

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TariëtiéSBCNlyellesqiniiese montoeraiefit pas aussi prodiie^ tives q[ue les anciennes , relativement au nombre de pieds^ On eontinaera ainsi de cultiver pendant deux ou trois ans ^ comparativement avec les variétés connues, celles du se* mis qui sembleront dignes d'être conservées, et qui se trouveront' eertainianent en petit nombre dès la ttmsième année. En comparant entre elles les indications que présentent, pour diaque variété, dans les diverses années desessais , les tableaux que l'on dresse à l'époque de l'arrachage,^ d'après des notes prises dans le cours de Tannée , et en con-^ statant par des expériences d'analyse ou simplement de dégustation, la qualité des tubercules de chaque variété , on possédera tous les éléments nécessaires pour apprécier le mérite de chacune d'eUes sous les rapports les pllis importants. C'est pour cela qu'il convient de conserver à chaque variété , jusqu'à la fin de lexpérience , le numéro d'ordre qu'on lui a donné à la pronière année de plantation.

Si l'on voulait éviter l'eyibarras de la conservation de tons les produits de chaque variété, qui deviennent bientôt volumineux , on pourrait se contenter de mettre à part, à chaque lécolte, un nombre déterminé de tubercules de chaque variété, par exemple 6 ou 8 , en sorte qu'on pourrait contr nuer à les loger dans de petits sacs. On inscrirait toujours sur le tableau le produit total de diaque variété à la récolte. On éviterait aussi par ce moyen la nécessité de consacrer une grande étendue de terrain à cultiver à part toutes les variétés. Le seul inconvéni^it consisterait en ce qu'il faudrait «isuite consacrer deux ou trois années A la multq^iplication des variétés que l'on voudrait conserver , tandis qu'on a promptement une grande abondance de produits, en replantant chaque année tout ce qû^n obtient.

Dans la comparaison que l'on fait du poids des prodoits de chaque variété , relativement au nombre de pieds , je dois signaler une source d'erreur dont l'expérience m'a

MVITIPLICATIOK DES PèlTlfES DB TBREE. âS5

appris à connaître toute Fimportance. Pour distinguer les variétés entre elles sur le terrain , il est naturel de laisser «ntre les divisions ou carrés, un espace d'allée ; mais cm re-^ marqueiia. toujours à l'arrachage que la ligne qui ayoisine cette allée est beaui^up plus productive que celles de l'intérieur du carré ; en sorte que si , par la forme qu'on donne aux divisions du terrain, l'une d'elles se trouve présenter un plus grand développement de bordure , la variété qui j sera plantée aura^ par ce seul lait, l'avantage, relativement à la quantité des produits. Il frat donc que les choses soient bien égales pour toutes sous ce rapport. J'ai supposé, en fidsant cette observation , que les pieds seraient placés dans les carrés, à la distance de 18 ponces entre eux. Ce fiiit prouve que les pommes de terre tirent leur subsistance dans le sol de plus loin qu'on ne serait disposé à le croire; et en offet, si l'on isole à 3 ou 4 pieds de toute autre plante, «m pied d'une variété de pommes de terre , oa en obtiendra «n produit beaiyosup plus considérable que des pieds plantés dans les carrés. Cela explique l'énormité des produits que l'on obtient quelquefois , lorsqu'on plante à de grandes distances, dans le sol riche d'un jardin , quelques tubercules d'une ^riété qui ne sera peut*étre pas plus productive que beaucoup d'autres, lorsqu'on la placera dans les conditions ordmaires de la culture des champs.

Dans l'appréciation des qualités d'une variété de pommes de teire, on doit fidre entrer pour beaucoup la quantité de lëeule qu'elle contient; et comme ce tubercule peut être conridéré^ lelativonent à la pratique agricole, comme composé uniquement d'eau et de focule, il est fàdle d'apprécier avec une eauictitude suffisante, au moyen d'un procédé d'analyse très-simple , la valeur réelle d'une variété sous ce rapp<Ht : il ne s'agit que de couper dans un tubercule une tranche de deux ou trois lignes d'épaisseur, et que Ton pèsera exactement, ou à laquelle on donnera , si Ton veut»

un poids déteniiiDé de cent piurtfe9> p«r exei^pla tOgiam» mes ou 100 décigrammes* Ou la fera séober à une douce chaleur^ et ou la pèsera de nouveau lora^u'ôlle sem par^ fiûtement sèche* Le résidu sera composé prea^'entiè^ rement de fécale ^ dont on connaîtra ainsi la prq^rtiMv On trouvera que quelques vâlriétés très^aqueuses ne présen*tent que 18 pour cent de leur poids, en matière fèche, tandis que de bonnes variétés en d^ument 28 cm 90. La valeur des tubercules » comme aliment pour les bestimt, est proportionnelle à la quantité de matière sèche qu'ils contiennent ^ en sorte que quelques variétés très*^aqueu8ef ne valent guère, à poids égal, plus de la moitié du prix que Ton attribuerait à de bonnes variétés. Il est oertaia même qu^à quantité égale de substance nutritive ., des tu* hercules riches en fécule valent plus que des tubercules aqueux , puisque ces derniers étant plus volumineux et plus pesants y exigeront plus de travail pour les charrier et phis d'emplacement pour les loger. Ils seront toigours aussi plus si^ets aux altérations, lorsqu'ils seront entassés en moÉt un peu considérable.

Les pcmin^es de terre se moltiplient spontanément et semence beaucoup plus fréquemment qu'on ne le croit } et si l'on fait des redi^ohes exactes,, iqirès la moisson, dans un terrain où l'on a récoUé des pommes de terre l'année précédente, on trouvera très^scwyent de trèsH^tifs pieds de pommes de terres qui n'ont pu prendre d'aocrQissement À défaut de culture , et parce qu'ils ont été étouffés p&t la céréale. On trouve fréquemment aussi dana les mêmes circonstances^ des pieds qui proviennent de tubercules qui sent restés en terre , et qui ont édiappé ^ l'actiondes gelées* U est vraisemblable que beaucoup de personnes ont eontedu les uns avec les autres; mais il est oMinairement facile de les distinguer , parée que les pieds tenus de iemonee sont beaucoup plus petits et plus grêles ; mais on peut lever tons

mivmïÂCAtwH DBS mmiieb de tbarb; nr

iBêéoftÊîê» M les arrachant âv«e sain-^ oar on ttovre la mère adhéfesttf Mis raetaes du pied qui est proVenu d'un tu^ berenle, <m du moins on en retrouve dei débris dans la Yoisinafedee raciBOS, C'est certainenMDt de semis opérés ainsi par la nature, que sont sorties la plupart des variétés de pommes de terre que Ton cultive aujourd'hui : des cultivateurs industrieux les auront recueiUies et auront multiplié celles de ces variétés qui présentaient des propriétés recommandables. Il ne parait pas, en efTet, que Ton se soit livré méthodiquement à ces semis, ou du moins je n'ai pas connaissance que personne ait indiqué des travaux de cette nature. Cependant c'est en s'y adonnant avec méthode que Ton multiplie les chances de découverte de variétés précieuses. Aucune opération n'est plus propre à exciter Tintérôt des personnes qui s'y livrent , que les recherches de ce genre ; et Tordre méthodique qu'on y apporte, accroît encore beaucoup cet intérêt, parce qu'il satisËtit Fesprit de l'observateur en répandant la lumière sur toutes ses opérations , et en donnant aux résultats qu'il obtient quelque chose de positif et de certain. Aussi je crois pouvoir indiquer ces recherches comme une occupation trèsattrayante , aux personnes qui habitent la campagne. Il ne Ëiut pas au reste que Ton s attende à obtenir facilement et promptement des variétés préférables à celles que l'on cultive déjà ; je n'ai obtenu d'un nombre assez considérable de variétés nouvelles recueillies il y a une dizaine d'années, dans un semis spontané , qu'une variété que j'ai jugée digne d'être conservée , et qui est déjà assez répandue sous le nom de la Rxmlimne : elle est jaune, ronde et légèrement applatie , de grosseur moyenne et de forme très- régulière. Elle est d'excellente qualité , et remarquable comme espèce extrêmement précoce. Elle est fort productive relativement à l'époque de sa maturité; caries espèces tardives ont toujours l'avantage sous ce rapport.

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